jeudi 25 décembre 2008

Meilleurs voeux pour l'année 2009

Je vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d'année et une heureuse année 2009. Merci à tous pour votre fidélité et vos commentaires. J'ai une pensée particulière pour toutes les personnes malades ou ayant perdu un être cher. Comme le Roi l'a déclaré hier dans son discours, j'espère qu'on trouvera le plus rapidement possible des solutions aux crises politique et économique.

En septembre dernier, j'avais lancé une série "La Belgique de..." à laquelle 12 personnes d'horizons différents avaient participé (Edmée De Xhavée, Cédric Godart, Alicia Vandenabeele, Bob Boutique, Julien Oeuillet, Cathy Bonte, Alain Fauconnier, Dominique Leruth, David Charlier, Louis Delville, Micheline Boland et Jean-François Rémy). Vu le succès de ce questionnaire, je peux déjà vous annoncer qu'il reviendra en janvier 2009. Encore quelques jours à attendre...

mardi 23 décembre 2008

La ministre C. Fonck soutient le Musée Verhaeren

Le 15 décembre dernier, de nombreuses personnes ont relayé l'appel en faveur de la réouverture du Musée Emile Verhaeren à Roisin (voir l'appel ci-dessous). Cette démarche n'a pas été vaine car la ministre Catherine Fonck a réagi officiellement sur son blog (http://www.catherine-fonck.be) et annonce son soutien à ce dossier. Voici le texte qu'elle a publié sur son blog :

"Oubliez un instant le fédéral et regardez ce qui se passe à Roisin, village d'irréductibles Résinois. Là, en ce moment, se vit la démocratie. Alors que tout le monde se braque sur le communautaire et sur la crise économique, une poignée d'Hennuyers ont à coeur de sauver un musée, une histoire et un patrimoine. Ils ont à coeur de ressusciter un grand homme : Monsieur Emile Verhaeren... Pour cela, ils se battent, font circuler des pétitions, communiquent et demandent des explications. Ils font ce que nous devrions tous faire : ils s'impliquent dans la vie publique. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Emile Verhaeren (1855-1916), poète belge d'expression française, est né le 21 mai 1855 à Sint-Amands, près d'Anvers. Et son oeuvre exerça une grande influence sur le paysage littéraire européen. Pourquoi donc un musée à Roisin? C'est qu'il aimait vivre dans la vallée des Honnelles! Ce beau pays qui vit en nous comme il vit en lui :

Mon pays tout entier vit et pense avec mon corps ;
Il absorbe ma force en sa force profonde,
Pour que je sente mieux à travers lui le monde
Et célèbre la terre avec un chant plus fort.

Amis internautes, Résinois, parlons clair : je vous soutiens à 100%. Je suis d'autant plus séduite par l'initiative qu'elle nous ramène au patrimoine culturel des Hauts-Pays, région privilégiée que l'on doit protéger. Nous nous devons de préserver l'héritage d'une histoire séculaire faite de paysans et d'amoureux fous de la nature. Oui, à trop penser à la candidature de Mons au titre de capitale culturelle européenne en 2015, on oublie que l'un des joyaux de la couronne de Belgique se trouve à moins de 20 kilomètres de Mons et à peine 60 kilomètres de Bruxelles. On laisse se développer le résidentiel le long des grands axes, mais on ne peut oublier les villages, le tourisme, le terroir, le patrimoine. Nous devons valoriser toute la richesse de cette terre et de ces gens.

Félicitations donc à tous les internautes, Petit Belge, René et les autres, pour votre combat. Je rejoins cette initiative citoyenne. Comme je me suis opposée au circuit moto de Dour, j'adhère à votre combat. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider. N'hésitez pas à me contacter. Courage, nous rouvrirons ce musée".

Catherine Fonck, ministre de la Santé et de l'Enfance en communauté française.

dimanche 21 décembre 2008

Justine Henin et Kim Gevaert : Miss Mondial 2018

Cette semaine, Justine Henin et Kim Gevaert ont annoncé qu'elles seraient les deux premières ambassadrices de la candidature belgo-néerlandaise à l'organisation de la Coupe du Monde de Football 2018.

Lors de la conférence de presse, Kim a confié : "Ma grande motivation, c'est l'amour du sport. J'espère que cela va contribuer au développement d'infrastructures sportives, mais aussi à celui de projets sociaux. En Belgique, on est capable de réaliser de grandes choses mais on est toujours trop humble. C'est un peu comparable à ce qu'on a fait avec le relais 4x100m. Au début, peu de gens y croyaient, mais on a fini par être vice-championnes olympiques".

De son côté, Justine Henin a déclaré : "Tout le monde connaît mon attachement au foot. J'ai dit oui tout de suite, d'autant que je suis attachée à mon pays. Le sport permet de faire connaître la Belgique à travers le monde. C'est un projet ambitieux mais nous devons croire en nos rêves".

Cheville ouvrière de la candidature belgo-néerlandaise, Alain Courtois a expliqué son choix : "Le projet doit être rentré pour le 31 décembre 2010 au plus tard. Le choix de Justine Henin et Kim Gevaert n'est pas innocent. Nous entendons insister sur le fait que notre candidature dépasse largement le cadre du football et qu'elle entend concerner et booster l'ensemble du sport dans notre pays. Tous les sports doivent être impliqués. Nous avons aussi choisi deux femmes car le football n'est pas destiné qu'aux hommes, mais aussi aux femmes, aux enfants et aux familles. Justine et Kim nous aideront à montrer que nous ne sommes pas un petit pays".

samedi 20 décembre 2008

Discours du prince Philippe (17/12/2008)

Monsieur le Ministre d'Etat, Madame la Sénatrice,
Excellences,
Chers lauréats de Belgodyssée 2008,
Mesdames et Messieurs,

De tout coeur, je vous souhaite la bienvenue à cette quatrième édition de Belgodyssée. Une aventure que j'admire avec une satisfaction particulière et une grande fierté. Pas pour moi-même, mais pour vous, nos seize lauréats, vos familles, vos accompagnateurs pédagogiques, parrains et marraines, et les piliers et accompagnateurs de ce projet au sein de la radio et de la télévision. Mais je pense évidemment aussi à nos partenaires structurels, aux ambassadeurs des pays où nos tintins, tintines et kuifjes sont partis à l'aventure et à vous tous ici présents, sympathisants de nos lauréats, du projet et du Fonds.

Au cours des dix dernières années et grâce à l'action du Fonds, plusieurs dizaines de milliers de compatriotes des différentes communautés de notre pays se sont rencontrés. Le Fonds a ainsi joué pleinement son rôle de plate-forme de rencontre avec comme unique objectif d'amener des personnes à se rencontrer et à se connaître, pour augmenter le respect et l'estime mutuels. Le Fonds existe pour tous les Belges qui ont un regard ouvert sur la société et le monde, et qui vont à la rencontre des autres avec cet esprit d'ouverture. Nous poursuivrons sans relâche cette voie que le Fonds s'est choisie. Il y a dans ce pays beaucoup plus de choses qui nous rapprochent que de choses qui nous séparent. Et si j'insiste là-dessus, c'est parce que dans tout le pays, du nord au sud, c'est le même message que je reçois, principalement de personnes qui ont eu l'opportunité d'en rencontrer et d'en découvrir d'autres : jeunes et vieux, étudiants et personnalités académiques, membres d'associations et chefs d'entreprises lors de missions économiques.

Chers lauréats,
Par votre participation à la Belgodyssée, vous vous êtes complètement inscrits dans l'esprit du Fonds : relever le défi dans tous ses aspects. Par l'ajout de la télévision, les exigences ont été à nouveau rehaussées cette année. J'ai eu l'occasion d'écouter quelques reportages - et cette année pour la première fois d'aussi les regarder - et j'ai consulté quelques articles et blogs. Votre travail est impressionnant et je vous en félicite. Tant vos recherches préliminaires et la manière dont vous gérez le temps imparti, que votre travail de montage, la rédaction d'articles, la mise à jour de blogs, les reportages photos. Mais aussi la fantastique patience et le respect dans vos relations avec votre partenaire parlant une autre langue, la manière dont vous interviewez vos invités et réussissez à transformer le son en image : quelle belle radio! Je suis intimement convaincu que cette expérience est inestimable, tant sur le plan professionnel que sur le plan humain. Mon voeu le plus cher est que vous puissiez préserver l'amitié qui est née pendant cette aventure.

Je tiens à remercier nos partenaires structurels pour leur apport indispensable. Merci à tous les aventuriers de la première heure qui sont partis sur le terrain, et tout spécialement Adrien Joveneau et tous les techniciens professionnels qui étaient là pour encadrer nos jeunes dans leur odyssée.

Merci aussi aux parrains et marraines qui ont pris le temps, malgré leur agenda chargé, de partir en voyage, à Bruxelles mais aussi à l'étranger. Plusieurs de vos interventions m'ont touché en particulier. Je ne peux malheureusement pas toutes les citer mais je voudrais partager avec vous une des interventions de Jo Lemaire, partenaire de Belgodyssée de la première heure. Elle décrivait le journaliste parfait comme un Tintin : inventif, dynamique, aventurier et curieux. Elle disait encore, et je la cite : "Tintin, c'est le reporter idéal qui va partout dans le monde, qui symbolise bien la Belgique, la belgitude et qui devient finalement universel". Elle a exprimé l'amour pour son pays et ses compatriotes en disant : "On est ensemble, on a des cultures qui sont différentes, on s'aime beaucoup, on boit les mêmes bières et on mange la même ratatouille".

Félicitations à vous, parents : vous avez donné à vos filles et vos fils la confiance en soi pour se lancer dans cette aventure. Vous pouvez être fiers de les avoir accompagnés jusque là où ils sont aujourd'hui. Quelqu'un qui était interviewé à Bruxelles déclarait : "Je n'ai eu que des cadeaux dans toute ma vie. Je ne fais que dire merci". Je crois, chers lauréats, que cela est peut-être vrai pour vous aussi. Reconnaissance pour toutes les opportunités reçues. Je ne doute pas que vous serez aussi généreux envers ceux qui, dans votre vie quotidienne, croiseront votre chemin.

Avant de conclure, je voudrais encore partager brièvement avec vous deux aspects qui me tiennent très à coeur.

En choisissant une profession dans la communication et les médias, vous avez opté pour un métier avec un impact sociétal particulier. Auditeurs, spectateurs et lecteurs attendront de vous d'être informé correctement. Ils baseront leur jugement sur ce que vous leur ferez entendre, voir et lire. Une grande responsabilité repose donc sur vos épaules dans la construction d'une société tolérante et harmonieuse dans laquelle les individus, grâce à l'information correcte qu'ils reçoivent, sont capables d'engager un débat démocratique constructif et ouvert. Jacques Bredael l'exprime de manière très convaincante dans un de ses reportages (je cite) : "Il est extrêmement important de le faire honnêtement, objectivement, convenablement ; de ne pas se laisser emporter par ses passions, ses envies ou ses idéologies. Qu'ils apprennent à recouper les infos reçues pour s'assurer que tout ce qui passe sur antenne soit correct" (fin de citation).

A côté de la responsabilité sociétale qui restera un des piliers de votre travail, je voudrais m'arrêter encore un instant sur l'importance du multilinguisme. Dans un des reportages, j'ai entendu parler de l'obstacle de la langue. Je partage complètement l'avis de ceux qui promeuvent le multilinguisme. Pas seulement pour ses aventages pratiques mais aussi - et ceci va beaucoup plus loi - en parlant la langue de l'autre, on reconnaît la personne dans son identité, on témoigne du respect pour l'environnement dans lequel elle s'épanouit et cela contribue automatiquement et inconsciemment à rendre la société plus équilibrée. Adhérez, vous aussi, à l'objectif de l'Union Européenne de maîtriser deux autres langues que votre langue maternelle. A la question qu'Adrien, depuis Saint-Nazaire en France, lui posait face à l'observation de ces jeunes Flamands et Wallons travaillant ensemble et parlant la langue de l'autre, la sénatrice Anne Delvaux, une des marraines, répondit : "C'est ce que je voudrais voir tous les jours ; c'est un bel exemple effectivement qu'il faut promouvoir" (fin de citation).

Chers lauréats, j'espère que vous gardez un souvenir très fort de votre participation à cette édition de Belgodyssée. Je vous souhaite beaucoup de succès et de satisfaction dans la carrière qui vous attend. A vous tous, mesdames et messieurs, j'exprime ma reconnaissance pour votre intérêt pour nos jeunes, pour le projet et pour le travail du Fonds. Je vous souhaite à tous une paisible fin d'année et beaucoup de succès pour 2009. Je vous remercie.

Plus d'infos sur www.fonds-prince-philippe.org

mardi 16 décembre 2008

Sauvons le Musée Emile Verhaeren à Roisin (suite)

Bravo aux auteurs de ce texte précis et bien argumenté. Ces citoyens ont raison de se mobiliser et de souligner le surréalisme de ce dossier qui est bloqué depuis des années...alors que la région de Mons est candidate au titre de capitale culturelle européenne en 2015 et est donc censée avoir la culture comme priorité!

