jeudi 27 avril 2017

Echanges d'enseignants entre communautés linguistiques

En avril 2015, les ministres de l'Enseignement des trois communautés (néerlandophone, francophone et germanophone) de notre pays ont signé un accord permettant à des enseignants nommés de bénéficier d'un congé pour mission pour donner cours, par période d'un an renouvelable, dans une école d'une autre communauté linguistique de Belgique. Ils conservent leur statut, leur ancienneté et leur traitement dans leur communauté d'origine. Leur traitement est remboursé par la communauté accueillante à la communauté d'origine. Plus d'infos :  www.teachersmobility.be

C'est le cas de Nina Van Bouwel, institutrice primaire néerlandophone, qui enseigne depuis 2015 dans une école francophone. Elle a répondu aux questions du magazine "Profs" :

"Pourquoi ce défi?
- Ayant grandi à Bruxelles, j'ai été en contact avec la langue et la culture francophones dès mon plus jeune âge. Mon époux est francophone et trois de mes enfants ont fait leurs études fondamentales dans une école francophone avant de poursuivre le secondaire en néerlandais. J'étais déçue alors par le niveau des cours de néerlandais et par une méthode et un vocabulaire provenant des Pays-Bas plutôt que de la Flandre. La cellule pédagogique francophone de la commune de Molenbeek recherchait un maître spécial de néerlandais pour une de ses écoles, et la proposition est tombée à un moment opportun pour moi.

- Un changement de taille?
- Institutrice primaire depuis plus de 25 ans, je suis devenue maîtresse spéciale de seconde langue. Avec un horaire complet, j'enseigne à neuf classes de 4ème, 5ème et 6ème primaires. Passer d'une classe d'une vingtaine d'enfants à neuf groupes-classes totalisant 200 élèves, c'est un fameux changement. Pas facile de mémoriser tous les prénoms!  J'ai dû m'approprier les référentiels de l'enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, les programmes et outils de réseau. Heureusement, une brochure élaborée par la commune précise le vocabulaire que les élèves doivent connaître en fin de 6ème.

- Comment vous y prenez-vous pour relever le défi du niveau à atteindre par les élèves?
- J'axe mes cours sur l'oral en proposant des dialogues et des jeux. Je travaille beaucoup les sons, car ce qui bloque souvent les enfants, c'est la crainte de ne pas prononcer correctement. Je réserve deux des trois périodes hebdomadaires à du travail en demi-groupe pendant que l'enseignant titulaire fait de la remédiation sur d'autres matières avec le reste de la classe. Je peux ainsi travailler la lecture technique, l'oser parler et, surtout, je rassure les enfants sur leurs capacités.

- Quels étonnements? Quelles richesses?
- J'ai été étonnée par le peu d'enseignants pouvant ou osant enseigner le néerlandais. Dans mon ancienne école, les titulaires de 4ème, 5ème et 6ème étaient tous qualifiés pour enseigner le français à Bruxelles. J'ai été aussi surprise que les stagiaires des hautes écoles bruxelloises n'aient plus de cours de néerlandais dans leur cursus. Côté néerlandophone, on parle d'établir un test d'orientation lors de l'inscription à la haute école qui comprendra aussi un examen de français. J'ai été très bien accueillie à l'école n°11 Aux Sources du Gai Savoir à Molenbeek. Je m'y sens reconnue par mes collègues et je dispose d'un local que j'aménage progressivement. Chaque mois, au sein de la cellule pédagogique communale francophone, je rencontre des enseignants de néerlandais d'autres écoles. Cela permet des partages de pratiques intéressants de pratiques".

lundi 24 avril 2017

Le chanteur belge Ozark Henry

Comme vous le savez et l'appréciez, l'un des objectifs du Journal d'un petit Belge est de mettre en avant les artistes de notre pays. Place aujourd'hui au chanteur Ozark Henry (de son vrai nom Piet Goddaer), né en 1970 à Courtrai. Il vient de sortir un nouvel album intitulé "Us" et sera en concert à l'Ancienne Belgique à Bruxelles le 29 avril.

Je vous avais déjà parlé d'Ozark Henry en 2013 (http://journalpetitbelge.blogspot.be/2013/04/ozark-henry-au-1er-anniversaire-du.html) et en 2015 (http://journalpetitbelge.blogspot.be/2015/03/nouvel-album-du-chanteur-belge-ozark.html). Ajoutons qu'il est ambassadeur de bonne volonté pour l'ONU contre la traite des êtres humains.

Il vient de répondre aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse :

"Que signifie "Us", le titre de votre nouvel album?
- Il explore les concepts que nous utilisons pour "nous" ("Us" en anglais) différencier des "autres", pour donner un sens à l'inégalité croissante. Mais heureusement, il me reste un peu d'espoir pour l'avenir. C'est un album qui est le fruit de mes sentiments post-attentats. Il fallait que j'agisse, que je pousse à la réflexion. Ce n'est qu'un disque mais c'est ma meilleure façon d'agir. J'habite à la côte belge, pas très loin de ce qui était la "jungle de Calais". Je suis donc assez proche de ce que vivent les réfugiés. Je voulais aussi attirer l'attention sur ce qu'ils vivent.

- Marie Daulne de Zap Mama apparaît sur la chanson "Uno Dio Noi". D'où est venue l'idée de sa participation?
- Je la connais depuis un moment, je suis un grand fan de sa musique, et ses prises de position sont semblables aux miennes. Cela faisait donc trois bonnes raisons de collaborer. C'est plus son univers que sa musique qui m'a attiré dans le cas de ce disque, en fait.

