lundi 19 novembre 2018

Premier album de Mustii

Le jeune auteur-compositeur-interprètre-acteur bruxellois Thomas Mustin (alias Mustii) vient de sortir son premier album pop, intitulé "21st Century Boy". Pour l'écouter :   https://www.youtube.com/watch?v=5HKLb1p-p3o

Mustii a répondu aux questions de la presse :

"Vous avez au départ une formation théâtrale et vous avez fait du cinéma. Maintenant, vous sortez un album. Comment gérez-vous vos deux carrières?
- J'ai un agent pour le cinéma et un label côté musique. Même si ce sont deux mondes assez cloisonnés, j'ai une équipe qui accepte et comprend que le cinéma peut nourrir le projet musical. Il ne faut pas voir ça comme deux choses contraires. Les artistes sont de plus en plus décomplexés. Avant, on disait "c'est l'acteur qui chante" ou "c'est le chanteur qui joue, c'est un caprice". Aujourd'hui, j'ai l'impression que le public demande des ponts entre disciplines. Les artistes ont besoin de passer par plusieurs médiums pour faire passer leur message.

- Dans "21st Century Boy", quel est votre message?
- Le personnage, le 21st Century Boy, est une sorte d'alter ego, un Hamlet du 21ème siècle. Le personnage de Shakespeare doit faire face au décès de son père. Il est très moderne de ce point de vue. L'album est conçu comme un journal intime. C'est lui qui parle et chaque chanson est une sorte d'aveu d'inquiétude sur un sujet. Il est inspiré d'une figure adolescente qui subit un traumatisme, comme dans les films de Gus Van Sant, Larry Clark, Harmony Korine. L'idée était ensuite de confronter ces angoisses à une musique qui, elle, est beaucoup plus grandiloquente, épique, large. Le côté galvanisant était indispensable, j'aime l'idée des paradoxes et des contrastes.

- Quelles sont vos inquiétudes?
- Il y a la question de la religion, la spiritualité, le rapport aux autres, le fait de ne plus se sentir en phase avec la société, pas intégré. J'ai repris ça du début de mon adolescence et j'ai ensuite fictionnalisé. J'imagine comment il va vivre après un traumatisme. Est-ce qu'il va vivre avec ces peurs? Se suicider? Aller vers la destruction des autres? Vers l'isolement?  Ou au contraire, est-ce qu'il va regorger de vie? Chaque texte est un aveu d'angoisse sur le monde qui l'entoure mais sur des thèmes différents.

- Ce n'est pas pessimiste pour autant parce que vous ne donnez pas la réponse?
- Effectivement. A la fin de la chanson éponyme, il dit clairement qu'il ne va pas bien, il dit qu'il va peut-être prendre une arme, mais ne dit pas qu'il va le faire. J'avais envie de faire un album très lâcher-prise. Le but n'était pas de plomber les gens. Pour moi, l'inquiétude n'est pas du pessimisme. On est tous un peu inquiets, c'est moteur, c'est une forme d'observation et d'intelligence, ça peut être très constructif.

- L'album n'était pas encore sorti que la majorité de vos dates de concert affichaient sold out. Ca vous fait quoi?
- Eh bien, je me dis que je dois être à la hauteur!  Je suis un angoissé de nature, depuis tout petit. C'est hypermotivant mais en même temps, j'ai peur de décevoir. Mais ça booste deux fois plus! Le seul moment où je me sens rassuré, c'est quand je suis sur scène.

- Pourquoi des chansons en anglais et pas en français?
- Ca m'est déjà arrivé d'écrire des trucs en français, mais je ne me sens pas encore prêt à partager ça. C'est lié à la musique que j'écris aussi, une musique liée aux sonorités anglo-saxonnes. Ca n'aurait pas marché avec du français, c'est référencé Lana Del Rey, Florence and The Machine, Hyphen Hyphen. J'écoute aussi beaucoup Bowie, New Order, Depeche Mode, Rihanna. 

- L'ado de "21st Century Boy", c'est un peu votre Ziggy Stardust à vous?
- J'y ai un peu pensé mais Bowie, lui, le poussait très loin. Pour mes lives, je ne veux pas aller dans l'incarnation totale. J'aime trop l'aspect sincère du moment, je ne veux pas tomber dans l'aspect millimétré, théâtral où je ne serais qu'un personnage. Et ne pas tomber dans la schizophrénie totale parce que la frontière est fragile. C'est vrai qu'il y a, avec mes cheveux teints, une évocation du personnage.

- Vous, finalement, comment avez-vous trouvé votre place?
- Je crois que ce sont mes parents qui m'ont beaucoup aidé en m'inscrivant à des cours de théâtre. Ca m'a aidé à m'assumer, ça a été thérapeutique au départ. Ils se sont dits que ça allait peut-être m'ouvrir...et j'ai adoré ça. En me présentant face aux autres, j'avais des raisons de m'assumer".

jeudi 15 novembre 2018

L'humoriste belge Véronique Gallo

Née en 1976 à Liège, Véronique Gallo est maman de trois enfants. Après avoir été professeur pendant dix ans au collège Sainte-Croix à Hannut, elle décide d'arrêter en 2008 pour le théâtre. Elle s'est fait remarquer sur YouTube grâce à des capsules humoristiques intitulées "Vie de mère" :   https://www.youtube.com/watch?v=7SfP5iboMNM&index=2&list=PLB3s-xND1Lpu4IfzQpzQ-RRD-Sgb1MXRr&t=0s

Sa carrière dépasse aujourd'hui nos frontières. Remarquée par Kev Adams qui devient son producteur, 60 capsules ont été ré-enregistrées pour les chaînes M6 et Teva. Outre cette diffusion, Véronique Gallo part en tournée chez nous avec "The One Mother Show", un spectacle basé sur les mêmes thèmes que "Vie de mère" :  elle sera le 20 décembre à Liège, le 21 décembre à Louvain-la-Neuve, le 19 janvier à Uccle, le 27 janvier à Spa et le 9 mai à Namur.

lundi 12 novembre 2018

Nouveau livre de Gabriel Ringlet

                                    Afficher l’image source

Né en 1944, Gabriel Ringlet a une vie bien remplie :   prêtre, poète, théologien, ancien professeur à l'Université Catholique de Louvain. Il est aussi membre de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique.

Il vient de sortir un nouveau livre :  "La grâce des jours uniques :  éloge de la célébration", paru aux éditions Albin Michel. A cette occasion, il a répondu aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse :

"Vous parlez du rite et de son importance :  les rites religieux mais aussi les rites autour des grands matchs de foot, ou au décès de stars (comme Johnny). Le rite s'est déplacé aujourd'hui?
- Le rite est en tout cas plus urgent et plus important que jamais. J'ai suivi le Mondial de tout près, et toutes les dimensions de la liturgie classique, de la messe et même d'une messe solennelle que le pape François peut célébrer place Saint-Pierre, on les retrouve dans le rituel footballistique d'aujourd'hui. Dans les événements publics, le rite est omniprésent. Dans les attentats, par exemple, pour moi, c'est très frappant et très touchant de voir qu'une personne, anonyme, peut sortir de chez elle avec sa petite fille pour aller déposer une fleur à l'endroit où quelqu'un a été tué, en silence, avec tout un rituel, une gestuelle. Et on peut avoir ces mêmes gestes lors de la disparition d'une vedette. Donc, de fait, le rite est partout.

- Si le rite s'est déplacé, c'est parce que le rite religieux n'attire plus?
- C'est vrai que les lieux classiques qui nous donnaient du rite sont complètement désertés. Et le phénomène dépasse nos églises. J'ai parlé avec des musulmans pratiquants qui venaient du Maroc et me disaient que, dans leur petite ville, il y a 200 ou 300 mosquées mais avec 5 pratiquants par semaine. Mais ce n'est pas parce que les lieux traditionnels de rites se voient désertés que le besoin de célébrer la naissance, l'alliance et la mort, eux, ont disparu. Alors, on cherche d'autres lieux, on invente d'autres rites, on va voir dans d'autres sagesses. 

- Comment renouveler le rite?
- Nous voulons former des célébrants laïcs (hommes et femmes) qui n'auront pas du tout été ordonnés prêtres, qui n'auront pas fait de théologie, mais qui ont une très grande sensibilité et qui ont envie d'aller dans ce sens-là. Depuis que le livre est sorti il y a un mois, des dizaines de gens m'ont dit qu'ils voulaient s'inscrire dans notre "école de célébration", qu'on annonce pour 2020. Ca veut dire que des tas de gens se sentent peut-être une vocation pour cela.

- Et l'Eglise, comment réagit-elle?
- L'Eglise est à mon avis complètement perdue et elle a tout avantage à se réjouir que des lieux se mettent à inventer, à respirer, et à dire qu'il faut que ça change. Et si l'Eglise veut survivre, elle ne pourra que suivre ces chemins qui vont s'ouvrir. On ne lui demande pas la permission, mais on le fait volontiers en dialogue, si le dialogue est possible.

- Et dans quels lieux pratiquer ces rites?
- Moi, je crois au sacré laïc, comme au sacré juif ou musulman. Et il me paraît normal d'ouvrir l'église à tous ces rites. J'ai plein de réactions positives à cette idée, des gens qui préféreraient célébrer des funérailles laïques dans l'église de leur quartier plutôt que dans une salle de sport ou un funérarium. Même chez les francs-maçons, il y a des réponses favorables à cette proposition".

jeudi 1 novembre 2018

La famille belge Houben (3) : Greg Houben

Article dédié à Edmée, la plus ancienne et la plus fidèle lectrice de ce blog....

Je vous ai déjà parlé du peintre Charles Houben et du musicien Steve Houben :

- Charles :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/03/le-peintre-belge-charles-houben.html

- Steve :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/09/steve-houben-lacademie-royale-de.html

Aujourd'hui, je voudrais vous parler de Greg Houben qui a sorti un nouvel album en 2018 et est actuellemnt en tournée.

Voici la présentation de ses concerts :   "Greg a le cœur qui balance. Entre Belgique et Brésil, entre musique et théâtre, entre jazz et chanson française. Il accumule des quatre coins du monde, comme des pépites, des mélodies, chacune associée à une rencontre, un voyage, un sentiment. La chanson lui apparaît alors comme une évidence, comme l'élément permettant d'unir son amour pour les mots, pour les mélodies et les histoires. Lors d'une tournée au Brésil, Greg saisit l'occasion d'enregistrer ses premières chansons en français. Il invite ses amis musiciens pour les amener à deux blocs de Copacabana, au studio Compania dos tecnicos, lieu mythique qui a vu défiler les plus grands noms de la musique brésilienne tels que Chico Buarque, Arlindo Cruz, Caetano Veloso, Beth Carvalho. C'est là que la magie s'opère et révèle une série de morceaux délicieux remplis de joie de vivre. De retour à Bruxelles et conscient du joyau qu'il a entre les mains, Greg façonne la matière première à l'image de son univers, unique, loin des exercices de style. Si l'on décèle chez Greg des fragments de Mathieu Boogaerts, de Louis Chedid, de Chet Baker, mêlés à la tendresse d'un Bourvil, on lui remarquera, et cela après deux mesures à peine, une singularité attachante et une manière élégante et chaloupée de raconter sa propre histoire".

