lundi 31 décembre 2018

Meilleurs voeux pour 2019 !

70ème et dernier article de cette année....

Merci à tous pour votre fidélité au Journal d'un petit Belge (créé il y a déjà douze ans en décembre 2006), vos commentaires, votre gentillesse et votre intérêt pour notre pays. Plus que jamais, je continuerai en 2019 à vous parler des Belges qui se distinguent dans tous les domaines, à défendre l'unité du pays et à vous en faire découvrir des jolis endroits. En général, je vais continuer à poster mes articles le lundi et le jeudi. En 2019, nous fêterons aussi les 10 ans de mes deux autres plus petits blogs qui sont complémentaires au Journal d'un petit Belge :   http://familleroyalebelge.blogspot.com et  http://ecrivainsbelges.blogspot.com .

Je vous souhaite, ainsi qu'à vos proches, un agréable réveillon et une heureuse année 2019.

P.S. Si vous avez des idées d'articles, n'hésitez pas à m'en parler dans les commentaires.

lundi 24 décembre 2018

A lire sur mon blog sur la famille royale belge...

A (re)lire sur mon blog consacré à la famille royale belge :

- Un bilan des cinq premières années de règne du roi Philippe :  http://familleroyalebelge.blogspot.com/2018/07/bilan-positif-des-5-premieres-annees-de.html

- Les Belges anoblis par le roi Philippe :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2016/07/les-38-anoblis-du-regne-de-philippe-ier.html

- Les 12 petits-enfants du roi Albert II et de la reine Paola :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2018/08/les-12-petits-enfants-dalbert-ii-et.html

- Le bureau du Roi au palais royal de Bruxelles :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2018/10/le-bureau-du-roi-au-palais-royal-de.html

- La réaction de la princesse Esmeralda suite au décès de son ami l'acteur Jean Piat :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2018/10/deces-de-jean-piat-la-reaction-de-la.html

- Jeep, le chien des souverains belges :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2018/10/jeep-le-chien-des-souverains-belges.html

- Nos souverains et le Portugal :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2018/10/nos-souverains-et-le-portugal.html

- Compte-rendu du livre "Léopold II, potentat congolais : l'action royale face à la violence coloniale" de Pierre-Luc Plasman :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2018/11/leopold-ii-potentat-congolais-laction.html

- Activités royales en décembre 2018 :   http://familleroyalebelge.blogspot.com/2018/12/activites-royales-en-decembre-2018.html

Bonne lecture et joyeux Noël à tous !

jeudi 20 décembre 2018

Docteur Cath

                            D r  Cath a été sauvée par l’amour de ses animaux

Suite à ses apparitions à la télévision belge francophone, Docteur Cath est l'une des vétérinaires les plus connues du pays. Elle a répondu à ces questions :

"Etre vétérinaire, c'est un rêve de petite fille?
- Oui, depuis l'âge de six ans. Je m'occupais déjà d'animaux à l'époque. J'avais des vaches, des lapins, des moutons, des chèvres, et même un poney avec lequel je me rendais à l'école. Mon père le ramenait ensuite. J'ai passé toute ma jeunesse à Colfontaine. J'aimais tant les animaux que le seul métier qui pouvait me rendre heureuse, c'était la profession de vétérinaire. Je vis toujours de ma passion aujourd'hui. Mes parents se sont très vite rendu compte que mon chemin était tracé, et ils m'ont aidée. Ce sont des études qui coûtent, et c'est grâce à eux que j'ai pu devenir vétérinaire.

- Comment avez-vous été convaincue d'embrasser cette profession?
- Quand j'ai terminé ma rhéto, j'ai suivi un vétérinaire durant deux semaines non stop. Je l'ai suivi vraiment partout, même durant les euthanasies. "Tu dois savoir tout regarder", m'avait annoncé le vétérinaire. J'ai adoré l'expérience.

- Quels sont les moments les plus joyeux dont vous vous souvenez?
- Il y a une dizaine d'années, un lion d'Alexandre Bouglione avait des griffes incarnées. Ce n'étaient pas des petites griffes. Il ne savait plus marcher, il a fallu l'opérer. Après l'intervention, le lion m'attendait derrière les barreaux et quand il m'a vue, il a levé la patte. J'ai aussi soigné un singe qui souffrait de douleurs terribles, d'une occlusion plus exactement. J'ai donc commencé à lui faire des lavements. Et tout d'un coup, le singe m'a sauté dans les bras en guise de remerciement. C'est quelque chose qu'on n'oublie pas.

- Sinon, vous avez déjà recueilli des animaux?
- Oh oui, surtout des chats! A la maison, j'ai trois chats :  Arthur, Charlie et Chipie. Et à mon cabinet, j'en ai quatre autres :  Kito (dont la propriétaire est décédée d'un cancer), Gamin, Minnie (qui avait été renversée et dont la queue a été amputée) et Fifille (la dernière de la portée dont personne ne voulait).

- Et des chiens?
- Ma chienne Nala est malheureusement décédée durant le mois de janvier. C'était vraiment un ami fidèle. Maintenant, la relève est assurée par Ouragan, un labrador.

- Comment vous décrivez-vous comme maîtresse?
- Très gentille. Je suis quelqu'un de respectueux, une maîtresse qui les adore mais qui met des barrières. Mes animaux de compagnie doivent être obéissants pour qu'ils puissent rester même au cabinet.

- Qu'en est-il de vos habitudes alimentaires?
- Je ne mange plus de viande. A force d'opérer, j'avais l'impression de manger ce que j'opérais. J'ai fait une sorte de blocage. Je mange uniquement du poisson désormais, et des légumes. 

- Au quotidien, comment vivez-vous cette célébrité due aux émissions télé?
- On me reconnaît dans la rue, un peu partout : au restaurant, au supermarché, à la mer, et même à Ikea. En général, les personnes me réclament un autographe ou un selfie. Ils sont fiers de montrer qu'ils m'ont bien rencontré. 

- Avez-vous déjà imaginé votre vie après la retraite?
- Ca, c'est la question qui tue!  Je ne sais pas si je pourrai m'arrêter. Je vais avoir énormément de mal. J'ai vraiment besoin d'un contact avec les animaux. C'est tellement viscéral, c'est mon métier. Je suis de bonne humeur parce que je sais que je vais soigner des animaux". 

lundi 17 décembre 2018

Eugène et Philippine de Ligne, Justes parmi les Nations

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Durant la deuxième guerre mondiale, le prince Eugène et la princesse Philippine de Ligne créent les Foyers Léopold III, des centres d'accueil et de refuge pour enfants. Le plus grand d'entre eux se trouvait à Beloeil, où on a hébergé en permanence entre 800 et 3.000 enfants dans le château et les dépendances. Une partie du parc est transformée en champ de pommes de terre et de légumes. Certains enfants apprennent à nager dans les bassins.

Suite à la raffle de Bruxelles en septembre 1942, des familles juives choisissent la clandestinité. Le prince Eugène et la princesse Philippine décident d'accueillir en secret à Beloeil des enfants juifs auxquels ils procurent de faux papiers chrétiens, c'est-à-dire des certificats de baptême. Il s'agissait de les noyer dans la masse et de les faire passer pour catholiques, dans le seul but de leur sauver la vie. Les historiens estiment qu'environ 160 enfants juifs ont trouvé refuge à Beloeil entre 1942 et 1945.

Parmi eux, Avraham Kaputka a confié plus tard à la presse :   "Nous étions seuls, la séparation d'avec nos parents était difficile. Nous ne savions pas si, ni quand, nous pourrions les revoir. Notre acclimatation, au moins au début, n'a pas été facile, mais à la fin, nous nous sommes mêlés à notre environnement. Nous étions dans un endroit sûr et calme, tandis que la guerre faisait rage tout autour de nous".

Efraim Alkichen a écrit au prince Michel :   "Au moment où des enfants comme moi étaient poursuivis, battus, affamés à mort, asphyxiés au gaz et brûlés au crématoire, j'étais abrité sur votre domaine comme dans une oasis dans le désert, tenu propre, bien habillé et nourri, faisant la sieste au soleil, nageant dans le beau lac en été et glissant sur sa glace en hiver, mené en promenade dans le magnifique parc du château. Alors que le mal, la cruauté et l'orgueil régnaient en Europe,  le prince Eugène II de Ligne, animé d'une admirable noblesse d'âme, ouvrit son domaine au règne de la bonté en y abritant près de mille enfants rendus malheureux pendant la guerre, et parmi eux des dizaines d'enfants juifs menacés de mort. Le prince savait qu'il s'exposait ainsi lui-même, sa famille et son équipe du château, au danger de châtiment des Allemands. Mais comme l'a dit sa fille Mme Yolande : "J'ai fait ce que je devais faire".  Ils ont écouté la voix de leur conscience".

Après la guerre, le couple renoue avec leur vie de diplomate. Le prince Eugène est nommé ambassadeur de Belgique en Inde (de 1947 à 1951) et en Espagne (de 1951 à 1958). Il décède en 1960.