- Vous êtes connu pour mélanger un travail technologique avec du pur artisanat. Cela s'est encore vérifié sur cet album?
- Absolument! Nous avons pensé ce disque à base de sons électroniques. Puis, tout a été rejoué avec d'autres instruments, à la main. Je pratique depuis toujours ce grand écart entre la technologie de pointe et le "fait main". C'est, je crois, l'une de mes marques de fabrique. Je travaille comme çà depuis toujours.

- Vous vous souvenez de vos débuts?
- En fait, je suis venu à la musique presque accidentellement. Je n'envisageais pas du tout de faire une carrière. J'y suis venu comme çà, en faisant des musiques pour le théâtre. Et puis sont venus les concerts et ce premier album "I'm seeking something that has already found me" (Je cherche quelque chose qui m'a déjà trouvé), titre directement inspiré de mon état d'esprit à ce moment-là. Où je ne savais pas exactement quoi faire de mes dix doigts. Ce premier disque n'a pas fait une longue carrière, mais quelques bonnes critiques quand même. Et surtout, David Bowie avait déclaré à l'époque être grand fan de ma musique.

- Forcément, çà aide?
- Oui, forcément. Mais pas les ventes de l'album. J'ai malgré tout pu continuer avec un deuxième album, puis mon troisième disque, "Birthmarks", a été disque de platine. Enfin, des gens croyaient en moi. Depuis, tout s'est bien enchaîné et "Us" est mon huitième disque.

- Avec Ghinzu, Deus, Soldout, Ann Pierlé et plein d'autres, comment expliquez-vous cette mine de bonnes musiques en Belgique?
- Tous les noms que vous citez ne sont pas des débutants. Regardez Deus par exemple, cela fait déjà presque vingt ans. Tout comme moi, en fait. Nous, les musiciens belges, nous profitons plus des médias aujourd'hui, c'est évident. Sans doute un effet de mode dont il faut profiter, mais cette scène a toujours été vivante".

jeudi 20 avril 2017

Collaboration économique au-dessus de la frontière linguistique

1° Depuis quelques années, la province de Flandre Occidentale est confrontée à une pénurie structurelle de main d'oeuvre. Les entreprises éprouvent de grandes difficultés à pourvoir leurs postes vacants. Face à ce constat, le Voka (Chambre de Commerce de Flandre Occidentale) veut inciter les demandeurs d'emploi francophones à passer la frontière linguistique. 10% des travailleurs de Tournai et 20% des travailleurs de Mouscron ont déjà un emploi en Flandre.

Les responsables du Voka expliquaient dans "Le Courrier de l'Escaut" :  "Nous avons tout d'abord souhaité organisé un petit salon de l'emploi à Tournai afin d'aider les entreprises de notre région en quête de travailleurs à trouver ceux-ci parmi les demandeurs d'emploi wallons. Dix-sept entreprises étaient présentes pour proposer des places comme magasinier, vendeur, collaborateur de production, chauffeur, etc. Lorsqu'on rencontre les demandeurs d'emploi au Forem, ils nous font souvent part de leur crainte de postuler en Flandre parce qu'ils ne se sentent pas bilingues. Et puis, en épluchant avec eux les offres d'emploi d'entreprises flamandes, on se rend compte que la connaissance du néerlandais n'est pas forcément nécessaire et qu'ils ont toutes les compétences et les capacités pour solliciter leur candidature. En cas de nécessité, les employeurs sont prêts à s'investir en proposant des cours de néerlandais aux travailleurs francophones. Il y a également une volonté dans leur chef de mettre en place des dispositifs pour surmonter les différences culturelles et favoriser l'intégration. Concernant les transport en commun, il est parfois encore difficile de passer d'une région à l'autre...avec un réseau Tec en Wallonie et un réseau De Lijn en Flandre. C'est un exemple de frein qu'il faudrait arriver à briser".

2° Les enseignes de prêt-à-porter multimarques belges PointCarré et Zeb ont décider de s'unir. Créée il y a vingt-cinq ans par Luc Van Mol, l'enseigne Zeb dispose actuellement de 62 points de vente, mais principalement au nord du pays (il y en a cependant déjà 9 en Wallonie). Il y a quelques années, le groupe Colruyt avait acheté la majorité des parts de la chaîne Zeb.

En ce qui concerne PointCarré, il a été créé par Xavier Goebels et son siège est à Florenville en province de Luxembourg. Il sera désormais coactionnaire de la holding détenant PointCarré et Zeb. PointCarré compte ouvrir 15 à 20 nouveaux magasins en Belgique (en particulier au nord du pays) et créer une centaine de nouveaux emplois. Xavier Goebels a confié à la presse :   "Si nous sommes des grands parmi les petits, nous sommes des petits parmi les gros! Grâce à cette opération, nous serons beaucoup plus forts, mettrons en oeuvre une volée de projets que nous avions mis entre parenthèses comme l'ouverture d'un magasin en ligne qui représente un investissement de 600.000 euros. Le niveau de compétition est tel que pour vendre le même volume et faire le même chiffre d'affaires, il faut beaucoup plus de services aux clients, de formations, de digital. Cela nous permettra d'investir dans la logistique, d'être plus rapide pour réagir aux ruptures de stocks ou aux rotations de produits, de performer nos outils informatiques, d'optimiser les coûts, de négocier encore plus les achats, et par conséquent de pouvoir pratiquer des prix compétitifs et avoir accès à des marques exclusives. Les clients pourront passer commande courant 2018 de chez eux, du bureau, du magasin aussi via des écrans, et se faire livrer à l'endroit de leur choix. Mais malgré la reprise de PointCarré par la holding qui détient aussi Zeb,  même si des synergies seront effectuées, le nom, les magasins et le personnel de PointCarré restent. Si nous avons choisi de travailler avec eux, c'est parce que l'entente est bonne".

