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lundi 10 août 2026

L'auteur belge Dimitri Verhulst

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Dimitri Verhulst fait partie de ces acteurs culturels belges qui jettent des ponts au-dessus de la frontière linguistique. Cela fait une dizaine d'années que l'écrivain a quitté Gand pour s'installer à Huccorgne, près de Wanze. Il a été co-présentateur avec Hadja Lahbib de l'émission culturelle bilingue "Vlaams kaai" sur Arte Belgique. Et il poursuit sa carrière littéraire tant au nord qu'au sud du pays.

Un de ses romans en français s'appelle "L'entrée du Christ à Bruxelles". Il imagine qu'une dépêche annonce que le Christ viendra sur Terre, et à Bruxelles le jour de la fête nationale le 21 juillet. Cette simple annonce bouleverse la vie des habitants, perturbe les autorités, rameute les curieux. Une fable souvent très drôle qui est aussi un regard sans concession sur notre société.

A l'occasion de la sortie de "L'entrée du Christ à Bruxelles", Dimitri Verhulst a répondu en 2013 aux questions du journaliste Guy Duplat :

"L'entrée du Christ à Bruxelles est une référence au tableau de James Ensor même si vous ne parlez pas du peintre?
- C'est un peu un retour à la littérature. James Ensor avait lu la nouvelle de Balzac, "Jésus-Christ en Flandre". Je remets cette idée à nouveau dans la littérature. On a vu, ces dernières années, d'autres parodies d'Ensor, comme l'entrée de Mahomet à Kuala Lumpur. C'est chaque fois la même idée : quel est l'impact de la venue de quelqu'un qui, si on y croit, symbolise le bien?

- Sa venue permet de réaliser l'utopie d'un monde meilleur?
- Je montre en effet que les gens seraient alors prêts à se battre pour un monde plus juste, simplement à cause de l'arrivée du Christ, parfois parce qu'on a peur de ce qu'il pourrait nous dire. Mais pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose sans cela? Mon combat, mon idéal, ce n'est pas d'attendre un dieu, qui d'ailleurs ne viendra pas, mais de réaliser déjà ce monde meilleur, aujourd'hui. Pourquoi faudrait-il un retour des religions, avec leurs diktats et leurs "conseils" pour qu'on se préoccupe enfin des autres? Je n'aurais jamais cru qu'en 2013, des siècles après les Lumières, on ait encore besoin de l'arrivée d'un dieu sur terre pour se préoccuper du bien des hommes. Mais il est vrai qu'aujourd'hui, l'égoïsme domine et que trop de gens, quand ils croisent un SDF à la Gare Centrale, se disent qu'ils s'en foutent car de toute manière, c'est de sa faute.

- Vous adoptez le ton de la farce, tout le monde y passe et en prend pour son grade. Vous n'êtes pas un peu misanthrope?
- C'est mon rapport à Ensor qui avait ce même ton avec son monde de 1880. C'est un plaisir de faire cela, comme lors d'un carnaval. Mais la misanthropie, non. C'était le thème d'un roman (non traduit), "Journées de merde sur une boule de merde", mais pas ici où je parle plutôt de la petitesse des gens, j'évoque aussi l'univers des villes avec Bruxelles mais cela pourrait être Paris ou Eindhoven, ces villes où règne un égoïsme quand chacun se replie sur son chez soi, bien chauffé, n'ayant plus comme vie sociale que Facebook. C'est mon droit de mettre ce monde en question où les gens ont perdu l'habitude de se dire bonjour. Je le vois chaque jour. A Wanze, tout le monde se salue, mais déjà à Huy, c'est fini et personne n'aide quelqu'un en lui ouvrant une porte. Au grand magasin, quand une caisse supplémentaire s'ouvre, tout le monde se précipite pour dépasser son voisin.

- Votre héros (est-ce vous?) dit : "Je suis ce fou inoffensif qui rêve doucement d'un monde sans nationalités, sans drapeaux, un monde sans passeports comme c'était encore le cas avant la première guerre mondiale".
- Stefan Zweig était par hasard à Ostende chez James Ensor quand a éclaté la guerre. C'est alors qu'on a instauré le passeport et il n'a pas pu rentrer chez lui. Sur mon passeport, on indique que je suis né à Alost, mais cela ne dit rien de mon caractère, de mon esprit. C'est curieux ces questions : on me qualifie de Flamand quand je vis en Wallonie, comme on qualifie de Turcs des immigrés venus de Turquie et habitant chez nous, parfois depuis leur naissance. Pour moi, il n'y a pas de frontières, pas de différence entre un habitant d'Eeklo, de Rochefort ou du Kosovo. Certes, je connais la convention de Genève qui réserve l'accueil aux réfugiés politiques, mais pourquoi la pauvreté qui les chasse ne serait pas une bonne raison? L'économie ne serait-elle pas politique aussi comme on le voit avec Mittal? Quelle différence de souffrances y a-t-il entre quelqu'un qui meurt d'une balle dans la tête pour ses convictions et celui qui meurt de faim? Qu'est-ce qui nous permet de dire qu'une souffrance est à 100% et une autre à 40%? Personne ne fait le choix de naître où il est né. Si j'avais eu le choix, je n'aurais pas choisi un père alcoolique.

- Pourquoi avoir quitté Gand ?
- C'est bizarre qu'on me demande toujours çà. Pourquoi un Belge ne peut-il pas vivre en Belgique? Demande-t-on à un Belge pourquoi il a choisi de vivre en Provence? En fait, je connaissais bien la Wallonie dès mon enfance ; j'ai escaladé tous les rochers de la région. Et à Gand, je voyais monter, comme ailleurs en Flandre, l'extrême-droite. Mais j'ai bien vu qu'en Wallonie aussi, il y a une certaine xénophobie qui augmente. Entendre des Wallons parler parfois des Arabes ou des homosexuels, me fait peur. Disons que je continue mon combat humaniste, cette fois depuis la Wallonie.

- Que représente la Belgique?
- Impossible à la définir. Mais il y a quelque chose. J'ai travaillé avec le photographe de Magnum, Harry Gruyaert, pour un livre de photos sur la Belgique. Dans toutes, même des détails, on sentait qu'on était en Belgique même si on ne pouvait dire pourquoi. J'ai écrit ce livre sur l'entrée du Christ en pleine crise gouvernementale interminable. Une telle crise en Afrique aurait mené à la guerre civile. Pas chez nous, où règne un goût de la tranquilité, où on a continué à payer nos impôts. Nous avons réussi à construire une société qui peut fonctionner même sans ses directeurs et gardiens.