Je vous propose d'écouter Greg Houben :  https://www.youtube.com/watch?v=ppbMXW4HYXc

Que de talents dans notre pays !

lundi 29 octobre 2018

Nick et Lins, les naturistes belges les plus célèbres

                             

Nick (36 ans) et Lins (31 ans) sont un couple belge :  lui était ingénieur système et Lins travaillait dans les ressources humaines. En 2009, ils goûtent, pour la première fois, au naturisme dans le sauna d'un bed and breakfast. Ils testent ensuite un week-end dans un camping naturiste, et cela les décide à changer leur façon de voyager. Depuis un an, Nick et Lins ont changé de vie pour faire le tour du monde...dans le plus simple appareil. Ils étaient récemment au Canada, et s'amusent comme des fous. Vous pouvez les suivre sur leur blog (en anglais) :   www.nakedwanderings.com

jeudi 25 octobre 2018

Coopération entre communautés

1°  Après de longues années de discussions, la communauté flamande et la communauté française ont signé en 2012 un accord de coopération culturelle. Et celui-ci semble bien fonctionner depuis lors. Ainsi, en 2018,  46 demandes de subsides avaient été introduites et parmi elles, 22 ont été choisies pour se répartir un montant total de 160.000 euros. La coopération la plus médiatique est la Biennale de Venise, où nos communautés travaillent enfin main dans la main. A noter que l'appel à projets pour l'année 2019 est encore valable quelques semaines. Plus d'infos :  www.cultuurculture.be

2° Dans le même état d'esprit, je voudrais une nouvelle fois attirer votre attention sur DaarDaar, un site Internet qui traduit en français des articles parus dans la presse néerlandophone. N'hésitez pas à partager les liens sur les réseaux sociaux ou sur votre blog! Merci d'avance pour votre soutien à cette équipe dynamique. Plus d'infos :  daardaar.be/daardaar/madame-flandre-aide-francophone-acomprendre-flamands

Notre devise nationale n'est-elle pas "L'union fait la force" ?

lundi 22 octobre 2018

Les Belges à Rome

Un article sur l'église Saint-Julien des Flamands :   http://probelgica-hainaut.blogspot.com/2017/08/carte-postale-de-rome.html

Un article sur l'ambassade belge auprès du Vatican (où notre roi Albert et notre reine Paola se sont rencontrés) :   http://probelgica-hainaut.blogspot.com/2014/04/l-belge-au-vatican.html

Le site Internet de l'Academia Belgica :  www.academiabelgica.it

Et je vous rappelle qu'il est possible de visiter Rome avec la guide belge Blanche Bauchau :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2015/09/visiter-rome-avec-une-guide-belge.html

Bonne visite !

jeudi 18 octobre 2018

Côte belge : le boucher Hendrik Dierendonck

                          Afficher l’image source     

A 43 ans, Hendrik Dierendonck est devenu le boucher le plus célèbre de Belgique. Il fait même partie des "Bekende Vlamingen", c'est-à-dire des Flamands connus et médiatisés. En reprenant la boucherie de son père Raymond (Slagerij Dierendonck dans la rue commerçante de Saint-Idesbald à la côte belge),  il a tenu à la développer avec son épouse Evelyne. Et ça marche : leur entreprise a un chiffre d'affaires actuel de 9 millions d'euros, et leur objectif est d'atteindre les 15 millions d'euros!

Hendrik Dierendonck possède désormais quatre boucheries :  celle familiale de Saint-Idesbald, mais aussi trois autres boucheries à Nieuport, Bruxelles et Courtrai (cette dernière ayant été confiée aux anciens gérants de la boucherie Desmedt à Mouscron qui vient de fermer ses portes). Il a confié à la presse :  "On sent que la clientèle du futur, et notamment les jeunes, mangera différemment de la viande :  moins mais mieux. Les gens veulent savoir d'où viennent les animaux. Une bonne maturation est aussi importante. On a une ferme à Furnes ainsi qu'un atelier de production et de découpe, tandis que la finition des produits se fait à chaque fois dans le magasin". 

Sa viande est aussi celle que l'on sert dans son restaurant "Carcasse", jouxtant directement la boucherie familiale de Saint-Idesbald. Ouvert en janvier 2015, il est déjà étoilé depuis l'an dernier grâce à son chef Anthony Snoeck et à son gérant Harm Rademan. Hendrik Dierendonck fournit également une poignée d'autres chefs étoilés (Peter Goossens, Sergio Herman et Kobe Desramault), a lancé une boutique de viandes vendues par Internet, gère son élevage de 50 bœufs (réputé pour sa rouge brune de Flandre Occidentale), et a écrit un livre!

Si vous avez déjà été dans une boucherie Dierendonck ou au restaurant "Carcasse", n'hésitez pas à nous faire part de votre avis! 

lundi 15 octobre 2018

Sortie du tome 14 de la Nouvelle Biographie Nationale

Tous les deux ans, l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique (www.academieroyale.be) publie un nouveau tome de son imposante Nouvelle Biographie Nationale, qui contient des notices relatives à des personnages belges décédés, ayant acquis une certaine notoriété dans les divers domaines de l'activité humaine et appartenant à toutes les périodes de l'histoire, principalement la période contemporaine.

Chaque notice présente les données d'état-civil, des renseignements sur l'ascendance et la descendance familiales immédiates, la formation, les étapes de la vie professionnelle, les grandes lignes de l'activité du personnage (qui ne doit pas nécessairement avoir été académicien). Le tome 14 vient de sortir et met à l'honneur 144 nouvelles personnalités très variées :  les écrivains Maurice Carême et Henry Bauchau, l'industriel Jacques Solvay, la journaliste Janine Lambotte (première femme en Europe à avoir présenté un journal télévisé), le saxophoniste Georges Danneels, le peintre Luc Mondry, le chanteur lyrique Pierre d'Assy, etc. Le tome 14 compte 355 pages et est vendu au prix de 25 euros, mais vous pouvez également consulter librement en ligne la Nouvelle Biographie Nationale sur le site Internet de l'académie.

P.S. Alors qu'on entend souvent parler dans la presse des académiciens français (leur épée, leur costume, leurs funérailles aux Invalides, le fait d'être présenté dans la presse comme "académicien", leurs discussions sur le dictionnaire,p.ex.),   je trouve dommage que ce n'est pas du tout le cas en Belgique. Pourtant, ils disposent aussi d'un très beau bâtiment (le palais des Académies, situé juste à côté du palais royal de Bruxelles) et de sites Internet bien documentés, mais on ne parle pas de leurs activités. Et vous, connaissez-vous les académiciens belges?

jeudi 11 octobre 2018

Rachat de la Cristallerie du Val Saint-Lambert

Cet été, la célèbre Cristallerie du Val Saint-Lambert a été rachetée par Georges Forrest, un important industriel belge surtout connu pour ses projets au Congo. Il a répondu aux questions des quotidiens du groupe Vers l'Avenir :

"Pourquoi avez-vous décidé de racheter le Val Saint-Lambert?
- C'est une acquisition que j'ai faite à titre personnel. D'abord, parce que je connais l'ancien propriétaire du Val Saint-Lambert, Jacques Somville. Nous avions réalisé des opérations en Afrique et il m'a demandé si j'étais intéressé. Certains responsables du groupe ne souhaitaient pas l'opération, mais je me suis dit : pourquoi pas? Ma démarche a aussi pour ambition de ne pas laisser tomber ce fleuron dans les oubliettes. C'est un nom prestigieux pour la Belgique et en tant que citoyen belge, comme on a déjà sauvé deux ou trois sociétés, je me suis dit : pourquoi pas celle-là? C'est un vrai challenge et j'adore relever des défis.

- Quel est votre projet pour la cristallerie?
- Nous avons constitué une équipe et nommé un président en la personne de l'ancien secrétaire d'Etat Pierre Chevalier. Nous allons restructurer l'entreprise pour lui redonner son prestige du passé. Elle a beaucoup perdu au niveau commercial. Nous allons relancer les innovations grâce à deux ou trois designers, afin de moderniser la gamme et la diversifier. La Chine est un grand marché. Nous voulons aussi développer de nouveaux produits accessibles à la classe moyenne, des jeunes de 30-45 ans qui aiment les belles choses, mais qui n'ont pas nécessairement les moyens de s'acheter du Val Saint-Lambert. Nous voulons faire comme d'autres marques (Baccarat, Hermès, p.ex.), mais en gardant la qualité et la beauté. Nous avons aussi pris des contacts avec d'autres cristalleries pour avoir une certaine synergie et collaboration. Ils sont tout à fait preneurs.

- Quel est le montant des investissements prévus?
- Il y en aura certainement, mais ils ne sont pas encore totalement chiffrés. Nous allons d'abord revoir la structure et l'informatique pour lancer des ventes en ligne qui n'existent pas pour l'instant. D'ici fin de l'année, nous aurons une bonne vue de ce que nous voulons faire et comment développer la cristallerie.

- Quid de la marque Val Saint-Lambert?
- Nous avons des droits sur la marque, sinon ce sera difficile de développer l'entreprise. Il y a des gens qui ont utilisé la marque, mais on leur a dit gentiment d'arrêter sans faire de procès. Mon ambition aussi est de faire du Val Saint-Lambert un centre de dialogue entre différentes cultures (africaine, européenne, américaine, etc.). La cristallerie a fait de belles choses, mais elle reste dans le même moule. Il faut lui donner une autre impulsion. Ce dialogue passera aussi par l'intégration des produits du Val Saint-Lambert dans des expositions d'art africain. Mélanger l'art africain, Picasso et des fabrications de la cristallerie apporterait un plus à la cristallerie et à Liège".

Même si je ne suis pas convaincu que les nouvelles générations sont intéressées par de tels produits, je leur souhaite de réussir ce pari et de donner une nouvelle vie à la cristallerie qui est un des fleurons de la région de Liège.

lundi 8 octobre 2018

La ville de Grammont

Grammont (Geraardsbergen en néerlandais) est une ville de la province de Flandre Orientale, où coule la Dendre. Elle compte environ 33.000 habitants.

Je vous ai déjà parlé de sa fête des craquelins :    http://journalpetitbelge.blogspot.com/2016/02/la-fete-des-craquelins-grammont.html

Mais Grammont est aussi connue pour d'autres choses :

- son Mur de Grammont qui est intégré à de nombreuses courses cyclistes (dont le Tour des Flandres et prochainement une étape du Tour de France 2019). Cette pente raide et pavée a une longueur de 1,25 km, un dénivelé de 93 mètres et son sommet culmine à 110 mètres d'altitude. Elle débute aux bords de la Dendre et se termine au pied de la chapelle néobaroque Onze Lieve Vrouw, en haut de l'Oudenberg ("vieille montagne").

- son Manneken-Pis, bien moins connu que celui de notre capitale. Etait-il présent avant celui de Bruxelles? Diverses hypothèses circulent. On sait que la statue de Grammont a été installée en 1459 sur le haut d'une fontaine, afin de remplacer un lion qui avait été volé. La statue actuelle n'est pas celle d'origine. Au cours de son histoire, elle a été remplacée plusieurs fois.

- sa tarte au maton qui a reçu il y a onze ans le label "indication géographique protégée" par la Commission Européenne. Son origine remonte au Moyen Age : à l'époque, il était difficile de conserver le lait qui se transformait en lait caillé, devenu ingrédient principal de la tarte. On ajoutait ensuite une pâte autour des matons pour obtenir la tarte au maton. Une confrérie (Broederschap van de Geraardsbergse Mattentaart) existe depuis une quarantaine d'années et compte 350 membres qui veulent promouvoir la spécialité culinaire de leur ville.

jeudi 27 septembre 2018

186ème anniversaire de la révolution belge

(Article déjà publié en 2016)

Ce 22 septembre, la Ville de Bruxelles, l'asbl Pro Belgica et les Volontaires 1830 de Bruxelles ont co-organisé le 188ème anniversaire de la révolution belge.

Petit rappel historique...

Suite au Congrès de Vienne de 1815, le Benelux actuel (Belgique, Pays-Bas et grand-duché de Luxembourg) est réuni pour former un seul pays :  le royaume des Pays-Bas sur lequel règne Guillaume d'Orange.