La devise de notre pays n'est-elle pas "L'union fait la force" ?

lundi 17 avril 2017

La Belgique vue par Johan Van Herck et Dominique Monami-Van Roost

Les quadragénaires Johan Van Herck (né en 1974 à Herentals) et Dominique Monami-Van Roost (née en 1973 à Verviers) sont deux anciens joueurs de tennis. Ils sont aujourd'hui les capitaines des équipes nationales belges masculine et féminine de tennis pour la Coupe Davis et la Fed Cup. Ils se sont exprimés au sujet de la Belgique dans une interview commune aux quotidiens du groupe Sud Presse :

"Etre belge, on sent que c'est inscrit profondément en vous?
- JVH :  Je suis belge, j'aime mon pays, c'est aussi simple que ça. C'est là que je suis né et que j'ai toutes mes attaches. J'ai beaucoup voyagé durant ma carrière, j'ai vu beaucoup de pays, mais je n'ai jamais pensé une minute à quitter la Belgique. J'aime Anvers, j'habite tout près, mais aussi Liège, Bruxelles, etc. On a tout en Belgique, sauf le beau temps que je vais chercher de temps en temps sur la Côte d'Azur pour des vacances en famille. Mais je reviens toujours au pays!
- DM :  J'ai épousé un Flamand,  Johan est marié avec une francophone, nos enfants parlent les deux langues :  on est de vrais belges et fiers de l'être! On aime profiter de la vie et on vit bien en Belgique. Moi, durant ma carrière, je n'ai jamais envisagé de m'installer ailleurs, même à Monaco.... Je reviens toujours à mes origines, c'est fondamental.

- Que vous évoque le mot séparatisme?
- JVH : Moi, je ne veux pas perdre de l'énergie là-dedans, surtout que je n'ai aucune clé pour voir le dessous des cartes. J'ai ma vérité, je défends les valeurs du pays et je fais en sorte que mon attitude soit conforme à ça. En fait, c'est juste naturel.
- DM :  La montée du séparatisme, qu'on sent surtout se développer du côté des politiques, c'est juste débile, je n'ai pas d'autre mot. Toute ma vie, j'ai joué et j'ai grandi avec un drapeau belge à côté de mon nom, et pas un autre!

- Quelle langue parlez-vous au sein de vos équipes respectives?
- JVH :  Tout se fait en français en Coupe Davis car le staff est majoritairement francophone. Même quand j'envoie un message à Ruben Bemelmans, il est en français! Parfois, j'ai un peu de difficultés à trouver le bon mot dans mes speeches, mais c'est comme ça et ça ne pose pas de problèmes. Je peux aussi parler le néerlandais quand Ruben et Joris jouent ensemble en double, par exemple.
- DM : Moi, tout se fait en anglais car j'ai aussi Maryna Zanevska dans l'équipe. Maintenant, quand elle n'est pas concernée, tout est en néerlandais. Aucun problème.

- Le hockey et les Diablotins ont lancé une mode de l'hymne national chanté a cappella. Le tennis suivra-t-il?
- JVH :  C'est beau, mais çà demande une certaine énergie ou ça peut provoquer un stress à partir du moment où ce n'est pas votre démarche. Je sais que Steve aimerait qu'on le chante, mais tous les joueurs ne sont pas aussi à l'aise que Steve. C'est très personnel, en fait, et je ne veux pas qu'on dépense de l'énergie alors que la Coupe Davis en pompe déjà tellement. Un match de foot, on sait que ça dure 90 minutes, et puis fin. Quand vous vous lancez dans un week-end de Coupe Davis, vous savez quand ça démarre chaque jour mais jamais quand ça finit. Chaque détail, comme épargner de l'énergie et bien cibler les priorités, compte et je pense qu'on est très fort, nous, dans cette gestion.
- DM :  Avec les trois langues, l'hymne national belge, c'est compliqué à gérer, de fait, et ce n'est pas nouveau. Je préfère un joueur qui respecte nos valeurs à un joueur qu'on oblige à chanter et qui par la suite perd toute crédibilité par sa mauvaise attitude.

- Y a-t-il tout de même un aspect belge qui vous irrite?
- JVH :  On est trop modeste, voire trop critique en Belgique. On ne croit pas suffisamment aux talents qu'on a dans bien des domaines. On est un peu élevé comme ça : on préfère mettre le doigt sur le négatif plutôt que de souligner le positif. Tout doit être parfait avant de pouvoir dire que c'est bon.
- DM :  C'est clair qu'on n'est pas assez chauvins comme les Français ou les Hollandais peuvent l'être. Ce qui ne veut pas dire qu'on doit devenir arrogants, mais être plus confiants et oser dire qu'on est favoris, par exemple, quand on l'est. On manque d'audace et d'investissement en Belgique car on ne croit pas assez en nos propres richesses ou talents, ce qui est parfois dingue.