- Bart De Wever?
- Pourquoi toujours parler de lui? Mais il n'est pas tabou, il est le produit de son temps, la victime de petits esprits. Son discours n'est pas le mien quand il parle de territoires comme si on était encore au Moyen Age. Mais sans doute, ces gens qui ont accepté de manger du McDo toute leur vie, ont-ils maintenant peur de cette mondialisation qu'ils acceptaient? Je préfère dire que je suis fier d'être belge quand je vois que l'on vient de l'étranger chez nous grâce à nos lois généreuses sur l'avortement et l'euthanasie. Nous avons eu de vrais débats et de vrais lois pour répondre à la souffrance des gens.

- La merditude des choses : c'était votre histoire?
- Je voulais lever un tabou, parler de l'alcoolisme qu'on cache trop souvent, de ces enfants de 10 ans qu'on retrouve endormis à une heure du matin sur le billard du café car la loi précise seulement qu'ils doivent être accompagnés d'un adulte, sans dire dans quel état est cet adulte. Cela n'a toujours pas changé d'ailleurs. Mon prochain livre sort en mai et parlera d'un homme de 70 ans qui n'a plus de plaisir dans la vie et dans son couple et choisit de simuler la maladie d'Alzheimer pour être séparé de sa femme, dans un home, à voir ce que les gens disent de lui. On parle peu de la solitude et de la tristesse des gens âgés".

lundi 27 juillet 2026

La ville de Grammont

 Grammont (Geraardsbergen en néerlandais) est une ville de la province de Flandre Orientale, où coule la Dendre. Elle compte environ 33.000 habitants. Grammont est connu pour plusieurs choses : 

- son Manneken Pis , bien moins connu que celui de notre capitale. Etait-il présent avant celui de Bruxelles? Diverses hypothèses circulent. On sait que la statue de Grammont a été installée en 1459 sur le haut d'une fontaine, afin de remplacer un lion qui avait été volé. La statue actuelle n'est pas celle d'origine. Au cours de son histoire, elle a été remplacée plusieurs fois.

- sa tarte au maton qui a reçu il y a onze ans le label "indication géographique protégée" par la Commission Européenne. Son origine remonte au Moyen Age : à l'époque, il était difficile de conserver le lait qui se transformait en lait caillé, devenu ingrédient principal de la tarte. On ajoutait ensuite une pâte autour des matons pour obtenir la tarte au maton. Une confrérie (Broederschap van de Geraardsbergse Mattentaart) existe depuis une quarantaine d'années et compte 350 membres qui veulent promouvoir la spécialité culinaire de leur ville.

- son Mur de Grammont :  cette pente raide et pavée a une longueur de 1,25 km, un dénivelé de 93 mètres et son sommet culmine à 110 mètres d'altitude. Elle débute aux bords de la Dendre et se termine au pied de la chapelle néobaroque Onze Lieve Vroux, en haut de l'Oudenberg ("vieille montagne"). 

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S'il y a bien un événement sportif qui passionne les Flamands au printemps, c'est bien le Tour des Flandre dont parle l'auteur Jean-Baptiste Baronian dans son livre "Dictionnaire amoureux de la Belgique" :

"Contrairement à ce que chante Jacques Brel, la Flandre n'est pas un plat pays. Elle est hérissée de toute une série de monts, et certains sont si escarpés, si pentus, qu'on les appelle des murs, tel celui de Grammont (Geraardsbergen, baptisée d'ailleurs par les habitants de la région "la petite ville sur la montagne"), un des hauts lieux du Tour des Flandres.

Le Tour des Flandres, c'est un peu le Tour de France en miniature :  il ne dure qu'un jour, que six ou sept heures, mais il attire une foule immense et, sur son parcours (250km en moyenne), tout le monde fait la fête et ne ménage pas son bonheur, sa joie et son enthousiasme. Et c'est tellement ancré dans la mythologie populaire des Flandres que les partis extrémistes, sachant fort bien que les télévisions retransmettent la course en direct, veillent à ce que, partout où elle passe, les spectateurs brandissent des drapeaux jaunes flanqués du lion noir, l'oriflamme autour duquel ils voudraient que se retrouve chaque Flamand.

Tout coureur cycliste flamand digne de ce nom, digne d'être l'héritier d'une famille des plus glorieuses, rêve de franchir en vainqueur la ligne d'arrivée du Tour des Flandres. Lorsqu'il y parvient, se jouant des monts, des murs et des pavés, il est un dieu vivant pour une année entière, et on lui pardonne si, par la suite, il pédale comme un sénateur dans les autres courses du calendrier professionnel, s'il se fait battre régulièrement, s'il abandonne, s'il préfère flemmarder sur sa selle. Gagner le Tour des Flandres, c'est, pour lui, comme obtenir le prix Nobel du vélocipède. Gagner le Tour de Flandres, c'est rejoindre aussitôt le tabernacle des légendes flamandes". 

- sa fête des craquelins (Krakelingen) :

Les Krakelingen et le Tonnekensbrand sont inscrits depuis 2010 au patrimoine culturel et immatériel de l'Unesco. Chaque avant-dernier dimanche précédant le premier lundi de mars, les Krakelingen (fête des craquelins) et le Tonnekensbrand (fête du feu) mêlent tous les deux symboles chrétiens et traditions folkloriques.

Ces manifestations trouvent leur origine dans une légende remontant au siège de Gauthier d'Enghien en 1381. Selon elle, la population grammontoise assiégée aurait jeté au-dessus des murs de la ville ce qui lui restait de nourriture pour décourager l'ennemi et lui donner l'impression qu'elle avait assez de ressources pour vivre. Même si cette histoire a ensuite été démentie, la fête populaire a continué à vivre à travers les siècles.

Depuis 1393, date de la première trace de cette manifestation, plus d'un millier de personnes se rassemblent chaque année à Grammont pour célébrer le cycle des saisons lors d'un grand cortège réunissant histoires locales et nouveautés. Ce sont les géants Goliath, Gerarda et Kinneke Baba qui ouvre le cortège qui part de l'église romane d'Hunnegem en direction de la colline d'Oudenberg. La procession retrace vingt-cinq siècles d'histoire et est composée d'environ un millier de personnes.