Le 25 août 1830, à l'occasion des 59 ans de Guillaume d'Orange, a lieu au théâtre de la Monnaie à Bruxelles la représentation de "La Muette de Portici", un opéra en cinq actes qui exalte les sentiments patriotiques en racontant la révolte du peuple de Naples contre la domination espagnole au 17ème siècle. L'enthousiasme monte dès le deuxième acte lors de cette chanson : "Amour sacré de la Patrie, rends-nous l'audace et la fierté. A mon pays, je dois la vie. Il me devra la liberté". Les spectateurs sortent du théâtre en criant "Aux armes" et "Au National". Une émeute éclate, la foule saccage l'imprimerie du "National", journal officieux du gouvernement, et les maisons de plusieurs agents ministériels.

Devant l'inaction des autorités, quelques hommes résolus organisent le lendemain une garde bourgeoise avec Emmanuel van der Linden d'Hoogvorst comme chef. Ils forment des compagnies de volontaires et prennent comme signe de ralliement les couleurs de la révolution brabançonne (le noir, le jaune et le rouge). Le 26 et le 27 août, l'émeute se déplace vers les faubourgs de Bruxelles et tourne à la révolte sociale. La destruction de machines et les vols décident les bourgeois à renforcer la garde bourgeoise qui ouvre le feu sur les pillards. Les premiers morts de la révolution de 1830 sont des Belges tués par d'autres Belges...

Pendant ce temps,  Guillaume d'Orange (informé seulement le 27 des événements!) envoie en Belgique une armée de 6.000 hommes commandés par ses deux fils, et reçoit à La Haye les catholiques Frédéric de Merode, François de Sécus et Emmanuel d'Hooghvorst, et les libéraux Alexandre Gendebien et Joseph Palmaert. Le 30 août, l'arrivée des Hollandais à Vilvorde énerve les Bruxellois qui prennent les armes et élèvent des barricades. Le fils aîné du Roi renonce à un coup de force et fait son entrée dans la ville le 1er septembre avec quelques officiers sous la protection de la garde bourgeoise. Après deux jours de négociations, il repart aux Pays-Bas pour montrer à son père le projet de séparation administrative suggéré par les notables bruxellois. Le prince fait reculer ses troupes des portes de Bruxelles à Anvers.

Mais des émeutes éclatent dans les villes. Des bandes de volontaires s'y organisent et se préparent à rejoindre les patriotes de la capitale (par exemple : un groupe de volontaires part le 4 septembre de Liège, menés par Rogier et accompagnés du célèbre Charlier à la jambe de bois). Le 3 septembre, le Roi signe la démission de son ministre impopulaire Van Maanen. Les députés belges sont convoqués à La Haye le 8 septembre.

Profitant du désarmement de la garde bourgeoise les 19 et 20 septembre, le roi Guillaume ordonne à son fils Frédéric de marcher sur Bruxelles pour rétablir l'ordre. Cette décision enflamme le patriotisme et galvanise la foule. Les renforts arrivent d'un peu partout. Les Hollandais pénètrent dans la ville le 23 septembre et se heurtent à des barricades, au feu nourri des volontaires et à la colère de la population. Le lendemain, les volontaires nomment Juan Van Halen, commandant en chef des patriotes.

Le 26 septembre, la commission administrative devient le gouvernement provisoire, composé d'Alexandre Gendebien, du général baron van der Linden d'Hoogvorst, du baron André Jolly, du comte Félix de Merode, de Charles Rogier et de Sylvain van de Weyer, rejoints deux jours plus tard par Louis De Potter. Le gouvernement provisoire s'attribue tous les pouvoirs jusqu'à la convocation d'une assemblée constituante. Après quatre jours de combat, les Hollandais quittent le parc de Bruxelles dans la nuit du 26 au 27 septembre. La victoire des insurgés provoque l'arrivée des patriotes dans la capitale. Revenu d'exil, Louis De Potter est accueilli en héros le 28 sur la grand-place de Bruxelles. Le 4 octobre, le gouvernement provisoire proclame l'indépendance des provinces belges.

Le 4 novembre, les représentants de l'Angleterre, l'Autriche, la France, la Prusse et la Russie réunis à Londres impose aux Hollandais et aux Belges l'évacuation mutuelle de leurs territoires. Le 10 novembre, le Congrès National vote trois décrets importants :  l'indépendance du peuple belge, la monarchie héréditaire et la déchéance de la famille d'Orange-Nassau. Il rédige ensuite la nouvelle constitution belge.

Le Congrès National propose la couronne de Belgique au duc de Nemours, fils du roi Louis-Philippe, mais son père refuse car il craint l'hostilité de l'Angleterre. Le Congrès National est donc contraint d'instaurer, en février 1831, une régence en la personne du baron Surlet de Chokier. Le 4 juin, ils proposent au prince Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha, veuf de la princesse Charlotte d'Angleterre, de devenir le premier roi des Belges. Il accepte et prête serment le 21 juillet 1831 sur la place Royale à Bruxelles.

lundi 24 septembre 2018

Exposition Alfredo Longo à Mons

                                 Afficher l’image source

Depuis Mons, capitale culturelle européenne en 2015,  le rond-point du bois d'Havré à l'entrée de la ville est décoré d'un cœur géant en canettes réalisé par l'artiste montois Alfredo Longo. Jusqu'au 4 novembre, la Salle Saint-Georges (située à côté de l'hôtel de ville) propose une rétrospective de ses oeuvres.

Alfredo Longo a répondu aux questions du journal "La Province" :

"Pour la première fois, une rétrospective vous est consacrée, dans un espace où vous aviez exposé vos premières sculptures en carton, il y a 27 ans?
- C'est vrai, c'est pour moi une sorte de retour aux sources. Avant d'en venir aux canettes, j'ai fait des expérimentations sur des déchets de carton. Une des pièces est d'ailleurs visible au début du parcours de cette rétrospective. A l'époque, je récupérais des cartons du monde entier dans les grands magasins et je les triturais dans mon atelier. J'avais exposé cette première sculpture hyper-réaliste qui avait choqué. Elle représente un personnage humanoïde casqué, qui ressemble à un accidenté de la route. Le public avait trouvé cette oeuvre agressive. En outre, les gens ne comprenaient pas la démarche car en sculpture, les matériaux nobles sont le bois, le bronze et les métaux. J'étais un précurseur du recycl'art. 

- Ce n'est qu'en 2006 que vous vous êtes tourné vers les canettes en aluminium. Comment cette matière première s'est imposée à vous?
- Je parcourais la ville en voiture et j'ai été saisi par les couleurs chatoyantes des canettes au bord de la route. A ce moment-là, je voulais me remettre à la sculpture mais j'étais frustré par le caractère éphémère du carton. L'avantage de la canette, c'est qu'elle met jusqu'à 500 ans à se dégrader. Au départ, c'est l'esthétique des canettes qui m'a attiré. Car c'est un objet universel, qui suit la mode et qui me donne le sentiment d'être en connexion totale avec le présent et le mode de vie des gens. Cela ne serait pas le cas, si je travaillais le bronze, par exemple.

- La canette est un objet iconique de la société du tout-jetable. Au-delà de la démarche esthétique, on perçoit aussi une réflexion critique sur le consumérisme?
- Cette réflexion m'est seulement venue au bout de deux ans de travail, car au début, j'allais chercher moi-même mes canettes dans des snacks et des friteries. Mais quand j'ai vu la quantité colossale de canettes que les citoyens m'apportaient, je me suis dit qu'il se passait vraiment quelque chose... C'était comme si les gens me faisaient un don en étant conscients que j'allais mettre ce don en valeur. En recyclant leurs déchets, ils participent à une oeuvre d'art. Cela donne une certaine noblesse au geste. Je trouve cela génial quand l'oeuvre est le fruit d'un travail collectif et non pas de la créativité d'un seul homme. Souvent, l'artiste est quelqu'un de solitaire dans son atelier. Moi, j'éprouve une joie immense en voyant des anonymes s'investir dans l'une de mes pièces. D'ailleurs, les gens peuvent toujours m'apporter leurs canettes consommées à mon atelier au 326bis, chaussée du Roeulx à Mons. Pour l'instant, je suis en manque de canettes!

- Le grand public vous a surtout découvert lors de Mons 2015 grâce au cœur monumental au rond-point du bois d'Havré. La question que doivent se poser beaucoup d'automobilistes :  pourquoi un cœur à cet endroit?
- Parce qu'il est au bois d'Havré et que c'est pour moi la plus belle entrée de la ville. Le bois change de couleur au gré des saisons et ce cœur resplendit avec le soleil et il est visible de loin. Il pousse les automobilistes à ralentir car il est éclairé la nuit. Il y a beaucoup moins d'accidents depuis qu'il est installé là. Le cœur, c'est une symbolique d'amour :  l'amour entre deux êtres, l'amour filial, l'amour de la terre... On accueille les étrangers avec le cœur et on leur dit au revoir avec le cœur. Ce cœur, c'est aussi celui de la planète. Cette planète qui nous donne et qui a des émotions. Quand on voit tous les désastres climatiques, ça lui fait mal à notre terre. Si elle se révolte, c'est peut-être à cause de nous. Alors, ne la détruisons pas, préservons-la !

- Après cette rétrospective, quels sont vos projets? Comptez-vous travailler avec d'autres matières que la canette?
- Les PMC m'intéressent car il y en a en abondance. Nos océans en sont remplis. Si je faisais un monumental en PMC, peut-être que les gens en prendraient conscience? On verra... Je me laisse guider par mon instinct. Je m'attelle en ce moment à terminer une oeuvre pour une entreprise mécène, un grand groupe intérim en France qui a adopté ma philosophie. Cette société redonne une deuxième vie aux travailleurs que l'on jette. Quand ils ont vu que je redonnais vie aux canettes, ils ont tout de suite perçu le point commun entre nous".

jeudi 20 septembre 2018

Les couques de Dinant

A Dinant, à la joie des touristes, il existe encore trois établissements à produire les célèbres couques :  les maisons Jacobs, Collard et Pirot. Différentes à l'extérieur (elles affichent une vue de la ville ou un simple dessin d'animal), elles sont pourtant semblables à l'intérieur :  elles ne contiennent que du miel et de la farine de froment. Attention, il ne faut pas la croquer à pleines dents (contrairement au speculoos)!  Il faut casser la couque en petits morceaux et les laisser fondre en bouche comme un bonbon. Certains aiment la tremper dans une boisson chaude. D'où vient l'idée de créer un biscuit aussi dur que la couque de Dinant?  Certains prétendent que les boulangers dinantais ont repris une recette des Romains durant l'Antiquité, d'autres pensent que lors du sac de la ville en 1466 par Charles le Téméraire, ce biscuit aurait été créé avec la farine et le miel restants, afin d'éviter la famine.

Cliquez ci-dessous sur "Namur" pour retrouver d'autres articles consacrés à la province de Namur.

lundi 17 septembre 2018

"Les Armes de Bruxelles" redevient belge

Bonne nouvelle :   le célèbre restaurant "Les Armes de Bruxelles"  redevient belge et ouvrira à nouveau ses portes cet automne.  En 2006,  la famille fondatrice Veulemans vend son restaurant au groupe français Flo qui transforme la carte typiquement belge en une carte traditionnelle de brasserie française. Le chiffre d'affaires diminue et les attentats de 2016 à Bruxelles vont leur porter le coup fatal (comme à d'autres établissements de la capitale d'ailleurs). Le groupe français revend le restaurant à l'homme d'affaires Aldo Vastapane qui cède la gestion aux frères Beyaz.

Mais les frères Beyaz ne parviennent pas à gérer tous leurs restaurants :  assurances incendie non payées, retards de paiements des salaires des 160 employés, dette de 3,5 millions d'euros à l'ONSS. La faillite est déclarée et les curateurs cherchent des repreneurs pour les 12 établissements bruxellois détenus par les frères Beyaz (les Brasseries Georges, la Maison du Cygne, la Brasserie de l'Ommegang, le Manhattan, le Paon royal, le Café de l'Opéra, le North Express, la Pergola, la Brasserie de Bruxelles, la Chaloupe d'Or, le Frederiksborg, les Armes de Bruxelles).