En 1975, le prince Eugène et la princesse Philippine reçoivent le titre de Justes parmi les Nations, la plus haute distinction civile octroyée par l'Etat d'Israël. Leur nom est gravé dans la pierre au Mémorial de l'Holocauste, sur la colline de Yad Vashem à Jérusalem. Veuve, la princesse est émue, mais elle ne fait pas la publicité de cette distinction et ne se rend pas en Israël pour planter le traditionnel olivier.

Il faut attendre 2016 (voir photo ci-dessus) pour que Michel, devenu le 14ème prince de Ligne, y emmène une trentaine de petits-enfants et arrières-petits-enfants du couple princier (princes de Ligne et d'Auersperg, archiducs d'Autriche, comtes de Nicolaï, marquis de Villalobar, etc.). Ils sont reçus par le président israélien Reuven Rivlin, en présence de six des anciens réfugiés juifs de Beloeil. Et ils plantent un olivier dans la forêt des Justes.

Pour plus d'infos sur le sujet, Hélène Rustin a consacré son mémoire de fin d'études d'histoire aux enfants juifs cachés à Beloeil durant la deuxième guerre mondiale.

jeudi 13 décembre 2018

Sauvons DaarDaar

Je vous ai déjà parlé de DaarDaar (www.daardaar.be), donc je ne peux qu'approuver l'éditorial de Nathanaël Jacqmin hier dans les quotidiens du groupe L'Avenir, qui a fêté son 100ème anniversaire en présence du Roi.

Editorial du 12 décembre 2018 des journaux du groupe L'Avenir :

"Comment la crise du gouvernement Michel est-elle perçue en Flandre? A quel jeu joue la NVA? Que pensent les Flamands du nouveau casting Michel 2? Vote de confiance ou pas? Ce qu'en disent les éditorialistes flamands...  Pour permettre à un public non néerlandophone de prendre le pouls de 6,3 millions de Belges qui vivent de l'autre côté de la frontière linguistique, l'idéal serait de se plonger chaque jour dans l'univers médiatique flamand. Ce que personne ne fait. Ou si peu. Un vide comblé par DaarDaar, une plate-forme qui publie chaque jour les traductions des articles et éditoriaux de journaux nationaux et régionaux les plus percutants du nord du pays.

Depuis plus de trois ans, DaarDaar jette ainsi des ponts entre les deux communautés. Un travail professionnel réalisé par des passionnés de l'information pour fournir un travail digne d'un vrai service public, en proposant gratuitement des traductions irréprochables sur un site de qualité et facile d'accès. Il permet ainsi à un public de plus en plus nombreux de ne pas se limiter à une vue partielle de l'information.

Aujourd'hui, DaarDaar est menacé de disparition. Les subventions publiques (Région Wallonne, Fondation Roi Baudouin, etc.) et les fonds de généreux donateurs (à travers un crowfunding) ne suffisent plus à garder le cap. DaarDaar, qui a toute sa place dans notre univers médiatique pour permettre à nos deux communautés de mieux se comprendre, est, comme tous les médias, confrontés à une monétisation d'une information qu'il veut continuer à offrir gratuitement. Dans l'attente d'une intervention providentielle, sa situation financière est aujourd'hui critique. Le site a déjà dû revoir la voilure et réfléchit à son organisation, sa stratégie et son modèle économique. Soutenu par une vingtaine de personnalités belges, il lance aussi un appel aux dons, que nous relayons ici.

Car à un moment où, plus que jamais, nous avons l'impression que les enjeux politiques nous dépassent et que les deux grandes communautés du pays vivent dans un monde différent, toute initiative permettant de mieux comprendre les réalités de chacun doit être considérée comme un engagement et un soutien au pluralisme et à la démocratie".

lundi 10 décembre 2018

Les 80 ans de l'acteur Jean-Claude Drouot

                                 Jean-Claude Drouot

L'acteur belge Jean-Claude Drouot a répondu, il y a quelques jours, aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse :

"Comment vous sentez-vous à 80 ans?
- La santé, ça va. C'est un étrange moment, ce seuil. Un maître comme Louis Jouvet que je n'ai pas connu est parti à 63 ans!  Aujourd'hui, dans les journaux, je regarde l'âge des gens célèbres qui disparaissent...et je suis en première ligne!  Mais l'énergie théâtrale est restée intacte. Je reçois de plus en plus de compliments de mes camarades sur ma pêche et ma grande faculté de concentration. Un de mes professeurs disait :  "Le théâtre, c'est la santé".  Là, je ne suis pas éteint. Ma femme est morte il y a un an. Mon tombeau est là. Je suis prêt dans ma tête, mais j'ai encore des choses à faire et je peux encore progresser dans mon métier.

- Que diriez-vous aujourd'hui au gamin qui jouait Thierry La Fronde?
- Qu'il a eu raison d'abandonner le rôle après les 52 épisodes tournés. Si je ne l'avais pas fait, vous ne me demanderiez pas de mes nouvelles. A l'époque, personne n'a compris que j'arrête en pleine gloire. Mais j'ai perçu le danger de rester enfermé. J'ai du reste agi ainsi aussi en ne demandant pas la reconduction de mon poste de directeur du Théâtre National de Belgique ou en quittant la Comédie Française après deux ans. C'étaient pour les mêmes raisons : un besoin d'indépendance... Mais aujourd'hui, je sais que ma nécrologie est prête et qu'elle sera : "Notre Thierry La Fronde est parti!".

- Pourquoi dites-vous que si vous ne l'aviez pas laissé, on ne vous demanderait pas de vos nouvelles?
- Les gamins qui regardaient le feuilleton sont aujourd'hui au bord de la retraite. Mais quand ils m'en parlent, le personnage est resté, à leurs yeux, tout à fait intact. Il est resté protégé, c'est lui tel qu'ils l'ont découvert il y a 55 ans. Ca me réjouit et je ne crois pas que ce serait le cas si j'avais continué le feuilleton comme tout le monde le voulait. J'ai dit :  "Merci, mais maintenant, je vais apprendre mon métier". Ce n'était pas une galéjade. Thierry n'était pas un rôle de composition, c'était le jeune homme que j'étais, plein de fougue et d'enthousiasme!  Je ne voulais pas être une star. Je voulais être estimé et être un acteur de théâtre. Je n'étais pas dans la jet-set de Saint-Tropez!

- Vous étiez l'égal en notoriété des Beatles ou de Johnny Halliday. Vous les côtoyiez?
- Les Beatles, non, mais il y a eu une couverture de "Paris Match" avec une photo de Johnny et moi. Un jour, un fan m'a apporté une trentaine de revues ou de magazines dont je faisais la une. Tout ça a été énorme, mais ça l'était trop!

- Avez-vous gardé des gadgets de l'époque où vous étiez partout (il y avait des BD, des porte-clés,...)?
- Et il y avait même des pots de moutarde à mon effigie!  Une déclinaison commerciale sans fin. A l'époque, on ne parlait pas de merchandising et le droit à l'image n'était qu'un concept en devenir. C'était très flou. Des amis avaient tenté de me persuader d'intenter une action pour obtenir des droits. J'ai jugé que j'avais mieux à faire. Aujourd'hui, il me reste l'épée avec laquelle j'ai fait tous les duels de Thierry. Y ai-je vu un signe? Lors du dernier épisode, elle s'était brisée... Elle a été ressoudée et elle est encore chez moi dans le Lot. 

- La télé, vous en avez beaucoup refait avec "Les gens de Mogador", "Gaston Phébus", "Les maîtres de l'orge", et même encore aujourd'hui, on vous voit dans "Capitaine Marleau" !
- C'est un clin d'œil. Josée Dayan, avec qui j'ai fait "La rivière Espérance" et "Les rois maudits" (deux grandes réussites), me l'a demandé. Mais il n'était pas prévu que je fasse ce légiste plusieurs fois! Je l'ai traité de façon improbable, je me suis régalé. Et ce flirt entre lui et Marleau a tellement amusé les spectacteurs que Josée m'a fait revenir...  Corinne Masiero est formidable et il y a un côté baroque, libre et pittoresque qui me plaît beaucoup là-dedans. On m'a dit qu'on ne m'avait jamais vu comme ça, que j'étais drôle. Oui, j'ai aussi un côté taquin.

- C'est votre côté belge qui ressurgit?
- Belge de France!  Mais, oui, je suis resté très belge. Je suis de Deux-Acren près de Lessines. Je parle toujours le flamand domestique que j'entendais à la maison, ça ne s'oublie pas! La moitié de ma famille est flamande. De l'autre côté, les Drouot ont quitté la Lorraine pour s'implanter en Belgique vers 1820...  Je garde aussi le souvenir de l'audience avec le roi Baudouin qui, en 1985, avait souhaité faire connaissance avec le nouveau directeur du Théâtre National de Belgique. Au bout de cinq minutes, la conversation est devenue tout ce qu'il y a de plus naturel.