Arrivé à la colline, le cortège se dissout. Les druides, les porteurs de craquelins (petits pistolets séchés en forme d'anneaux) et les autorités gravissent la colline pour rejoindre la chapelle et réciter la litanie de Notre-Dame avec le clergé. Les autorités boivent ensuite une gorgée de vin dans une coupe d'argent datant du 16ème siècle, dans lequel nage un petit poisson vivant, cela en signe d'abondance.

Après ce rituel, 10.000 craquelins sont jetés sur la foule qui s'évertue à attraper l'unique exemplaire contenant un papier donnant droit au "craquelin d'or", créé par un bijoutier local et d'une valeur de 750 euros. A 20h, c'est le Tonnekenbrand (fête du feu) : au sommet de la vieille montagne, un mât enveloppé de paille est allumé, symbole de la fin de l'hiver et du retour de la lumière et de la vie. Des torches sont ensuite distribuées au public qui ramène le feu sur la Grand-Place. Le feu est au même moment répandu dans les quinze villages de la commune.

A l'occasion des 950 ans de la ville de Grammont, le roi Philippe et la reine Mathilde ont assisté au cortège des Krakelingen en février 2018.

                          

lundi 15 juin 2026

Les librairies Club / Standaard Boekhandel


Chers amis lecteurs, n'enrichissez pas Amazon et privilégiez pour vos achats de livres les magasins de seconde main, les librairies indépendantes ou le groupe belge Club / Standaard Boekhandel. Les premières librairies néerlandophones Standaard Boekhandel ont été créées il y a un siècle par les mêmes fondateurs que le quotidien Standaard. Au sud du pays, la première librairie francophone Club a été ouverte en 1975 dans le centre-ville de Mons. 


Depuis 2014, les librairies francophones Club et les librairies néerlandophones Standaard Boekhandel ont fusionné pour former un même groupe tout en gardant son propre nom. Le groupe compte aujourd'hui une centaine de librairies à travers la Belgique. Elles ont le même logo reprenant un hibou curieux et un livre. 

lundi 30 mars 2026

Les 100 ans de l'église dominicaine du Zoute


Né en 1992 près de Malines, le frère Anton-Marie Milh est membre des équipes pastorales de l'église des Dominicains à Knokke-le-Zoute, et aumônier des étudiants de l'Université d'Anvers. Il a écrit un livre bilingue,  "Les frères prêcheurs à la plage. Les Dominicains, un siècle de présence à Knokke-le-Zoute.

Le frère Anton-Marie Milh a répondu aux questions de Cathobel :

"Comment les dominicains sont-ils arrivés au Zoute ?
- Les dominicains y sont arrivés en 1925 à la demande de la Compagnie du Zoute, une compagnie immobilière qui venait de construire une église de style néo-roman, mais sans avoir la permission de l'évêque. Et du coup, l'évêque de Bruges ne voulait pas y envoyer un prêtre. Par conséquent, la Compagnie du Zoute est allée à la recherche d'un prêtre, qu'ils ont trouvé en la personne du père dominicain Rutten.

- La construction d'une nouvelle église répondait à une nécessité liée au développement d'une nouvelle station balnéaire ?
- Le développement du Zoute s'est déroulé relativement tard, en comparaison d'autres endroits. Ostende, par exemple, était déjà une ville balnéaire au 19ème siècle. La Compagnie du Zoute a d'abord voulu attirer des Anglais. Ces derniers connaissaient déjà bien ce phénomène du tourisme, qui est né au 19ème siècle. On a tout d'abord construit une église anglicane. Mais très vite, on a constaté qu'il y avait aussi pas mal de touristes catholiques et luthériens. A cause de la première guerre mondiale, on n'a jamais construit une église luthérienne, mais ce projet d'église catholique est demeuré. 

- Et derrière cette construction, on peut mettre en valeur le rôle de l'épouse d'un certain Lippens ?
- Les deux fondateurs de la Compagnie du Zoute sont les cousins Maurice et Raymond Lippens. Maurice était un franc-maçon qui, entre autres, est devenu gouverneur général du Congo belge pendant les années 1920. Et il y avait aussi Raymond et son épouse Ghislaine de Béthune. C'est elle qui s'est vraiment investie corps et âme dans la construction de l'église. Elle a fait du porte-à-porte pour trouver de l'argent. Elle a aussi demandé aux familles de donner des chasubles. Et elle a rencontré des propriétaires d'hôtels pour leur demander d'investir un peu d'argent dans ce projet.

- Votre livre est bilingue. Est-ce important d'affirmer ce bilinguisme ?
- Oui, puisque l'histoire des dominicains au Zoute est vraiment une histoire belge ! Il y a des franc-maçons, des catholiques, une compagnie immobilière. Il y a donc de l'argent d'un côté, et un ordre mendiant de l'autre côté. La station balnéaire est bilingue. Et le livre est en deux langues, pour avoir un rayonnement aussi large que possible.

- La question linguistique a quelque fois placé les frères dominicains au milieu de ces conflits ?
- Avant le Concile Vatican II (1962-1965),  la liturgie était en latin. Chaque dimanche, il y avait huit messes, et seule la prédication des deux premières messes se déroulait en néerlandais puisqu'elles étaient pour le personnel, alors que les six autres étaient prêchées en français. Ce fait nous raconte l'histoire sociale du pays !  Après le Concile Vatican II, l'utilisation de la langue vernaculaire est encouragée pour la liturgie. L'évêque de Bruges décide alors, de manière assez radicale et soudaine, que toute la liturgie se déroulera en néerlandais dans son diocèse. Cela a provoqué beaucoup de réactions. Au Zoute, nous avons eu quelques pères bien flamingants, qui ont vraiment insisté pour que ce soit en néerlandais.

- Y a-t-il encore une communauté qui vit sur place ?
- Non, mais quatre frères y assurent un tour de rôle et forment une équipe pastorale. Chaque week-end, les trois messes sont célébrées par un des frères. Ceux-ci viennent de différents couvents de notre province :  Leuven, Anvers, Liège et Bruxelles. Au Zoute, les gens viennent vers nous :  l'église a un très grand rayonnement et elle attire beaucoup de monde.  A Anvers, les gens ne viennent plus nécessairement à l'église ou au couvent". 

 

jeudi 1 janvier 2026

Les 10 ans de DaarDaar


Pour commencer cette année 2026, je voudrais mettre à l'honneur la dynamique équipe de Daardaar. Il y a dix ans, je vous avais d'ailleurs parlé de sa création sur le Journal d'un petit Belge :    https://journalpetitbelge.blogspot.com/2015/07/daardaar-lactualite-de-flandre-en.html

Son président David est sans doute l'un des plus anciens lecteurs du Journal d'un petit Belge à l'époque où il tenait lui-même un blog sur la Belgique. Nous nous étions rencontrés "en vrai" lors des marches pour l'unité de notre pays. Notre attachement à la Belgique n'a pas changé. Bravo David pour tout le chemin parcouru depuis lors, et ton engagement au sein de DaarDaar !