Concernant "Les Armes de Bruxelles", il est repris par son voisin d'en face :  Rudy Vanlancker, cinquième génération propriétaire du resto "Léon", célèbre pour ses centaines de kilos de moules et frites vendues par jour. On parle d'un montant de 800.000 euros avec reprise des 40 membres du personnel. Quelques travaux sont nécessaires mais Rudy Vanlancker souhaite garder la décoration à l'identique, en particulier le bar Art Déco qui faisait sa réputation. Il désire que cette brasserie retrouve sa clientèle bourgeoise du temps de la famille Veulemans, complémentaire de "Léon" qui vise plus les touristes.

On ne peut que souhaiter bon vent à ces deux établissements typiquement belges de notre capitale. Et vous,  où aimez-vous aller manger dans notre capitale?  Faites-nous part de vos coups de cœur dans les commentaires.

jeudi 13 septembre 2018

"Dos au public" (Léo Beeckman)

Je vous ai déjà parlé de la maison d'édition belge Weyrich et de leur collection "Plumes du Coq", et j'ai choisi cette fois de lire "Dos au public", le roman posthume de Léo Beeckman. Né dans une famille modeste de Gand en 1948, il se passionne pour le théâtre et la littérature en autodidacte. Installé en région bruxelloise, il travaille pendant plus de trente ans pour les Lettres belges francophones jusqu'à sa retraite, et participe à de nombreux salons du livre à l'étranger. Il est décédé à Schaerbeek en 2017, quelques mois avant la sortie de son premier roman.

"Dos au public" est un roman bien écrit et agréable à lire, qui se passe entre Gand, Malines et Bruxelles. Il raconte la vie d'Arthur Degroot qui quitte sa ville natale de Gand pour faire son service militaire. Son supérieur Gaston lui propose de jouer de la contrebasse dans un petit orchestre, ce qui lui permettra d'éviter différentes corvées. Afin de surmonter sa peur, Arthur se place dos au public, ce qui explique le titre du livre. Le service militaire tant redouté devient une période heureuse pour lui. Quelques années plus tard, afin de le sortir de sa dépression, son épouse Rachel retourne sur le passé d'Arthur à la recherche de ses amis musiciens. Et sans vouloir en dire trop, la fin du roman est totalement inattendue, et plus profonde que ce que le reste du livre aurait pu laisser croire. Bref, ce premier - et malheureusement dernier - roman de Léo Beeckman est plutôt réussi.

jeudi 6 septembre 2018

Les 90 ans d'Annie Cordy

A l'occasion de ses 90 ans,  la Ville de Bruxelles a souhaité honorer la chanteuse et comédienne belge Annie Cordy de trois façons en juillet dernier :  en lui proposant d'être l'invitée d'honneur 2018 du cortège de l'Ommegang,  en inaugurant un parc à son nom dans le quartier de Laeken où elle a grandi, et en y installant une fresque en noir et blanc réalisée à partir d'une photo.

Lors de son séjour à Bruxelles,  Annie Cordy a répondu aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse à l'Hôtel Métropole (autre symbole de notre capitale) :

"Vous venez d'avoir 90 ans. Qu'est-ce que cela représente pour vous?
- 90 ans? Ca ne change rien à ma façon d'être. Au contraire!  Ce n'est pas que je m'attache plus à la vie mais je profite de choses dont je n'ai peut-être pas eu le temps de profiter quand je faisais mon métier comme une dingue, comme une saltimbanque (les kilomètres, la radio, rentrer, repartir,...). Je profite d'abord de ma filleule Mimi, la fille de ma sœur, qui m'accompagne. Je n'ai plus d'autre famille, mais j'ai des amis que je retrouve.

Vous aimez fêter vos anniversaires?
- J'aime bien fêter mon anniversaire, mais pas boire!  Le calme est très agréable. J'aime être avec des gens que j'aime et que je n'ai pas l'occasion de voir très souvent.

- Depuis 2014, vous vivez à Cannes. Qu'aimez-vous sur la Côte d'Azur?
- La Côte d'Azur justement!  Même quand il flotte. Moi, j'adore un bon coup de flotte : ça me rappelle de toute façon ma Belgique, c'est déjà pas mal. Je n'aimerais pas vivre dans un pays où le soleil tape toujours. Du soleil et une bonne flotte de temps en temps :  ça rafraîchit, c'est bien, c'est le climat idéal. J'ai de belles descentes de fleurs. Ma maison est en hauteur et mon jardin descend. Ma vie est calme :  je sors, je plonge dans ma piscine, je sors... Et puis, je peux aller au marché où je connais tout le monde. C'est le pied!

- A 90 ans, que vous inspire le coup d'œil dans le rétroviseur?
- Purée, j'ai fait tout ça? Et je continue ma route pour aller vers 91, 92, 93... Je suis étonnée d'être toujours là, d'avoir des gens que j'aime autour de moi, et un public fidèle. Les gens dans la rue me lancent : "Salut Annie! Ca va bien? Fais attention à toi!".  Ca me fait plaisir.

- Quelle image aimeriez-vous que les gens gardent de vous?
- Ma bonne humeur, ma joie de vivre, mon amour de la vie.

- Pourquoi avez-vous gardé la nationalité belge?
- Mais parce que mes parents étaient belges et que moi, je suis belge. Où que j'aille, Bruxelles est dans mon cœur. Je suis née à Laeken. J'allais à l'école Funck et je prenais le tram 18. Ce sont des souvenirs merveilleux. J'ai dit à mon mari :  "Je veux bien t'épouser, mais je garde ma nationalité".

- En 2004, le roi Albert II décide de vous titrer baronne. Qu'est-ce que cela représente pour vous?
- Je suis très fière d'avoir été faite baronne, mais je suis la même personne. Pourquoi voudriez-vous que je change? Il est trop tard.

- Avec votre époux Bruno décédé en 1989, vous n'avez pas eu d'enfants. Un de vos regrets?
- Non. C'est que le bon Dieu avait décidé que je n'avais pas le droit d'avoir un enfant. Je n'en ai pas eu. Si j'en avais eu, j'aurais peut-être été encore plus heureuse que je ne le suis. Mais j'ai fait un métier que j'adore, j'ai rencontré plein de gens.

- Vous êtes à l'affiche du film "Tamara 2" d'Alexandre Castagnetti, et du court-métrage "Les jouvencelles" de Delphine Corrard. Quels sont vos autres projets? Aura-t-on encore le plaisir de vous retrouver en chansons sur scène?
- Peut-être...si on me propose un beau projet. Pourquoi pas?   Je vais enregistrer plusieurs contes pour enfants écrits par Nadine Monfils. J'aime bien réciter et jouer plusieurs personnages dans une récitation. J'adorerais aussi raconter l'histoire de chaque ville". 
       

lundi 3 septembre 2018

L'entreprise belge Croky

C'est l'entreprise belge Croky que je vais mettre aujourd'hui à l'honneur. La production de chips débute en 1966 dans la vieille ferme de la famille Huyghe dans les environs d'Ypres (Flandre occidentale). Pourquoi Croky?  Parce que ça croque d'une part, mais aussi car c'était le nom du perroquet de la famille à la base de l'invention de ces chips. Le perroquet est devenu également la mascotte et se trouve toujours sur les emballages. La société a ensuite été rachetée par l'entreprise agroalimentaire britannique United Biscuits en 1974. Mais trente ans plus tard, ils décident de concentrer leurs activités sur les biscuits :  aussi en 2004,  Roger&Roger (c'est-à-dire Roger Dick et Roger Mylle, tous deux installés à Mouscron) achète la marque Croky. Et depuis 2009, l'entreprise est à 100% dans les mains de la famille de Roger Dick.

L'usine Croky de Mouscron (province de Hainaut) emploie 350 personnes. Elle produit plus de 45.000 tonnes de chips par an qui sont envoyés dans 30 pays. Il faut savoir qu'il faut 3,5 kg de pommes de terre pour 1kg de chips. Un quart d'heure est nécessaire entre le produit but et le produit emballé (certaines machines emballent 100 sachets par minute). Les pommes de terres coupées sont plongées dans un bain d'huile de tournesol à 180 degrés durant 5 minutes (8 tonnes de chips sont cuites à l'heure). Croky propose 190 arômes différents.

jeudi 30 août 2018

Quelques belgicismes (3ème partie)

Guindaille  =  joyeuse sortie d'étudiants

Humanités =  études secondaires

Incivique =  collaborateur durant la guerre, par extension celui qui fraude l'Etat

Jobiste =  étudiant qui fait un job

Kinésiste =  kinésithérapeute

Lavoir =  laverie automatique

Livret de mariage =  livret de famille

Logopède =  orthophoniste

Mallette =  cartable, serviette

Navetteur =  personne qui fait la navette par un moyen de transport collectif entre son domicile et son lieu de travail

Panade =  repas d'enfant composé de gâteaux secs et de fruits écrasés

Pension =  retraite

Péréquater =  adapter au coût de la vie

Pigeonnier =  poulailler, galerie la plus élevée d'un théâtre

Plafonneur =  plâtrier

Praline  =  chocolat, bonbon de chocolat fourré

Préfixe =  indicatif téléphonique

Rejointoyage =  jointoiement

Remettre =  céder, vomir, rendre la monnaie

Sachet =  sac en papier ou en plastique destiné à contenir les achats du client

Salade =  laitue

Sandwich =  petit pain de forme allongée qui peut être fourré

Seniorie =  résidence pour personnes âgées

Souche =  partie détachable d'un carnet

Sous-plat =  dessous de plat

Subside =  subvention

Syllabus =  cours condensé destiné aux étudiants

Tapis =  papier peint

Tarmac =  macadam

Tenture =  rideau en tissu épais

TV =   télévision

Torchon =  serpillière

Tutute =  tétine

Vide-poubelles =  vide-ordures

Yogourt =  yaourt

jeudi 5 juillet 2018

Pause estivale...

Comme chaque année,  c'est l'heure pour le Journal d'un petit Belge de faire sa traditionnelle petite pause estivale...   Le temps pour moi de passer du temps avec mes proches, de partir en vacances, de me déconnecter un peu d'Internet, de lire, et de vous préparer de nouveaux articles (n'hésitez pas à me donner des idées d'articles dans les commentaires).  Je vous souhaite un bel été et, avec un peu d'avance, une bonne fête nationale. Je vous retrouve fin août...    A bientôt !

Profitez-en pour consulter mes deux autres blogs :   http://ecrivainsbelges.blogspot.be  et  http://familleroyalebelge.blogspot.be

lundi 2 juillet 2018

La Belgique en quarts de finale

Les Diables Rouges font jusqu'à présent un parcours sans faute à la Coupe du monde de football en Russie. Lors du premier tour, ils ont battu successivement le Panama (3-0), la Tunisie (5-2) et l'Angleterre (1-0). Cela leur a permis de terminer premiers de leur groupe avec neuf points.

Ce soir, en huitièmes de finale, la Belgique s'est imposée face au Japon (3-2). Nous sommes donc qualifiés pour les quarts de finale...face au Brésil. Là, je dois avouer que je n'y crois pas trop ; et vous?