- Le théâtre vous a donné les plus grands rôles :   Cyrano, Alceste, le roi Lear, Jaurès, Zola ou Orson Wells. Si vous deviez en choisir un seul?
- C'est vrai que j'ai eu tous les grands rôles auxquels peut aspirer un acteur. Pour moi, Jaurès a été le plus important. Mais tant que j'aurai l'énergie, je serai sur les planches". 

jeudi 6 décembre 2018

Décès du baron Albert Frère

                               

C'était l'homme le plus riche de notre pays :  le baron Albert Frère est décédé chez lui à Gerpinnes (province de Hainaut) à l'âge de 92 ans. Né en 1926 à Fontaine-l'Evêque, il doit abandonner ses études d'ingénieur suite au décès de son père, afin de reprendre la direction de la petite entreprise familiale Frère-Bourgeois qui vendait des clous et des chaînes. Très vite, il veut la développer et rachète les laminoirs du Ruau à Monceau-sur-Sambre où il se fournissait. C'est le début de son entrée dans le monde de la sidérurgie et de sa fulgurante carrière économique. Administrateur-délégué de Cockerill-Sambre, Albert Frère anticipe le déclin de la sidérurgie en revend ses parts à l'Etat belge. Il dispose alors d'énormes liquidités qu'il va réinvestir très judicieusement dans la finance. Dans les années 80, il investit dans le Groupe Bruxelles-Lambert qui prend des participations dans Tractebel, Petrofina ou M6. Chaque fois, il revend ses parts au bon moment ou les échange contre l'entrée dans des groupes plus florissants,  ce qui lui vaudra de nombreuses critiques.

En 1994, Albert Frère est titré baron par le roi Albert II. Malgré sa fortune, il reste attaché à sa province natale du Hainaut. Il est toujours resté domicilié à Gerpinnes, où il a aussi établi le siège et les bureaux de sa société. Profondément marqué par le décès de son fils Charles-Albert Frère (19 ans) dans un accident de voiture en 1999, il crée une Fondation Charles-Albert Frère afin de concrétiser les projets sociaux de son fils en faveur des handicapés physiques ou mentaux, et des personnes défavorisées. C'est ainsi qu'un centre de jour est créé à Marcinelle et accueille 35 enfants de 2 à 6 ans, ou que des programmes d'hippothérapie pour handicapés sont financés.

Cet homme discret était connu pour deux passions :  la chasse et le vin. Il possédait de vastes forêts dans les provinces du Hainaut (du côté de Gerpinnes et Loverval) et de Namur (à Couvin et Viroinval). Amateur de Bordeaux, il avait acquis avec Bernard Arnault plusieurs prestigieux vignobles bordelais, dont le Château Cheval Blanc.

En 2015, à l'âge de 89 ans, Albert Frère avait pris sa retraite et organisé sa succession. Le groupe familial est désormais géré par son fils aîné Gérald Frère, son beau-fils Ian Galienne et son petit-fils Cédric Frère. L'avenir nous dira s'ils ont hérité du bon flair du patriarche....

lundi 3 décembre 2018

Exposition sur les Arenberg à Louvain

                          

Le M Museum de Louvain (province de Brabant flamand) propose en ce moment une exposition sur les anciennes collections des princes d'Arenberg, que la reine Mathilde a visitée dernièrement en compagnie du prince Léopold d'Arenberg, 13ème duc du même nom. S'il vit à Lausanne avec son épouse la comtesse Isabel zu Stolberg-Stolberg et leurs enfants,  il a choisi d'organiser cette exposition à Louvain, car ses ancêtres ont vécu dans le château voisin d'Heverlee, hérité des ducs de Croÿ.

Le duc Léopold d'Arenberg a répondu aux questions du magazine français "Point de Vue" :

"Pourquoi cette exposition?
- Pour mettre notre mémoire, ces objets que les ducs d'Arenberg collectionnent depuis cinq siècles (tableaux, documents d'archive, tapisseries, œuvres religieuses) au service de la culture et des pays d'Europe. Permettre au public de découvrir cette recherche de la beauté, de l'humanisme. Nous autres, Européens, devons réapprendre à parler de nous, de notre culture exceptionnelle. Notre riche passé doit nous aider à préparer l'avenir, et c'est ce que nous nous employons à faire depuis quarante ans au sein de notre fondation.

- Et pourquoi maintenant?
- La réalisation d'un projet de ce type demande des années. Et nous sommes enfin prêts. Une grande partie des collections a été dispersée, mais le travail de recherche s'est révélé passionnant. Certaines œuvres viennent du Metropolitan de New York, d'autres de la collection des princes de Liechtenstein, du British Museum, des Beaux-Arts de Bruxelles. Jusqu'à la première guerre mondiale, la collection était accessible au public au palais d'Arenberg à Bruxelles. Nous nous sommes efforcés de recréer cette atmosphère.

- Qui a créé la fondation?
- Je suis le modeste successeur de mon père qui a initié ces démarches culturelles en 1970. Nous avons repris le flambeau avec mes frères, le prince Henri et le prince Etienne. Nos vieilles familles ont une véritable mission à remplir :   rapprocher les gens de leur histoire, de leur culture, pour apprendre à réfléchir à nouveau par nous-mêmes et de manière indépendante, sereine, impertinente. Comme nous avons vécu un peu partout, nous pouvons rassembler les communautés en Allemagne, en France, en Hollande, au Luxembourg, en Autriche, qui sont intéressées, au nom d'un passé commun, à faire l'Europe d'en bas, celle des gens, appelée de ses vœux par la classe politique, mais pas toujours facile à réaliser. Pour cela, il faut s'engager. Je l'ai toujours été, je suis un entrepreneur culturel, un activiste social, un agitateur d'idées.

- Comment la Maison d'Arenberg s'inscrit-elle dans l'histoire européenne?
- Dans nos régions, les ducs d'Arenberg et les ducs de Croÿ partagent cette histoire de "familles de frontière". Un espace qui s'étendait entre le royaume de France et le Saint-Empire romain germanique. Nous avons été bourguignons, espagnols, autrichiens, français, hollandais et maintenant belges. Les Arenberg régnaient sur leur petit duché, au sud de Cologne, jusqu'à ce que la France occupe la rive gauche du Rhin en 1794. Nous avons reçu un nouveau duché souverain, plus grand que l'actuel Luxembourg, mais nous l'avons perdu au Congrès de Vienne en 1815. Ce sont les aléas de cette situation géographique. Du mauvais côté, vous passez à la caisse, victimes de séquestres ou de pertes de souveraineté. En 1298, nous avions déjà des ennuis avec le prince-évêque de Cologne, puis avec les protestants hollandais en 1572 pendant la guerre de Quatre-Vingt Ans, et la Révolution française dès 1794. Enfin les Prussiens et les Hanovriens en 1815...sans parler de ce qui nous est arrivé pendant le premier conflit mondial. Et pourtant, nous sommes toujours là, peut-être doués de neuf vies, comme les chats.

- La vocation européenne de la famille d'Arenberg vient-elle de là?
- A cheval entre plusieurs langues et cultures, il faut apprendre à ménager les autres et cela nous enseigne la modestie. Je ne peux pas concevoir notre avenir sans une Europe fédérale. Cela ne veut pas dire qu'il faille tout centraliser, au contraire. Les cultures régionales et nationales doivent être scrupuleusement respectées. La France et le Portugal ont mille ans d'histoire. Ce passé est impossible à gommer, et ce n'est pas souhaitable. Vive la différence! En revanche, et c'est une conviction, nous devons créer l'Europe de la défense, de la politique étrangère, de la monnaie. Dans ce monde multipolaire dont les gros joueurs sont les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l'Inde et le Brésil,  notre message, si nous ne nous unissons pas, n'intéressera bientôt plus personne.

- Rêver d'un Etat fédéral, n'est-ce pas une utopie à l'heure du réveil des nationalismes?
- Ce que nous avons accompli est déjà remarquable. Aucun autre continent n'y est parvenu. Bien sur, c'est compliqué d'avoir 27 ou 28 élèves dans une même classe. Mais en dépit de toutes les critiques que l'on peut formuler, c'est positif. Je suis optimiste de nature et je pense que nous allons corriger le tir en écoutant davantage à l'avenir les justes revendications de gens qui ne se retrouvent plus dans de trop lointaines constructions administratives. Nous devons nous réengager dans le processus européen, c'est à cela que travaille notre fondation. 

- C'est une Europe géographique ou culturelle? Jusqu'où s'étend-elle?
- Elle ne s'arrête pas au milieu de l'Oural, mais va bien de Lisbonne à Vladivostok. La première tentative de paix à l'échelle européenne est venue du tsar Alexandre Ier de Russie. Tsar vient de César, les Russes se veulent héritiers de l'Empire byzantin, lui-même héritier de l'Empire romain. L'Europe est une communauté de destins basée sur une volonté de faire les choses ensemble. Et imprégnée de christianisme. Comment gommer deux mille ans d'histoire?

- Avez-vous transmis la flamme à vos enfants?
- J'essaie de ne pas trop imposer mon point de vue. Nous avons une fille et deux fils. Natasha, l'aînée, étudie le management hôtelier à Londres, Philippe-Léopold est en biologie à Bristol, et le cadet Alexandre toujours en internat. Les jeunes doivent faire leurs propres armes, vivre leurs expériences. J'aimerais qu'un jour ou l'autre, ils s'intéressent à ce combat pour la culture dans un esprit européen. Mais surtout, sans les forcer. Si ce n'est pas eux, d'autres viendront. L'essentiel est de trouver et d'aider ceux qui feront bouger les choses". 

jeudi 29 novembre 2018

"La légende de Saint-Nicolas" (Xavier Deutsch)

                                            Aucun texte alternatif disponible.