Daardaar vu par son cofondateur et président David Charlier :

"Il y a plus de dix ans, attablé dans un café de...Montréal qu Québec, le politologue français Vincent Laborderie me soufflait une idée. Ironie du sort ou surréalisme à la belge :  fallait-il vraiment une impulsion venue d'un Français, à l'autre bout de l'Atlantique, pour donner naissance à un projet si typiquement belge ?

Qu'on le veuille ou non, qu'on l'aime ou pas, la Flandre est au coin de la rue. Elle impacte bien plus souvent notre quotidien que la France, que l'on connaît pourtant tellement mieux. Paradoxalement, la proximité de nos régions, de nos histoires et de nos économies est inversement proportionnelle à la connaissance que nous avons d'elle. Aux débuts de DaarDaar, pas une conversation avec mon entourage ne se terminait sans qu'à un moment ou un autre ne soit prononcé la question rhétorique habituelle :  pourquoi cela n'existait-il pas avant ?

Daardaar est une évidence qui aurait effectivement toujours dû exister, mais il a fallu attendre notre formidable équipe pour la rendre possible. Je suis immensément fier du chemin parcouru depuis dix ans. Plusieurs milliers d'articles traduits, des vidéos, des podcasts, et dernièrement des formations bilingues en entreprises et dans les écoles...autant de ponts construits pour durer.

Je remercie mes collègues, mes amis, de tout coeur pour le travail quotidien et je nous souhaite à toutes et tous un très bon anniversaire".

David Charlier

Daardaar vu par sa confondatrice et rédactrice en chef Joyce Azar :

"L'aventure s'annonçait folle mais nécessaire :  lancer un nouveau média dans notre petite Belgique francophone, attirer le public vers l'actualité flamande, lui offrir un service gratuit tout en tenant la route financièrement... Tels étaient quelques-uns des défis qui se présentaient à nous. 

Il y a dix ans, Daardaar fut. Le travail acharné d'une équipe bénévole a permis de mener à bien sa première mission :  proposer aux francophones des traductions quotidiennes de la presse flamande. Mais Daardaar n'en est pas resté là et aujourd'hui, Daardaar vit. Et c'est aussi grâce à vous !  A l'heure où la polarisation affecte les quatre coins de notre monde, DaarDaar prouve qu'il est encore possible de rapprocher au lieu de diviser. Il démontre qu'une meilleure compréhension de l'autre nous enrichit et ouvre des fenêtres, si pas des barrières. 

Abattre des murs pour construire des ponts s'avère plus utile que jamais. C'est pourquoi j'espère de tout coeur que l'aventure DaarDaar sera sans fin".

Joyce Azar

Pour plus d'infos :


 

lundi 27 octobre 2025

La procession d'Hanswijk à Malines


En l'an 968, un bateau échoue, pour des raisons incompréhensibles, sur la Dyle à hauteur du hameau de Hanswijk. Les hommes ne parviennent pas à le remettre à flot, mais après avoir retiré du bateau une statue en bois de la Vierge, le bateau se soulève de la vase. Pour les habitants du hameau, le message est clair :  la Sainte Vierge souhaitait être vénérée à cet endroit.

On construit donc un sanctuaire, la chapelle de Hanswijk qui devient vite un centre de pèlerinage. Elle est détruite lors des guerres de religion et remplacée par l'église baroque actuelle. Entretemps, une procession a vu le jour il y a plus de 700 ans :  lors d'une épidémie de peste, les Malinois allèrent chercher la statue de la Vierge de la chapelle de Hanswijk (qui se trouvait à l'extérieur des murs de la cité) et la portèrent dans les rues. En reconnaissance, les Malinois organise depuis lors une procession qui est l'une des plus anciennes de Belgique.

Lors de son 700ème anniversaire en 1973, on lui donne un style nouveau. La première partie a un caractère historique et évoque le riche passé de la ville de Malines. La deuxième partie est la procession de Notre-Dame proprement dite et est entièrement d'inspiration biblique. Le cortège dure 1h30 avec plus de 2.000 figurants. La procession a fêté ses 750 ans en 2023. 

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lundi 29 septembre 2025

Le cash en Belgique

Il y a deux ans et demi, je vous parlais de l'avenir du cash suite à la diminution des distributeurs dans les banques :      https://journalpetitbelge.blogspot.com/2023/01/la-fin-du-cash-en-belgique.html

Deux ans plus tard, comment la situation a-t-elle évolué en Belgique ?

"Nous observons une diminution générale de l'utilisation des espèces, principalement en raison d'une baisse significative de leur usage chez les adultes de plus de 55 ans", affirme le baromètre des paiements électroniques dans une étude réalisée par la Vrije Universiteit Brussel pour le compte des partenaires Febelfin, Bancontact Payconiq Company, Mastercard, Visa et Worldline. Les chiffres de la Banque Centrale Européenne ne disent pas le contraire :  il y a eu en effet moins de retraits aux distributeurs en 2024 qu'en 2023.

Mais les acteurs du paiement électronique (qui ont donc un intérêt à pousser ce mode de paiement) oublient de préciser quelque chose :  s'il y a bien eu moins de retraits en Belgique (de 138 millions de retraits en 2023 à 129 millions de retraits en 2024),  le montant total retiré, lui, est en augmentation. Cela confirme une tendance observée depuis plusieurs années :   on va moins souvent au distributeur mais on retire plus à chaque retrait.  Pourquoi ?  Parce que ces machines sont de plus en plus difficiles à trouver, tout simplement. Selon le même document, nous avons perdu 424 distributeurs l'année dernière en Belgique, passant de 6.411 machines en 2020 à 4.056 machines en 2023, puis à 3.632 machines en 2024 en Belgique. 


lundi 14 juillet 2025

La Porte de Menin à Ypres


Inaugurée en 1927, la Porte de Menin se trouve dans la ville d'Ypres (province de Flandre Occidentale). Il remplace une ancienne porte de la cité. C'est un monument commémoratif en mémoire des soldats britanniques tombés pendant la première guerre mondiale et n'ayant pu être enterrés décemment. Les noms de plus de 50.000 soldats y sont gravés. Chaque soir à 20h, on y joue le Last Post. 