Oui, leur appel est un succès, car, l'espace d'une journée, ce dossier est sorti des oubliettes. Je n'ai pas le temps de faire le tour de la blogosphère, mais j'ai pu constater hier qu'on en parlait sur de nombreux blogs (voir liste ci-dessous). Grâce à cet outil merveilleux qu'est Internet, même notre Edmée De Xhavée a apporté son coup de pouce du New Jersey où elle habite!

forum de http://www.bestofverviers.be/ (rubrique Débattre sur un sujet d'actualité ou de société)
http://edmee.de.xhavee.over-blog.com/
http://www.honnelles.eu/
http://universel.skynetblogs.be/
http://alain91735.skynetblogs.be/
http://nays.skynetblogs.be/
http://royaute-news.over-blog.com/

On en parle également sur le site interactif et bilingue http://www.medium4you.be/ , sur le site Internet de Bob Boutique (http://www.bandbsa.be/), ainsi que sur Facebook.

Merci à Ocadine pour nous avoir apporté son témoignage sur sa visite du Musée Verhaeren avant sa fermeture (voir commentaire de l'article précédent). Merci à Michel Joris pour le commentaire qu'il a laissé à mon sujet sur le blog d'Alain : "Merci au blog du Petit Belge : il défend et parle très bien de tous les grands, connus ou méconnus, de Belgique. Un blog à voir absolument pour les amoureux de notre beau pays".

Et les réactions? Sur le blog http://www.honnelles.eu/ , René Legrand, Nicolas Lemmers et Muriel Vigneron sont venus expliquer leurs démarches en faveur de la mémoire du poète et de la réouverture du musée. J'espère que grâce à cette journée de sensibilisation, ils recevront l'aide de nouvelles personnes. Honnelles Blog a également retrouvé un très beau tableau du poète Emile Verhaeren (1855-1916). Reste maintenant à voir la réaction des responsables politiques...

dimanche 14 décembre 2008

Sauvons le Musée Emile Verhaeren à Roisin !

Alors qu'on ne cesse de nous parler de la candidature de Mons au titre de capitale culturelle européenne en 2015, nous souhaitons attirer votre attention sur le Musée Emile Verhaeren à Roisin (à une vingtaine de kilomètres de Mons), qui attend depuis des années des subsides pour être rénové et réouvert au public... Pour ceux qui ne le connaissent pas, Emile Verhaeren (1855-1916) est un grand poète belge qui est né près d'Anvers, écrivait en français, a été traduit dans de nombreuses langues et passait ses vacances à Roisin.

Pourtant, le Musée Emile Verhaeren dans son village de Saint-Amand-lez-Puurs fonctionne parfaitement. Le village de Roisin est situé au milieu du Parc Naturel des Hauts-Pays, qui connaît un bel essor touristique et possède de chaleureux gîtes ruraux. Le site du "Caillou qui bique" est fréquenté tout au long de l'année par des écoliers en classe de forêt qui ont un atelier poésie autour de Verhaeren à leur programme...sans pouvoir entrer dans le musée qui lui est consacré! Le parking accueille les voitures des nombreux promeneurs qui vont se balader dans le bois tout proche.

Bref, toutes les conditions sont remplies...sauf la bonne volonté du monde politique. La Province du Hainaut a racheté le bâtiment et a prévu 750.000 euros pour l'aménager en Musée Emile Verhaeren d'une part, et en siège du Parc Naturel des Hauts-Pays d'autre part. Mais le dossier bloque au niveau de la région wallone et de la commune des Honnelles. Aussi nous lançons un appel à toutes les autorités compétentes pour se mettre autour de la table et trouver une solution à cette situation qui dure depuis plusieurs années...

Peut-on espérer la réouverture du musée en 2009? Merci d'avance à toutes les personnes qui relaieront le 15 décembre 2008 notre appel sur les blogs, forums et sites Internet.

vendredi 12 décembre 2008

"Guide de la Belgique royale" (Patrick Weber)

Né à Bruxelles en 1966, Patrick Weber est licencié en histoire de l'art et archéologie. Outre son intérêt pour les familles royales, il est aussi journaliste, scénariste et romancier. En 1997, Patrick Weber a écrit un guide très bien documenté et facile à consulter sur les traces laissées par les membres de la famille royale aux quatre coins du royaume.

Bruxelles, notre capitale, doit beaucoup à Léopold II, le roi bâtisseur, qui transforme le palais royal, agrandit le château de Laeken, crée l'avenue de Tervuren et de nombreux parcs publics, et fait construire, entre autres, la Tour Japonaise, le Pavillon Chinois, les arcades du Cinquantenaire, le palais de justice, le Mont des Arts et les serres de Laeken. Son père le roi Léopold Ier est, lui, à l'origine de l'église Notre-Dame de Laeken en hommage à son épouse la reine Louise-Marie. C'est dans cette église que se trouve la crypte de la famille royale. Quant à la Cour des Comptes (rue de la Régence), elle évoque le souvenir de leurs anciens propriétaires Philippe et Marie, comte et comtesse de Flandre, et de leur fils le roi Albert Ier qui est né dans ce palais.

Dans le Brabant wallon, la Chapelle Musicale Reine Elisabeth de Waterloo rappelle l'amour de la souveraine pour la musique. Non loin de là, le roi Léopold III, la princesse Lilian et leurs enfants se sont installés en 1960 au domaine royal d'Argenteuil, vendu par l'Etat belge en 2004.

La province de Namur abrite plusieurs sites liés à la famille royale : les statues des rois Léopold Ier, Léopold II et Albert Ier à Namur, les châteaux de Ciergnon, Fenffe et Villers-sur-Lesse, mais aussi le rocher de Marche-les-Dames où le roi Albert Ier est décédé le 17 février 1934. La ville de Spa est associée à la reine Marie-Henriette qui y a passé les dernières années de sa vie, loin de son époux volage et du protocole de la Cour.

A la côte belge, la statue de Léopold Ier sur la digue de La Panne rappelle son arrivée d'Angleterre en juillet 1831, le Mémorial du roi Albert à Nieuport a été construit en hommage à son comportement durant la première guerre mondiale, tandis que le monument du roi Léopold II sur la digue d'Ostende a été construit pour remercier le roi bâtisseur de ses travaux d'embellissement en faveur de cette station balnéaire. Le Musée Prince Charles à Raversijde raconte la vie du prince Charles, oncle d'Albert II et régent du royaume de 1944 à 1950, et permet de visiter la maison de pêcheurs où il a vécu de 1950 à son décès en 1983.

mercredi 10 décembre 2008

Qui est le coureur belge de l'année 2008?

Le journal "La Dernière Heure/Les Sports" propose à ses lecteurs et internautes d'élire, jusqu'au 16 décembre, le coureur belge de l'année 2008 parmi les douze nominés. L'an dernier, c'est Tom Boonen qui avait remporté ce trophée. Voici la présentation des douze coureurs sélectionnés par le quotidien (dans l'ordre alphabétique) :

Mario Aerts.
A 33 ans, l'infatigable lieutenant a, une fois encore, servi la cause de ses leaders. Le Brabançon a été l'un de ceux sur lequel Cadel Evans a pu le plus compter tout au long du Tour de France. Parfois, Super Mario fut même le dernier à l'accompagner sur les plus hauts sommets, comme dans la montée de l'Alpe-d'Huez. Mais la saison de Mario Aerts ne s'est pas limitée à apporter son aide aux autres. Aux Jeux de Pékin, il fut le seul de nos compatriotes à suivre les meilleurs dans la course sur route et, avec une belle 8ème place, a conquis le diplôme olympique.

Tom Boonen.
Avec seize victoires (dont Paris-Roubaix, sa première grande classique depuis deux ans), l'Anversois a continué à enrichir son palmarès. Mais Tornado Tom n'a pas fait qu'alimenter son tableau de chasse, il l'a aussi fait avec la chronique. Fin mai, après une série de problèmes automobiles (excès de vitesse, conduite en état d'ivresse), il a dérapé, un contrôle positif mettant en exergue la prise de cocaïne. Sauvé de justesse, son immense mérite aura été de rebondir de la plus belle manière durant toute la seconde partie de la saison.

Stijn Devolder.
La saison 2008 a été celle de la confirmation pour Stijn Devolder. Encore revêtu du maillot tricolore, le Flandrien a animé le début de saison et réalisé un exploit de légende sur les routes du Tour des Flandres en résistant au peloton uni dans sa poursuite. Aérien sur le Mur et le Bosberg, "Volderke" a réalisé l'un de ses grands rêves. Vainqueur du Tour d'Algarve et de celui de Belgique, encore très en vue au Tour de Suisse avant de faiblir, il a ensuite raté ses premiers pas au Tour de France, son autre rêve. Il serait dommage de ne retenir que cet échec.

Bert De Waele.
Sans faire beaucoup de bruit, Bert De Waele est devenu une des valeurs sûres de notre cyclisme, quand bien même le coureur du Crédit Agricole est régulièrement snobé dans les sélections (il figurait toutefois au nombre des réservistes pour le Mondial) et boudé par les médias. Fin avril, il fut tout simplement le meilleur de nos compatriotes sur les routes des classiques ardennaises : 12ème et premier Belge à la Flèche, il fut encore 19ème et premier des nôtres à la Doyenne. En fin de saison, il a encore fini 4ème de Paris-Bruxelles et 5ème du Grand Prix de Wallonie.

Philippe Gilbert.
Après avoir entamé la saison par un nouveau succès historique au Het Volk où il parcourut 50km en solitaire, Philippe Gilbert a terminé en boulet de canon la défunte campagne. Son succès à Paris-Tours confirme que le Liégeois, 26 ans, est une des vedettes du peloton. En mars déjà, Philippe, qui a quitté la tête haute et son contrat rempli, la Française des Jeux où il a passé six années, avait terminé 3ème de Milan-San Remo, et tant au Tour de France qu'à celui d'Espagne, il passa de peu à côté d'un succès d'étape.

Maxime Monfort.
Durant une saison marquée par ses débuts au Tour (23ème), Maxime Monfort a poursuivi sa progression. Le coureur de Cofidis, qu'il quitte pour rejoindre Columbia, preuve de sa reconnaissance internationale, a d'abord réussi un printemps très dense. A Paris-Nice (14ème), il est passé de très près lors de la dernière étape (2ème) d'un succès qui le boude depuis quatre ans. A Valence (9ème), au Critérium International (4ème) et surtout au Tour du Pays Basque (5ème), Maxime a donné plusieurs preuves d'une régularité dont sa 9ème place au Dauphiné est un autre exemple.

Nick Nuyens.
L'année 2008 n'a pas été aussi réussie que les dernières pour Nick Nuyens. L'Anversois n'a pas gagné la moindre course, lui qui avait pris la bonne habitude de se construire un palmarès remarquable, depuis ses débuts chez les pros. A défaut, celui qui quitte Cofidis pour rejoindre Rabobank, a accumulé les accessits cette saison : 2ème du Volk, 2ème du Tour de Flandres, 2ème et 3ème d'étapes de la Vuelta... Le Campinois a terminé la saison en forme et au Mondial de Varèse, où il s'est classé 9ème, il fut le premier de nos compatriotes.

Jurgen Roelandts.
La grande révélation de la saison : en juin à Knokke, le Brabançon est devenu, 39 ans après Roger De Vlaeminck, le premier néo-pro champion de Belgique. Mais le jeune coureur de 23 ans a aussi multiplié les succès et les accessits tout au long de cette première saison. Débutant très fort au Tour du Qatar (5ème au final), le coureur de Sint-Martens-Bodegem était toujours aux avant-postes en fin de campagne (3ème du Franco-Belge). Le licencié en éducation physique a d'ailleurs terminé en force. Après son titre, il a encore conquis cinq succès.

Gert Steegmans.
Gert Steegmans a accumulé les succès en 2008. Le Limbourgeois a ajouté neuf victoires à son palmarès, dont une étape à Majorque, une à Dunkerque, deux à Paris-Nice, avant de remporter, dans le style puissant qui est le sien, le plus beau triomphe dont un sprinter puisse rêver au Tour de France : l'emballage final sur les Champs-Elysées. Ce jour-là, Steegmans a sauvé son Tour qui virait au cauchemar. Même s'il a aussi gagné le Van Steenbergen et fini 2ème à Paris-Bruxelles, on attend encore son premier résultat dans une classique.

Greg Van Avermaert.
Ses débuts chez les pros réussis l'année dernière, Greg Van Avermaert a cette fois fait taire l'adage qui veut que la seconde saison soit souvent la plus dure. Sa campagne 2008 a été plus aboutie encore, malgré un virus qui aurait dû lui faire manquer les classiques. Le talentueux Flandrien a fini 3ème à Harelbeke, puis 8ème d'un Tour des Flandres qu'il avait pourtant sacrifié à Leif Hoste. Aux cinq succès conquis, il a aussi ajouté la manière, ce qui lui a valu les louanges des plus grands. A 23 ans, il a gagné une étape de la Vuelta et le classement par points.