Voici une suggestion de cadeau pour vos enfants et petits-enfants...

Rappelons que l'écrivain belge Xavier Deutsch (né en 1965) a commencé sa carrière littéraire en 1989, a écrit de nombreux livres pour la jeunesse et les adultes, et a reçu le prix Victor Rossel. Et il vient d'être élu conseiller communal Ecolo dans sa commune de Chaumont-Gistoux.

Plus d'infos :   http://ecrivainsbelges.blogspot.com/search/label/Deutsch%20Xavier

lundi 26 novembre 2018

Virginie Efira dans le film "Un amour impossible"

L'actrice belge Virginie Efira est actuellement au cinéma à l'affiche du film "Un amour impossible", inspiré du roman autobiographique de Christine Angot.

Virginie Efira a répondu aux questions des journaux du groupe Vers l'Avenir :

"Qu'est-ce qui vous a attirée dans ce rôle?
- J'avais lu le roman de Christine Angot à sa sortie, donc bien avant qu'il soit question d'un film. Je l'avais adoré, il m'avait bouleversée. Je comprenais Rachel, son complexe d'infériorité, sa discrétion, le fait qu'elle ne veut pas déranger le monde, tout en étant solide. C'est assez complexe, parce que c'est une femme qui encaisse, ce n'est pas une victime. Elle n'attend rien de cet homme mais sa blessure originelle, c'est que son père ne l'a pas reconnue, donc elle ne veut pas de ça pour sa fille. C'est quelque chose auquel elle tient parce que ce n'est pas juste.

- Comment expliquez-vous ce sentiment d'infériorité?
- C'est dû à sa classe sociale, son statut de femme et ses origines juives qui la placent dans cette position sans qu'elle ne puisse rien y faire. C'est intéressant parce qu'on voit qu'elle essaie toujours de faire les bons choix, mais, par moments, elle est terriblement aveuglée. Quand sa fille ne va pas bien, elle se dit que c'est de sa faute parce que son père est plus intéressant et qu'elle s'ennuie avec elle.

- Ses choix sont donc très limités pour vous?
- Une vie est faite de choses qu'on ne peut pas toujours maîtriser. Quand il y a un sentiment amoureux, est-ce qu'on est encore libre? On peut interroger la question du libre arbitre de façon plus large. Est-ce que ça existe vraiment? Je ne sais pas.

- On voit pourtant que les choses ne sont pas figées.
- Il y a une évolution à partir du moment où ce rapport de domination est nommé par sa fille. C'est elle qui lui dit qu'elle ne pouvait pas faire autrement. Il y a un changement une fois qu'on passe de l'invisible au visible, on le voit avec tout ce qui se passe avec MeToo. A un moment donné, une parole est dite, est révélée dans la société. Après, chacun en fait ce qu'il veut, mais c'est une chose qui me paraît assez fondamentale et importante, et qu'on retrouve dans le roman et dans le film.

- Vous avez rencontré Christine Angot lors de l'avant-première. Qu'a-t-elle pensé de l'adaptation?
- Elle m'a dit qu'elle avait trouvé ça bien. Je pense qu'elle a vu que le film respectait quelque chose d'assez important pour elle :  l'absence de sentimentalisme, on s'en tient aux faits. Elle a eu l'intelligence de ne pas s'incruster dans le travail ou superviser. J'aurais été très mal à l'aise parce que c'est sa propre existence. Je me serais encore plus posé la question de ma légitimité".

jeudi 22 novembre 2018

"Léopold II, potentat congolais : l'action royale face à la violence coloniale" (Pierre-Luc Plasman)

                                                   

Cet ouvrage intéressant, bien documenté et objectif est l'adaptation d'une thèse de doctorat en histoire présentée à l'Université Catholique de Louvain en 2015. Ce n'est pas une biographie du roi Léopold II, mais une étude du fonctionnement de l'Etat Indépendant du Congo.

Pierre-Luc Plasman commence par retracer le rêve colonial du souverain qui aboutit lors de la conférence de Berlin de 1885 par la création de l'Etat Indépendant du Congo. Il nous explique ensuite comment travaille le gouvernement congolais à Bruxelles, le rôle des secrétaires généraux, les rivalités et oppositions entre les uns et les autres, les différents canaux d'information du Roi. Il fait de même avec l'administration léopoldienne au Congo. Pierre-Luc Plasman revient aussi sur les atrocités commises que plus personne ne peut nier aujourd'hui.

Après nous avoir expliqué concrètement le fonctionnement de l'Etat Indépendant du Congo, l'auteur détaille les critiques et dénonciations contre les violences, les campagnes de presse anticongolaise qui aboutissent à la création d'une commission d'enquête.  Léopold II décède en 1909 et lègue le Congo à la Belgique.

Quelle est la conclusion de Pierre-Luc Plasman sur ces violences?

"Les massacres ne sont pas ordonnés par le gouvernement léopoldien, mais ils se produisent dans un contexte d'incitation permanente à accroître la production tout en laissant le champ libre aux acteurs sur place. Hauts fonctionnaires territoriaux et directeurs de sociétés abusent largement de leurs prérogatives, tandis qu'agents subalternes et sentinelles africaines intègrent la bestialisation de leur comportement dans leur cadre de travail. Les violences ne se limitent pas aux régies de l'Etat. Elles se déchaînent même avec plus de brutalité dans les concessions, où la productivité permet toutes les exactions. Aussi horribles soient-elles, ces violences de masse ne peuvent pas être qualifiées de génocidaires. De même, la moitié de la population congolaise n'a pas été exterminée. Il existe cependant bel et bien un déclin démographique, dans lequel la terreur et la violence jouent un rôle primordial à côté d'autres facteurs, comme la dénatalité vénérienne".

Sur le rôle de Léopold II, l'auteur fait remarquer son manque d'objectivité : 

"Avec l'âge,  l'esprit et l'intelligence du monarque sont devenus rigides et teintés de misanthropie. A plusieurs reprises, il dénie l'existence des abus et il distingue dans la campagne anticongolaise l'expression d'une frustration de l'impérialisme anglais. Plus généralement, le Roi ne perçoit pas que la source des abus réside dans le système d'exploitation. Dès lors, son appréciation place la responsabilité sur des acteurs collectifs, à savoir les sentinelles africaines, les compagnies commerciales et la force publique. Léopold II se place dans une position défensive et offensive à l'égard des critiques et ne cherche plus dans les dernières années qu'à maintenir sans profonde modification le régime léopoldien. L'appareil étatique n'est pas non plus une pyramide sur laquelle le Roi règne sans partage, mais ressemble plus à une matriochka. Sentant le fil des jours s'écouler, Léopold II désire mettre une touche finale au programme de son règne :  il veut une Belgique plus grande, plus forte et plus belle. Léopold II n'a donc pas cherché à s'enrichir personnellement, même si son train de vie est devenu - quoique tardivement - plus luxueux".

Bref, après avoir lu cet ouvrage, on ne peut plus parler ni de génocide, ni d'œuvre civilisatrice. La vérité historique est plus nuancée et est à mi-chemin entre ces deux extrêmes. Les responsabilités sont nombreuses. Et il faut aussi remettre les faits dans le contexte de l'époque.

lundi 19 novembre 2018

Premier album de Mustii

Le jeune auteur-compositeur-interprètre-acteur bruxellois Thomas Mustin (alias Mustii) vient de sortir son premier album pop, intitulé "21st Century Boy". Pour l'écouter :   https://www.youtube.com/watch?v=5HKLb1p-p3o

Mustii a répondu aux questions de la presse :

"Vous avez au départ une formation théâtrale et vous avez fait du cinéma. Maintenant, vous sortez un album. Comment gérez-vous vos deux carrières?
- J'ai un agent pour le cinéma et un label côté musique. Même si ce sont deux mondes assez cloisonnés, j'ai une équipe qui accepte et comprend que le cinéma peut nourrir le projet musical. Il ne faut pas voir ça comme deux choses contraires. Les artistes sont de plus en plus décomplexés. Avant, on disait "c'est l'acteur qui chante" ou "c'est le chanteur qui joue, c'est un caprice". Aujourd'hui, j'ai l'impression que le public demande des ponts entre disciplines. Les artistes ont besoin de passer par plusieurs médiums pour faire passer leur message.

- Dans "21st Century Boy", quel est votre message?
- Le personnage, le 21st Century Boy, est une sorte d'alter ego, un Hamlet du 21ème siècle. Le personnage de Shakespeare doit faire face au décès de son père. Il est très moderne de ce point de vue. L'album est conçu comme un journal intime. C'est lui qui parle et chaque chanson est une sorte d'aveu d'inquiétude sur un sujet. Il est inspiré d'une figure adolescente qui subit un traumatisme, comme dans les films de Gus Van Sant, Larry Clark, Harmony Korine. L'idée était ensuite de confronter ces angoisses à une musique qui, elle, est beaucoup plus grandiloquente, épique, large. Le côté galvanisant était indispensable, j'aime l'idée des paradoxes et des contrastes.