- Justement, quel est le regard de l'étranger sur le tennis belge?
- JVH :  Je peux vous dire qu'il y a énormément de pays qui nous jalousent car je pense qu'avec nos petits moyens, on arrive à des résultats extraordinaires depuis plus de vingt ans. Je pense qu'on a de vrais experts au niveau de la formation en Belgique et ce n'est pas pour rien que la toute puissante fédération anglaise est venue chercher des gars comme Steven Martens, Carl Maes ou le regretté Julien Hoferlin. Je crois qu'en Belgique, on ne se rend pas vraiment compte de l'image que le tennis belge a à l'étranger. Ici, on doit se battre pour avoir de la reconnaissance. On en revient au Belge trop modeste.
- DM :  Le public belge aimerait toujours avoir des Kim, des Justine et des David, mais il ne faut pas que ces exceptions deviennent la norme. On ne sait pas créer sur un claquement de doigts des Top 50, Top 30 ou Top 10. Regardez depuis combien de temps un grand pays sportif comme l'Allemagne attend de vrais successeurs à Boris Becker et Steffi Graf. La force du tennis belge, c'est d'être efficace avec les petits moyens dont il dispose. Ceci, grâce à des experts et à des remises en question permanentes. Et on n'a pas peur non plus d'aller voir ce qui se fait de mieux à l'étranger. Tout n'est pas parfait mais on est débrouillard dans le tennis belge".

jeudi 13 avril 2017

La photo belge de la First Lady

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Voici la première photo officielle de Melania Trump en tant que nouvelle Première Dame des Etats-Unis. Quel rapport avec le Journal d'un petit Belge? me direz-vous. Tout simplement car cette photo officielle a été réalisée par trois photographes....belges (Régine Mahaux, Benoît Mahaux et Wim Van De Genachte). Incroyable mais vrai.

Le Liégeois Benoît Mahaux a confié à la presse :  "Ma sœur Régine a décroché un contrat historique : celui de l'investiture du nouveau président des Etats-Unis. C'est Melania Trump qui l'a appelée personnellement pour qu'elle fasse les photos privées de l'investiture de son mari. Comme souvent, Régine a fait appel à l'équipe (Wim et moi) pour l'aider. On a passé trois jours là-bas et on a pris 7.000 clichés. On suivait les Trump partout : sur le tarmac, au Capitole, à l'église, à la Maison Blanche. Ces photos étaient en principe destinés à leur album de famille. C'était une commande privée. Pour la vie officielle des Trump, il y avait des photographes attitrés à la Maison Blanche. D'où mon étonnement quand j'ai découvert que c'était l'une de nos photos qui avait été choisie comme portrait officiel. J'en suis très fier. C'est que la photo était réussie et que Melania l'aimait bien. Cette photo a été réalisée lors d'un shooting qui a duré dix minutes, pas plus, dans une pièce de la Maison Blanche, devant une fenêtre que l'on voit en arrière-plan. Il y avait maquilleur et coiffeur, et surtout n'oublions pas que Melania Trump est une mannequin. On n'a rien à lui apprendre. C'était un travail très stressant pour nous mais Melania Trump s'est montrée très attentionnée avec nous. Une dame charmante et très agréable, comme on la voit sur la photo. Elle est comme ça".

Et vous, comment trouvez-vous cette photo?  Photoshop ou non? Est-ce que çà vous choque que la photo officielle d'une Première Dame soit faite par des étrangers?

lundi 10 avril 2017

"Stéphane" (Nicole Verschoore)

Présentation de ce nouveau roman :   Jeune homme brillant mais solitaire, Stéphane forme avec sa sœur une sorte d'équipe d'opposition en révolte contre les projets de son père qui veut entraîner son fils vers une carrière juridique. Attiré par leur esprit de liberté et par le théâtre, Stéphane fréquente des personnes très différentes de son milieu familial. Nous sommes fin des années 50. Un professeur de grec et de latin l'initie au bonheur de rester chez soi pour disserter sur les choses de la vie en écoutant Béla Bartok. Par ailleurs, Nini, professeur de ballet et amie de sa mère, l'initie à l'ivresse de la performance scénique. L'étude le passionne dans l'absolu et, au-delà de ses rêves de ballet et de théâtre, Stéphane réussit brillamment ses humanités classiques. Le père de Stéphane sera-t-il suffisamment conquis par l'estime sociale de son fils pour lâcher l'emprise qu'il continue d'exercer sur lui? Entre le silence du dialogue intérieur et les mystères de l'amitié, le hasard d'une rencontre verra Stéphane se rendre à Paris, et peut-être vers l'indépendance...

Présentation de l'auteur :   Née à Gand en 1939, Nicole Verschoore est docteur en philosophie et lettres. Au cours de sa carrière de journaliste, elle travaille pour le quotidien "Het Laatste Nieuws", "Le Nouveau Courrier" et "La Revue Générale". Son premier roman, "Le maître du bourg", est publié en 1994 et reçoit le Prix France-Belgique 1995. En 2008, elle obtient le Prix Michot de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique pour sa trilogie "La passion et les hommes", parue aux éditions Le Cri. Plus d'infos sur son site Internet (français/néerlandais) :  www.nicoleverschoore.be

J'ai lu deux de ses romans :  "La charrette de Lapsceure" et "Les parchemins de la tour".