Et quel est votre Diable Rouge préféré?  De mon côté, c'est Eden Hazard.

jeudi 28 juin 2018

Quelques belgicismes (2ème partie)

Brosse =  balai

Brosser =  balayer

Brosser un cours  = sécher un cours

Busé =  avoir un échec à un examen

Buse  =  tuyau de poêle ou chapeau haut de forme

Cagoulé =  masqué d'une cagoule

Caillant =  très froid

Candi(dature) =  premier grade universitaire

Carroussel =  manège de chevaux de bois

Casserole =  ustensile de cuisine avec anses, cocotte

Centre-avant =  avant-centre

Chicon = endive

Clenche, clinche =  bouton, poignée de porte

Clignoteur =  clignotant

Collocation =  internement de malades mentaux

Communal =  municipal

Commune =  municipalité

Confirmant(e) =  enfant qui reçoit le sacrement de confirmation

Copion =  document préparé pour la fraude à un examen, antisèche

Courtiser =  être fiancé à

Crème, crème à la glace =  crème glacée

Cumulet =  culbute

Décumul = séparation fiscale des revenus d'un couple

Détournement  = déviation

Distinction = mention

Dix heures =  repas ou en-cas consommé aux environs de 10h du matin

Doubler = redoubler

Ducasse = fête patronale, fête du village ou d'un quartier

Egouttage = pose d'un réseau d'égouts

Elocution = exposé fait par un élève devant le reste de la classe

Entièreté =  totalité, intégralité

Escabelle =  échelle double

Fancy-fair =  fête de bienfaisance ou d'école

Farde =  chemise, dossier ou cartouche de cigarettes

Femme d'ouvrage =  femme de ménage

Feu ouvert = âtre

Fourre-tout =  plumier, sac en matière souple, sans compartiments

Frauder =  passer quelque chose en fraude

Frotte-manche = flatteur

Gazette =   journal

(à suivre...)

Petit défi :   placer le plus de belgicismes (ceux ci-dessus ou d'autres) possible dans votre commentaire.   Belle fin de mois de juin ensoleillé à tous !

lundi 18 juin 2018

La Flandre à la Foire du Livre de Bruxelles

La Foire du Livre (francophone) de Bruxelles fêtera son 50ème anniversaire en février 2019. A cette occasion, elle a choisi la Flandre comme invitée d'honneur. Le ministre flamand Sven Gatz a déjà débloqué 400.000 euros pour aider les auteurs lors de cette foire ("Cela permettra de mieux nous faire connaître du public francophone, et de mieux rapprocher nos deux communautés dans une ville si diversifiée").

Voici 11 auteurs flamands vivants dont j'ai déjà parlé sur mon autre blog :












Et vous, quels sont vos coups de cœur littéraires au nord du pays?

jeudi 14 juin 2018

Les 60 ans des Schtroumpfs

Les Schtroumpfs sont nés il y a 60 ans de l'imagination du dessinateur Peyo (né à Schaerbeek en 1928 et décédé en 1992). Contrairement à Hergé qui a souhaité que Tintin meure avec lui, Peyo avait accepté que ses chers petits personnages bleus continuent après son décès. C'est aujourd'hui sa fille Véronique Culliford qui gère avec intelligence cet héritage. Afin de célébrer les 60 ans des Schtroumpfs,  un avion de Brussels Airlines a été peint à leur effigie,  une grande exposition interactive et ludique aura lieu cet été à Brussels Expo, et une fresque en leur honneur va être inaugurée près de la gare Centrale à Bruxelles. Bref, un anniversaire tourné vers le grand public (à l'opposé de ce que font les héritiers d'Hergé).

Véronique Culliford a répondu aux questions du magazine "Paris Match" :

"Quel regard portez-vous sur ces dix dernières années?
- Je suis contente de constater une belle progression. Il y a eu trois films au succès mondial qui ont permis de toucher les nouvelles générations d'enfants. Les défis sont notre lot quotidien et c'est ce que j'aime le plus dans mon métier. Tout projet, s'intégrant bien au contexte des Schtroumpfs, est envisageable. Alors on ose mais sans dépasser certaines limites. Tout va tellement vite avec les nouvelles technologies qu'il faut savoir prendre la balle au bond.

- Etes-vous toujours étonnée par l'aura incroyable des petits hommes bleus?
- Nous le sommes continuellement. Il suffit de voir le sourire d'un enfant devant une figurine ou un dessin animé pour me remplir de joie. Nous avons montré des premiers tests de notre nouvelle série de dessins animés, lors d'un festival, et les responsables des chaînes avaient le visage qui s'illuminait devant certaines scènes. Les adultes continuent à craquer pour les Schtroumpfs. Il y a de quoi vous motiver pour la suite!

- Les Schtroumpfs sont combattifs, courageux, solidaires, bienveillants. Votre père Peyo a-t-il imaginé un monde parfait?
- Ils vivent dans un monde idéal dont les parents rêvent pour leurs enfants. Mais un monde avec ses disputes, ses désaccords, ses dangers, sinon ce serait inintéressant. Peyo voulait dépeindre la réalité de la vie tout en riant, sans jamais se moquer. Il a su aborder des sujets parfois graves qui interpellent encore aujourd'hui. Nous essayons de garder cet esprit en n'hésitant pas à choisir des thématiques fortes, pas trop actualisées afin de traverser les générations. Les Schtroumpfs sont à la fois actuels et intemporels : c'est leur grande force.

- Comment garder un œil sur toutes les activités d'une telle société, notamment celles liées aux 60 ans, tout en suivant de près la foule de produits dérivés de la marque?
- Je peux compter sur une équipe en qui j'ai entière confiance, et je passe mes journées à lire des comptes-rendus. Je suis donc au courant de tout. Je reste, en effet, "la gardienne du temple" et il m'arrive de ne pas être d'accord sur l'octroi de certaines licences. Mais je suis capable d'écouter d'autres avis pour aller dans le sens des attentes du public.

- Quels sont les derniers projets qui vous ont marqué?
- Voir les Schtroumpfs au cinéma fut une expérience formidable. J'étais jeune au moment de "La Flûte à 6 schtroumpfs" : c'était bien mais j'ai surtout vu mon père y laisser sa santé. Cette fois, le challenge était d'autant plus grand que mon père n'était plus là. Il adorait les nouvelles technologies, je suis certaine qu'il aurait tenté cette aventure et n'aurait pas refusé que les Schtroumpfs intègrent le monde des humains. En tant qu'ancien projectionniste, il avait le cinéma dans le sang. L'avion Aerosmurf de Brussels Airlines est également un grand moment.

- Vous vous posez toujours cette question :  papa aurait-il aimé?
- Tous les jours. Sa photo est devant moi sur mon bureau, il me regarde et m'accompagne. Il est parti jeune mais j'ai pu avancer seule car il m'avait donné de solides bases. Mon père était un vrai gentil, il y a de lui dans les Schtroumpfs, et surtout dans Benoît Brisefer, son personnage préféré. Il n'a pas eu la vie facile, ayant perdu son père à huit ans, connu la guerre et les privations. Il s'est battu pour que sa famille ne manque de rien.

- On a l'impression que tout est possible avec les Schtroumpfs?
- Ils offrent, en effet, une infinité de possiblités car ils sont transgénérationnels et universels. Sans jamais oublier qu'on s'adresse aux enfants, tout en touchant les parents. Peyo n'a pas fait que les Schtroumpfs, ce serait bien de pouvoir honorer ses autres personnages. Mais on ne négligera jamais les albums de BD : ce sont nos racines. Un album des Schtroumpfs chaque année reste un incontournable. Ce qui n'empêche pas d'ajouter d'autres personnages, comme par exemple la série d'albums "Les Schtroumpfs et le Village des Filles" qui fonctionne très bien. Peyo a toujours voulu que son oeuvre continue puisque mon frère et moi travaillions déjà avec lui. Créer encore et toujours demeure notre motivation.

Nous continuons également notre engagement philanthropique. Quand j'ai accepté de faire partie du conseil d'administration d'Unicef Belgique il y a dix ans, j'ai pensé à mon père. Il n'aurait jamais refusé de participer à une cause de cette importance. Mon mandat se termine mais notre collaboration continue, nous avons les mêmes valeurs et les mêmes couleurs. Nous collaborons aussi avec les Nations Unies. Le Schtroumpf est un merveilleux porte-drapeau pour défendre des idées de paix et de solidarité. Et quand on a le succès que nous connaissons, il faut pouvoir renvoyer l'ascenseur".        

jeudi 7 juin 2018

Le Mundaneum

Extrait du livre "Les secrets de la Belgique" de l'historien français Pascal Dayez-Burgeon (éditions Perrin)

Paul Otlet lance le Mundaneum, une des initiatives les plus surprenantes de l'entre-deux-guerres. Fils d'Edouard Otlet, surnommé "le roi des tramways" à la fin du 19ème siècle, Paul Otlet a acquis la conviction que les conflits prennent leur source dans l'ignorance. Pour y remédier, il a élaboré un système de classement bibliographique révolutionnaire qui lui permet de répertorier et donc de faciliter l'accès à tout ce qui se publie dans le monde. Ses collections de livres, de revues, d'images et surtout ses millions de fiches de références prennent une telle ampleur qu'en 1920, le gouvernement lui concède le palais du Cinquantenaire qu'il transforme en Mundaneum, c'est-à-dire en bibliothèque nationale.

Persuadé que son initiative constitue un facteur de paix, Otlet milite alors pour la création d'une cité mondiale qu'il imagine comme une instance supranationale dédiée à la promotion du progrès scientifique et de l'entente entre les peuples. Malgré le soutien enthousiaste du grand architecte Le Corbusier, qui songe à Paris, Genève, Anvers et Bruxelles pour le réaliser, le projet n'aboutit pas. En germe, y incubent néanmoins les idéaux qui conduiront après la seconde guerre mondiale à la création de l'ONU et de l'Union Européenne.

Persuadé que l'avenir lui donnera raison, Paul Otlet met même au point un Mundaneum individuel qu'il intitule "Mondothèque". Sorte de meuble de bureau réunissant table de travail, encyclopédies, atlas, microfilms, téléphone, radio et phonographe, cette invention préfigure ni plus ni moins que l'ordinateur portable un demi-siècle avant son invention. On comprend que depuis 2012, le réseau Google considère Paul Otlet, disparu en 1944, comme un de ses grands précurseurs. Grâce au Mundaneum (www.mundaneum.org), transféré entretemps à Mons où il est possible à nouveau de le visiter, la Belgique peut s'enorgueillir d'avoir porté Internet sur les fonts baptismaux...

Pascal Dayez-Burgeon

jeudi 31 mai 2018

Les Jeux Olympiques d'Anvers en 1920

Extrait du livre "Les secrets de la Belgique" par l'historien français Pascal Dayez-Burgeon (éditions Perrin) :

Pour mettre du baume au cœur de l'opinion belge qui en a bien besoin, les Alliés ont alors recours à une solution qui n'avait jamais servi jusque là :  les Jeux Olympiques. Ressuscités en grande pompe par le baron de Coubertin en 1896, les jeux olympiques modernes s'étaient maintenus tant bien que mal à Paris (1900) mais avaient sombré dans le ridicule à la foire commerciale de Saint-Louis dans le Missouri (1904), et entraient progressivement dans l'oubli. L'idée était donc de leur rendre tout leur lustre en les associant à la victoire et en faisant profiter la Belgique de l'opération. Certes, à l'annulation des Jeux Olympiques de 1916, prévus à Berlin, c'est Budapest qui avait été choisi pour organiser les VIIèmes jeux. Mais qu'à cela ne tienne. En avril 1919, le Comité Olympique change unanimement d'avis et désigne Anvers. Pourquoi Anvers plutôt que Bruxelles ou Liège?  Parce qu'en ces temps d'aviation balbutiante, la ville disposait d'un des ports les mieux desservis au monde. Lyon, Amsterdam, Philadelphie, Cleveland, Atlanta et même La Havane avaient également fait acte de candidature et s'étaient sans doute mieux préparés pour un tel événement. Mais on n'en avait pas tenu compte. Il fallait impérativement que la Belgique obtient un lot de consolation et les autorités olympiques s'étaient exécutées.