- Quelles sont vos inquiétudes?
- Il y a la question de la religion, la spiritualité, le rapport aux autres, le fait de ne plus se sentir en phase avec la société, pas intégré. J'ai repris ça du début de mon adolescence et j'ai ensuite fictionnalisé. J'imagine comment il va vivre après un traumatisme. Est-ce qu'il va vivre avec ces peurs? Se suicider? Aller vers la destruction des autres? Vers l'isolement?  Ou au contraire, est-ce qu'il va regorger de vie? Chaque texte est un aveu d'angoisse sur le monde qui l'entoure mais sur des thèmes différents.

- Ce n'est pas pessimiste pour autant parce que vous ne donnez pas la réponse?
- Effectivement. A la fin de la chanson éponyme, il dit clairement qu'il ne va pas bien, il dit qu'il va peut-être prendre une arme, mais ne dit pas qu'il va le faire. J'avais envie de faire un album très lâcher-prise. Le but n'était pas de plomber les gens. Pour moi, l'inquiétude n'est pas du pessimisme. On est tous un peu inquiets, c'est moteur, c'est une forme d'observation et d'intelligence, ça peut être très constructif.

- L'album n'était pas encore sorti que la majorité de vos dates de concert affichaient sold out. Ca vous fait quoi?
- Eh bien, je me dis que je dois être à la hauteur!  Je suis un angoissé de nature, depuis tout petit. C'est hypermotivant mais en même temps, j'ai peur de décevoir. Mais ça booste deux fois plus! Le seul moment où je me sens rassuré, c'est quand je suis sur scène.

- Pourquoi des chansons en anglais et pas en français?
- Ca m'est déjà arrivé d'écrire des trucs en français, mais je ne me sens pas encore prêt à partager ça. C'est lié à la musique que j'écris aussi, une musique liée aux sonorités anglo-saxonnes. Ca n'aurait pas marché avec du français, c'est référencé Lana Del Rey, Florence and The Machine, Hyphen Hyphen. J'écoute aussi beaucoup Bowie, New Order, Depeche Mode, Rihanna. 

- L'ado de "21st Century Boy", c'est un peu votre Ziggy Stardust à vous?
- J'y ai un peu pensé mais Bowie, lui, le poussait très loin. Pour mes lives, je ne veux pas aller dans l'incarnation totale. J'aime trop l'aspect sincère du moment, je ne veux pas tomber dans l'aspect millimétré, théâtral où je ne serais qu'un personnage. Et ne pas tomber dans la schizophrénie totale parce que la frontière est fragile. C'est vrai qu'il y a, avec mes cheveux teints, une évocation du personnage.

- Vous, finalement, comment avez-vous trouvé votre place?
- Je crois que ce sont mes parents qui m'ont beaucoup aidé en m'inscrivant à des cours de théâtre. Ca m'a aidé à m'assumer, ça a été thérapeutique au départ. Ils se sont dits que ça allait peut-être m'ouvrir...et j'ai adoré ça. En me présentant face aux autres, j'avais des raisons de m'assumer".

jeudi 15 novembre 2018

L'humoriste belge Véronique Gallo

Née en 1976 à Liège, Véronique Gallo est maman de trois enfants. Après avoir été professeur pendant dix ans au collège Sainte-Croix à Hannut, elle décide d'arrêter en 2008 pour le théâtre. Elle s'est fait remarquer sur YouTube grâce à des capsules humoristiques intitulées "Vie de mère" :   https://www.youtube.com/watch?v=7SfP5iboMNM&index=2&list=PLB3s-xND1Lpu4IfzQpzQ-RRD-Sgb1MXRr&t=0s

Sa carrière dépasse aujourd'hui nos frontières. Remarquée par Kev Adams qui devient son producteur, 60 capsules ont été ré-enregistrées pour les chaînes M6 et Teva. Outre cette diffusion, Véronique Gallo part en tournée chez nous avec "The One Mother Show", un spectacle basé sur les mêmes thèmes que "Vie de mère" :  elle sera le 20 décembre à Liège, le 21 décembre à Louvain-la-Neuve, le 19 janvier à Uccle, le 27 janvier à Spa et le 9 mai à Namur.

lundi 12 novembre 2018

Nouveau livre de Gabriel Ringlet

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Né en 1944, Gabriel Ringlet a une vie bien remplie :   prêtre, poète, théologien, ancien professeur à l'Université Catholique de Louvain. Il est aussi membre de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique.

Il vient de sortir un nouveau livre :  "La grâce des jours uniques :  éloge de la célébration", paru aux éditions Albin Michel. A cette occasion, il a répondu aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse :

"Vous parlez du rite et de son importance :  les rites religieux mais aussi les rites autour des grands matchs de foot, ou au décès de stars (comme Johnny). Le rite s'est déplacé aujourd'hui?
- Le rite est en tout cas plus urgent et plus important que jamais. J'ai suivi le Mondial de tout près, et toutes les dimensions de la liturgie classique, de la messe et même d'une messe solennelle que le pape François peut célébrer place Saint-Pierre, on les retrouve dans le rituel footballistique d'aujourd'hui. Dans les événements publics, le rite est omniprésent. Dans les attentats, par exemple, pour moi, c'est très frappant et très touchant de voir qu'une personne, anonyme, peut sortir de chez elle avec sa petite fille pour aller déposer une fleur à l'endroit où quelqu'un a été tué, en silence, avec tout un rituel, une gestuelle. Et on peut avoir ces mêmes gestes lors de la disparition d'une vedette. Donc, de fait, le rite est partout.

- Si le rite s'est déplacé, c'est parce que le rite religieux n'attire plus?
- C'est vrai que les lieux classiques qui nous donnaient du rite sont complètement désertés. Et le phénomène dépasse nos églises. J'ai parlé avec des musulmans pratiquants qui venaient du Maroc et me disaient que, dans leur petite ville, il y a 200 ou 300 mosquées mais avec 5 pratiquants par semaine. Mais ce n'est pas parce que les lieux traditionnels de rites se voient désertés que le besoin de célébrer la naissance, l'alliance et la mort, eux, ont disparu. Alors, on cherche d'autres lieux, on invente d'autres rites, on va voir dans d'autres sagesses. 

- Comment renouveler le rite?
- Nous voulons former des célébrants laïcs (hommes et femmes) qui n'auront pas du tout été ordonnés prêtres, qui n'auront pas fait de théologie, mais qui ont une très grande sensibilité et qui ont envie d'aller dans ce sens-là. Depuis que le livre est sorti il y a un mois, des dizaines de gens m'ont dit qu'ils voulaient s'inscrire dans notre "école de célébration", qu'on annonce pour 2020. Ca veut dire que des tas de gens se sentent peut-être une vocation pour cela.

- Et l'Eglise, comment réagit-elle?
- L'Eglise est à mon avis complètement perdue et elle a tout avantage à se réjouir que des lieux se mettent à inventer, à respirer, et à dire qu'il faut que ça change. Et si l'Eglise veut survivre, elle ne pourra que suivre ces chemins qui vont s'ouvrir. On ne lui demande pas la permission, mais on le fait volontiers en dialogue, si le dialogue est possible.

- Et dans quels lieux pratiquer ces rites?
- Moi, je crois au sacré laïc, comme au sacré juif ou musulman. Et il me paraît normal d'ouvrir l'église à tous ces rites. J'ai plein de réactions positives à cette idée, des gens qui préféreraient célébrer des funérailles laïques dans l'église de leur quartier plutôt que dans une salle de sport ou un funérarium. Même chez les francs-maçons, il y a des réponses favorables à cette proposition".

jeudi 1 novembre 2018

La famille belge Houben (3) : Greg Houben

Article dédié à Edmée, la plus ancienne et la plus fidèle lectrice de ce blog....

Je vous ai déjà parlé du peintre Charles Houben et du musicien Steve Houben :

- Charles :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/03/le-peintre-belge-charles-houben.html

- Steve :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/09/steve-houben-lacademie-royale-de.html

Aujourd'hui, je voudrais vous parler de Greg Houben qui a sorti un nouvel album en 2018 et est actuellemnt en tournée.

Voici la présentation de ses concerts :   "Greg a le cœur qui balance. Entre Belgique et Brésil, entre musique et théâtre, entre jazz et chanson française. Il accumule des quatre coins du monde, comme des pépites, des mélodies, chacune associée à une rencontre, un voyage, un sentiment. La chanson lui apparaît alors comme une évidence, comme l'élément permettant d'unir son amour pour les mots, pour les mélodies et les histoires. Lors d'une tournée au Brésil, Greg saisit l'occasion d'enregistrer ses premières chansons en français. Il invite ses amis musiciens pour les amener à deux blocs de Copacabana, au studio Compania dos tecnicos, lieu mythique qui a vu défiler les plus grands noms de la musique brésilienne tels que Chico Buarque, Arlindo Cruz, Caetano Veloso, Beth Carvalho. C'est là que la magie s'opère et révèle une série de morceaux délicieux remplis de joie de vivre. De retour à Bruxelles et conscient du joyau qu'il a entre les mains, Greg façonne la matière première à l'image de son univers, unique, loin des exercices de style. Si l'on décèle chez Greg des fragments de Mathieu Boogaerts, de Louis Chedid, de Chet Baker, mêlés à la tendresse d'un Bourvil, on lui remarquera, et cela après deux mesures à peine, une singularité attachante et une manière élégante et chaloupée de raconter sa propre histoire".