"La charrette de Lapsceure" (éditions Le Cri)
"La charrette de Lapsceure" est une grande fresque racontant l'histoire de la Flandre aux 19ème et 20ème siècles à travers  "tant d'existences parallèles tendues d'un siècle à l'autre comme les fils d'une dentellière attachés à son coussin", pour reprendre les mots de l'auteur. La lecture des premiers chapitres n'est guère aisée avec le nombre élevé de personnages et l'absence d'un héros principal. J'ai eu un peu de mal à m'y retrouver au sein de cette grande famille. Le récit est régulièrement coupé par des rappels historiques sur l'extrême pauvreté de la Flandre au 19ème siècle ou l'évolution du droit de vote jusqu'au suffrage universel voté après la première guerre mondiale.

Après avoir évoqué la guerre scolaire entre les écoles officielles et catholiques qui atteint le petit village de Lapsceure où enseigne Théodore, le patriarche de la famille, Nicole Verschoore écrit un passage très engagé sur la religion :  "De nos jours, dans nos démocraties compliquées, les nouvelles générations qui ne s'intéressent plus au passé du pays ne peuvent tirer de l'Histoire les modèles qui, hélàs, se répètent sous d'autres cieux et dans d'autres couleurs. Il faut se méfier de l'attrait de la religion combattante. Ne lui accorder aucun droit. Dans toutes les populations, le même besoin d'absolu et de guidance pousse les âmes vers la foi, mais les éléments les moins émancipés ne perçoivent pas la différence entre la religion et l'armée d'un clergé qui craint de perdre son pouvoir absolu. La civilisation doit se munir contre ce que les armées de croyants imaginent devoir faire sous les ordres de leur clergé".

Au milieu du livre, l'histoire devient plus facile à comprendre et l'auteur donne l'explication du titre :   "La charrette de Lapsceure" évoque le départ en charrette en 1880 de l'instituteur Théodore, de son épouse Louise et de leurs enfants du village de Lapsceure vers Courtrai. Louise décède en 1893 à l'âge de 43 ans. Théodore se remarie six mois plus tard et devient archiviste de la ville et un historien reconnu. L'un de ses fils, Alphonse, est engagé dans le mouvement flamand, tandis qu'un autre, Renier, est curé aux Etats-Unis.

Nicole Verschoore place ses personnages au sein de la société belge de l'entre-deux guerres :   "Deux populations vivaient en Belgique dans deux univers totalement dissemblables :  le peuple et les nantis. Les intermédiaires qui ne plaisaient pas au gouvernement et qui commençaient à se faire représenter à la Chambre étaient les Théodore et les Alphonse, intellectuels issus du peuple, idéalistes qui désiraient l'émanciper et le sortir de son état d'esclave. Une quantité de nouveaux nantis comme Constant, issus des grandes écoles francophones, formaient une deuxième sorte d'intermédiaires. Ils appartenaient de cœur à leurs provinces natales, mais se distanciaient du mouvement d'émancipation flamand parce qu'ils avaient dépassé le stade de ceux qui avaient besoin d'aide".

On suit ensuite Grite et Castel au Congo. Nicole Verschoore défend l'action du roi Léopold II et des Belges dans ce pays :  "Qui connaît la pauvreté du 19ème siècle en Europe, le nombre de victimes de la famine et du choléra, qui se rappelle la misère des ouvriers textiles, des mineurs, des campagnes affamées des pays européens dits civilisés et compare ces données aux annales de l'histoire des pays colonisés d'Afrique, découvrira vite l'incongruité de certaines interprétations tardives concernant le colonisateur usurpateur maltraitant le colonisé. Les généralités en cours sont issues d'une absence totale de connaissance exacte et détaillée, et de l'incapacité du béotien de mettre en perspective la réflexion historique".

Très bien écrit, ce livre se termine par une touche de nostalgie avec le décès de Mamou, la veuve d'Alphonse, qui rappelle à chacun d'entre nous le départ d'un proche. Au-delà des nombreuses références historiques qui retracent l'histoire de notre pays, Nicole Verschoore nous montre que les défunts continuent de vivre tant qu'on parle d'eux, et nous incite à être curieux et à poser des questions sur nos familles :   "Les découvertes glissent doucement dans l'oubli mais l'histoire continue, explorée au hasard de la curiosité, par l'insaturable besoin de comprendre".

"Les parchemins de la tour" (éditions Le Cri)
Dans "Les parchemins de la tour", Nicole Verschoore raconte, à la première personne, la vie d'Edmond Beaucarne (1807-1895), le grand-oncle de son arrière-grand-mère, à partir de ses archives retrouvées. Après avoir grandi à Eename auprès de son vieux père, il entre dans un collège jésuite d'Alost, où ses professeurs l'initient à la politique :   "Quant au roi Guillaume que le Congrès de Vienne avait imposé aux Pays-Bas catholiques, ce mécréant était un homme nouveau, ses idées néfastes se propageraient, le désordre s'ensuivrait. Il fallait que l'Eglise reconquisse le pouvoir. Les élèves devraient aider leurs maîtres à renverser le gouvernement hollandais (...) Je suis bien placé pour savoir que Guillaume, ce roi sans grande allure, bien intentionné et maladroit, aurait été écouté et compris s'il n'avait pas été victime de l'opposition féroce et dûment inspirée à laquelle j'ai moi-même prêté l'ardeur de mes jeunes années".

Sur le conseil de ses maîtres, Edmond entre, à l'âge de 22 ans, à la rédaction gantoise du journal contestataire et antigouvernemental, "Le Catholique des Pays-Bas", qui joue un rôle non négligeable dans la révolution et l'indépendance de la Belgique en 1830. Un an plus tard, il quitte le journal et retourne dans son village natal. Le récit se concentre ensuite sur sa vie sentimentale qui se déroule en trois temps.