En face de la Porte de Menin se trouve le centre de documentation de la CWGC (Commonwealth War Graves Commission), où les visiteurs peuvent en apprendre davantage sur la première guerre mondiale et le travail de mémoire de l'organisation. Ne manquez pas aussi le musée belge "In Flanders Fields" sur la grand-place d'Ypres. 

A lire aussi :

lundi 30 juin 2025

La procession du Saint-Sang à Bruges

   


L'origine de la procession du Saint-Sang remonte aux Croisades. En récompense de ses exploits lors de la deuxième croisade,  Thierry d'Alsace, comte de Flandre, reçoit du patriarche de Jérusalem une relique précieuse :  quelques gouttes de sang du Christ qu'il ramène à Bruges en 1150. 

Depuis des siècles, la ville commémore cet événement historique à travers la procession du Saint-Sang le jeudi de l'Ascension. Groupes et chars évoquent dans une première partie l'histoire de la faute et du rachat depuis Adam et Eve. Une seconde phase retrace les principaux événements de la vie de Jésus. Et on assiste ensuite au transfert de la relique sacrée, escortée par les Croisés et les membres des corporations. 

Cliquez ci-dessous sur "Flandre occidentale" pour retrouver d'autres articles sur cette province. 

lundi 7 avril 2025

Lode Van Hecke : de l'abbaye d'Orval à l'évêché de Gand

                                                


Comme le veut la tradition, le sympathique Lode Van Hecke a remis sa démission en tant qu'évêque de Gand le jour de ses 75 ans. Il a répondu aux questions du journal "Dimanche" :

"Comment regardez-vous ces cinq années passées en tant qu'évêque de Gand ?

- Ce fut un épiscopat court, notamment parce que les deux premières années ont été marquées par le Covid et que j'ai moi-même été gravement malade par la suite. Pourtant, je n'ai pas perçu cela comme un faux départ. La période du Covid m'a permis de rencontrer de nombreuses personnes. Chaque samedi après-midi, j'étais à l'église Saint-Pierre pour écouter des gens de tous horizons. Cela m'a permis de m'immerger pleinement dans leurs préoccupations. Les gens attendaient deux choses de moi :  un leadership spirituel et une proximité avec eux. Dès le début, j'ai donc demandé à être chargé de l'administration afin de me concentrer sur deux priorités :  aller vers les plus démunis dans l'esprit de l'Evangile et me consacrer aux jeunes, car ils représentent l'avenir.

- Avez-vous le sentiment d'être plus ancré dans le monde aujourd'hui qu'au temps de l'abbaye d'Orval ?

- Mon passage à Gand m'a confirmé qu'un moine ne perd pas le contact avec le monde. Même à l'abbaye d'Orval, j'avais de nombreux échanges qui me permettaient de garder un lien avec la société. Mais ici, tout est devenu plus concret. Par exemple, en communauté, nous priions souvent pour les détenus. A Gand, je les ai rencontrés et donc mis des visages sur ces prières. Ce qui était totalement nouveau pour moi, c'était la réalité de l'Eglise et de la culture flamandes. J'ai vécu longtemps en Wallonie, et les contextes sont très différents.

- En quoi les situations de la Flandre et de la Wallonie sont-elles si distinctes ?

- En Flandre, on est encore en train de se détacher d'un passé où le christianisme était omniprésent. Cette transition met une pression considérable sur l'Eglise. En Wallonie, cette période est déjà révolue :  là-bas, les chrétiens forment une minorité depuis bien plus longtemps.

- Avez-vous déjà douté de l'existence de Dieu ?

- Oh oui ! J'ai grandi dans la foi et étudié dans une école catholique. Mais après le concile Vatican II, même nos professeurs de religion se posaient des questions. A un moment donné, j'ai décidé que Dieu n'était qu'un mythe dépassé. Pourtant, une interrogation me hantait :  pourquoi des personnes intelligentes continuent-elles à croire ? J'ai alors commencé à lire la Bible, et tout s'est accéléré. Je voulais étudier la médecine et j'ai d'abord été impressionné par Jésus en tant que guérisseur. Puis j'ai réalisé que ce qui me fascinait chez lui venait de sa relation avec son Père. Alors, j'ai moi-même commencé à vivre à partir de cette relation de foi. Il suffisait d'être ouvert à la Parole, qui agit et transforme d'elle-même.

- Et c'est ainsi que vous avez découvert votre vocation de trappiste ?

- - A vrai dire, j'étais contre les moines cloîtrés. Je trouvais irresponsable qu'ils se retirent dans le silence et la prière alors qu'il y avait tant à faire dans le monde. Mais c'était la volonté de Dieu. Depuis mon entrée à l'abbaye d'Orval, je n'ai plus jamais douté de l'existence de Dieu, même si j'ai connu des périodes de crise.

- Orval vous a-t-elle manquée durant ces cinq années à Gand ?

- En vivant totalement selon la volonté de Dieu, je suis libre du manque. Cela dit, mon coeur est à Orval. J'y étais le père d'une communauté fragile et la quitter a été un véritable déchirement. Je sais que mes frères m'attendent. La phrase la plus touchante que le cardinal De Kesel a prononcée lors de mon ordination a été :  "Lode, j'espère que tu garderas l'âme d'un moine".  J'ai alors pensé :  "Ouf, je peux être moi-même".  Cela a été le cas durant ces cinq années.

- Quels sont vos projets pour l'avenir ?

- Je pense que Dieu décidera encore des aventures qu'il veut me faire vivre. Mais si je peux rêver, j'aimerais retravailler ma thèse publiée sur Bernard de Clairvaux pour un plus large public. J'ai eu l'occasion d'en parler à travers le monde et je pense être prêt à relier sa spiritualité aux questions contemporaines. Mais mes futures missions dépendront de mon supérieur à Orval".  

jeudi 27 février 2025

Deux auteurs belges appréciés par la reine Mathilde

                                 


A la demande de la reine Camilla, la reine Mathilde a suggéré deux livres belges pour The Queen's Reading Room, le club de lecture qu'elle a créé sur Instagram et qui était suivi par plus de 175.000 personnes en 2024 :   "Célébration du quotidien" de Colette Nys-Mazure et "Les Téméraires quand la Bourgogne défiait l'Europe" de Bart Van Loo.