Elles ne devaient pas le regretter. Dès le choix d'Anvers entériné, le comte de Baillet-Latour, président du Comité Olympique Belge, fait merveille. Les habitants de la ville sont pratiquement réquisitionnés pour aménager le stade de Beerschot, préparer l'accueil des visiteurs et loger les 2.626 athlètes sélectionnés, dont 65 femmes. Car, malgré les restrictions de l'après-guerre, l'exclusion de l'Allemagne et de l'Autriche, et le boycott de l'Union Soviétique (méprisant cette "manifestation petite-bourgeoise"),  29 nations ont tenu à s'inscrire, soit deux fois plus qu'aux Jeux Olympiques de Stockholm de 1912, dont pour la première fois le Brésil et la Nouvelle-Zélande. A l'ouverture, le 20 août 1920, tout est prêt.

Il n'y a pas encore de flamme olympique - la cérémonie sera inaugurée à Amsterdam en 1928 - mais pour la première fois, Victor Boin, un sportif belge très populaire, médaillé en hockey, en water-polo et en escrime et futur as de l'aviation durant la Grande Guerre, prononce le serment olympique, concocté par Coubertin. Pour faire bonne mesure, le cardinal Mercier, primat de Belgique, prononce une messe inaugurale où il a adjure les participants :  "Transportez dans votre vie de tous les jours votre esprit de discipline morale, de loyauté, de mesure envers vos frères".

Les résultats sont à la mesure des préparatifs. Les sportifs belges font merveille. Grâce à Hubert Van Innis, un archer hors pair qui remporte à lui seul six titres, au cycliste Henry George et au champion d'équitation Daniel Bouckaert, ils glanent 36 médailles, dont 14 en or, et se classent au cinquième rang des nations sportives, après les Etats-Unis, la Suède, le Royaume-Uni et la Finlande. Pour un pays qui n'était même pas présent à Athènes, c'était un joli résultat. Malheureusement, il ne devait plus jamais se renouveler. Seule anicroche : le prix des billets d'entrée. Il est si élevé qu'au début des épreuves, seuls 6.000 spectateurs prennent place dans des gradins prévus pour en accueillir 35.000. Quand il apprend ce qu'il en est,  le roi Albert Ier, furieux, impose la gratuité, et les jeux deviennent alors un vrai succès populaire. Grâce à cette réussite, Baillet-Latour succèdera à Coubertin à la tête du Comité International Olympique, une fois achevés les seconds jeux de Paris en 1924. Il mourra en 1942, l'année même où naît Jacques Rogge, un autre Belge qui sera président du Comité International Olympique jusqu'en 2013. Anvers aura bien mérité de la Belgique olympique....

Pascal Dayez-Burgeon

lundi 28 mai 2018

Les propositions de Kristof Calvo

                         

Agé de 31 ans,  le député fédéral Kristof Calvo est une figure montante de la vie politique belge. Fils d'immigrés catalans, il commence à s'intéresser à la politique à l'âge de 11 ans dans sa commune de Willebroek, et envoie des lettres aux ministres du gouvernement belge alors en pleine crise de la dioxine!  Il rejoint le parti écologiste flamand Groen, dont il sera le président national des Jeunes Groen. Sur le plan privé, c'est un fan de football, supporter du KV Mechelen et du Barça. On le décrit comme une personne sérieuse, énergique et impatiente.

En 2010, Kristof Calvo devient député fédéral. Les écologistes (Ecolo au sud et Groen au nord) forment un seul groupe politique à la Chambre, et cela se passe très bien. Le chef de groupe est alternativement soit Jean-Marc Nollet (Ecolo), soit Kristof Calvo (Groen). Ce dernier défend l'unité de notre pays, et a confié :    "Je veux faire de la politique pour les 11 millions de Belges. Dans le cadre de notre collaboration avec Ecolo, je constate que les craintes de Karel et de Charles sont les mêmes. Flamands comme Wallons veulent la même chose :  de l'espoir pour leurs enfants, des trains à l'heure, une fiscalité plus juste,... Le temps où l'on faisait de la politique pour sa propre province est révolu".

Kristof Calvo vient de sortir un livre "Leve Politiek" (Vive la Politique) qui n'est pas passé inaperçu. Il dresse 50 propositions pour un renouveau politique, dont la diminution de nombres de députés (de 427 à 200), le remplacement des six assemblées législatives par un "Parlement National" (40 députés seraient élus dans une circonscription fédérale nationale, et 160 dans des circonscriptions régionales), la re-fédéralisation du commerce extérieur, de l'exportation des armes, du climat, de l'énergie, de la mobilité et de l'environnement, l'autorisation de votes panachés transcendant les listes des partis. 

A l'occasion de la sortie de son livre, Kristof Calvo a répondu aux questions des journaux du groupe Vers l'Avenir : 

"Pourquoi voulez-vous remplacer les six assemblées du pays par un Parlement National?
- Le problème aujourd'hui, c'est que tous les mandats, tous les niveaux de pouvoir travaillent l'un à côté de l'autre, mais ne se parlent pas. Je veux changer cette situation avec ce que j'appelle "le fédéralisme de rencontre" dans un Parlement National, où l'on a aussi des chambres régionales pour les compétences régionales comme l'enseignement et la culture.

- Tout le monde à Bruxelles alors?
- Le plus important pour l'instant, au-delà des détails pratiques, c'est de construire un nouveau modèle, où l'on oblige et facilite le travail ensemble. Aujourd'hui, il y a trop de niveaux et de mandats qui ne se parlent pas, ne construisent pas un projet politique ensemble. Chacun travaille sur son île.

- C'est une attaque du comité de concertation (qui réunit fédéral et entités fédérées)?
- Oui. Le comité de concertation aujourd'hui est plutôt un comité de confrontation. On pourrait le renforcer mais ce n'est pas suffisant à long terme. Car cela reste un modèle à différents niveaux.

- Vous voulez aussi refédéraliser certaines compétences, comme la mobilité, le climat et l'énergie?
- J'y suis favorable depuis longtemps, parce que quatre ministres du climat, cela ne donne pas moins de C02. Je constate que le tabou de la refédéralisation disparaît de plus en plus dans le monde politique flamand. Aujourd'hui, des personnalités de différents partis entrevoient la possiblité de refédéraliser des compétences.

- C'est un constat d'échec de la régionalisation?
- Je ne vais pas parler d'échec parce que dans certains cas, la régionalisation a clairement facilité des évolutions positives. Je ne plaide pas pour refédéraliser l'enseignement ou la culture. Mais je conteste l'idée de devoir tout "splitter". Pour certaines compétences, on peut fonctionner plus efficacement en refédéralisant. 

- Vos propositions vont à l'encontre totale des dernières réformes?
- Oui. Construire un avenir, ce n'est pas recycler l'histoire. Mais je ne propose pas un remake de la Belgique de grand-papa. C'est un nouveau modèle où l'on oblige la rencontre, la coopération. Et pour moi, le renouveau politique passe par moins de mandats et plus de politique. C'est une proposition à long terme évidemment. Mais c'est important d'apporter une vraie alternative au confédéralisme et à l'indépendantisme de la NVA.

- Une tendance grandissante en Flandre?
- Je veux dire à mes amis francophones que la Flandre n'est pas un pays NVA. Il n'y a pas que la NVA en Flandre. En Flandre, il y a un grand soutien pour un vrai Etat fédéral et pour un modèle plus efficace. Et moi, j'essaie de donner une voix politique à ce courant. Parce que je trouve que ces dernières années, la pensée unique des Flamands sur l'institutionnel et le communautaire était trop forte. Les dogmes des nationalistes ont trop influencé les débats institutionnels. Je sais que la NVA n'est pas enthousiaste face à mes propositions, mais c'est plutôt un compliment!

- Le discours de la NVA reste quand même dominant, non?
- Ils crient très fort sur l'institutionnel et sur l'identité. Moi, je suis très optimiste :  les Belges néerlandophones ne sont pas des indépendantistes. Si on est aussi assertif que les nationalistes, je suis sûr qu'on peut gagner ce débat. On ne doit pas se limiter à dire 1% de CO2 en moins ou 2% de taxes sur les plus-values en plus, mais oser construire de grandes idées.

- Des membres de l'Open VLD et du CD&V étaient présents lors de la présentation de votre livre. Y a-t-il des partisans de votre discours dans d'autres partis?
- Il y a plus de respect, d'amitié et de chaleur dans la politique que ce que l'on pense. Et la présence de ces collègues en est un exemple. C'est sûr que je ne sais pas porter ce message tout seul. Mais pas sûr que ces propositions plaisent du côté de la rue de la Loi".

Professeur de sciences politiques à la VUB, Dave Sinardet a commenté la sortie de ce livre :   "Refédéraliser :  c'était un sujet tabou. Par peur d'être un mauvais Flamand ou de passer pour un belgicain. Il y avait une pensée unique autour de la question. Mais les choses évoluent. En 2016, nous avions réalisé une enquête auprès des parlementaires sur le sujet. Là, on avait noté une vraie ouverture mais côté flamand, ils se voulaient discrets. Depuis, le débat est devenu public. De plus, la jeune génération est plus nuancée, décomplexée, n'a pas vécu les grands conflits linguistiques et a d'autres préoccupations. Après six réformes de l'Etat, on se rend compte que ça ne marche pas beaucoup mieux. Ce n'était pas illogique de scinder au départ, mais la réalité est plus complexe. C'est un peu une illusion, un mythe de croire qu'on peut tout faire seul dans son coin. La Belgique est un petit pays où tout est fort entremêlé. Il suffit de prendre la problématique de la mobilité à Bruxelles :  là, tout le monde doit se mettre autour de la table. Est-ce au niveau des parlements que cela doit se faire? Les décisions se prennent au niveau des gouvernements et des partis. Mais en attendant, cette réflexion sur le long terme de Kristof Calvo apporte de la fraîcheur et sort de la politique quotidienne". 

Chef du groupe Ecolo/Groen avec Kristof Calvo, le député francophone Jean-Marc Nollet a également donné son avis :    "C'est un livre personnel qui n'engage ni Groen, ni Ecolo. Mais il a le mérite de forcer les gens à réfléchir. Exemple, quand il évoque une nouvelle fusion des communes pour arriver à la disparition des provinces, cela interpelle beaucoup en Flandre, où elles sont encore vues comme quelque chose de magnifique. Refédéraliser fut un tabou jusqu'il y a peu. Maintenant, l'idée commence à faire son chemin mais là, Kristof met carrément le pied dans la porte. Kristof se définit comme un possibiliste :  à la fois idéaliste et volontariste. Et on connaît son énergie. C'est bienvenu dans une Flandre sclérosée et tétanisée par le dogmatisme de la NVA. Il est quand même nécessaire de se poser la question :   pourquoi en est-on arrivé là? Cela interpelle ceux qui ont le nez dans le guidon en permanence. Que l'on soit d'accord ou pas avec lui, on doit se laisser interpeller par ses idées. Ce livre est là pour provoquer le débat et n'est pas à ranger au fond d'une bibliothèque".

Avis personnel :

D'abord, je trouve bien qu'un jeune élu politique donne son avis et ses propositions personnelles, sans attendre celles dictées par son président de parti. Son attachement à l'unité de notre pays et sa bonne collaboration avec les écologistes francophones me plaisent évidemment, et rejoignent les objectifs du Journal d'un petit Belge. 

Appliquer toutes ses propositions me semble un peu utopique, mais il y a clairement pour moi une priorité sur laquelle beaucoup de Belges pourraient être d'accord :   réfédéraliser les compétences liées au climat, à la mobilité et à l'environnement. Pour un petit territoire comme le nôtre, il est quasiment impossible de mener de grands projets avec plusieurs ministres différents responsables. 