Lors d'un séjour à Vienne en 1832, Edmond tombe amoureux d'Hortense d'Hoogvorst :   "La femme qu'on rêve est la décalque exacte de nos désirs. Pour cette raison, le premier amour et le désir qui ne s'accomplit pas laissent le souvenir d'un bonheur complet".  Mais il ne chercha pas à la revoir et Hortense se maria...

De retour à Eename, Edmond en devient le bourgmestre. Il habite avec son frère Louis-Maur, sa belle-soeur Baudouine et ses neveux et nièces dans la maison familiale. Au fond du jardin, il aménage une vieille tour fortifiée pour y ranger ses livres et documents. Eudaxie, la femme de ménage, est aussi sa maîtresse :   "Le délice s'avérait être le contraire du pêché décrit par l'Eglise. Pouvoir honorer notre nature humaine comme nous le faisions, avec la fantaisie, la créativité, la légèreté ou la patience nécessaires, c'était faire oeuvre de vie, productrice d'énergie et de jeunesse".  Mais Eudaxie met fin à leur relation.

Quelques années plus tard, à la demande de ses amis, le célibataire solitaire Edmond accueille chez lui Isabelle, venue trouver à Eename le calme pour écrire ses traductions et articles. Après son décès accidentel, il se rend compte de la place qu'elle avait prise dans ses vieux jours :  "Je n'ai pas été bon pour Isabelle parce que je ne l'aimais pas assez. Je n'avais de sentiment pour elle qu'en son absence, je n'ai souffert que de ses départs. Le dernier départ, l'irrévocable, a éveillé les remords, le regret posthume, l'effroi de l'irréparable".

Malgré ces rendez-vous manqués avec les femmes, les dernières pages de ce livre très bien écrit montrent un Edmond serein et apaisé qui vante les joies de la famille et des liens intergénérationnels :   "Grâce aux saisons qui se répètent, aux enfants qui naissent, à l'exaltation des parents et à l'instinct du vieil oncle, un jour, dans un élan incompréhensible d'éclatante allégresse, subitement, ce vieil oncle soulève de nouvelles pelotes vivantes qui hurlent de surprise et de joie, agitent des petits pieds aussi informes que les boutons de magnolias au bout de leurs tiges minuscules. Grâce à ces miracles du quotidien et à l'éternel recommencement, on finit par accepter que meurent ceux qu'on aime, comme s'étiolent les fleurs".

jeudi 6 avril 2017

Nouvel album de Sacha Toorop

Les sorties musicales belges se suivent. C'est le cas du batteur et chanteur Sacha Toorop, un Liégeois d'origine vivant aujourd'hui à Bruxelles. Depuis les années 90, il a sorti cinq albums en anglais (sous le nom de Zop Hopop) et propose cette fois son deuxième album en français, intitulé "Les tourments du ciel". Pour écouter Sacha Toorop :  https://www.youtube.com/watch?v=dFjsQYic-5U

Sacha Toorop s'est confié aux quotidiens du groupe Sud Presse :

"Dix ans sans CD, ce n'est pas trop long?
- Je n'étais pas spécialement attendu. Je prends le temps, il m'en faut pour digérer le vécu et donner une suite cohérente à ce que je fais. La vie, ce n'est pas rien que composer et faire des concerts! Et puis, j'ai passé trois ans et demi comme musicien avec Axelle Red, j'ai fait des disques avec Dominique A. Je voulais juste les moyens de bien faire. "Au clair de la terre", l'album que j'avais fait en 2006, m'a ouvert plein de portes, mais j'avais le sentiment de manquer de cohérence avec une écriture très enfantine que pourtant j'aime beaucoup.

- Vous parlez de cohérence, mais le nouvel album va dans plusieurs directions, non?
- C'est tout le paradoxe peut-être. Le disque est bigarré : pop, chanson, jazz. Mais ce que j'y exprime, je m'y retrouve mieux.

- Dominique A et Axelle Red avec qui vous travaillez sont des influences?
- Dominique, j'aime ce qu'il fait, mais il est plus minimaliste que moi qui suis toujours submergé d'idées et d'émotions. Quant à Axelle, je ne la connaissais pas. Ce qu'on a fait ensemble est fort réussi, mais est passé inaperçu par rapport à ses succès d'avant. Humainement, j'en garde un souvenir formidable, ne serait-ce que parce que j'étais le seul Wallon parmi des Américains et des Flamands. De vrais échanges. Et j'adore Axelle qui est très pure dans sa démarche.

- Sur votre CD, vous reprenez "En bandoulière" de Salvatore Adamo.
- Je me suis retrouvé sur scène avec lui. Ses chansons, je les connais depuis mon enfance. J'ai pris ce titre, pas un gros tube, mais qui moi me touche. Adamo était ému par mon idée. Il m'a prétendu qu' "En bandoulière" avait marché au Chili mieux que "Tombe la neige". En même temps, au Chili, la neige, çà ne leur parle pas!

- Vous avez 47 ans, un âge où on fait un bilan. Quel est le vôtre?
- Je suis très content. J'ai trois enfants beaux et en bonne santé. Et puis, j'ai la chance de pouvoir vivre de la musique depuis 25 ans. Sans trop m'avancer, je crois savoir que mes enfants sont fiers de moi. Bien sûr, ils voient le décalage par rapport à quelqu'un qui a une vie sociale habituelle".

lundi 3 avril 2017

Le jeune ténor belge Reinoud Van Mechelen

En mars dernier, l'Union de la Presse Musicale Belge (association de critiques musicaux professionnels) a remis à Flagey les prix Caecilia 2017 qui récompensent les meilleurs enregistrements musicaux classiques de l'année écoulée. Un hommage a d'abord été rendu à la jeune musicologue belge Mélanie Defize, victime un an plus tôt de l'attentat de la station de métro Maelbeek.