Jurgen Van den Broeck.
Depuis la conquête du titre mondial juniors de contre-la-montre en 2001 à Lisbonne, Jurgen Van den Broeck tardait à éclore. L'éternel espoir risquait de s'enliser lorsqu'arriva le Giro. Pour la première fois depuis six ans (Rik Verbrugge en 2002), un Belge allait terminer dans le Top 10 du Tour d'Italie (7ème), et même dans celui d'un grand tour. Sur les cols les plus pentus des Dolomites, le coureur de Morkhoven a fait jeu égal, trois semaines durant, avec les meilleurs, Contador en tête. L'autre VDB a fait naître de grands espoirs pour le futur.

Wouter Weylandt.
Dans l'ombre de Tom Boonen, dont il a pris à plusieurs reprises le relais avec succès, le jeune Gantois, 24 ans à peine, a encore grandi cette année. Une croissance matérialisée par la victoire d'étape conquise à la Vuelta, à Valladolid, le plus beau des cinq succès conquis cette saison. Mais l'ancien pistier a aussi pris du coffre sur le terrain des classiques, comme en témoigne essentiellement sa 3ème place à Gand-Wevelgem en avril. Le temps n'est plus très éloigné où l'on devrait aussi retrouver Wouter Weylandt dans la finale des plus belles courses d'un jour.

Alors, à vous de voter : quel est votre coureur belge de l'année 2008?

mardi 9 décembre 2008

Une grande championne belge : Tia Hellebaut

Née en 1978 à Anvers, l'athlète belge Tia Hellebaut a été championne d'Europe de saut en hauteur à Göteborg (2006) et Birmingham (2007), championne du monde de pentathlon en salle à Valence (2008), et a obtenu la médaille d'or du saut en hauteur (2,05 m) aux Jeux Olympiques de Pékin 2008. Avec Kim Gevaert, elle a été la lauréate du Trophée National du Mérite Sportif 2006. En décembre 2008, Tia Hellebaut annonce qu'elle est enceinte et met fin à sa carrière sportive.

Tia Hellebaut a confié cette semaine à la presse : "Après les Jeux de Pékin, je vous certifie que je ne pensais pas que je ne sauterais plus en 2009. Mais il faut être honnête : Wim et moi avions le sentiment que mon année 2008 serait difficile à égaler. En outre, j'ai toujours dit que je voulais avoir des enfants et nous étions convaincus que la nature déciderait de mon avenir. Elle l'a fait : je suis enceinte. J'ai toujours rêvé d'arrêter ma carrière après avoir atteint les sommets. Je ne suis pas sûre d'avoir encore la motivation suffisante pour recommencer. C'est un scénario de rêve que je vis aujourd'hui". Nous lui souhaitons tous nos voeux de bonheur.

Plus d'infos sur www.sport.be/tiahellebaut

dimanche 7 décembre 2008

Albert II, personnalité préférée des Belges

Les médias ont annoncé ce week-end les résultats d'un sondage réalisé par la société Tell Me More du 1er au 3 décembre 2008 auprès de 1.000 Belges sur leur personnalité belge préférée :

1. Roi Albert II

2. Justine Henin, ancienne joueuse de tennis et médaillée olympique

3. Tia Hellebaut, ancienne athlète et médaillée olympique

4. Yves Leterme, premier ministre

5. Guy Verhofstadt, ancien premier ministre

6. Eddy Merckx, ancien coureur cycliste

7. Kim Clijsters, ancienne joueuse de tennis

8. Kim Gevaert, ancienne athlète et médaillée olympique

9. Benoît Poelvoorde, acteur

10. Princesse Mathilde de Belgique

samedi 6 décembre 2008

Bruxelles-Hal-Vilvorde vu par l'asbl BPlus

Voici le communiqué de presse diffusé ce 1er décembre par l'asbl BPlus :

Le comportement et la non-nomination des trois bourgmestres de la périphérie bruxelloise constituent des exemples typiques de querelles communautaires, dignes d'un autre temps, ayant le pouvoir d'empoisonner la vie politique de notre pays et, pire, de bloquer l'ensemble du dialogue institutionnel qui avait si péniblement démarré. En cette période de crise financière mondiale et d'instabilité socio-économique croissante, on ne peut plus se permettre ce genre de conflit stérile.

Néanmoins, contrairement à d'autres dossiers, la solution semble ici évidente. En effet, afin de respecter la démocratie et l'Etat de droit, il suffirait que les trois bourgmestres incriminés s'engagent à respecter la législation linguistique en vigueur en région flamande et à l'appliquer aux prochaines élections de juin 2009. Ensuite, les trois maïeurs devront être officiellement nommés par le ministre compétent, sans aucune restriction. Personne ne perdrait ainsi la face : Marino Keulen faisant respecter la loi et les bourgmestres étant nommés. On s'économiserait en plus un énième vaudeville devant les instances européennes.

Ce scénario ne demande en plus aucun vote ou ajustement législatif et peut donc être acté avec moins de cinq minutes de courage politique, et ce avant le Nouvel An. Tous ceux défendant le bon sens, l'efficacité et la bonne gestion seront donc servis. Qu'attendent donc nos responsables politiques pour s'offrir ce cadeau de fin d'année?

mercredi 3 décembre 2008

Interview de l'écrivain Marc Legrand

Après la Bande des Nez Rouges, Mary Dollinger et David Cockney, je continue ma "croisade" en faveur des écrivains qui n'ont pas la chance d'être médiatisés. J'ai posé par mail quatre questions à l'auteur Marc Legrand, qui a déjà laissé plusieurs commentaires sur ce blog. Voici ses réponses.

1° Pouvez-vous vous présenter?
Je suis Français d'origine, installé depuis deux ans et demi en Belgique, historien de formation (Université Paul Valéry, Montpellier III - France) et aide-comptable de profession. J'ai 31 ans et suis romancier. Ma première nouvelle date de 2002, mon premier roman (héroïc-fantasy) de 2006, et enfin mon nouveau roman, un thriller, a été rédigé début 2008. Je suis en outre passionné de mythologie, d'ésotérisme et, naturellement, par l'oeuvre de Michel de Nostredame, alias Nostradamus, en général et les Prophéties, en particulier.

2° Comment est né votre roman "Le message de Nostradamus"?
Tout d'abord de ma passion et de ma connaissance des Prophéties de Nostradamus, une oeuvre étrange tout droit sortie de la Renaissance et qui demeure encore un mystère impénétrable de nos jours. Plus précisément, j'ai eu entre les mains un thriller, "La règle de quatre", de Caldwell et Thomason, dont les auteurs plaçaient au centre de leur roman une autre oeuvre de la Renaissance, justement, tout aussi enigmatique que les Prophéties (il s'agissait de l'Hypnerotomachia Poliphili ou Songe de Poliphile). Ayant en tête depuis un moment de procéder à la même construction romanesque pour les Prophéties, j'ai pu constater, en lisant ce roman, qu'il était tout à fait possible de mener ce projet à bien. J'ai donc construit une intrigue autour de Michel de Nostredame et ses Prophéties, ouvrage paru en trois étapes entre 1555 et 1558. Je me suis rendu compte, au fur et à mesure que mon "plan" de roman s'étoffait que personne, curieusement, ni dans la littérature francophone, ni dans la littérature anglo-saxonne, n'avait eu l'idée ou du moins réussi à construire une intrigue autour de Nostradamus et son oeuvre (seule une poignée de romans existent qui empruntent à certains aspects de la vie de Nostradamus mais ne creusent pas le sujet, loin s'en faut) comme Caldwell et Thomason l'avait fait autour de l'Hypnerotomachia Poliphili et son auteur (anonyme). Cela m'a donné envie de continuer, bien sûr, et de rédiger un roman à suspense, un thriller mêlant action, espionnage, ésotérisme, énigmes, quête personnelle et humour, le tout accompagné d'une belle histoire d'amour, d'une réflexion sur la vie et la notion de destin. Un roman qui, je l'espère, trouvera son public.

3° Comment peut-on maintenant se procurer votre livre?
En attendant que je trouve une maison d'édition ayant davantage "pignon sur rue" qui puisse assurer une promotion digne de ce nom et surtout diffuser le roman en librairie, il n'est pour le moment possible de se le procurer qu'en cliquant sur http://www.thebookedition.com/le-message-de-nostradamus-marc-legrand-p-10582.html Impossible donc pour le moment de le trouver en librairie ou de le commander chez son libraire. Il faut passer uniquement par The Book Edition via ce lien... J'ai déjà enregistré un certain nombre de ventes et tout va pour le mieux niveau suivi et satisfaction des commandes. A noter que l'ouvrage est disponible à 18 euros en format roman traditionnel mais aussi à seulement 6 euros en format .pdf téléchargeable (j'ai tenu à donner la possibilité à chacun, à bas prix, de se procurer ce roman, car mon premier objectif est bien évidemment d'être lu).

4° Quels sont vos projets?
Tout d'abord, promouvoir "Le message de Nostradamus", ce thriller qui me tient tellement à coeur, ensuite dénicher un éditeur plus conventionnel et, au final, travailler à la rédaction d'autres romans bien sûr, car l'écriture est pour moi la première des passions. J'ai en tête un thriller mettant en scène un profileur du FBI confronté à un tueur en série très atypique opérant aux Etats-Unis, un roman qui rompra avec bon nombre de codes en usage dans la littérature "thrillers", ceci dans un souci d'objectivité et surtout d'originalité.

Plus d'infos sur http://lemessagedenostradamus.over-blog.com

lundi 1 décembre 2008

Le Tec Hainaut en Flandre

Ce lundi 1er décembre, au départ de Mouscron, Bernissart et Ath, le Tec Hainaut lance trois nouvelles liaisons vers Courtrai et Audenarde. Ces lignes faciliteront la vie des Hennuyers travaillant en Flandre. Répondant à l'appel lancé par les responsables politiques wallons et flamands qui, pour intensifier les flux de travailleurs entre la Flandre et la Wallonie, ont demandé que la mobilité soit améliorée du sud vers le nord, le Tec Hainaut a conçu trois nouvelles lignes entre Herseaux (Mouscron) et Courtrai, entre Blaton (Bernissart) et Audenarde, ainsi qu'entre Ath et Audenarde. En concordance avec les horaires des entreprises, ces trois lignes proposent quatre liaisons par jour dans chaque sens en semaine et trois bus dans chaque sens le week-end. Elles bénéficient d'une subvention de 1,8 millions d'euros par an de la région wallone. Le choix d'Audenarde et Courtrai n'a pas été improvisé : c'est après avoir pris contact avec le Forem et le VDAB ainsi qu'avec les chambres de commerce wallone et flamande que les zones économiques intéressantes ont été déterminées. Il s'agit de zonings industriels concentrant de nombreuses offres de recrutement.

vendredi 28 novembre 2008

Un nouvel auteur belge : David Cockney

Les lecteurs de ce blog savent que j'aime apporter ma modeste petite aide à des écrivains belges n'ayant pas la chance d'être médiatisés. Je vous ai déjà souvent parlé de la Bande des Nez Rouges qui regroupe des auteurs publiés par les Editions Chloé des Lys, et certains d'entre eux fréquentent d'ailleurs régulièrement ce blog. Le mois dernier, j'avais aussi consacré un article aux livres de Mary Dollinger, une Britannique installée en France qui avait écrit un roman dont l'un des héros était Belge.

Aujourd'hui, j'aimerais évoquer David Cockney, un policier belge de 40 ans habitant le petit village de Huissignies (entre Ath et Beloeil dans la province du Hainaut), qui vient de sortir son premier livre à compte d'auteur : "Les Ailes de l'Espoir". Je n'ai malheureusement pas eu le temps de le lire, mais je tenais cependant à lui apporter un petit coup de pouce en publiant l'interview qu'il vient d'accorder au journal "La Province" :

"Policier à la ville, vous êtes aussi un passionné d'histoire militaire. Qu'est-ce qui vous touche particulièrement?
- Les sacrifices des jeunes, ce qu'ils ont enduré pour nous libérer. Cela m'attriste, ces générations entières sacrifiées. Ils venaient parfois de loin, défendre un pays qu'ils ne connaissaient pas.
- Qu'est-ce qui a déclenché l'envie d'écrire un livre sur un épisode de la seconde guerre mondiale?
- Le déclic, c'est une visite au Musée d'Histoire Militaire de Mons. J'y ai vu le tableau de Marcel Gillis, "Les Anges de Mons". Je me suis interrogé sur ce que cela représentait. J'en ai discuté avec une personne du musée. Elle m'en a expliqué le sens et m'a raconté que lors d'une rencontre entre vétérans allemands et britanniques, ces derniers s'étaient emportés quand il avait parlé de légende. Car les Britanniques sont certains que çà a bien eu lieu, que des anges seraient descendus sous forme d'archers, pour arrêter les Allemands et protéger les Britanniques. Par contre, les Allemands se demandent toujours quelles armes les Britanniques ont utilisées.
- Vous avez dû vous documenter?
- Essentiellement sur Internet, où j'ai trouvé des documents en anglais.
- Vous avez fait d'autres recherches?
- Non et j'indique bien à la fin de l'ouvrage que je ne suis pas historien. C'est un roman historique, même si j'essaie d'être le plus précis possible.
- Légende ou non, vous n'apportez pas la réponse?
- Chacun se fera sa propre idée.
- Pour vous, quelle serait-elle?
- Ce serait bien de croire qu'il existe quelque chose de divin.
- Parlez-nous du personnage principal de votre roman?
- C'est James, un soldat britannique qui est né dans un quartier du sud-ouest de Londres. Son père est commerçant et sa mère est couturière. Il a une vingtaine d'années quand il arrive à Mons, fier et héroïque. Mais c'est la déconvenue. James est un passionné d'aventures, de récits historiques de son pays. Il est influencé par l'histoire de Nelson à Trafalgar. Sa famille est opposée à son engagement.
- Comment vous sentez-vous par rapport à ce premier personnage littéraire?
- Il vit des choses qui ne sont pas communes. Je ne sais pas si, sur un champ de bataille, j'aurais réagi comme lui, si j'aurais eu autant de courage. Je crois que je n'aurais pas hésité non plus. C'est important de s'engager, de défendre son pays.
- Votre livre a retenu l'attentionde la Maison du Tourisme de la Région de Mons?
- Son directeur Fernand Martin a lu le livre et en a réservé une trentaine pour la Maison du Tourisme. J'espère qu'après, il sera traduit en anglais car les Britanniques sont très friands de cette histoire".