Et la Reine explique son choix :

"Bart Van Loo donne vie au Moyen Age, qui fait puissamment appel à l'imagination. Dans un style très coloré et divertissant, il raconte au lecteur comment les ducs de Bourgogne ont façonné ce que nous connaissons sous le nom des Pays-Bas :  la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et le nord de la France. Il réussit à dépeindre les personnages historiques comme des personnes de chair et de sang que l'on aurait aimé rencontrer en personne. Ne vous laissez pas décourager par les 800 pages, ce livre se lit comme un thriller".

""Célébration du quotidien", le merveilleux livre de Colette Nys-Mazure nous invite à apprécier les petites choses de la vie, car dans notre routine quotidienne, nous sommes souvent ailleurs, absents, imperméables aux sources d'émerveillement qui remplissent notre vie ordinaire. J'espère que sa vision positive vous séduira autant qu'elle m'a séduite". 



samedi 19 octobre 2024

Tom Lanoye (Prix des Lettres Néerlandaises 2024)

                     

Le Prix des Lettres Néerlandaises est la plus importante récompense littéraire des néerlandophones. Elle est remise tous les trois ans, alternativement en Belgique ou aux Pays-Bas par le souverain. Pour cette année 2024, le roi Philippe a remis le Prix des Lettres Néerlandaises 2024 au Belge Tom Lanoye. 

Né en 1958 à Saint-Nicolas, Tom Lanoye est un poète, romancier et scénariste belge néerlandophone. Ses livres sont traduits en français :   https://ecrivainsbelges.blogspot.com/2011/01/tom-lanoye-enfin-traduit-en-francais.html

C'est aussi un homme engagé, comme je vous en avais parlé dans cet article :  https://journalpetitbelge.blogspot.com/2012/10/tom-lanoye-un-ecrivain-belge-engage.html

lundi 19 août 2024

La villa d'Albert Einstein au Coq

                     


Sur cette photo, on peut voir la villa "Savoyarde" de la station balnéaire du Coq ("De Haan" en néerlandais) à la côte belge. Cette villa est connue pour avoir été occupée pendant plusieurs mois de 1933 par Albert Einstein et son épouse, fuyant le régime nazi avant de quitter l'Europe. 

Le Coq n'est encore qu'un simple hameau quand le roi Léopold II donne en concession à une société privée de vastes étendues de terrains appartenant à l'Etat belge. Le mandat confié au promoteur a pour but de créer une nouvelle station balnéaire afin de séduire la bourgeoisie bruxelloise. La station est inaugurée en 1888. Un quartier Belle Epoque, constitué de villas isolées entourées de jardins, voit le jour sur modèle de la ville d'Arcachon. Ces villas de style anglo-normand ont miraculeusement traversé les décennies et participent aujourd'hui au charme du Coq. 

Pourquoi Albert Einstein s'est-il retrouvé au Coq ?  Lorsqu'Hitler devient chancelier en janvier 1933, Albert Einstein enseigne temporairement en Californie. A son retour en Europe, il débarque à Anvers et apprend que les nazis ont fouillé sa maison en Allemagne et saisi tous ses biens. Il décide de rester en Belgique où il sait qu'il peut compter sur le soutien de la reine Elisabeth, qu'il a rencontrée à plusieurs reprises et qui partage son amour de la musique. Il renonce à la nationalité allemande. Après avoir séjourné à Mortsel, il va s'installer à la villa "Savoyarde" au Coq pendant plusieurs mois. Pacifiste convaincu, politiquement engagé, Albert Einstein décide fin 1933 de partir aux Etats-Unis où un poste d'enseignant à l'université de Princeton lui est proposé. 

Mais la station balnéaire du Coq n'a jamais oublié le passage de son hôte le plus illustre et entretient toujours son souvenir. Une bande dessinée "Coq-sur-Mer 1933" (éditions Anspach) rappelle ces événements. 

Mon article sur l'arrêt du tram classé de la station du Coq :    https://journalpetitbelge.blogspot.com/2014/07/cote-belge-6-larret-de-tram-du-coq-de.html

lundi 12 août 2024

Enquête sur l'ouverture de l'Eglise belge aux homosexuels

                                                      

(Article actualisé en juillet  2025)

Par rapport à d'autres pays, l'Eglise de Belgique est clairement parmi les plus progressistes et les plus ouvertes vis-à-vis de la communauté homosexuelle (sous l'impulsion des évêques de Liège et Anvers). L'heure n'est clairement plus aux propos homophobes du controversé Mgr Léonard (chef de l'Eglise belge de 2010 à 2015).  Mais il est sans doute dommage de ne pas avoir plus de concertation entre tous les diocèses qui n'avancent pas au même rythme sur le sujet. 

Fin 2023, le pape François autorise les bénédictions de couples homosexuels (mais pas le mariage)...et rejoint ainsi la position prise depuis quelques années par l'Eglise progressiste de Belgique. Mais lors de sa visite en Belgique en septembre 2024, il n'évoque pas ce sujet. 

La photo ci-dessus montre la rencontre entre Mgr Luc Terlinden (chef de l'Eglise belge depuis 2023) et Imran (Mister Gay Belgium 2024) autour de l'inclusion des catholiques homosexuels au sein de l'Eglise. 

Dans le diocèse de Liège

C'est l'évêque de Liège Aloys Jousten qui prend position le premier en 2011 en condamnant les violences homophobes de 2011 dans la Cité Ardente. 

Son successeur Mgr Delville est sur la même longueur d'onde. En 2015, une matinée de réflexion ouverte à tous est, pour la première fois, consacrée à l'homosexualité. Les suggestions sont ensuite étudiées par le Service diocésain des Couples et des Familles. Cela aboutit à la publication en 2021 d'une petite brochure pour accueillir et accompagner le projet de vie des catholiques homosexuels liégeois, sans les juger. Un temps de prière adapté est notamment proposé dans la brochure. Le prêtre ouvrier Germain Dufour ne cache pas à la presse qu'il bénit des couples homosexuels. 

En septembre 2023, le Service des Couples et des Familles du diocèse de Liège organise une matinée de réflexion. Des personnes homosexuelles ont témoigné de leurs difficultés (ou pas) dans l'accueil de leurs différences au sein de la communauté chrétienne. Ainsi que des parents découvrant l'homosexualité de leur enfant. La brochure "Accueillir, accompagner et porter dans la prière le projet de vie partagé par des personnes homosexuelles"  est (re)présentée, le tout étant suivi d'un temps d'échanges et de partages.