Le champion toutes catégories des prix Caecilia 2017 est le jeune ténor Reinoud Van Mechelen (29 ans),  diplômé du Conservatoire Royal de Bruxelles. Depuis dix ans, il accompagne les plus grands ensembles baroques. On a pu l'entendre au château de Versailles, à la Philharmonie de Paris, l'Opéra de Bordeaux, le Théâtre Bolchoï à Moscou, le Royal Albert Hall à Londres, l'Opéra de Zurich ou encore la Brooklyn Academy à New York.

Pour plus d'infos (néerlandais/français/anglais) sur lui et surtout pour l'entendre, je vous invite à visiter son site Internet :   www.reinoudvanmechelen.be/fr/media

jeudi 30 mars 2017

Nouvel album du groupe Suarez

A l'occasion de la sortie de son quatrième album intitulé "Ni rancœur, ni colère" (pour l'écouter :  https://www.youtube.com/watch?v=HhUJuQeYwqw),  le chanteur belge Marc Pinilla a répondu aux questions du groupe Sud Presse sur ses différentes occupations artistiques :  coach dans l'émission "The Voice Belgique", producteur de la chanteuse belge Alice On The Roof (dont je vous ai déjà parlé) et chanteur du groupe Suarez. Voici son interview :

"Que pouvez-vous nous dire sur ce quatrième album, "Ni rancœur, ni colère"?
- C'est un disque dont on est assez fiers. Il est différent des trois derniers, plus axé sur les chansons plutôt que l'esthétique. Avant, on travaillait sur une couleur, un groove, des riffs de guitare. Cette fois, on a voulu procéder autrement. On a voulu écrire des chansons avant de faire de la production et de l'esthétique. Ce qui fait qu'on a un album où on raconte des histoires, parfois même juste avec une guitare et une voix.

- L'amour semble être le sujet principal de cet album?
- C'est un thème universel qu'on peut aborder sous tous les angles. L'amour dirige ma vie, comme celle de beaucoup de personnes. Dans cet album, on parle d'un peu tous les aspects de l'amour :  des ex, de déclarations d'amour et aussi de coquineries.... C'est un album plus direct, avec davantage de contenu. Mais il garde toujours l'ADN de Suarez :  de bonnes mélodies, du soleil et du plaisir.

- On y retrouve notamment un duo avec la chanteuse belge Alice On The Roof sur le titre phare des années 80, "L'amour à la plage" de Niagara.
- Comme dans chaque album de Suarez, on fait une reprise à notre manière. On a choisi cette chanson car elle laisse beaucoup de place à la réinterprétation. La mélodie est intéressante et le texte peut sembler désuet mais il est bien écrit. On s'est dit que çà pouvait être un duo intéressant avec juste une guitare et nos voix. On s'est dirigés vers Alice On The Roof, c'était comme une évidence : on se connaît, on est amis.

- Comment se passe la collaboration avec elle?
- Je suis son producteur et on prépare son deuxième album. Alice est une artiste intègre, elle ne triche pas. Elle est honnête dans sa manière de faire de la musique. C'est une personne généreuse et très gentille. Le fait qu'elle soit de ma région a sans doute joué mais c'est avant tout un coup de foudre artistique et humain.

- En étant coach dans l'émission "The Voice Belgique", recherchiez-vous un tel coup de cœur?
- Je ne cherchais pas mais çà m'est tombé dessus. Ce qui est bien avec cette émission, c'est que c'est un endroit de rencontre. Il n'y a que là qu'on peut rencontrer autant de gens en même temps. J'aimerais bien collaborer avec d'autres jeunes artistes de l'émission mais je n'en ai pas le temps.

- Comment se passe cette nouvelle saison?
- Elle est différente. L'arrivée de Bigflo et Oli amène davantage de dynamisme. Il y a plus d'intervention des coaches et d'interactions. On est plus détendus. Je suis très content des huit derniers candidats qui sont dans mon équipe. Ils sont tous bons. Après, leur destin est entre leurs mains, pas entre les miennes".

A noter que le groupe Suarez sera en concert le 1er avril au Théâtre du Manège à Mons et le 18 mai au Cirque Royal de Bruxelles.

lundi 27 mars 2017

Bruxelles, 22 mars 2016 : Osons la tendresse

Editorial des quotidiens du groupe Vers l'Avenir du 23 mars 2017 (suite aux commémorations du premier anniversaire des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles) :