Pour plus d'infos, vous pouvez contacter David Cockney par mail (cockney666@skynet.be) ou par son blog (http://britannia.skynetblogs.be). Je lui souhaite beaucoup de succès!

mardi 25 novembre 2008

C'est du belge...

1° La ville de Gand occupe la 3ème place d'un classement des destinations historiques les plus authentiques dans la nouvelle édition du National Geographic Traveler Magazine. Gand est la seule ville belge dans cette liste et se place après la région de la Wachau en Autriche et le canal Rideau dans l'Ontario au Canada. Le jury met en avant les églises, musées, châteaux médiévaux et collections de peinture, qui sont bien préservées et présentées à Gand.

2° L'écrivain belge Nicolas Ancion annonce sur son blog que, pour la première fois, un de ses livres va être traduit en néerlandais. Son recueil de nouvelles "Nous sommes tous des Playmobiles" a été traduit par Marc Tiefenthal et sera publié début 2009 par les éditions Vrijdag.

3° RTL-TVI a annoncé qu'il allait produire début 2009 une version 100% belge d' "Un dîner presque parfait". L'émission serait quotidienne et mettrait à l'honneur des plats bien de chez nous. Stéphane Rosenblatt a expliqué à la presse : "Notre objectif est de renforcer notre access prime time. On est déjà très fort avec "Septante et un". Mais pour la tranche horaire qui précède "Septante et un", çà varie selon la série qu'on diffuse. Avec "Un dîner presque parfait", on va encore belgiciser plus nos programmes face à la RTBF et à TF1. Et s'il y a bien quelque chose de belge, c'est le plaisir que les gens ont à préparer à dîner et à recevoir des convives".

4° Les passionnés par l'histoire et la vie de la Belgique peuvent découvrir le site Internet réalisé par Michel Delporte à ce sujet : http://www.micdelp.be/ On notera aussi la sortie de la version 2008 du livre "L'année Place Royale", écrit par Anne Quevrin et richement illustré (l'an dernier, il s'était vendu à plus de 10.000 exemplaires).

5° Quelques nouvelles de la Bande des Nez Rouges dont je vous ai souvent parlé. Lors du salon Tournai La Page 2008, Dominique Leruth et Micheline Boland ont remporté respectivement le premier et le troisième prix du concours de nouvelles historiques. Micheline Boland vient de sortir son cinquième livre, intitulé "Nouvelles entre chien et loup", aux éditions Chloé des Lys. Et on attend impatiemment "Les Romanichels", le premier roman d'Edmée De Xhavée...

6° Le mercredi 3 décembre 2008 à 20h, BPlus organise un débat entre le bourgmestre de Lennik Willy Dewaele et le président de BPlus Tony Mary sur le thème "Welke toekomst voor de Belgische vlak?" (salle Jo Baetens, A. Algoetstraat 77, Lennik).

7° J'ai déjà eu l'occasion de dire sur ce blog tout le bien que je pensais du spectacle "Sois belge et tais-toi", co-écrit par Baudouin et André Rémy. Leur nouvelle tournée commence bientôt et la première aura lieu le 9 décembre au théâtre Saint-Michel. Le spectacle met six acteur en scène : Stéphanie Coerten, Nathalie Hugo, Philippe Peeters, Joël Riguelle (un bourgmestre qui a de l'humour!), Baudouin Rémy (l'excellente doublure d'Elio Di Rupo) et André Rémy (bon imitateur de Michel Daerden). Plus d'infos sur http://www.compagnievictor.be/

8° La chaîne de télévision flamande Canvas va lancer une série de six documentaires sur la chanson belge, avec notamment Arno, Axelle Red et...Lou (and the Hollywood Bananas). Très surpris par cet honneur, il a confié à la presse : "C'est à croire que je suis plus connu chez les Flamands qu'en Wallonie! Jamais une chaîne de télé francophone ne m'a offert ce que Canvas, la deuxième chaîne de la VRT, proposera mardi à ses télespectateurs : un portrait de cinquante minutes sur moi! Ils ont retrouvé de très vieilles images de Two Man Sound. Ca tombe bien puisque nous relançons ce groupe". Bien entendu, Lou n'est pas très représentatif de la Belgique francophone actuelle, mais on ne peut que se réjouir que les médias s'intéressent enfin un peu à ce qui se passe de l'autre côté de la frontière linguistique. Il y a quelques mois, la VRT a également lancé dans son débat dominical "De Zevende Dag" une séquence de cinq minutes sur la Wallonie confiés aux frères Deborsu, deux journalistes francophones bilingues.

9° La ministre fédérale de la Politique Scientifique Sabine Laruelle vient de le confirmer : notre compatriote Frank De Winne sera le premier commandant européen de la station spatiale internationale (ISS) lors de sa prochaine mission qui débute en mai 2009.

10° Au nom de son frère Eddy Meeus (fondateur de Walibi décédé en 2001), Thierry Meeus a reçu le Prix de l'International Association of Amusement Parks and Attractions (IAAPA) qui regroupe plus de 4.500 parcs d'attractions et de loisirs issus de plus de 90 pays. Les membres de cette organisation tenaient à rendre hommage à Eddy Meeus pour son action en faveur du développement des parcs d'attraction.

dimanche 23 novembre 2008

Le 200ème article de ce blog

Voici déjà le 200ème article de ce blog... Créé en décembre 2006, il avait - et a toujours - pour objectifs de faire connaître toutes les initiatives en faveur de l'unité de la Belgique et de mettre en valeur les Belges se distinguant dans tous les domaines (culture, sport, p.ex.). Il m'apporte beaucoup de satisfactions et de belles rencontres. La série "La Belgique de..." a eu beaucoup de succès en septembre et certains de mes articles ont également été repris par le site interactif bilingue http://www.medium4you.be/

Merci à tous les fidèles lecteurs de ce blog qui sont de plus en plus nombreux à laisser des commentaires : Edmée, David, Pierre, Alain, Michel, Bob, Youri, Jean-François, Louis et pardon pour ceux que j'ai oubliés.

Merci à tous les responsables de blog qui ont mis le mien parmi leurs liens : Autour de la Baltique, Belge 250, Belgique Unie, Belgium4ever, BPlus, Edmée De Xhavée, Louis Delville, Alain Destexhe, Mary Dollinger, Grimoire de Virginie, Philip Hermann, Honnelles Blog, Marie-Claire Houard, Michel Joris, Marc Legrand, Mouvement Dynastique Tournai, Quai des Belges, Kim Roovers, Royauté-News, Daniel Senesael, Alicia Vandenabeele, etc.

Enfin, merci aux personnes dans l'ombre qui me suggèrent des idées et découpent les articles de presse qui pourraient m'intéresser pour mon blog.

samedi 22 novembre 2008

L'acteur belge Olivier Gourmet

A l'affiche actuellement dans le film "Home", l'acteur belge Olivier Gourmet en parlait cette semaine au journal "La Dernière Heure/Les Sports" :

"Cette comédie légère est délicieusement belge. Elle tient de la fable surréaliste. Il faut accepter qu'une famille vive heureuse le long d'un tronçon d'autoroute désaffectée. Lorsque les voitures peuvent enfin l'emprunter, le film verse dans l'étrange, l'angoissant. Sans rien expliquer. On ressent physiquement les situations. Une femme m'a dit à Tours, qu'elle avait souffert de claustrophobie quand toutes les ouvertures sont murées. J'adore ce cinéma brut, décalé, qui pose beaucoup de questions sur la famille, l'isolement, le repli sur soi.
- La famille n'est heureuse que loin du monde?
- J'en connais beaucoup qui placent la famille au-dessus de tout et vivent repliés dans leur maison. Cette idéalisation est un leurre. Ils n'ont plus de regard sur les voisins, le monde, la société, et ils finissent par tout diaboliser, à force de ne plus rien savoir. C'est terrible. La famille est très importante, mais elle ne peut pas nous couper des autres.
- Pour la troisième fois, vous partagez l'affiche avec Isabelle Huppert. Elle vous surprend encore?
- Dans "Le temps du loup", nous n'avions aucune scène ensemble. Et je n'avais qu'une participation dans "L'amour caché". C'est absurde et ridicule, mais j'étais impressionné. J'avais une appréhension : ne pas être à la hauteur. J'ai passé beaucoup de temps à l'observer : c'est toujours intéressant de regarder une autre manière de faire le métier, de voir comment se prépare quelqu'un d'aussi apprécié qu'elle.
- Vous avez dû maigrir pour ce rôle?
- J'avais perdu du poids pour "Mon colonel". Depuis, j'ai repris un tout petit peu : 5 kilos... Ursula Meier voulait que je sois plus sensuel, sexy, fort, aérien, amusant. J'étais supercontent. Dans la vie, je suis plus proche de Roger dans "La promesse"".

Au cours de cette interview, Olivier Gourmet évoque aussi sa carrière :
"Ce sont souvent des petites participations. J'adore mon métier. J'aime jouer. Et surtout, rencontrer des gens, découvrir des lieux. Cet été, je me suis rendu au Pérou pour "Fragment of Grace". J'y ai pris énormément de plaisir. Je suis comme un enfant qui se prend pour Zorro. Je vais bientôt incarner un ancien truand qui a ouvert un chenil dans "Blanc comme neige" de Christophe Blanc. Le tournage commence dans deux mois. Je vais me poser 1.000 questions dans le train, en faisant la vaisselle, pour devenir petit à petit le personnage dans ma tête. J'aime vivre avec les rôles... Je rêve de tourner un film comme "Bienvenue chez les Ch'tis". Léger, simple, grand public. Ma référence absolue, c'est "La Grande Vadrouille". Je serais vachement heureux de tourner dans ce type de production. Pas pour la reconnaissance, je suis très heureux comme çà. Non, juste pour le plaisir, mais aussi la satisfaction de voir un très large public venir en salle. Qu'un film où j'ai connu une expérience malheureuse fasse deux ou trois millions d'entrées, cela ne me rend pas plus heureux. Il faut beaucoup d'humilité dans ce métier. Mais on espère toujours que ce qu'on fait sera vu par le plus grand nombre. C'est normal".

Et vous, que pensez-vous de notre compatriote Olivier Gourmet et du cinéma belge de façon plus générale?

mercredi 19 novembre 2008

Collaboration entre pompiers wallons et flamands

Après vous avoir parlé hier de l'accord de collaboration signé entre les villes de Mons et Gand, je voudrais évoquer aujourd'hui l'entente entre nos pompiers par-delà la frontière linguistique. Je laisse la parole au commandant Jean-Claude Mondo des sapeurs-pompiers de Tournai qui s'exprimait hier dans le journal "La Dernière Heure" :

"L'aide la plus adéquate et la plus rapide, et le citoyen égal devant la sécurité, telles sont les maîtres mots de la prochaine réforme des services incendie. Et pour atteindre ces objectifs, il faudra s'en donner les moyens. Nous collaborons avec les services incendie de Renaix et d'Avelgem qui interviennent sur les communes du Mont-de-l'Enclus et de Celles. Le service incendie de Tournai couvre le territoire le plus étendu de Belgique, et intervenir sur Celles et le Mont-de-l'Enclus nous demande une petite demi-heure après réception de l'appel. Or, les pompiers volontaires de Renaix ou d'Avelgem (en Flandre) peuvent arriver bien plus vite que nous. Mais s'il y a un incendie important, nous allons aussi sur place puisque nous restons responsables de ce territoire. Cette collaboration est inscrite dans des conventions entre les provinces du Hainaut, de Flandre orientale pour Renaix et de Flandre occidentale pour Avelgem. Et tout cela a un coût : environ 10.000 euros à 12.000 euros pour Tournai, qui reçoit de l'argent pour cela. La réforme devrait officialiser ces conventions. Je n'ai en tout cas jamais connu de problème linguistique durant ma carrière à cause de la langue et de la frontière entre la Flandre et la Wallonie."

mardi 18 novembre 2008

Collaboration entre les villes de Gand et Mons

Cette semaine, les bourgmestres et échevins des villes de Gand et Mons ont signé une série d'accords entre les deux cités (culture, économie, enseignement, tourisme, etc.). Des réunions de travail seront organisées entre les deux collèges tous les six mois jusqu'aux élections communales de 2012. Entretemps, de nombreux échanges auront lieu. Un exemple concret : les écoles communales en immersion linguistique de Flénu et Havré (deux villages de la commune de Mons) accueilleront des étudiants des Hautes Ecoles Pédagogiques de Gand. Par ailleurs, le collège échevinal de Gand a décidé de soutenir officiellement la candidature de Mons au titre de capitale culturelle européenne en 2015 (pour l'instant, seuls Mons et Malines sont candidats).