Dans le diocèse d'Anvers

Après la tenue d'un synode sur la famille à Rome en 2014, l'évêque d'Anvers Johan Bonny fait des déclarations dans les médias pour souhaiter que l'Eglise se mette en phase avec l'évolution de la société, et accepte l'homosexualité (ce qui lui vaudra ensuite un prix de l'association des organisations LGBT flamandes).

En 2021, alors qu'il assume le remplacement de Jozef De Kesel (en congé de maladie) à la tête de l'Eglise de Belgique, Johan Bonny s'excuse publiquement auprès de la communauté homosexuelle après avoir pris connaissance d'un nouveau texte de la Congrégation pour la doctrine de la foi considérant l'homosexualité comme un péché. Sa phrase "J'ai honte par procuration pour mon Eglise"  fait le tour des médias.

En 2022, les évêques flamands de Belgique nomment Willy Bombeek (laïc et homosexuel) comme coordinateur interdiocésain en charge de la pastorale des homosexuels, et publient un texte de trois pages avec des prières à destination des croyants homosexuels (vu que l'Eglise refuse de les marier). L'évêque Johan Bonny n'a pas été désavoué par le Vatican. 

En marge de la parade de l'Antwerp Pride en août 2023, un temps de recueillement oecuménique était organisé, pour la première fois, en la Sint-Norbertuskerk d'Anvers par les points de contacts "Foi et homosexualité". Près de 200 personnes ont participé à cette cérémonie alternant chants, moments de silence, témoignages et lecture de la Parole. En fin de célébration, les prêtres et pasteurs présents ont donné une bénédiction.

Willy Bombeek a expliqué à la presse :  "Tout le monde était heureux de ce moment. Ce n'étaient pas les prêtres ou les pasteurs qui dirigeaient la célébration, mais bien les croyants impliqués dans la communauté LGBTQIA+ . Je sais que certaines personnes ne sont pas d'accord avec cette démarche. Je les invite à simplement respecter ceci. Je suis tout prêt à discuter avec elles si elles sont dans le respect. Au-delà, mon but n'est pas de convertir. En revanche, j'aimerais tellement que certaines personnes qui se sont éloignées de l'Eglise puissent à nouveau se rapprocher". 

Dans la pastorale mise en place par les évêques flamands

Willy Bombeek (coordinateur du point de contact Homosexualité et et Foi) confie à la revue "Dimanche" :     "Personnellement, je me dis que si on peut bénir un cartable ou une moto, on doit aussi pouvoir bénir l'engagement d'un couple homosexuel. Après, je ne veux pas entrer dans une discussion théologique. Le texte des évêques est clairement un texte pastoral qui ne change rien à la doctrine. Il ouvre un chemin sur lequel nous devons avancer pas à pas. J'insiste en tout cas sur le fait que je ne veux pas entrer dans des polémiques. Je ne revendique rien. Je veux simplement, dans un esprit de loyauté au pape François, trouver un chemin qui permette aux couples homosexuels qui tiennent à l'Eglise d'y être acceptés. C'est vraiment le principal message que je veux faire passer. Et cela concerne les personnes homosexuelles mais aussi toutes les personnes LBGTQIA+. Personne ne doit se sentir exclu. Quel chef d'Etat répète aussi souvent que le pape François que tout le monde est le bienvenu ? "Todos" a-t-il encore dit aux JMJ de Lisbonne. L'Eglise, ce n'est pas la douane ! J'invite les gens à apprendre à se connaître et à faire preuve de respect. Les problèmes se trouvent souvent dans la tête des gens".

Un tel point de contact n'a pas été mis en place du côté francophone (sauf en province de Liège). 

A la fin de son épiscopat, Lode Van Hecke (évêque de Gand de 2020 à 2025) s'exprime à son tour sur le sujet :    "J'ai été marqué par les personnes qui avaient souffert  - ou souffraient - en Eglise. C'était l'époque où un document romain indiquait qu'on ne pouvait pas bénir les couples homosexuels. Moi, toutes les semaines, je rencontrais des parents de jeunes homosexuels qui venaient dire leur souffrance. Je comprenais évidemment les parents. En réalité, tous les évêques belges étaient d'accord, mais les francophones s'étaient lancés un peu plus tôt à Liège, et sans nécessairement s'attendre. Personnellement, à plusieurs reprises, j'ai invité des couples homosexuels à manger à l'évêché". 

Dans le diocès de Tournai (province de Hainaut)

Dans la revue mensuelle du diocèse de janvier 2023, l'évêque Guy Harpigny donne son point de vue nuancé :

"Les évêques flamands sont préoccupés de cette question depuis quatre ans. Le cardinal a reçu un groupe de personnes homosexuelles qui sont venues raconter leur désarroi face à l'attitude habituelle de l'Eglise. Mgr Bonny a pris position publiquement et la conférence épiscopale l'a soutenu. Il y a quelques semaines, un texte est sorti en néerlandais. Le porte-parole nommé pour ce sujet a tout de suite parlé d'une bénédiction qui n'était pas un mariage. Ses propos ont tout de suite été amplifiés dans la presse, si bien que le cardinal a dû réagir. L'évêque de Liège (diocèse qui a produit un texte sur le même sujet, soumis à la congrégation pour la doctrine de la foi) était très étonné de ne pas avoir été mis au courant. Le résultat est que désormais chaque évêque belge reçoit tous les documents des deux régimes linguistiques.

La deuxième chose à dire est qu'à chaque fois qu'on prend des positions nouvelles, il faut des justifications. Par rapport à la question de l'homosexualité, il y a du pour et du contre dans l'Ecriture. Quand on regarde à partir des réalités contemporaines, on doit accompagner pastoralement et théologiquement. Que faire ? Faut-il éviter le scandale ou prendre son courage à deux mains et avancer ? Il est évident que la doctrine de l'Eglise est stable, mais aussi qu'elle évolue dans la manière de présenter l'Evangile. Par exemple, à Vatican II, on a décidé que c'est l'évêque le ministre principal, alors qu'avant c'était le prêtre. Maintenant, on dit qu'on a trop donné à l'évêque et qu'il ne peut pas tout faire. On verra comment les choses évoluent.

Le Pape n'interviendra pas vis-à-vis des évêques flamands, car les pasteurs sont responsables de leur Eglise particulière. Mais cette histoire va évidemment influencer le nonce pour choisir l'archevêque et les évêques à remplacer.