Je ne vais pas faire de guerres de chiffres, mais il est évident qu'il y a trop de députés dans les six assemblées, et qu'on pourrait réduire leur nombre dans chacune d'entre elles (mais je ne crois pas du tout en une volonté du monde politique de supprimer ces assemblées).  Le Parlement National que souhaite Kristof Calvo, il existe déjà sous la forme du Sénat qui a perdu une partie de ses pouvoirs depuis la dernière réforme de l'Etat, mais qu'on pourrait redynamiser (sa présidente Christine Defraigne ne serait sûrement pas contre).  Les sénateurs pourraient être élus via une circonscription électorale nationale, dont j'ai déjà parlé sur ce blog :  
http://journalpetitbelge.blogspot.be/2009/12/une-circonscription-electorale-federale.html

Par contre, je ne suis pas partisan d'une nouvelle fusion des communes, car c'est l'échelon politique le plus proche des citoyens et c'est important de garder cette proximité. 

Et vous, que pensez-vous des idées de Kristof Calvo? 

jeudi 24 mai 2018

L'artiste belge Ben' Do

Depuis le début de cette année 2018, l'artiste belge Ben' Do s'est fait connaître sur les ondes belges et françaises grâce à sa chanson "Pareil" :    https://www.youtube.com/watch?v=e7ggXZX_9zM

Ben' Do vient de répondre aux questions du groupe Sud Presse :

"Il y a un grand mystère autour de vous :  on ne sait pas d'où vous venez exactement, ni votre âge.
- Je viens d'Ohain en Brabant wallon. Je suis à moitié sicilien, à moitié belge. Mais mon âge, par contre, je ne le donne jamais. On me donne souvent moins et je t'avoue que dans le milieu, l'âge, c'est un truc qui peut bêtement freiner les gens. Je le vois avec les chanteuses. Donc avec mon producteur et mon manager, on aime bien laisser un mystère autour de ça.

- Le succès de "Pareil" s'exporte bien en France. Vous aviez un objectif en tête en sortant ce premier single?
- Je ne vais pas te raconter de conneries. On a clairement un objectif :  devenir une référence vocalement en France. Quand on est arrivé, plein de types qui faisaient des covers d'autres chansons nous ont dit qu'on allait se planter. Notre plan était ambitieux mais au bout d'un mois et demi, on était en train de rêver! On avait plusieurs chansons terminées, on est allé les proposer aux radios et le retour du public a été dingue! 

- Avant de sortir "Pareil" que vous avez écrit et co-composé, vous faisiez de la musique en secret dans votre chambre?
- Oh, ça fait des années que j'écris mais je ne démarchais pas. J'avais beaucoup de soucis avec le fait d'être exposé. Psychologiquement, j'ai dû faire beaucoup de travail là-dessus et accepter le fait que si ça fonctionnait, on allait me reconnaître, m'arrêter dans la rue. Mais être connu, ce n'est jamais la raison qui m'a poussé à faire ce métier. Sincèrement. C'est pour ça que ça a pris beaucoup de temps. Le temps que je sois prêt. Je n'étais pas un gosse super stable psychologiquement. Maintenant, je me sens bien, je suis stable, je ne bois pas d'alcool, je n'ai pas de problème de drogue, je mange bien. Je sors très peu aussi, je suis bien dans ma caverne, un peu agoraphobe! 

- Vous aviez peur de passer pour un artiste éphémère?
- Oui, et personne ne sait que ça fait quinze ans que j'écris. Et aussi, c'est dur à gérer un succès qui arrive si vite. C'est beaucoup de messages d'amour à recevoir en un coup et il y en a beaucoup, je pense, qui font l'erreur de ne pas spécialement être prêts avant ça. Moi, je sais que je n'aurais pas pu gérer il y a cinq ans. Je serais parti en vrille. C'est important de s'écouter.

- Vous faisiez quoi comme métier avant de vous décider à vous lancer dans la chanson?
- J'ai eu un restaurant thaï pendant dix ans qui marchait très bien et que j'ai revendu il y a deux ans. Je n'avais pas de frustration par rapport à la musique, je ne faisais pas forcément de concerts, à part une fois la première partie de Booba pour un de ses show-cases il y a sept ans. 

- Ben' Do : pourquoi ce nom de scène? En langage urbain, le mot "bendo" a une signification. Encore un mystère?
- J'aimais bien la connotation street, vu que je viens de l'école du rap. "Bendo", c'est une maison abandonnée. Ben, c'est mon prénom, ça vient de Benito. En lingala, c'est aussi "tous ensemble" (j'ai vécu en Afrique pendant deux ans). Et le "Do", c'est la note de musique aussi. On a galéré pour trouver un nom de scène, mais il y a beaucoup de significations derrière".

lundi 21 mai 2018

Belle collaboration entre deux écoles supérieures belges

S'il existe des échanges linguistiques d'une semaine et des écoles d'immersion, j'ignorais l'existence d'un tel projet de bidiplomation. Depuis dix ans, la Haute Ecole HELHA de Tournai (province de Hainaut) et la Haute Ecole Thomas More de Malines (province d'Anvers) proposent aux futurs bacheliers en communication de suivre leur cursus de deuxième année dans l'autre communauté linguistique. Ce programme de bidiplomation fait figure de pionnier en Belgique.

Dominique Lefebvre, directrice de la section communication de la HELHA, a expliqué :  "A l'issue des trois années de bachelier, les étudiants obtiennent une double reconnaissance : un diplôme dans chacune des deux communautés. Ce programme offre aux étudiants des compétences linguistiques de haut niveau et un tremplin garanti sur le marché du travail. C'est aussi une plus-value pour nos deux établissements, via les collaborations entre enseignants, les projets menés de concert et les échanges de pratiques pédagogiques complémentaires avec la Haute Ecole Thomas More".

Parmi ces étudiants, il y a Emile Ducoron qui a confié à la presse :   "Comme tout le monde, j'ai appris le néerlandais en secondaire. J'en suis sorti avec un bon niveau. Sans me vanter, je pense avoir cette faculté de progresser rapidement, notamment dans les langues, une matière que j'affectionne. En allant étudier à Malines, c'est un peu comme si je recommençais tout à zéro. Il a fallu s'adapter au changement de langue tout en repensant ma méthode de travail, pour être en phase avec l'école. J'y ai acquis un certain sang froid. Cette expérience me sera bénéfique, j'en suis persuadé, pour affronter ma troisième année en communication à Tournai. Mon organisation sera sans doute meilleure par rapport au travail que l'on nous demandera". 

On ne peut que souhaiter que ce beau projet donne l'envie à d'autres écoles du nord et du sud du pays de suivre leur exemple...

lundi 14 mai 2018

Bande dessinée "Les Louves" (Flore Balthazar)

                                            Résultat d’images pour les louves flore balthazar

Originaire de La Louvière, la dessinatrice belge Flore Balthazar (37 ans) raconte en 180 pages les souvenirs de la seconde guerre mondiale de sa grand-tante Marcelle (92 ans) à partir du journal qu'elle a tenu à l'époque.

Flore Balthazar a répondu aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse :

"Avec un tel bouquin, vous assouvissez le fantasme de beaucoup de familles. Est-ce que la vôtre vous considère maintenant comme un exemple?
- J'espère que non!  C'est vrai que ça les touche, mais je ne sais pas dans quelle mesure. Tantelle Marcelle, qui est toujours là à 92 ans, ça lui plaît. Mon frère m'a écrit que ça lui avait fait bizarre de le lire. C'est une génération où ils sont quasi tous décédés mais on les a connus... Il y a le côté déstabilisant : c'est eux et en même temps, ce n'est pas tout à fait eux. Il y a des inventions pour la fiction, c'est normal. Mais je suis restée fidèle à l'esprit du journal de Tantelle, à qui j'ai soumis surtout le scénario. Parce que pour les planches, à son âge, elle n'a pas Internet. 

- Il y a un côté patrimoine louviérois : ça vous fait plaisir qu'on vous célèbre dans votre propre ville?
- Oui mais je ne l'ai pas fait pour ça. C'est de la fiction qui s'adresse à toute la francophonie. La Louvière, c'est un décor auquel je suis très attachée et que j'ai pris plaisir à mettre en images, mais ce n'est pas le propos à la base. Le sujet, c'est la guerre. Quelle attitude à adopter est-elle juste? Et existe-t-il d'ailleurs une attitude juste?

- C'est un livre où on lit aussi en filigrane la condition de l'époque et les aspirations des femmes. Est-ce un livre féministe?
- Ca ne me dérange pas qu'on le dise. Je ne me défends pas d'être féministe, mais je n'ai pas voulu être militante. Ca parle des femmes, j'insiste sur ce qu'elles ont fait, sur le fait qu'elles ont existe à ce moment-là, aussi. Peut-être le côté féministe est-il ce que j'ai voulu faire passer?

- Pourquoi y avoir montré presque crûment un avortement?
- Parce que ça fait partie de la vie des femmes, c'est encore le cas, mais dans des conditions d'hygiène et financières autres. C'est l'illustration de par quoi on passait pendant la guerre. Je me sentais obligée de passer par là. Peut-être est-ce aussi le genre de détail qu'une nana peut apporter?

- Les planches avec les Loups, c'est à la fois La Louvière, mais aussi la chanson de Serge Reggiani, non?
- J'ai évidemment pensé à cette chanson. Ces planches, c'est une ponctuation allégorique. L'histoire est centrée sur une famille et des personnages. Les planches avec les Loups permettent d'insérer la Grande Histoire : c'est un chapitrage et un rappel temporel. Est-ce que ce que je raconte, c'est avant ou après Stalingrad, par exemple?". 

jeudi 10 mai 2018

Le jeune humoriste belge Félix Radu

Agé de 22 ans, Félix Radu a commencé par suivre des cours de théâtre à Namur, puis au cours Florent à Bruxelles, et aujourd'hui au cours Florent à Paris. Repéré par les frères Taloche, ce jeune Namurois très attaché à la langue française devient, un peu contre son gré, un humoriste avec des jeux de mots qui font penser à ceux de Raymond Devos. A vous de juger :   https://www.youtube.com/watch?v=CnD_tbOXfCA

Félix Radu a confié à la presse :   "Je n'ai jamais eu l'intention de faire de l'humour. Je suis allé en cours de théâtre, puis je me suis mis à écrire. On a commencé à m'appeler humoriste parce que mon écriture fait rire, mais mon travail est différent. J'espère que mon spectacle est plus mélancolique que drôle. Victor Hugo disait que la mélancolie, c'est le bonheur d'être triste, donc j'essaie de rendre le public très heureux d'être malheureux. Les gens ont tendance aujourd'hui à oublier que la richesse de notre langue est très amusante. Les jeunes de mon âge, surtout, ont l'impression que le français, c'est un truc chiant, un truc d'adulte, de prise de tête. Alors que la poésie, c'est transpirant de jeunesse. Jouer avec les mots, faire des traits d'esprit, le beau langage : ce sont des choses très agréables, pleines de vie et de sourire. On peut penser que mon public est composé de personnes âgées. Alors qu'en fait pas du tout, c'est un a priori de directeur de salle qui pense que les jeux de mots et la littérature ne font rire que les gens cultivés, les Parisiens. Je crois qu'on a appris aux gens à se dévaloriser. Les intellectuels, les politiques font comme si le peuple n'était plus capable de diriger le pays en disant "Ne vous inquiétez pas, on va gérer pour vous". Les gens se disent que la culture n'est pas pour eux, que le théâtre après une journée à travailler en tablier d'électricien ne leur est pas destiné, qu'ils n'ont pas le profil. Le théâtre est devenu un truc un peu incestueux où on ne fait plus des pièces que pour des gens de théâtre, des personnes qui rêvent déjà. C'est important de rapprocher le théâtre des gens parce qu'il n'y a rien de plus bouleversant que d'aller voir une pièce qui nous plaît. Je n'ai pas envie d'être le nouveau Devos ou le gars qui fait du Devos. C'est flatteur au début, mais je commence à avoir un peu peur de cette comparaison. J'espère me détacher petit à petit de ça. J'ai la sensation de davantage porter des messages de philosophie dans mon spectacle, même si on écrit de la même manière". 

lundi 7 mai 2018

Les 40 ans du décès de Jacques Brel

A quelques mois du 40ème anniversaire du décès du chanteur belge Jacques Brel,   sa fille France a répondu aux questions des quotidiens du groupe Vers l'Avenir :

"Quarante ans après sa mort, que reste-t-il de Jacques Brel?
- L'étonnement ! L'étonnement de l'intérêt perpétuel qu'il continue à susciter. Quand je vois tout le travail que nous avons ici à la Fondation Jacques Brel, ça ne fait que s'amplifier. Des gens nous sollicitent pour des spectacles, pour avoir le droit d'interpréter ses chansons. Et surtout, nous avons énormément de demandes pour des synchronisations de films. Des réalisateurs qui aimeraient pouvoir utiliser une chanson de Jacques. Ca vient de partout dans le monde, et de plus en plus souvent. Peut-être à cause des réseaux sociaux qui diffusent ses chansons aux quatre coins de la planète.