Je vous propose d'écouter Greg Houben :  https://www.youtube.com/watch?v=ppbMXW4HYXc

Que de talents dans notre pays !

lundi 29 octobre 2018

Nick et Lins, les naturistes belges les plus célèbres

                             

Nick (36 ans) et Lins (31 ans) sont un couple belge :  lui était ingénieur système et Lins travaillait dans les ressources humaines. En 2009, ils goûtent, pour la première fois, au naturisme dans le sauna d'un bed and breakfast. Ils testent ensuite un week-end dans un camping naturiste, et cela les décide à changer leur façon de voyager. Depuis un an, Nick et Lins ont changé de vie pour faire le tour du monde...dans le plus simple appareil. Ils étaient récemment au Canada, et s'amusent comme des fous. Vous pouvez les suivre sur leur blog (en anglais) :   www.nakedwanderings.com

jeudi 25 octobre 2018

Coopération entre communautés

1°  Après de longues années de discussions, la communauté flamande et la communauté française ont signé en 2012 un accord de coopération culturelle. Et celui-ci semble bien fonctionner depuis lors. Ainsi, en 2018,  46 demandes de subsides avaient été introduites et parmi elles, 22 ont été choisies pour se répartir un montant total de 160.000 euros. La coopération la plus médiatique est la Biennale de Venise, où nos communautés travaillent enfin main dans la main. A noter que l'appel à projets pour l'année 2019 est encore valable quelques semaines. Plus d'infos :  www.cultuurculture.be

2° Dans le même état d'esprit, je voudrais une nouvelle fois attirer votre attention sur DaarDaar, un site Internet qui traduit en français des articles parus dans la presse néerlandophone. N'hésitez pas à partager les liens sur les réseaux sociaux ou sur votre blog! Merci d'avance pour votre soutien à cette équipe dynamique. Plus d'infos :  daardaar.be/daardaar/madame-flandre-aide-francophone-acomprendre-flamands

Notre devise nationale n'est-elle pas "L'union fait la force" ?

lundi 22 octobre 2018

Les Belges à Rome

Un article sur l'église Saint-Julien des Flamands :   http://probelgica-hainaut.blogspot.com/2017/08/carte-postale-de-rome.html

Un article sur l'ambassade belge auprès du Vatican (où notre roi Albert et notre reine Paola se sont rencontrés) :   http://probelgica-hainaut.blogspot.com/2014/04/l-belge-au-vatican.html

Le site Internet de l'Academia Belgica :  www.academiabelgica.it

Et je vous rappelle qu'il est possible de visiter Rome avec la guide belge Blanche Bauchau :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2015/09/visiter-rome-avec-une-guide-belge.html

Bonne visite !

jeudi 18 octobre 2018

Côte belge : le boucher Hendrik Dierendonck

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A 43 ans, Hendrik Dierendonck est devenu le boucher le plus célèbre de Belgique. Il fait même partie des "Bekende Vlamingen", c'est-à-dire des Flamands connus et médiatisés. En reprenant la boucherie de son père Raymond (Slagerij Dierendonck dans la rue commerçante de Saint-Idesbald à la côte belge),  il a tenu à la développer avec son épouse Evelyne. Et ça marche : leur entreprise a un chiffre d'affaires actuel de 9 millions d'euros, et leur objectif est d'atteindre les 15 millions d'euros!

Hendrik Dierendonck possède désormais quatre boucheries :  celle familiale de Saint-Idesbald, mais aussi trois autres boucheries à Nieuport, Bruxelles et Courtrai (cette dernière ayant été confiée aux anciens gérants de la boucherie Desmedt à Mouscron qui vient de fermer ses portes). Il a confié à la presse :  "On sent que la clientèle du futur, et notamment les jeunes, mangera différemment de la viande :  moins mais mieux. Les gens veulent savoir d'où viennent les animaux. Une bonne maturation est aussi importante. On a une ferme à Furnes ainsi qu'un atelier de production et de découpe, tandis que la finition des produits se fait à chaque fois dans le magasin". 

Sa viande est aussi celle que l'on sert dans son restaurant "Carcasse", jouxtant directement la boucherie familiale de Saint-Idesbald. Ouvert en janvier 2015, il est déjà étoilé depuis l'an dernier grâce à son chef Anthony Snoeck et à son gérant Harm Rademan. Hendrik Dierendonck fournit également une poignée d'autres chefs étoilés (Peter Goossens, Sergio Herman et Kobe Desramault), a lancé une boutique de viandes vendues par Internet, gère son élevage de 50 bœufs (réputé pour sa rouge brune de Flandre Occidentale), et a écrit un livre!

Si vous avez déjà été dans une boucherie Dierendonck ou au restaurant "Carcasse", n'hésitez pas à nous faire part de votre avis! 

lundi 15 octobre 2018

Sortie du tome 14 de la Nouvelle Biographie Nationale

Tous les deux ans, l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique (www.academieroyale.be) publie un nouveau tome de son imposante Nouvelle Biographie Nationale, qui contient des notices relatives à des personnages belges décédés, ayant acquis une certaine notoriété dans les divers domaines de l'activité humaine et appartenant à toutes les périodes de l'histoire, principalement la période contemporaine.

Chaque notice présente les données d'état-civil, des renseignements sur l'ascendance et la descendance familiales immédiates, la formation, les étapes de la vie professionnelle, les grandes lignes de l'activité du personnage (qui ne doit pas nécessairement avoir été académicien). Le tome 14 vient de sortir et met à l'honneur 144 nouvelles personnalités très variées :  les écrivains Maurice Carême et Henry Bauchau, l'industriel Jacques Solvay, la journaliste Janine Lambotte (première femme en Europe à avoir présenté un journal télévisé), le saxophoniste Georges Danneels, le peintre Luc Mondry, le chanteur lyrique Pierre d'Assy, etc. Le tome 14 compte 355 pages et est vendu au prix de 25 euros, mais vous pouvez également consulter librement en ligne la Nouvelle Biographie Nationale sur le site Internet de l'académie.

P.S. Alors qu'on entend souvent parler dans la presse des académiciens français (leur épée, leur costume, leurs funérailles aux Invalides, le fait d'être présenté dans la presse comme "académicien", leurs discussions sur le dictionnaire,p.ex.),   je trouve dommage que ce n'est pas du tout le cas en Belgique. Pourtant, ils disposent aussi d'un très beau bâtiment (le palais des Académies, situé juste à côté du palais royal de Bruxelles) et de sites Internet bien documentés, mais on ne parle pas de leurs activités. Et vous, connaissez-vous les académiciens belges?

jeudi 11 octobre 2018

Rachat de la Cristallerie du Val Saint-Lambert

Cet été, la célèbre Cristallerie du Val Saint-Lambert a été rachetée par Georges Forrest, un important industriel belge surtout connu pour ses projets au Congo. Il a répondu aux questions des quotidiens du groupe Vers l'Avenir :

"Pourquoi avez-vous décidé de racheter le Val Saint-Lambert?
- C'est une acquisition que j'ai faite à titre personnel. D'abord, parce que je connais l'ancien propriétaire du Val Saint-Lambert, Jacques Somville. Nous avions réalisé des opérations en Afrique et il m'a demandé si j'étais intéressé. Certains responsables du groupe ne souhaitaient pas l'opération, mais je me suis dit : pourquoi pas? Ma démarche a aussi pour ambition de ne pas laisser tomber ce fleuron dans les oubliettes. C'est un nom prestigieux pour la Belgique et en tant que citoyen belge, comme on a déjà sauvé deux ou trois sociétés, je me suis dit : pourquoi pas celle-là? C'est un vrai challenge et j'adore relever des défis.

- Quel est votre projet pour la cristallerie?
- Nous avons constitué une équipe et nommé un président en la personne de l'ancien secrétaire d'Etat Pierre Chevalier. Nous allons restructurer l'entreprise pour lui redonner son prestige du passé. Elle a beaucoup perdu au niveau commercial. Nous allons relancer les innovations grâce à deux ou trois designers, afin de moderniser la gamme et la diversifier. La Chine est un grand marché. Nous voulons aussi développer de nouveaux produits accessibles à la classe moyenne, des jeunes de 30-45 ans qui aiment les belles choses, mais qui n'ont pas nécessairement les moyens de s'acheter du Val Saint-Lambert. Nous voulons faire comme d'autres marques (Baccarat, Hermès, p.ex.), mais en gardant la qualité et la beauté. Nous avons aussi pris des contacts avec d'autres cristalleries pour avoir une certaine synergie et collaboration. Ils sont tout à fait preneurs.