Dans le diocèse de Tournai, des prêtres ont déjà fait un moment de prière pour des couples homosexuels et c'est très bien. Le Pape ne dit pas qu'il faut un moment de prière pour les couples homosexuels, mais il ne l'interdit pas non plus. Moi, je pense qu'il y a à apprécier l'évolution des mentalités et à voir ce qui, à un moment donné dans une société donnée, peut être amendé. Nous ne sommes qu'au début d'un long processus. Rappelons que ce n'est pas seulement l'homosexualité qui sort de la doctrine, mais toute relation sexuelle hormis le mariage hétérosexuel avec la volonté d'avoir des enfants. Donc beaucoup de situations qui nécessitent un accompagnement".

Deux ans plus tard, le service des Couples et Familles du diocèse de Tournai organise une première journée de rencontres sur l'accueil de l'homosexualité et de la transidentité au sein de l'Eglise, en présence d'une soixantaine de personnes.  

Dans le diocèse de Namur (provinces de Namur et Luxembourg)

Rien à signaler à ce sujet...  

lundi 22 juillet 2024

Côte belge : le nouveau belvédère de La Panne

                                     


C'est la nouveauté de cette année 2024 :  le Westerpunt ! Il ne passe pas inaperçu et il ne laisse pas les touristes indifférents (on aime ou on n'aime pas). Cet escalier géométrique en béton se trouve à la fin de la digue de La Panne, à proximité de la réserve naturelle du Westhoek et de la frontière française. Il mesure 6 mètres de haut. C'est le 16ème belvédère construit par la province de Flandre Occidentale qui mène ce projet depuis plusieurs années aux quatre coins de la province, afin d'offrir de nouveaux panoramas. La particularité du belvédère de La Panne, c'est que la vue varie en fonction des marées. 

lundi 8 juillet 2024

La 20ème édition du festival Tomorrowland à Boom

 


Tomorrowland est le plus grand festival de musique électronique de notre pays. Il est organisé les deux derniers week-ends de juillet sur le site du domaine provincial de Boom en province d'Anvers. Pour cette édition 2024,  près de 400 artistes se produiront sur une quinzaine de scènes. 

lundi 4 décembre 2023

Un 16ème site belge sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco

Lors de sa réunion annuelle, le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco a décidé d'inscrire 139 sites funéraires et mémoriels de la première guerre mondiale sur sa liste. Parmi ces lieux de mémoire, 96 sont situés en France, 27 en Flandre et 16 en Wallonie. L'objectif est de mieux préserver, pour les générations futures, le patrimoine dont la valeur est unique et universelle pour l'humanité. 

Parmi les sites funéraires et mémoriels belges de la première guerre mondiale, citons la Tour de l'Yser à Dixmude, le cimetière militaire britannique Tyne Cot à Zonnebeke, la porte de Menin à Ypres, l'Ireland Peace Tower à Messines, le cimetière militaire du Commonwealth à Saint-Symphorien, le Ploegsteert Memorial, l'Enclos des Fusillés à Tamines, les carrés militaires du cimetière de Robermont à Liège, le fort de Loncin, etc. 

Depuis 1998, la Belgique compte donc désormais 16 sites reconnus au patrimoine mondial de l'Unesco en Belgique :

1. Les 13 béguinages flamands

2. La grand-place de Bruxelles

3. Les 4 ascenseurs à bateaux du canal du Centre à La Louvière et Le Roeulx

4. Les 56 beffrois de Belgique et France

5. Le centre historique de Bruges

6. La cathédrale Notre-Dame de Tournai

7. Les 4 habitations Art Nouveau de l'architecte Victor Horta à Bruxelles

8. Les mines de silex néolithiques de Spiennes

9. L'imprimerie et le musée Plantin-Moretus à Anvers

10. Trois parcelles de hêtres anciens de la réserve forestière de la forêt de Soignes

11. Le palais Stoclet Art Déco de Bruxelles

12. Les 4 grands sites d'extraction de charbon en Wallonie (Grand-Hornu, Bois-du-Luc, Bois du Cazier et Blégny-Mine)

13. La Maison Guiette de l'architecte Le Corbusier à Anvers

14. Spa parmi 10 grandes villes d'eaux d'Europe

15. La colonie agricole de Wortel parmi les colonies de bienfaisance d'Europe

16. Les sites funéraires et mémoriels de la première guerre mondiale 

jeudi 14 septembre 2023

La double digue végétalisée de Westende

                         


La station balnéaire familiale de Westende fait partie de la commune de Middelkerke. Exemple unique à la côte belge :  on vient d'y inaugurer une nouvelle double digue végétalisée sur une longueur d'1, 5 kilomètre. Les travaux ont coûté 15 millions d'euros. Cette double digue a d'abord un côté pratique afin de protéger la station des inondations. Ensuite, un aspect environnemental avec toute une bande végétalisée séparant les deux digues. C'est visuellement très joli, et cela permet de se promener tranquillement sur la deuxième digue, à l'abri des cuistax qui restent sur la première digue. 

Après Westende, la commune prévoit de continuer cette double digue végétalisée sur la station balnéaire voisine de Middelkerke. Par contre, je suis moins convaincu par le projet du nouveau casino sur la digue de Middelkerke. 

lundi 7 août 2023

A la côte belge...

En cette période de congés, j'en profite pour vous proposer de (re)lire quelques anciens articles consacrés aux 60 km de notre côte belge :  

- Le nouveau belvédère de La Panne :    https://journalpetitbelge.blogspot.com/2024/07/cote-belge-le-nouveau-belvedere-de-la.html

- La boucherie Dierendonck à Saint-Idesbald :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2018/10/cote-belge-le-boucher-hendrik.html 

- Les pêcheurs à crevettes d'Ostduinkerke :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/06/les-pecheurs-de-crevettes-cheval.html

- La double digue végétalisée de Westende :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2023/09/la-double-digue-vegetalisee-de-westende.html

- Le domaine provincial de Raversijde :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2014/07/cote-belge-4-le-domaine-provincial-de.html

- Le Mercator à Ostende :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2014/10/cote-belge-7-le-mercator-ostende.html

- L'arrêt de tram du Coq (De Haan) :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2014/07/cote-belge-6-larret-de-tram-du-coq-de.html

- La villa d'Albert Einstein au Coq (De Haan) :  https://journalpetitbelge.blogspot.com/2024/08/la-villa-dalbert-einstein-au-coq.html

- Le Zwin à Knokke-Heist :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2011/06/le-zwin-knokke-heist.html

- "Moeder Siska" à Knokke-Heist :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2011/06/le-zwin-knokke-heist.html

- Sur les pas des écrivains de la mer du Nord :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2009/03/sur-les-pas-des-ecrivains-de-la-mer-du.html