- Vous publiez deux livres. Le premier est consacré aux chansons de Brel. Ca existait déjà pourtant?
- Oui, publié en 1981, mais l'éditeur ne voulait pas réinvestir dans une nouvelle publication. Or, cette édition reprenait les textes chantés par Brel et par ordre alphabétique. C'était une erreur. Nous pensons qu'il vaut mieux éditer le texte écrit par Jacques qui parfois diffère un peu de celui qui est chanté et par ordre chronologique. C'est ce que la Fondation a fait lorsque le contrat avec l'ancien éditeur s'est terminé. Nous avons également accompagné les textes de commentaires glanés dans les journaux de l'époque.

- Et puis, il y a ce gros ouvrage sur Jacques Brel auteur?
- Je voulais montrer au grand public la cohérence du travail de Jacques entre ce qu'il a écrit au tout début et à la fin de sa vie. J'ai repris tous les textes. Depuis ses premiers textes alors qu'il est à peine sorti de l'enfance jusqu'aux dernières chansons. J'y ai ajouté des commentaires tirés des journaux de l'époque ou des interviews données en radio et en télé. Beaucoup de photos aussi et des souvenirs personnels. Ce n'est pas une biographie au sens strict mais ça permet de mieux cerner certaines choses.

- Comme quoi, par exemple?
- Ca permet, entre autres, de corriger certaines images. Ainsi, on s'aperçoit que le père de Jacques n'était pas cet homme austère et sans fantaisie qu'on a toujours présenté. Ou encore que Brel lui-même ne passait pas sa vie à rigoler...

- Vous évoquez aussi les mots de ses chansons qui évoluent?
- Quand on lit chronologiquement ses textes, on se rend compte que certains mot disparaissent un moment et d'autres apparaissent. Ainsi, au début, il parle souvent des "20 ans", on y retrouve de la joie et de l'énergie. Puis, à 30 ans, on n'en parle plus et de nouveaux termes apparaissent comme Isabelle ou tendresse, un mot qu'il ne lâchera plus. A partir de 29 ans, Jacques se considère comme un vieux. Le meilleur est derrière lui. "Ne me quitte pas" est un basculement. Ses textes sont de plus en plus élaborés et il crée un univers bien à lui.

- Il avait peur de mourir?
- Non. Il avait peur de vieillir. Il l'a d'ailleurs écrit et chanté. Il avait peur de ne pas pouvoir faire tout ce qu'il avait envie de faire. Je pense que c'est venu de sa propre situation familiale. C'était un enfant de vieux : le petit dernier de parents qui étaient déjà des petits derniers. Il n'a vu que des gens âgés autour de lui.

- Vous avez aussi retrouvé des textes inédits?
- Oui, des textes de jeunesse, des chansons jamais divulguées, des scénarios, des extraits de pièces radiophoniques. On trouve aussi dans les deux livres les textes des huit chansons qu'il a enregistrées en flamand.

- Tous ces souvenirs sauvegardés, il était collectionneur?
- Non, pas du tout. En revanche, ma grand-mère et ma mère, oui. Je pense que ce sont elles qui ont commencé à conserver tout cela. Et moi, la troisième génération, je suis comme elles!".

jeudi 3 mai 2018

Exposition des oeuvres de Marnix Verstraeten (Mix)

                             Avec ses œuvres, l’échevin fait sa pub

L'artiste belge Marnix Verstraeten (à droite sur la photo ci-dessus) est né en 1960 à Avelgem en province de Flandre Orientale. Il a choisi Mix comme nom d'artiste. Avec ses trois enfants, il a décidé de s'installer dans la commune francophone du Mont-de-l'Enclus en Hainaut Occidental. Avec son carnet d'adresses dans le milieu culturel, il attire des artistes à venir exposer à la Maison des Randonneurs du Mont-de-l'Enclus, et les incite à offrir ensuite une oeuvre à la commune. C'est ce qu'il a fait également :  le tableau ci-dessus orne désormais la salle du conseil communal. Marnix Verstraeten expose ses propres oeuvres à la Maison des Randonneurs du 31 mars au 24 juin 2018. Depuis le début de l'année, il a accepté de devenir échevin de la Culture de la commune jusqu'aux élections d'octobre. Aux électeurs désormais de décider la suite de sa carrière politique ou/et culturelle....

lundi 30 avril 2018

Le retour du barbecue

Chronique de Philippe Martin dans les quotidiens du groupe Vers l'Avenir du 7 avril 2018 :

Ca ne sert à rien de le nier, il n'y en a plus que pour lui :  à la radio, dans les jardineries et les supermarchés, chez les bouchers et pour les comiques qui vantent la sauce samouraï Devos&Lemmens. C'est le retour du barbecue, mais est-ce seulement une pratique culinaire?  Difficile d'y échapper, en effet, même pour celui qui refuse les comportements grégaires. Les intérêts économiques sont tellement évidents. Que ce soit pour vous faire acheter une superbe installation au gaz qui supplantera la cheminée que vous aviez patiemment construite au bout de la terrasse ou pour vous imposer un passage au rayon frais. Car le barbecue, c'est avant tout un business.

Une affaire de genre aussi. Qui s'occupe d'allumer le foyer et de jeter un œil expert sur la cuisson des brochettes alors que, tous les autres jours de l'année, c'est la femme qui règne en cuisine? L'homme, pardi! Sans doute parce qu'il est le seul à pouvoir apprivoiser les rudesses du feu... Le barbecue nous relierait-il à nos racines primitives? Celles du chasseur-cueilleur? Celles de la viande arrachée, cuite à même la braise? Celles du clan familial reconstitué, autour du feu de bois, sur le seuil de la caverne?

Voyez les convives autour de la grillade, une pince ou un verre de rosé à la main, à deviser de choses et d'autres... Que ce soit en famille, avec les voisins, les amis, les parents lors de la fancy-fair de l'école ou les joggeurs du club de sport, le barbecue se doit d'abord d'être convivial. Mais surtout pas solitaire! Le barbecue, c'est donc avant tout une cérémonie, un rite. Après les grands feux qui, autrefois, clôturaient fictivement l'hiver, les crépitements du "barbeuc" signent réellement l'arrivée des beaux jours, l'envie de soleil, de contact avec la nature et le désir de renouer des liens sociaux autrement que via un écran de smartphone. Inutile de revenir sur le scandale Veviba ou sur les dangers de la surconsommation de viande. Encore moins d'épiloguer sur les grandes catastrophes qui hantent la planète : c'est l'heure du barbecue, point barre.

Tiens, à ce sujet, ce serait sûrement intéressant d'interroger un anthropologue issu d'une tribu d'Amazonie. Il aurait des choses intéressantes à nous raconter sur notre rapport à la nourriture et à la nature, sur notre mode de vie et sur nos aspirations profondes d'hommes et de femmes contemporains...

Philippe Martin

jeudi 26 avril 2018

La côte belge de David Dehenauw (Monsieur Météo)

Né en 1970, David Dehenauw, c'est notre Monsieur Météo national. Après ses études d'ingénieur à la VUB, il est entrée à l'Institut Royal Météorologique de Belgique (IRM), et présente les bulletins en météo tant en français sur RTL-TVI qu'en néerlandais sur Radio 2 et VTM.

Bien que travaillant en région bruxelloise, il continue d'habiter à Blankenberge à la côte belge, où il a emmené une journaliste des quotidiens du groupe Sud Presse :

"Avec votre job, ce serait tout de même plus simple de vivre à Bruxelles?
- Non, parce que je travaille aussi ici, et puis Blankenberge, c'est ma ville. Vrai, je suis né à Bruges...mais je n'ai fait que cela! Mes parents se sont tout de suite installés à Blankenberge. Nous avons vécu avec mon frère et ma sœur d'abord dans un appartement jusqu'à mes quatre ans. Ensuite dans une maison dans un village de Blankenberge où ma maman vit toujours. Et moi aussi, j'ai une maison non loin. Je suis à la mer et à la campagne. Pour l'anecdote, j'ai gardé mon kot 17 ans à Bruxelles! Bien après mes études, mais j'ai fini par m'en séparer.

- Quels sont les établissements incontournables à Blankenberge? Où risque-t-on de vous croiser?
- Cela dépend de ce qu'on aime. Je suis un fan de poisson, celui de la mer du Nord et de bouillabaisse. J'adore aussi le chocolat, donc les dames noires, mais je me limite pour ne pas grossir (vous savez, la météo, je dois la présenter de profil!). Je peux boire un verre au Victory face au port ou à la brasserie Bel Air. Je bois très peu d'alcool, mais j'aime bien la bière de Blankenberge, la Kokketeute (c'est du patois et ça signifie la belle dame). J'aime aussi la brasserie Oosterstaketsel sur l'estacade. Ou encore le restaurant, pas loin du port non plus, l'Oesterput. Et une fois par an, je profite de notre restaurant étoilé chez Philippe Nuyens. Il y a aussi des incontournables ailleurs :  j'aime le Café de Paris à Nieuport ou encore le Savarin à Ostende. 

- Blankenberge, ce n'est pas que des restos?
- Ah non, j'adore les balades et, de juin à octobre, si l'eau est au moins à 18 degrés, je nage régulièrement dans la mer....alors que je ne vais jamais à la piscine. Blankenberge, c'est aussi des bâtiments de la Belle Epoque. C'est aussi la nature : il y a deux réserves naturelles. Et saviez-vous que c'est entre Zeebruges et Blankenberge qu'il y a le seul point d'eau douce dans les dunes? C'est unique, un endroit formidable et protégé où poussent des orchidées.

- Vous reconnaît-on en rue?
- Oui, souvent, et ça me fait plaisir. On me dit : "Oh, vous êtes Monsieur Météo!". Je réponds toujours et quand ce sont des francophones, je me permets de leur demander si mon accent ne les gêne pas. Ils disent non.

- Certains disent que les francophones sont les mal venus à la mer?
- Sincèrement, je ne le pense pas. Ou alors, c'est une minorité. Ici, j'entends parler français partout et c'est très bien. Je défends ça : la côte, c'est aussi la Belgique de tout le monde. Franchement, si je devais entendre une remarque désagréable sur un francophone, je m'en mêlerais, j'interviendrais pour prendre sa défense.

- Vous n'êtes pas le seul people de RTL-TVI à la mer du Nord?
- Oui, notamment Thomas Van Hamme ou Stéphane Van Bellinghen si vous allez du côté de Knokke. Ici, à Blankenberge, c'est aussi la station de Sabrina Jacobs : elle y vient depuis vingt ans au moins, c'est vraiment une bonne amie et on aime se croiser ici".