Daniel Termont, bourgmestre socialiste de Gand : "Nous avons toujours eu de bons contacts. Et lorsque Elio Di Rupo m'a appelé pour me parler entre autres de Mons 2015, cela m'a tout de suite intéressé. Nous avons nos points forts, Mons a les siens. Des rencontres entre les autorités ne peuvent que nous amener à nous améliorer. Je pense notamment qu'au niveau de l'énergie et du climat, nous pouvons aider Mons. Mais je le répète, cette initiative profitera aux deux communes. A chaque fois que je visite Mons, je suis surpris. J'ai ainsi particulièrement apprécié la rénovation des anciens abattoirs. Amener l'art dans un bâtiment de cette nature, c'est tout simplement génial".

Elio Di Rupo, bourgmestre socialiste de Mons : "C'est vraiment une ville fabuleuse, une cité vivante, dotée d'un patrimoine magnifique et d'immeubles exceptionnels. Une ville qui abrite également près de 60.000 étudiants. Et qui reste un endroit paisible. Je me souviens que, lors de ma première visite, j'avais été véritablement époustouflé par l'alliance entre l'eau et le patrimoine. Ce n'est pas à moi de souligner les points faibles de cette ville. Disons seulement que ces points faibles sont à peu près les mêmes que ceux de Mons. L'échange entre Gand et Mons est une initiative à portée nationale. Daniel Termont est un homme d'action, décidé, qui prépare et connaît admirablement ses dossiers. Je dirais, pour résumer, que c'est un être simple et un politicien très efficace".

dimanche 16 novembre 2008

Le roi Albert II vu par Yves Leterme

A l'exception de La Liste De Decker, du Vlaams Belang et de la NVA (qui sont séparatistes et républicains), tous les partis politiques ont rappelé hier que le roi Albert II jouait bien son rôle au sein d'une monarchie constitutionnelle et qu'il n'avait commis aucun faux pas politique depuis 1993. Rappelons également qu'il refuse de recevoir les élus d'extrême-droite et condamne régulièrement le racisme et la xénophobie. Sa personnalité modeste et chaleureuse plaît beaucoup aux Belges.

A l'occasion de la fête du Roi, le premier ministre Yves Leterme a répondu aux questions des quotidiens du groupe Vers l'Avenir :

"Quel moment fort retenez-vous des 15 ans de règne d'Albert II?
- Ce qui me vient surtout à l'esprit, c'est le geste fort du Roi quand il a reçu les familles des victimes de Dutroux. C'était en octobre 1996, le vendredi précédant la Marche Blanche qui allait faire descendre 300.000 personnes dans les rues de Bruxelles. En recevant les familles au palais royal, le souverain a donné le signal d'une complète communion avec son peuple. Il a joué pleinement son rôle de médiateur de nos inquiétudes et de nos espérances.
- Vous fêtez le Roi alors que dans le passé, vous n'avez pas toujours été tendre avec la monarchie et la famille royale. Vous êtes premier ministre depuis sept mois. Cela a-t-il changé votre vision de l'avenir de la monarchie?
- Le Roi joue un rôle fondamental, dans un vrai respect des responsabilités de chacun. A moi, l'action politique sous le contrôle du Parlement. Et le souverain est un élément clé de notre société, à côté du politique.
- Pour vous, Albert II est un bon roi?
- En 15 ans, il a acquis une autorité qui va au-delà de la Constitution. On respecte Albert II, pas seulement pour la fonction qu'il occupe, mais aussi pour ce qu'il est et pour la façon dont il remplit sa fonction. En 1993, il a succédé à Baudouin qui était une figure de grande envergure. Albert II a pu être présenté comme un roi de transition. On peut dire aujourd'hui qu'il réussit pleinement son règne.
- La monarchie est donc un système qui fonctionne bien?
- La monarchie peut paraître anachronique à certains. Pour la Belgique, en tout cas, c'est le bon système".

vendredi 14 novembre 2008

La fête du Roi (15 novembre)

Ce samedi 15 novembre, c'est la fête du Roi en Belgique. Cette date a été choisie car le 15 novembre est le jour de la Saint-Léopold (fondateur de la dynastie belge) dans le calendrier germanique et de la Saint-Albert (souverain actuel) dans le calendrier général. Certaines personnes parlent parfois de "Fête de la Dynastie", mais c'est une erreur : cette appelation a été uniquement utilisée de 1944 à 1950 lorsque le roi Léopold III vivait en exil en Suisse et son frère le prince Charles était régent du royaume. Dès l'accession au trône de Baudouin, le 15 novembre est redevenu la fête du Roi.

Vu que les partis sociaux-chrétiens étaient dans l'opposition (alors qu'ils étaient au pouvoir depuis plusieurs décennies), le gouvernement Verhofstadt Ier décide en 2001 de marquer la séparation entre l'Eglise et l'Etat lors de la fête du Roi.

Premier changement : le Te Deum perd son caractère officiel. Ce n'est plus le ministre de l'Intérieur, mais les autorités religieuses qui invitent à la célébration. Des détachements militaires ne sont plus présents à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule. Les enfants du Roi y assistent en civil et plus en uniforme militaire.

Seconde modification : en fin d'après-midi, une réception est organisée au Parlement pour environ 600 personnes (la famille royale, les autorités politiques, religieuses, judiciaires et militaires du pays, ainsi que des citoyens choisis par les gouverneurs de province), au cours de laquelle le premier ministre, les présidents de la Chambre et du Sénat prononcent un discours. Cette réception est marquée par l'interprétation de la Brabançonne (l'hymne national belge) dans les trois langues du pays par un chanteur de variétés, comme Helmut Lotti ou Jo Lemaire.

La coutume veut que le roi Albert et la reine Paola ne participent pas à ces deux cérémonies, contrairement à leurs enfants et beaux-enfants. Depuis 1993, le couple royal a exceptionnellement assisté à la fête du Roi en 1993 (dédiée à la mémoire du roi Baudouin), en 2006 (pour les 175 ans de la dynastie) et en 2008 (à l'occasion des 15 ans de règne d'Albert II).

mardi 11 novembre 2008

L'asbl BPlus sur tous les fronts

Je vous ai déjà parlé de l'asbl BPlus qui est un groupe de pression bilingue créé en 1998 pour défendre l'unité de la Belgique fédérale (donc pas un retour à une Belgique unitaire) et qui compte plus de 4.000 membres. En septembre, ils ont organisé la fête de la région wallone à Saint-Trond. Fin octobre, Bruxelles accueillait leur 4ème speed-dating intercommunautaire qui permettait à des jeunes Wallons, Flamands et Bruxellois de se rencontrer dans une ambiance sympa. France 2 est venue les filmer et vous pouvez lire d'autres échos sur le blog de BPlus.

Et en novembre? BPlus a été invité à tenir un stand à la Foire du Livre Politique à Liège ces 15 et 16 novembre 2008. BPlus organisera aussi un débat sur l'avenir de la Belgique fédérale le samedi 15 novembre (de 15h30 à 16h30) entre le politologue Pascal Delwit (ULB) et le vice-président de BPlus Tony Vande Calseyde. Un des sujets abordés sera : "Scission de BHV en échange d'une circonscription électorale : solution win-win ou utopie?".

Nicolas Parent, jeune professeur d'histoire et membre de BPlus, avait créé sur Facebook un groupe pour que des réjouissances populaires soient organisées le 21 juillet 2009 à Liège (à part le traditionnel Te Deum, il n'y a jamais rien de prévu pour la fête nationale dans la cité ardente). Il a reçu le soutien et les idées de plus de 300 personnes, et a remis un projet à la Ville de Liège (concert de groupes flamands et francophones, village des saveurs belges, feu d'artifice, etc). Le journal "La Libre Belgique" vient de lui consacrer un article et lui a posé ces trois questions :

"Votre proposition vise-t-elle à faire contrepoids aux fêtes de Wallonie et au 14 juillet, très fêté à Liège?
- BPlus défend l'idée fédéraliste qui implique un espace fédéral mais aussi un espace pour les régions. Nous ne sommes pas animés par la nostalgie du drapeau, des anciens combattants, mais par le souhait de favoriser l'ouverture vers les autres communautés. Le 21 juillet est une bonne occasion pour cela. On pourrait faire venir des artistes de Tongres ou des germanophones, et rappeler jusqu'où s'étendait la principauté de Liège. Cela n'empêche pas de fêter l'amitié avec la France, comme le font beaucoup de Liégeois qui ne sont pas pour autant rattachistes potentiels. Les Liégeois sont très attachés à la Belgique fédérale. La pétition de Marie-Claire Houard pour l'unité est partie d'ici l'an dernier.
- Que comptez-vous faire si la Ville de Liège ne donne pas une suite positive à votre projet?
- Nous avons déjà organisé des événements sans soutien ou avec un soutien minimum des villes. Mais cela nous limite, évidemment. Nous ne sommes pas appuyés par un consulat! L'ambition du projet dépendra du soutien qu'il recevra ou non des autorités communales, mais il y aura un projet de toute manière. On peut essayer de fédérer différentes initiatives privées qui existent déjà. Ce serait forcément modeste et ce serait dommage parce qu'on a là l'occasion d'offrir une vision plus en adéquation avec la réalité.
- D'autres projets d'actions en province de Liège?
- Oui, nous avons l'intention de continuer à organiser des débats pour sensibiliser les jeunes, notamment à l'université. Cela nous intéresserait particulièrement de mettre en face à face Jean-Marie Dedecker et le président de BPlus Tony Mary qui est aussi un Flamand. Ce serait l'occasion de montrer qu'en Flandre, il n'y a pas que Dedecker, De Wever et Dewinter".

Nouvelle étape dans le projet de Nicolas : une réunion de préparation aura lieu le jeudi 20 novembre 2008 (de 19h30 à 21h30) au Celtic Ireland Pub, boulevard de la Sauvenière à Liège.

dimanche 9 novembre 2008

La Politique Scientifique Belge

Voici l'interview accordée par la ministre fédérale de la Politique Scientifique Sabine Laruelle à l'hebdomadaire "Paris Match" :

"Quel est le niveau de la recherche en Belgique?
- Plutôt bon et élevé. En termes de publications scientifiques par million d'habitants, nous nous classons 6ème en Europe.
- Reçoit-elle assez d'argent?
- L'objectif européen de 3 % du PIB affecté à la recherche n'est pas encore atteint en Belgique. On se situe actuellement à 1,13 % pour le privé et 1,06 % pour le public. Cela dit, des efforts sont consentis pour répondre à la demande pressante des recteurs d'université visant à maintenir le niveau de la recherche fondamentale et à assurer son financement. Le gouvernement fédéral a pris des initiatives en ce sens. La mesure précompte, par exemple, allège la fiscalité qui pèse sur les rémunérations des chercheurs en réduisant de 65 % le précompte professionnel. C'est une mesure structurelle qui diminue le coût de la recherche et développement et, par conséquent, la rend plus compétitive. Cela représente un effort annuel de l'Etat fédéral de près de 245 millions d'euros. Nous avons également décidé de rendre moins cher le dépôt de brevet.
- Comment concilier recherche fondamentale et recherche appliquée?
- L'équilibre entre les deux doit être maintenu. Mais l'une mène à l'autre. Lorsque nous finançons la Station Polaire Princesse Elisabeth en Antarctique, nous finançons la recherche fondamentale, et en même temps, nous contribuons à l'innovation technologique dans le domaine des énergies renouvelables et de l'isolation. De même avec les programmes spatiaux qui font progresser les technologies d'imagerie des satellites.
- Les jeunes désertent les filières scientifiques et l'avenir de la recherche semble en péril, faute de relève. Ensuite, il y a le problème du sous-financement des post-doctorants qui attise la fuite des cerveaux vers l'étranger et le privé. Quelles solutions pour y remédier?
- Pour ce qui concerne les post-docs, çà relève de la compétence des régions et communautés. S'agissant de la relève, je compte notamment beaucoup sur les projets-phares, capables de susciter l'émulation, de mobiliser les jeunes et de les faire rêver. Parce que la recherche, c'est aussi du rêve. Le LHC, en tant que rêve d'universalité réalisé, en est un bon exemple. Ainsi que la Station Polaire Princesse Elisabeth en Antarctique ou prochainement le second voyage de Frank De Winne dans l'espace. Plus largement, en dehors du fédéral pour soutenir la recherche, il est nécessaire d'en assurer la promotion dans un cadre européen pour faire face à la concurrence mondiale".

samedi 8 novembre 2008

Article du journal français "La Tribune"

België barst! Belgique crève! Le slogan des ultras flamands semble soudain appartenir à une période révolue. Tard dimanche soir, l'Etat belge a débloqué en urgence 3,5 milliards d'euros pour sauver KBC, la plus grande banque de Flandre. Après Fortis et Dexia, les deux principales banques belges, c'est le troisième fleuron de la finance que les autorités ont dû secourir.