- Quel est le montant des investissements prévus?
- Il y en aura certainement, mais ils ne sont pas encore totalement chiffrés. Nous allons d'abord revoir la structure et l'informatique pour lancer des ventes en ligne qui n'existent pas pour l'instant. D'ici fin de l'année, nous aurons une bonne vue de ce que nous voulons faire et comment développer la cristallerie.

- Quid de la marque Val Saint-Lambert?
- Nous avons des droits sur la marque, sinon ce sera difficile de développer l'entreprise. Il y a des gens qui ont utilisé la marque, mais on leur a dit gentiment d'arrêter sans faire de procès. Mon ambition aussi est de faire du Val Saint-Lambert un centre de dialogue entre différentes cultures (africaine, européenne, américaine, etc.). La cristallerie a fait de belles choses, mais elle reste dans le même moule. Il faut lui donner une autre impulsion. Ce dialogue passera aussi par l'intégration des produits du Val Saint-Lambert dans des expositions d'art africain. Mélanger l'art africain, Picasso et des fabrications de la cristallerie apporterait un plus à la cristallerie et à Liège".

Même si je ne suis pas convaincu que les nouvelles générations sont intéressées par de tels produits, je leur souhaite de réussir ce pari et de donner une nouvelle vie à la cristallerie qui est un des fleurons de la région de Liège.

lundi 8 octobre 2018

La ville de Grammont

Grammont (Geraardsbergen en néerlandais) est une ville de la province de Flandre Orientale, où coule la Dendre. Elle compte environ 33.000 habitants.

Je vous ai déjà parlé de sa fête des craquelins :    http://journalpetitbelge.blogspot.com/2016/02/la-fete-des-craquelins-grammont.html

Mais Grammont est aussi connue pour d'autres choses :

- son Mur de Grammont qui est intégré à de nombreuses courses cyclistes (dont le Tour des Flandres et prochainement une étape du Tour de France 2019). Cette pente raide et pavée a une longueur de 1,25 km, un dénivelé de 93 mètres et son sommet culmine à 110 mètres d'altitude. Elle débute aux bords de la Dendre et se termine au pied de la chapelle néobaroque Onze Lieve Vrouw, en haut de l'Oudenberg ("vieille montagne").

- son Manneken-Pis, bien moins connu que celui de notre capitale. Etait-il présent avant celui de Bruxelles? Diverses hypothèses circulent. On sait que la statue de Grammont a été installée en 1459 sur le haut d'une fontaine, afin de remplacer un lion qui avait été volé. La statue actuelle n'est pas celle d'origine. Au cours de son histoire, elle a été remplacée plusieurs fois.

- sa tarte au maton qui a reçu il y a onze ans le label "indication géographique protégée" par la Commission Européenne. Son origine remonte au Moyen Age : à l'époque, il était difficile de conserver le lait qui se transformait en lait caillé, devenu ingrédient principal de la tarte. On ajoutait ensuite une pâte autour des matons pour obtenir la tarte au maton. Une confrérie (Broederschap van de Geraardsbergse Mattentaart) existe depuis une quarantaine d'années et compte 350 membres qui veulent promouvoir la spécialité culinaire de leur ville.

jeudi 27 septembre 2018

186ème anniversaire de la révolution belge

(Article déjà publié en 2016)

Ce 22 septembre, la Ville de Bruxelles, l'asbl Pro Belgica et les Volontaires 1830 de Bruxelles ont co-organisé le 188ème anniversaire de la révolution belge.

Petit rappel historique...

Suite au Congrès de Vienne de 1815, le Benelux actuel (Belgique, Pays-Bas et grand-duché de Luxembourg) est réuni pour former un seul pays :  le royaume des Pays-Bas sur lequel règne Guillaume d'Orange.

Le 25 août 1830, à l'occasion des 59 ans de Guillaume d'Orange, a lieu au théâtre de la Monnaie à Bruxelles la représentation de "La Muette de Portici", un opéra en cinq actes qui exalte les sentiments patriotiques en racontant la révolte du peuple de Naples contre la domination espagnole au 17ème siècle. L'enthousiasme monte dès le deuxième acte lors de cette chanson : "Amour sacré de la Patrie, rends-nous l'audace et la fierté. A mon pays, je dois la vie. Il me devra la liberté". Les spectateurs sortent du théâtre en criant "Aux armes" et "Au National". Une émeute éclate, la foule saccage l'imprimerie du "National", journal officieux du gouvernement, et les maisons de plusieurs agents ministériels.

Devant l'inaction des autorités, quelques hommes résolus organisent le lendemain une garde bourgeoise avec Emmanuel van der Linden d'Hoogvorst comme chef. Ils forment des compagnies de volontaires et prennent comme signe de ralliement les couleurs de la révolution brabançonne (le noir, le jaune et le rouge). Le 26 et le 27 août, l'émeute se déplace vers les faubourgs de Bruxelles et tourne à la révolte sociale. La destruction de machines et les vols décident les bourgeois à renforcer la garde bourgeoise qui ouvre le feu sur les pillards. Les premiers morts de la révolution de 1830 sont des Belges tués par d'autres Belges...

Pendant ce temps,  Guillaume d'Orange (informé seulement le 27 des événements!) envoie en Belgique une armée de 6.000 hommes commandés par ses deux fils, et reçoit à La Haye les catholiques Frédéric de Merode, François de Sécus et Emmanuel d'Hooghvorst, et les libéraux Alexandre Gendebien et Joseph Palmaert. Le 30 août, l'arrivée des Hollandais à Vilvorde énerve les Bruxellois qui prennent les armes et élèvent des barricades. Le fils aîné du Roi renonce à un coup de force et fait son entrée dans la ville le 1er septembre avec quelques officiers sous la protection de la garde bourgeoise. Après deux jours de négociations, il repart aux Pays-Bas pour montrer à son père le projet de séparation administrative suggéré par les notables bruxellois. Le prince fait reculer ses troupes des portes de Bruxelles à Anvers.

Mais des émeutes éclatent dans les villes. Des bandes de volontaires s'y organisent et se préparent à rejoindre les patriotes de la capitale (par exemple : un groupe de volontaires part le 4 septembre de Liège, menés par Rogier et accompagnés du célèbre Charlier à la jambe de bois). Le 3 septembre, le Roi signe la démission de son ministre impopulaire Van Maanen. Les députés belges sont convoqués à La Haye le 8 septembre.

Profitant du désarmement de la garde bourgeoise les 19 et 20 septembre, le roi Guillaume ordonne à son fils Frédéric de marcher sur Bruxelles pour rétablir l'ordre. Cette décision enflamme le patriotisme et galvanise la foule. Les renforts arrivent d'un peu partout. Les Hollandais pénètrent dans la ville le 23 septembre et se heurtent à des barricades, au feu nourri des volontaires et à la colère de la population. Le lendemain, les volontaires nomment Juan Van Halen, commandant en chef des patriotes.

Le 26 septembre, la commission administrative devient le gouvernement provisoire, composé d'Alexandre Gendebien, du général baron van der Linden d'Hoogvorst, du baron André Jolly, du comte Félix de Merode, de Charles Rogier et de Sylvain van de Weyer, rejoints deux jours plus tard par Louis De Potter. Le gouvernement provisoire s'attribue tous les pouvoirs jusqu'à la convocation d'une assemblée constituante. Après quatre jours de combat, les Hollandais quittent le parc de Bruxelles dans la nuit du 26 au 27 septembre. La victoire des insurgés provoque l'arrivée des patriotes dans la capitale. Revenu d'exil, Louis De Potter est accueilli en héros le 28 sur la grand-place de Bruxelles. Le 4 octobre, le gouvernement provisoire proclame l'indépendance des provinces belges.

Le 4 novembre, les représentants de l'Angleterre, l'Autriche, la France, la Prusse et la Russie réunis à Londres impose aux Hollandais et aux Belges l'évacuation mutuelle de leurs territoires. Le 10 novembre, le Congrès National vote trois décrets importants :  l'indépendance du peuple belge, la monarchie héréditaire et la déchéance de la famille d'Orange-Nassau. Il rédige ensuite la nouvelle constitution belge.

Le Congrès National propose la couronne de Belgique au duc de Nemours, fils du roi Louis-Philippe, mais son père refuse car il craint l'hostilité de l'Angleterre. Le Congrès National est donc contraint d'instaurer, en février 1831, une régence en la personne du baron Surlet de Chokier. Le 4 juin, ils proposent au prince Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha, veuf de la princesse Charlotte d'Angleterre, de devenir le premier roi des Belges. Il accepte et prête serment le 21 juillet 1831 sur la place Royale à Bruxelles.

lundi 24 septembre 2018

Exposition Alfredo Longo à Mons

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Depuis Mons, capitale culturelle européenne en 2015,  le rond-point du bois d'Havré à l'entrée de la ville est décoré d'un cœur géant en canettes réalisé par l'artiste montois Alfredo Longo. Jusqu'au 4 novembre, la Salle Saint-Georges (située à côté de l'hôtel de ville) propose une rétrospective de ses oeuvres.