En l'occurence, il ne s'agit ni d'une nationalisation, ni d'un démantèlement. En échange des facilités qu'il octroie, le gouvernement belge entre au capital et disposera de deux sièges au conseil d'administration, mais sans prise de contrôle. Rien ne suggère, du côté de l'opinion nationaliste flamande, un mouvement de refus : l'aide de l'Etat belge, non merci! Au contraire. Les séparatistes, qui constituent une portion bruyante mais minoritaire de la population flamande, reprochent d'ordinaire à la Belgique de siphoner l'argent de la Flandre pour le redistribuer en Wallonie. Ils trouveront peut-être que l'injection de capitaux publics dans le bancassureur n'est qu'un juste retour des choses.

En attendant, le gouvernement belge réalise une sorte de tour de force. Yves Leterme, le premier ministre, a réussi à se maintenir au pouvoir depuis six mois sur des bases extrêmement fragiles. Ce Flamand considérait il y a encore quelques mois que la Belgique en soi "n'avait pas de valeur ajoutée". Il a plusieurs fois remis la démission de son gouvernement parce qu'il ne parvenait pas à faire accepter par les élus francophones une renégociation des pouvoirs au sein de la Belgique.

Et c'est cet homme-là, le moins philobelge des dirigeants qu'ait produits ce pays depuis sa création en 1830, qu'il revient d'incarner l'Etat unitaire et salvateur dans la crise. Il y a gagné une surprenante popularité chez les Wallons et les Bruxellois. La Belgique a prouvé sa pertinence dans la crise. Reste à savoir jusqu'où son Etat peut s'engager sans y perdre sa propre crédibilité financière.

Sophie Gherardi, directrice adjointe de la rédaction du journal français "La Tribune" (27/10/08).

mercredi 5 novembre 2008

Jacques Mercier quitte la RTBF

Jacques Mercier (65 ans) a annoncé hier son départ de la RTBF où il travaillait depuis plus de 40 ans en télévision et en radio. Vu mon jeune âge, je l'ai découvert dans les années 90 à travers l'émission "Forts en tête" qu'il co-présentait avec Barbara Louys. C'est un homme polyvalent dont il existe peu d'exemples en Belgique francophone. Il ressemble à Michel Drucker : même gentillesse, même longévité et même aisance avec des gens de tous horizons et de toutes générations. Tous deux ont traversé les époques en s'adaptant à l'évolution des médias et sont capables d'interviewer un poète, puis un groupe de rock. Jacques Mercier a même un actif fan-club, ce qui est peu courant en Belgique francophone, où nos animateurs et présentateurs ne sont pas beaucoup médiatisés.

Oui, malgré sa notoriété, Jacques Mercier est resté un homme simple et accessible. Je l'ai personnellement constaté lors d'une séance de dédicaces à la Foire du Livre de Bruxelles où il m'avait immédiatement mis à l'aise. Lorsque je laisse une question sur son blog (voir à gauche parmi les liens), il me répond très vite. Il a déjà eu également la gentillesse de venir sur ce blog.

A-t-il eu raison de quitter la RTBF avec qui il reste en bons termes? Je pense que Jacques Mercier est arrivé à un âge où on sait ce qu'on a envie de faire...et de ne plus faire. "Le jeu des dictionnaires" (en radio) avait récemment fêté son 20ème anniversaire et ce cap symbolique est peut-être le bon moment pour passer le flambeau à un autre animateur (d'autant que les chroniqueurs restent en place)? En télévision, "Bonnie and Clyde" était une bonne idée, car c'est la seule émission de divertissement en Belgique francophone qui permettait à nos artistes de se produire en prime time. La complicité avec Armelle était évidente et il régnait une bonne ambiance sur le plateau, mais l'émission n'a jamais trouvé son public. Aussi, oui, Jacques Mercier n'a plus rien à prouver en télévision et en radio... excepté présenter le journal télévisé de 19h30! Aussi c'est peut-être effectivement le bon moment pour quitter de son plein gré et sans regret la RTBF et...pour recevoir de son vivant de très nombreux hommages!!!

Il serait injuste de résumer Jacques Mercier aux médias, même s'ils ont occupé une grande partie de sa carrière. Il y a peu, j'ai vu un reportage intimiste d'une heure où il expliquait que la poésie et l'écriture occupaient déjà une grande place dans sa jeunesse dans le Tournaisis. Mais une interview de Jacques Brel l'a dirigé vers la radio et la télévision. Au fil des ans, Jacques Mercier a démontré sa culture et son envie d'écrire à travers des romans, des essais, sa rubrique "Monsieur Dico" dans le journal "La Libre Belgique", mais aussi son amitié avec d'autres auteurs comme Colette Nys-Mazure ou Amélie Nothomb. Il a été admis au sein de l'Association des Ecrivains Belges et c'est cette voie qu'il veut suivre aujourd'hui. Les fidèles de son blog savent que cet homme enthousiaste et passionné a de nombreux projets, comme écrire un nouveau roman et monter des récitals de poésie. Mettre sa notoriété au service de la culture, amener le grand public à fréquenter les salles de théâtre, voilà un beau défi! Car non, Jacques Mercier ne prend pas sa retraite, mais a juste choisi de réorienter sa carrière très féconde.

Jacques, si vous lisez de cet article, j'espère avoir bien résumé vos intentions et je vous souhaite beaucoup de réussite dans tous vos projets. Et je vous suggère une petite idée : créer un site Internet officiel où on pourrait trouver tous les renseignements sur votre carrière et consulter vos rubriques de "Monsieur Dico".

mardi 4 novembre 2008

Les 50 ans des Schtroumpfs

Peyo, le créateur des petits bonhommes bleus, était un ami de Franquin, un autre génie de la B.D. belge. Lors d'un séjour à la mer du Nord, ils échangent leurs idées sur les aventures sur lesquelles ils travaillent. Peyo planche sur une histoire de Johan et Pirlouit : "La flûte à six trous" (qui deviendra ensuite "La flûte à six Schtroumpfs"). Il a déjà les personnages bleus en tête, mais ne trouve pas de nom. Voulant s'emparer d'une salière sur la table, Peyo dit à Franquin : "Passe-moi la...Schtroumpf". Franquin rétorque : "Voilà, je te le schtroumpfe". Le nom était trouvé!

Dans le magazine belge "Spirou" du 23 octobre 1958, Johan et Pirlouit sont les héros d'une bande dessinée située au Moyen Age qui compte alors huit épisodes. Au détour d'une planche de la neuvième histoire, une petite voix s'élève : "Vous ne pouvez pas regarder où vous mettez vos Schtroumpfs? Vous avez failli me schtroumpfer!". Un lutin à la peau bleue surgit sous le regard stupéfait des deux garçons. Les Schtroumpfs séduisent les lecteurs qui les réclament. Peyo qui imaginait n'en faire que des personnages secondaires est dépassé par le succès. Il est contraint d'abandonner ses autres héros pour ne plus se consacrer qu'aux Schtroumpfs qui auront leurs propres albums. Les Schtroumpfs prennent ensuite une dimension internationale lorsqu'ils envahissent la télévision à travers 272 épisodes de 20 minutes.

Les Schtroumpfs se donnent tout et s'entraident en permanence. L'argent n'a pas cours chez eux (après une tentative infructueuse décrite dans "Le Schtroumpf Financier"). Ils sont tous égaux et il n'y a pas un Schtroumpf plus riche ou plus gâté qu'un autre. Très casaniers, ils sont heureux ensemble et ne quittent leur communauté que quand ils y sont contraints. Leurs histoires se passent au Moyen Age.

Les Schtroumpfs sont des végétariens : ils ne chassent pas, ne pêchent pas (sauf pour s'amuser mais ne font aucun mal aux poissons) et n'élèvent aucun animal. Ils mangent de la salsepareille bien entendu, mais aussi des fruits, des légumes et des pâtisseries.

Gargamel (et son chat Azraël) est le sorcier voisin des Schtroumpfs. Il a tous les défauts réunis des hommes mais ne se souvient heureusement jamais du chemin menant au village des lutins! Afin de créer la pierre philosophale, il a besoin d'un Schtroumpf dans sa marmite, comme indiqué dans sa recette. Autres ennemis des Schtroumpfs : la mouche Bzz, le géant Grossbouf et Cracoucass. Mais ils comptent aussi des amis humains, comme le mage Homnibus ou Johan et Pirlouit.

Pourquoi les Schtroumpfs sont-ils bleus? Peyo a, en fait, agi par élimination. Le vert aurait fait penser à des Martiens. Il a ensuite écarté le jaune, le rouge ou le noir qui auraient pu être associés à une race. Voilà pourquoi les Schtroumpfs sont bleus.

Peyo évoquait les maux de la société en les transposant sur les travers des Schtroumpfs : les méfaits de la robotique, de la dictature et de l'argent, le manque de tolérance, la petite délinquance, etc. Et en 2008? Les Studios Peyo existent toujours à Genval en Brabant wallon. Trois dessinateurs et deux scénaristes continuent son travail, tandis que sa famille veille à sa protection. Contrairement aux héritiers d'Hergé, ils souhaitent que les Schtroumpfs restent populaires et pas uniquement destiné à une élite de spécialistes. Le dernier album sorti est "Les Schtroumpfeurs de flûte".

P.S. Toutes ces informations sont issues du très beau supplément de 24 pages sorti par les quotidiens du groupe Sud Presse, en collaboration avec la famille de Peyo qui leur a permis de reprendre gratuitement des dessins des Schtroumpfs et leur a donné une quantité d'informations. Merci à eux pour ce beau cadeau qui m'a permis d'apprendre plein de choses et de...me replonger dans mon enfance où je collectionnais les petits Schtroumpfs en figurine!

dimanche 2 novembre 2008

L'histoire de la famille Boël

Excepté Delphine Boël, cette riche famille belge est peu connue du grand public et se montre très discrète. Au départ de leur fortune, il y a Gustave Boël (1837-1912) qui est le directeur des Etablissements métallurgiques Ernest Boucquéau à La Louvière. En 1880, le patron lui lègue l'entreprise. Lors de son décès, Gustave Boël emploie 1.800 ouvriers et fait installer deux hauts fourneaux qui produisent 400 tonnes d'acier par jour (Son entreprise est la plus moderne de Belgique). Il a également été bourgmestre de La Louvière, sénateur et administrateur de plusieurs charbonnages. Ses biens comprennent notamment le château du Chenoy à Court-Saint-Etienne et le château Boël qu'il fait construire...rue Gustave Boël à La Louvière!

Durant la première guerre mondiale, les usines Boël arrêtent leur production et sont presque entièrement démantelées par les Allemands. Marthe de Kerchove de Denterghem, l'épouse de Pol-Clovis Boël (fils de Gustave), est condamnée à deux ans de prison pour avoir organisé un service de correspondance entre les soldats belges du front et leur famille. Son mari est envoyé en Allemagne. Marthe présidera ensuite le Conseil National des Femmes Belges et est parfois qualifiée de "féministe aristocrate".

Après la guerre, avec l'aide de son fils René, ingénieur diplômé de l'ULB, Pol-Clovis Boël (1868-1941) reconstruit et modernise l'entreprise familiale. Il est titré baron par le roi Albert Ier pour sa participation à la reconstruction économique du pays et devient vice-président du Sénat. Durant l'entre-deux guerres, les Boël entrent dans les principaux groupes financiers belges (Solvay, Banque de Bruxelles, Société Générale, p.ex.).

La troisième génération des Boël se répartit les tâches : le baron René Boël (1899-1990) veille aux intérêts financiers de la famille et est professeur à l'ULB, Lucien (1903-1999) s'occupe des usines de La Louvière qui fonctionnent normalement durant la deuxième guerre mondiale, tandis que Max (1901-1975), ingénieur agronome et forestier, gère leurs propriétés en Brabant wallon. Par leurs mariages, ils s'allient à d'autres riches familles belges : René Boël épouse Yvonne Solvay en premières noces, puis Mathilde de Jonghe d'Ardoye, tandis que leur soeur Marie-Anne Boël (1909-1996) se marie avec Charles-Emmanuel Janssen, dont la famille est le principal actionnaire d'UCB.

Le baron René Boël sera conseiller du gouvernement belge en exil à Londres durant la deuxième guerre mondiale, puis membre de la délégation belge à Bretton Woods, membre du comité de direction de la Fédération des Industries de Belgique. En 1971, il est titré comte. De ses deux mariages, René a eu cinq enfants : Pol, Antoinette, Yves, Michel (surnommé Mickey) et Jacqueline.

A la quatrième génération, c'est le comte Pol Boël (1923-2007) qui est le chef de la famille. Il a épousé Nicole Davignon (la soeur du vicomte Etienne Davignon, ministre d'Etat et ancien commissaire européen) avec qui il a eu trois enfants : Yvonne, Alec-Paul (décédé en 1988) et Nicolas. Membre du parti libéral, il a siégé au Sénat et au conseil communal de La Louvière. Au cours de sa carrière financière, le comte Pol a été, entre autres, président des Usines Gustave Boël et vice-président de la Fédération des Entreprises de Belgique, mais aussi administrateur de l'Union Wallone des Entreprises, de la Sofina, des Forges de Clabecq, de Cockerill Sambre, etc.

Les médias parlent aujourd'hui régulièrement de Jacques Boël (né en 1929), le cousin de Pol. Sa première épouse la baronne Sybille de Sélys Longchamps a été pendant plusieurs années la maîtresse du roi Albert II. De leur liaison naît en 1968 Delphine qui sera cependant reconnue par Jacques Boël. Le couple divorce en 1978. Outre sa fonction d'administrateur délégué des Usines Gustave Boël, Jacques Boël a été notamment administrateur des Glaces de Charleroi, des Ciments d'Obourg et de l'Union financière Boël. Il habite dans le domaine de Beauregard à Court-Saint-Etienne avec sa deuxième épouse, Diane de Woot de Trixhe de Jannée, une descendante de Philippe le Beau.

C'est dans les années 90 que les Boël (Pol était président du conseil d'administration et Jacques administrateur délégué) vont abandonner la sidérurgie dans le Hainaut : d'abord via un partenariat avec le groupe néerlandais Hoogovens en 1996, puis à travers la cession de l'usine au groupe italo-suisse Duferco en 1999. Désormais, ce sont les holdings financiers de la famille qui sont le moteur de leur fortune (estimée à 818.046.749 euros par le magazine Trends-Tendances en 2005). Avec les Lippens, ils sont également actionnaires d'une importante sucrerie au Congo.

Pour plus d'infos : "La fortune des Boël : un énorme patrimoine et une immense dette sociale" de Marco Van Hees, éditions Aden.

jeudi 30 octobre 2008

Trois bonnes initiatives

1° Ce vendredi 31 octobre 2008 à 19h au Café De Monck (Bruxelles), l'asbl bilingue BPlus - qui a été créée en 1998 et compte plus de 4.000 membres - organise le 4ème speed-dating intercommunautaire, en collaboration avec les Jeunes MR, CDH, Ecolo, PS, FDF, Open VLD, Groen, SPA, CD&V et NVA. Cette initiative sympathique et moderne a pour but de faire dialoguer des jeunes Wallons, Flamands et Bruxellois autour d'un verre, et de dépasser certains clichés.

2° Pour la première fois, les titres de docteur honoris causa décernés le 2 février 2009 par l'Université Catholique de Louvain (UCL) et par la Katholieke Universiteit van Leuven (KUL) seront communs aux deux institutions universitaires. Séparées depuis 1968, les deux universités ont choisi en commun leurs quatre prochains docteur honoris causa : la dessinatrice et scénariste Marjane Satrapi, le religieux Paolo Dall'Oglio, le professeur Abdullahi Ahmed An-Na'Im et le recteur de l'université de Jérusalem Sari Nusseibeh.

3° Nicolas Parent, l'un des responsables de l'asbl BPlus, avait créé cet été un groupe sur Facebook intitulé "Pour qu'on fête le 21 juillet 2009 à Liège". Plusieurs centaines de personnes lui ont apporté leur soutien et des idées concrètes. Il vient de remettre un projet à la Ville de Liège et le journal "La Libre Belgique" lui a déjà consacré un article. Je vous en reparlerai.

Bref, certaines personnes continuent sur les blogs et forums à associer les "belgicains" aux derniers anciens combattants présents aux 11 novembre et 8 mai avec leurs drapeaux belges. D'abord, ces personnes méritent tout notre respect pour avoir donné leurs plus belles années au service de la Patrie. Ensuite, il faut bien se rendre compte qu'une nouvelle génération de Belges a pris le relais de ces anciens combattants pour défendre l'unité de la Belgique. A l'heure d'Internet, ces jeunes motivés le font d'une autre façon, avec des initiatives modernes et dynamiques, mais ils sont fiers d'être belges et incarnent l'avenir de notre pays. Bravo à tous!

lundi 27 octobre 2008

Clin d'oeil linguistique et sportif

Jeudi soir, la RTBF diffusait le match de football de la coupe Uefa opposant Bruges à Rosenborg. Curieusement, aucune chaîne flamande ne le retransmettait, ce qui a eu pour conséquence que le match diffusé par la RTBF a été suivi par 277.000 télespectateurs flamands et 202.000 télespectateurs francophones! Du jamais vu! Mais les quotidiens du groupe Sud Presse ont eu raison de souligner l'excellente initiative des commentateurs de la RTBF :

"C'est une première mais il n'y a guère que les amateurs de foot qui s'en sont rendu compte. L'autre soir, Rodrigo Beenkens s'est exprimé en néerlandais pendant quelques instants aux télespectateurs, imités juste après par son consultant Marc Wilmots. Le sympathique commentateur était sur la RTBF, et non pas sur la VRT ou VTM. Explication : pour des raisons que j'ignore (un problème de droits?), le match de Bruges en Suède n'était retransmis par aucune chaîne flamande. Ainsi la RTBF est-elle devenue, le temps d'un match, la télé la plus regardée au nord du pays. Beenkens n'a pas loupé l'occasion, contrairement aux Brugeois qui n'ont pas marqué, même s'ils ont bien joué. Ce n'est bien sûr pas cette anecdote qui va régler nos démêlés communautaires mais je trouve le clin d'oeil - qui n'est pas le premier dans le chef de Rodrigo - aussi sympathique qu'intelligent. Qui sait, si nous avions plus souvent ce genre d'attitude, l'image qu'ils ont de nous en Flandre serait peut-être différente? Le sport adoucit les moeurs".

En voilà une bonne nouvelle pour commencer cette semaine!

samedi 25 octobre 2008

Mary Dollinger

Quand j'ai créé fin 2006 ce blog qui n'a rien de personnel, je me demandais qui allait le lire. Il m'a fallu plusieurs mois avant d'avoir un "club" de fidèles lecteurs que je ne connaissais pas auparavant. Que de bonnes surprises! Je pense à David, la Bande des Nez Rouges, Alain, Michel, Jf, etc. Nos échanges vont même parfois au-delà du blog grâce aux mails. Dernièrement, je reçois un message de Mary Dollinger, une Anglaise installée en France, dont je n'avais jamais entendu parler. Comment a-t-elle découvert mon blog? Qu'est-ce qui l'a séduit? Mystère... Elle me demande mes coordonnées et m'envoie gratuitement quelques jours plus tard trois de ses livres! Tout cela pour dire que quand on utilise judicieusement Internet, cela permet de faire des découvertes étonnnantes et de belles rencontres sur le plan humain.

Dans la collection "En attendant le bus" (une série de courts récits publiés par les éditions Jacques André), Mary Dollinger a écrit "Journal désespéré d'un écrivain raté" et "Et le bébé était cuit à point". Le premier raconte les entrevues entre des auteurs et leur éditeur, mettant en scène plusieurs grands écrivains du 19ème siècle (comme Emile Zola, Guy de Maupassant ou Victor Hugo). Le récit nous pousse à nous demander s'ils recevraient aujourd'hui un accueil favorable des maisons d'édition. Cette phrase m'a bien plu et est très juste : "Vous devez savoir que maintenant, seuls quelques lecteurs avertis dépassent les 300 pages, et avec 600, vous allez plonger les autres dans le désespoir le plus profond, voire dans un coma littéralement dépassé".

Le fil conducteur de "Et le bébé était cuit à point" est Harmonie, un chat. Blanche, une célibataire solitaire, le reçoit de sa mère. Grâce à Harmonie, elle fait la rencontre de Philippe, prince charmant apprécié du chat. La vie morne de Blanche est métamorphosée...jusqu'à la cruelle dernière page où le lecteur apprend la vérité sur ce qui ressemblait à un conte de fées!

Mary Dollinger a également écrit un roman de 255 pages : "Au secours Mrs Dalloway". Clare Fournier, une bourgeoise anglaise, vit une existence monotone avec son époux Georges (qui la trompe), leurs deux enfants, leur chien et leur gouvernante Mathilde. Mais sa vie devient ensuite plus intéressante : elle décide d'écrire un roman et tombe sous le charme d'un séduisant Belge, Jeffery Vandenbeck. Elle écrit : "Georges m'avait aimée et entourée comme un excellent mari classique. Il était confortable, réconfortant, mais tellement ennuyeux et pas du tout électrique, pas enivrant. Si Georges était un fleuve rassurant, Jeffery, lui, était une cascade éblouissante : c'était le Mississippi face au Niagara". On suit ensuite Clare en Angleterre, puis son retour dans le sud de la France pour la fin de l'histoire. "Tout est bien qui finit bien", comme dit le proverbe, mais je vous laisse le soin de le découvrir vous-même.

Bref, je remercie Mary Dollinger pour l'envoi de ses trois livres et lui souhaite bonne chance pour la suite de sa carrière (Plus d'infos sur http://englishgirl.blogs.pyschologies.com). Si elle vient sur ce blog, j'aimerais lui poser trois questions : y a-t-il une part d'autobiographie dans "Au secours Mrs Dalloway"? Pourquoi avoir choisi la nationalité belge pour le séduisant Jeffery? Quels sont vos projets?

jeudi 23 octobre 2008

L'actrice belge Alexandra Vandernoot

Je vous ai parlé récemment de "A tort ou à raison", la nouvelle série judicaire produite par la RTBF. Le tournage a lieu actuellement à Bruxelles. Le journal "La Dernière Heure" en a profité pour interviewer notre compatriote Alexandra Vandernoot (née en 1965) sur ce nouveau projet noir-jaune-rouge :

"Vous-même et les trois autres comédiens principaux de la série semblez ravis de participer à cette production belge?
- Oui, totalement. On a tous accepté nos rôles, en dehors du fait que c'était très bien écrit, parce que notre coeur est belge et pour supporter la télévision belge aussi. Dire que c'est par esprit patriotique serait un grand mot, mais c'est presque çà. C'est plein d'émotions et ce n'est jamais anodin de tourner ici.
- Votre belgitude s'est développée depuis que la France et ses fictions vous ont adoptée?
- Oui. Peut-être qu'en étant restée ici, je n'aurais pas ce sentiment-là. Il y a une nostalgie aussi. Et, forcément, on ne garde que les bons souvenirs. On revoit des gens qui ont été importants pour nous à un moment donné dans notre parcours et c'est toujours émouvant.
- Vous revenez souvent en Belgique?
- Tous les deux mois à peu près. J'ai ma mère et mon frère qui habitent ici, des amis d'enfance que je revois régulièrement. Il y a eu une période, quand je suis partie à Paris, où j'ai voulu prendre mes distances par rapport à la Belgique parce que j'avais aussi besoin de me construire. Et puis, je suis revenue de plus en plus souvent. Ca fait partie de moi. Je n'ai pas changé de nationalité, ni de nom.
- Même si on l'écorche très souvent en France, votre nom?
- Oh oui, très souvent! Mais je m'y suis habituée. Les Parisiens sont comme çà, c'est une catastrophe quand ils doivent prononcer un nom étranger! Mais ce n'est pas grave...
- Hasard du scénario d' "A tort ou à raison", les héros se connaissent depuis longtemps. C'est aussi le cas des acteurs?
- Oui, çà, c'est très chouette. Marianne Basler était une année au-dessus de moi au Conservatoire ici et elle est partie à Paris avant moi. Après, je suis allée vivre dans son appartement pendant deux ans. On s'est longtemps perdues de vue et on n'a jamais tourné ensemble. Avec Bernard Yerlès, on se connaît aussi depuis longtemps, on a tourné ensemble. Du coup, cette complicité, on ne doit pas la jouer. Elle est naturelle".

mardi 21 octobre 2008

Actualité de l'explorateur belge Alain Hubert

Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce blog de l'explorateur belge Alain Hubert qui se retrouve, ces derniers jours, dans l'actualité. L'an dernier, à son initiative, 35.000 personnes avaient pu découvrir la Station Polaire Princesse Elisabeth prémontée à Tour et Taxis (Bruxelles). Ce 12 novembre, Alain Hubert, son équipe et 800 tonnes de matériel partiront installer un camp de base en Antarctique permettant de travailler dans des températures de - 40°C. Si tout se passe bien, l'installation devrait être terminée et prête à accueillir les premiers scientifiques en mars 2009 (l'inauguration officielle aurait lieu en février). La construction achevée, la direction opérationnelle et scientifique de la Station Polaire Princesse Elisabeth sera confiée au secrétariat polaire basé à Bruxelles, sous la tutelle de la Politique Scientifique Belge. La station sera totalement autonome avec neuf éoliennes, des panneaux solaires et des batteries. Le budget total de ce projet s'élève à 22 millions d'euros (6 millions d'euros de l'Etat fédéral et le reste est financé par des partenaires privés et des mécènes). Parallèlement, la Fondation Polaire Internationale lancera dès janvier dans les écoles un programme éducatif autour de la station polaire et du changement climatique. Chapeau pour ce beau projet belge!