Alfredo Longo a répondu aux questions du journal "La Province" :

"Pour la première fois, une rétrospective vous est consacrée, dans un espace où vous aviez exposé vos premières sculptures en carton, il y a 27 ans?
- C'est vrai, c'est pour moi une sorte de retour aux sources. Avant d'en venir aux canettes, j'ai fait des expérimentations sur des déchets de carton. Une des pièces est d'ailleurs visible au début du parcours de cette rétrospective. A l'époque, je récupérais des cartons du monde entier dans les grands magasins et je les triturais dans mon atelier. J'avais exposé cette première sculpture hyper-réaliste qui avait choqué. Elle représente un personnage humanoïde casqué, qui ressemble à un accidenté de la route. Le public avait trouvé cette oeuvre agressive. En outre, les gens ne comprenaient pas la démarche car en sculpture, les matériaux nobles sont le bois, le bronze et les métaux. J'étais un précurseur du recycl'art. 

- Ce n'est qu'en 2006 que vous vous êtes tourné vers les canettes en aluminium. Comment cette matière première s'est imposée à vous?
- Je parcourais la ville en voiture et j'ai été saisi par les couleurs chatoyantes des canettes au bord de la route. A ce moment-là, je voulais me remettre à la sculpture mais j'étais frustré par le caractère éphémère du carton. L'avantage de la canette, c'est qu'elle met jusqu'à 500 ans à se dégrader. Au départ, c'est l'esthétique des canettes qui m'a attiré. Car c'est un objet universel, qui suit la mode et qui me donne le sentiment d'être en connexion totale avec le présent et le mode de vie des gens. Cela ne serait pas le cas, si je travaillais le bronze, par exemple.

- La canette est un objet iconique de la société du tout-jetable. Au-delà de la démarche esthétique, on perçoit aussi une réflexion critique sur le consumérisme?
- Cette réflexion m'est seulement venue au bout de deux ans de travail, car au début, j'allais chercher moi-même mes canettes dans des snacks et des friteries. Mais quand j'ai vu la quantité colossale de canettes que les citoyens m'apportaient, je me suis dit qu'il se passait vraiment quelque chose... C'était comme si les gens me faisaient un don en étant conscients que j'allais mettre ce don en valeur. En recyclant leurs déchets, ils participent à une oeuvre d'art. Cela donne une certaine noblesse au geste. Je trouve cela génial quand l'oeuvre est le fruit d'un travail collectif et non pas de la créativité d'un seul homme. Souvent, l'artiste est quelqu'un de solitaire dans son atelier. Moi, j'éprouve une joie immense en voyant des anonymes s'investir dans l'une de mes pièces. D'ailleurs, les gens peuvent toujours m'apporter leurs canettes consommées à mon atelier au 326bis, chaussée du Roeulx à Mons. Pour l'instant, je suis en manque de canettes!

- Le grand public vous a surtout découvert lors de Mons 2015 grâce au cœur monumental au rond-point du bois d'Havré. La question que doivent se poser beaucoup d'automobilistes :  pourquoi un cœur à cet endroit?
- Parce qu'il est au bois d'Havré et que c'est pour moi la plus belle entrée de la ville. Le bois change de couleur au gré des saisons et ce cœur resplendit avec le soleil et il est visible de loin. Il pousse les automobilistes à ralentir car il est éclairé la nuit. Il y a beaucoup moins d'accidents depuis qu'il est installé là. Le cœur, c'est une symbolique d'amour :  l'amour entre deux êtres, l'amour filial, l'amour de la terre... On accueille les étrangers avec le cœur et on leur dit au revoir avec le cœur. Ce cœur, c'est aussi celui de la planète. Cette planète qui nous donne et qui a des émotions. Quand on voit tous les désastres climatiques, ça lui fait mal à notre terre. Si elle se révolte, c'est peut-être à cause de nous. Alors, ne la détruisons pas, préservons-la !

- Après cette rétrospective, quels sont vos projets? Comptez-vous travailler avec d'autres matières que la canette?
- Les PMC m'intéressent car il y en a en abondance. Nos océans en sont remplis. Si je faisais un monumental en PMC, peut-être que les gens en prendraient conscience? On verra... Je me laisse guider par mon instinct. Je m'attelle en ce moment à terminer une oeuvre pour une entreprise mécène, un grand groupe intérim en France qui a adopté ma philosophie. Cette société redonne une deuxième vie aux travailleurs que l'on jette. Quand ils ont vu que je redonnais vie aux canettes, ils ont tout de suite perçu le point commun entre nous".

jeudi 20 septembre 2018

Les couques de Dinant

A Dinant, à la joie des touristes, il existe encore trois établissements à produire les célèbres couques :  les maisons Jacobs, Collard et Pirot. Différentes à l'extérieur (elles affichent une vue de la ville ou un simple dessin d'animal), elles sont pourtant semblables à l'intérieur :  elles ne contiennent que du miel et de la farine de froment. Attention, il ne faut pas la croquer à pleines dents (contrairement au speculoos)!  Il faut casser la couque en petits morceaux et les laisser fondre en bouche comme un bonbon. Certains aiment la tremper dans une boisson chaude. D'où vient l'idée de créer un biscuit aussi dur que la couque de Dinant?  Certains prétendent que les boulangers dinantais ont repris une recette des Romains durant l'Antiquité, d'autres pensent que lors du sac de la ville en 1466 par Charles le Téméraire, ce biscuit aurait été créé avec la farine et le miel restants, afin d'éviter la famine.

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lundi 17 septembre 2018

"Les Armes de Bruxelles" redevient belge

Bonne nouvelle :   le célèbre restaurant "Les Armes de Bruxelles"  redevient belge et ouvrira à nouveau ses portes cet automne.  En 2006,  la famille fondatrice Veulemans vend son restaurant au groupe français Flo qui transforme la carte typiquement belge en une carte traditionnelle de brasserie française. Le chiffre d'affaires diminue et les attentats de 2016 à Bruxelles vont leur porter le coup fatal (comme à d'autres établissements de la capitale d'ailleurs). Le groupe français revend le restaurant à l'homme d'affaires Aldo Vastapane qui cède la gestion aux frères Beyaz.

Mais les frères Beyaz ne parviennent pas à gérer tous leurs restaurants :  assurances incendie non payées, retards de paiements des salaires des 160 employés, dette de 3,5 millions d'euros à l'ONSS. La faillite est déclarée et les curateurs cherchent des repreneurs pour les 12 établissements bruxellois détenus par les frères Beyaz (les Brasseries Georges, la Maison du Cygne, la Brasserie de l'Ommegang, le Manhattan, le Paon royal, le Café de l'Opéra, le North Express, la Pergola, la Brasserie de Bruxelles, la Chaloupe d'Or, le Frederiksborg, les Armes de Bruxelles).

Concernant "Les Armes de Bruxelles", il est repris par son voisin d'en face :  Rudy Vanlancker, cinquième génération propriétaire du resto "Léon", célèbre pour ses centaines de kilos de moules et frites vendues par jour. On parle d'un montant de 800.000 euros avec reprise des 40 membres du personnel. Quelques travaux sont nécessaires mais Rudy Vanlancker souhaite garder la décoration à l'identique, en particulier le bar Art Déco qui faisait sa réputation. Il désire que cette brasserie retrouve sa clientèle bourgeoise du temps de la famille Veulemans, complémentaire de "Léon" qui vise plus les touristes.

On ne peut que souhaiter bon vent à ces deux établissements typiquement belges de notre capitale. Et vous,  où aimez-vous aller manger dans notre capitale?  Faites-nous part de vos coups de cœur dans les commentaires.

jeudi 13 septembre 2018

"Dos au public" (Léo Beeckman)

Je vous ai déjà parlé de la maison d'édition belge Weyrich et de leur collection "Plumes du Coq", et j'ai choisi cette fois de lire "Dos au public", le roman posthume de Léo Beeckman. Né dans une famille modeste de Gand en 1948, il se passionne pour le théâtre et la littérature en autodidacte. Installé en région bruxelloise, il travaille pendant plus de trente ans pour les Lettres belges francophones jusqu'à sa retraite, et participe à de nombreux salons du livre à l'étranger. Il est décédé à Schaerbeek en 2017, quelques mois avant la sortie de son premier roman.

"Dos au public" est un roman bien écrit et agréable à lire, qui se passe entre Gand, Malines et Bruxelles. Il raconte la vie d'Arthur Degroot qui quitte sa ville natale de Gand pour faire son service militaire. Son supérieur Gaston lui propose de jouer de la contrebasse dans un petit orchestre, ce qui lui permettra d'éviter différentes corvées. Afin de surmonter sa peur, Arthur se place dos au public, ce qui explique le titre du livre. Le service militaire tant redouté devient une période heureuse pour lui. Quelques années plus tard, afin de le sortir de sa dépression, son épouse Rachel retourne sur le passé d'Arthur à la recherche de ses amis musiciens. Et sans vouloir en dire trop, la fin du roman est totalement inattendue, et plus profonde que ce que le reste du livre aurait pu laisser croire. Bref, ce premier - et malheureusement dernier - roman de Léo Beeckman est plutôt réussi.