Ce week-end, Alain Hubert déclarait au journal "La Dernière Heure" : "C'est vrai que je suis dur avec l'Etat sur l'enseignement. Mais cette semaine, à l'annonce du gouvernement qu'il n'allait pas répercuter la baisse du prix du pétrole sur le carburant, j'ai vu le secteur automobile qui s'est plaint. C'est une attitude inadmissible. Il faut comprendre qu'on ne va pas pouvoir prendre sa bagnole pour trois fois rien indéfiniment. De même, à chaque fois qu'un homme politique ouvre la bouche, il parle de pouvoir d'achat. C'est hallucinant, on ne va pas y arriver comme cela. Il faut faire comprendre aux gens l'intérêt de changer ses habitudes. Ce genre d'exposition comme "C'est notre terre" à Bruxelles y participe. Je suis intellectuellement pessimiste. Mais en même temps l'humanité se retrouve face à un extraordinaire défi. Un challenge qu'elle n'a jamais connu auparavant. Mais pour cela, il faut des hommes. Notamment des techniciens, et je constate qu'on a beaucoup de mal à les trouver. C'est la raison de ma rage sur l'enseignement".

Avant son départ en Antarctique, Alain Hubert donnera une conférence au centre culturel d'Uccle ce vendredi 24 octobre 2008 à 20h.

lundi 20 octobre 2008

Décès de Soeur Emmanuelle

Alors qu'elle allait fêter son 100ème anniversaire le 16 novembre, Soeur Emmanuelle est décédée cette nuit dans la maison de retraite du sud de la France où elle vivait. Par une curieuse coïncidence, j'avais lu son dernier livre la semaine dernière et j'en avais fait le compte-rendu sur ce blog. Surnommée la "chiffonnière du Caire", Soeur Emmanuelle mérite amplement tous les hommages qui lui sont rendus aujourd'hui et j'espère que les équipes qu'elle a mises en place poursuivront son travail. Je garderai aussi le souvenir d'une femme qui avait beaucoup de charisme et un énorme sens du contact, notamment avec les jeunes. Très loin de certains esprits vieux jeux du Vatican, son discours était humaniste, moderne et adapté à notre XXIème siècle.

samedi 18 octobre 2008

Nouvelles en bref sur le plan culturel

Café littéraire. Ce week-end, "La Livre de Café" a ouvert ses portes à Mons (87, rue d'Havré). Dans ce café littéraire, vous pourrez consulter plus de 250 ouvrages en buvant une tasse de café ou de thé, en prenant un verre de bière ou de vin. La carte propose aussi des produits du commerce équitable. Le patron Benoît Geets permet aussi à des auteurs peu connus de mettre leurs livres en dépôt-vente, et à des artistes d'exposer leurs photos ou tableaux sur les murs du café. Souhaitons bonne chance à Benoît Geets, qui est également le président de l'asbl Arts et Culture à Braine-le-Comte (ouvert les lundi, mardi, jeudi, vendredi et samedi de 10h à 21h).

Littérature. Marc Legrand est l'auteur d'un thriller ésotérique, intitulé "Le message de Nostradamus", dont vous pouvez lire des extraits sur son blog (http://lemessagedenostradamus.over-blog.com/). Il cherche un éditeur. Ci-contre, vous pouvez découvrir parmi les liens les blogs d'écrivains belges : Nicolas Ancion, Cathy Bonte, Benoît Coppée, Edmée De Xhavée (son roman "Les Romanichels" va bientôt sortir), Escale des Lettres, Cédric Godart, Thomas Gunzig, Françoise Houdart, Dominique Leruth et Jacques Mercier. Par ailleurs, le jeune écrivain belge Rémy Bertrand vient d'obtenir le Prix Emile Poumon 2008. Ce prix récompense un auteur qui, par ses écrits, a contribué au rayonnement intellectuel de Mons et de ses alentours immédiats. Ce prix est décerné par l'Association Royale des Ecrivains de Wallonie.

Patrimoine. Après une rencontre avec des responsables de l'Unesco, le ministre Jean-Claude Marcourt a décidé de proposer les quatre sites miniers majeurs de Wallonie (Bois-du-Luc, Grand-Hornu, Bois du Cazier et Blégny) pour inscription sur la liste définitive du patrimoine mondial. Réponse dans plusieurs mois...

Photographie. Voici la présentation de http://automnea.blogspot.com/ par le photographe belge Stephen Vincke : "Ce blog se veut l'expression photographique de l'automne dans la région de Mons-Borinage. Ainsi le photographe arpente , chaque année, chaque automne, sa terre natale, cherchant à témoigner de l'intimité saisonnière de la lumière et de l'eau. Cherchant à apporter un peu de beauté à ceux qui, faute de temps, ont perdu de vue sa permanence renouvelée. Cherchant à rendre un peu de douceur, de simplicité, de contemplation à la sophistication galopante du monde moderne. Cherchant, enfin, à joindre le local à l'universel - le tracé des constellations cheminant sur les nervures d'une feuille d'érable. Retour à la rosée, retour aux sentiers battus, dans une errance volontaire faite de brume, de silence, de transparence, de frissons".

Télévision. Après "Septième Ciel" et "Melting Pot Café", la RTBF a décidé de produire une troisième série 100% belge : "A tort ou à raison", dont le scénario a été écrit par l'avocat et écrivain Marc Uyttendaele. Le tournage des six premières histoires de cette série judiciaire a lieu en ce moment à Bruxelles avec Pierre Joassin comme réalisateur. Elle met en scène un quatuor d'acteurs belges : Alexandra Vandernoot (l'avocate), Marianne Basler (le juge d'instruction), Bernard Yerlès (le commissaire) et Olivier Minne (le chroniqueur judicaire). Alors que nos chaînes de télévision sont remplies de séries anglo-américaines, on ne peut que féliciter la RTBF pour cette bonne idée. Par ailleurs, France 3 a déjà annoncé qu'il allait acheter et diffuser "A tort ou à raison".

Théâtre. Je parle rarement de théâtre sur ce blog. Aussi je vous conseille de consulter http://cotecouroujardin.canalblog.com/ où Mary commente ses coups de coeur sur les pièces de théâtre qui se jouent en Belgique. Nous avons un point commun : nous sommes deux fans de la troupe "Sois belge et tais-toi", à qui j'ai déjà consacré un article il y a plusieurs mois.

Bref, fidèles à l'esprit de ce blog, allez donner un coup de pouce à tous ces écrivains, acteurs et artistes belges qui ne bénéficient pas de la médiatisation de leurs collègues étrangers, mais ne manquent cependant pas de talent!

vendredi 17 octobre 2008

Chronique de Christian Hubert ("La Dernière Heure")

J'ai déjà évoqué tout le mal qu'il fallait penser de la future scission du football belge. Les événements récents inspirent quelques réflexions :

1. L'incroyable hypocrisie des dirigeants de notre football. Pour se dédouaner, ou pour dire ce n'est pas nous, ils ont commandé une étude externe à la Fédération sur la faisabilité et le bien-fondé de la scission. Ca coûte très cher, mais on sait que les finances fédérales ne sont pas à cela près, elles regorgent d'argent. Une étude dont le résultat est connu d'avance, non seulement c'est ridicule, mais parfaitement inutile, parce que si, d'aventure, elle n'allait pas dans le sens de la scission, je suis prêt à parier qu'on n'en tiendrait pas compte.

2. Chez nous, la démocratie semble un régime bien théorique. Au même titre que Bart De Wever et sa minuscule NVA ont pu bloquer, pendant un an et demi, tout le pays, Bert Anciaux et son confidentiel Vlaams Progressieven savent que la majorité du foot belge viendra manger dans leur main, et ne se font pas faute d'en user.

3. L'absence totale de personnalité des dirigeants de notre football est mise en évidence dans la crise actuelle : "Cette scission est dans l'air du temps, il faut suivre l'évolution politique". Et pourquoi donc? Tout le monde sait que le déclin global du sport belge est concomitant avec sa scission en ailes communautaires. Et, comme par hasard, ce sont les deux sports collectifs non scindés (football et hockey) qui se sont qualifiés pour Pékin. Mais çà, c'est sans doute l'anecdote...

4. Michel D'Hooghe, qui affirmait jadis, alors président fédéral, qu'il claquerait la porte en cas de scission, évite ouvertement d'évoquer le sujet aujourd'hui.

5. La manne qu'offre le ministre des sports flamand est, en grande partie, un mirage. A la limite, un one shot, sans aucune garantie de pérennité. Pas loin d'une arnaque, donc.

6. Le vrai problème, le seul qui peut encore arrêter la machine : c'est la problématique des clubs bruxellois. Ils sont 45, et 41 sont francophones. Ce qui empêche le ministre flamand bruxellois de dormir. Pensez donc, les Flamands ont toujours bloqué le recensement linguistique pour fuir la réalité. Cette réalité francophone affichée dans le rôle linguistique fédérale de 90% des clubs! Bert Anciaux pense pouvoir renverser la tendance à coups de millions. Je n'oserais pas jurer qu'il se trompe...

Christian Hubert (journal "La Dernière Heure/Les Sports", 17 octobre 2008)

Par ailleurs, une pétition contre la scission du football belge vient d'être lancée sur www.lapetition.be

mercredi 15 octobre 2008

"J'ai 100 ans et je voudrais vous dire..." (Soeur Emmanuelle)

A l'occasion de son 100ème anniversaire, Soeur Emmanuelle (née en 1908 à Bruxelles) accorde un long entretien à Jacques Duquesne et Annabelle Cayrol. Après avoir évoqué le décès de son père lorsqu'elle avait six ans, elle confie : "Dans ma jeunesse, je ne pensais qu'à m'amuser, danser, voir des films, aller au théâtre. C'était le monde des années 20, qu'on a nommé "les années folles", la respiration, le soulagement de l'après-guerre. J'habitais Bruxelles mais j'allais à Paris où vivaient mes tantes. Le plaisir... Pourtant, ce plaisir ne me satisfait pas vraiment". Elle raconte ensuite son attirance pour les garçons et ses doutes avant de devenir religieuse.

En 1931, elle prononce ses voeux dans la congrégation Notre-Dame-de-Sion. Soeur Emmanuelle enseigne les lettres de 1932 à 1971 en Turquie, en Tunisie et en Egypte. Elle obtient une licence de lettres à la Sorbonne en 1963. A l'âge de la retraite, elle réalise un voeu profond : vivre parmi les chiffonniers et construire avec eux dispensaires, jardins d'enfants et écoles. Elle prend sa retraite en 1993 en France et donne conférences et interviews pour susciter des dons en faveur de son association.

Voici quelques citations du livre que j'ai appréciées :

"Décider d'une vie de privation, de souffrance pour le bonheur des autres, non. Le véritable amour, solide, durable, est celui qui cherche le bonheur des autres en même temps que son propre bonheur".

"Il faut éviter que l'habitude du don fasse de celui qui reçoit un mendiant toujours prêt à demander. Alors que l'on doit aider à faire par lui-même. Pour sa dignité".

"Un bon modèle, c'est quelqu'un qui accepte la différence, qui se bat pour l'égalité, l'équité et la justice, et surtout c'est quelqu'un qui prouve sa capacité à aimer, à partager! C'est quelqu'un de joyeux, de positif, d'optimiste. Il faut apprendre aux enfants la confiance, à avoir confiance".

"L'Histoire est capitale, l'enseignement de l'Histoire et des racines de chacun est essentiel. Mais attention, les enfants ne sont pas responsables du passé! On parle beaucoup de mémoire ces temps-ci, mais attention, il ne faut pas charger les enfants de notre culpabilité et de notre responsabilité! Ils ne doivent pas, non plus, mettre obligatoirement leurs pas dans ceux de leurs parents. Ils doivent, riches de notre expérience, faire différemment, essayer d'autres voies! Il faut leur donner les moyens de décrypter les discours, de rester critiques et lucides. Et surtout, il faut leur laisser leur enfance. Ne pas en faire de petits adultes avant l'heure".

"Notre monde est triste parce qu'il est trop axé sur le matériel, l'argent, le clinquant. Moi, ce que je leur souhaite aux jeunes, ce sont de belles rencontres humaines. J'ai eu cette chance. Etre adulte, c'est être seul, le savoir et l'accepter. C'est admettre qu'on est responsable de sa vie, de ses actes, de ses choix. Ne pas incriminer les autres, le destin, la chance ou la malchance. Même s'ils existent. On dit que grandir, c'est renoncer. Grandir, c'est être capable de chercher des solutions. C'est ce que les jeunes attendent de l'adulte, qu'il sache aussi les aider à faire face. Le véritable adulte est un passeur pour les jeunes".

Avec son franc-parler légendaire, Soeur Emmanuelle s'inquiète de la montée de l'islamisme (mais défend la religion musulmane), propose d'envoyer les jeunes en stage dans une ONG avant l'obtention de leur diplôme, se prononce pour le mariage des prêtres et la contraception. Elle nous parle aussi du travail de l'Association Soeur Emmanuelle qui mène des projets d'éducation et de santé (3,8 millions d'euros de budget en 2007) en Egypte, au Soudan, au Liban, aux Philippines, au Burkina-Faso, en Inde, à Madagascar, mais aussi en France.