"Le temps des hommages. Le temps des discours. Des mots qui s'alignent. Simples. Evoquant le drame d'alors, cherchant l'espoir dans un futur meilleur. Des mots pour partager, des mots pour dire la douleur. Des mots d'amour, aussi. Et puis ce "Osons la tendresse" dans la bouche du roi Philippe. Petite expression qui fait mouche. Parce que face à la haine, face à la colère, cette tendresse apparaît comme un remède tellement évident. Oui, la tendresse, mot que l'on croyait passé de mode, un peu comme une chanson de Daniel Guichard. La tendresse?  "Un sentiment tendre d'amitié, d'affection, d'amour qui se manifeste par des paroles, des gestes doux et des attentions délicates" , nous dit le dictionnaire. Comment refuser cela, mais surtout comment partager cet idéal? Quelques heures plus tard, à la tendresse invoquée par le souverain belge, répondait déjà la violence au Royaume-Uni. L'émoi devant le Parlement, du sang, des cris. Les mots deviennent expressions d'angoisse et de peur. La douleur vive se superpose à la tristesse partagée. Le sentiment de l'éternel recommencement met à mal la résilience. La peur s'ingénie à rendre la fraternité obsolète. Dans le même temps, en Belgique, un groupuscule d'extrême-droite affirmait que le 22 mars devait être  "une journée de la colère contre l'idéologie dominante bobo-pleurnicharde". Ce discours haineux était aussi à cent lieues de celui de Philippe. Les mots de notre Roi étaient justes, parce que choisis dans le vocabulaire d'une humanité profonde. Opposer la haine à la haine, c'est poursuivre la sinistre besogne des terroristes, c'est alimenter les discours extrémistes, toujours en quête d'ennemis, en quête de cibles. Parce qu'il est trop souvent d'usage de donner la priorité au sensationnel, à l'explosion de violence, à la formule d'essence castagne, ne noyons pas cet "Osons la tendresse"  dans l'eau pestilentielle de ce bain où marinent violence, cynisme et manipulation. Oui, c'est un engagement royal qui peut surprendre, mais n'est-ce pas finalement la meilleure arme pour casser ces dynamiques nocives qui gangrènent nos sociétés? Oser ce qui nous réunit plutôt que ce qui nous divise. Oser ce qui nous rapproche plutôt que ce qui nous éloigne. Oser la tendresse?  Oui, Sire, définitivement". 

Thierry Dupièreux (quotidiens du groupe Vers l'Avenir)

jeudi 23 mars 2017

Le film belge "Sprakeloos"

Au cinéma, Hilde Van Mieghem vient de sortir le film "Sprakeloos"  (La langue de ma mère) qui est tirée du livre de Tom Lanoye dont je vous ai déjà parlé :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2012/10/tom-lanoye-un-ecrivain-belge-engage.html .

Notre amie Tania avait un réalisé un compte-rendu de ce livre :  http://textespretextes.blogs.lalibre.be/archive/2011/05/03/langue-maternelle.html

Que racontent ce livre et ce film?  Homosexuel quinquagénaire, Jan est un écrivain belge flamand qui réussit. Il mène sa vie sans trop se soucier de sa mère, une femme à la forte personnalité qu'il juge trop envahissante. Mais lorsque celle-ci est victime d'une crise d'apoplexie après la première de la nouvelle pièce dans laquelle elle tient la vedette, Jan est secoué. Lui qui la voyait comme inébranlable la découvre vulnérable. Les souvenirs familiaux remontent à la surface. Ce film belge sur la maladie a reçu beaucoup d'échos positifs des critiques.

Voici la bande annonce : http://www.cinecult.be/2016/12/21/la-langue-de-ma-mere-bande-annonce/

vendredi 17 mars 2017

A voir sur mes deux autres blogs

Sur mon blog consacré aux écrivains belges :



Activités du Musée et de l'Association Emile Verhaeren :  http://ecrivainsbelges.blogspot.be/2017/03/activites-du-musee-et-de-lassociation.html


Les 150 ans de "La légende d'Ulenspiegel" (Charles De Coster) :   http://ecrivainsbelges.blogspot.be/2017/01/les-150-ans-de-la-legende-dulenspiegel.html

Sur mon blog consacré à la famille royale belge :



La reine Mathilde et les Objectifs de Développement Durable de l'ONU :  http://familleroyalebelge.blogspot.be/2017/02/mathilde-et-les-objectifs-de.html



Bonne lecture!

jeudi 9 mars 2017

Emilie Dequenne dans le film belge "Chez Nous"

Le réalisateur belge Lucas Belvaux vient de sortir son nouveau film, "Chez Nous", qui ne passe pas inaperçu, vu le contexte électoral en France. C'est la comédienne belge Emilie Dequenne qui tient le rôle principal : celui d'une infirmière qui accepte de se présenter aux municipales sur une liste d'extrême-droite dans sa ville du nord de la France. Voici la bande-annonce du film :   https://www.youtube.com/watch?v=t7geYq0_jhI .

Emilie Dequenne a répondu aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse :

"Dans le film, vous vous engagez en politique sans bien savoir où cela va vous mener. Est-ce pareil au cinéma?
- On va dire que je suis assez aventurière dans l'âme. J'ai tendance à fonctionner à la confiance, au feeling. Une fois que je me suis engagée, je me donne à fond. Et généralement, çà marche...

- Ces dernières années, quand on fait le compte, vous avez travaillé davantage avec des réalisateurs français que belges?
- Oui mais les trois films marquants de ma carrière sont réalisés par des Belges!  "Rosetta" des frères Dardenne, "A perdre la raison" de Joachim Lafosse, et "Pas son genre" de Lucas Belvaux, que je retrouve d'ailleurs pour ce nouveau "Chez Nous". Après, si les Belges ne viennent pas me chercher, je ne vais pas leur courir derrière! Je suis plutôt patiente, je fais des choix assez différents. Donc çà ne me dérange pas d'attendre qu'on me propose un rôle fort....qu'il vienne de n'importe où.

- Vous avez été révélée par "Rosetta" des frères Dardenne. Ce n'est pas trop lourd à porter, encore maintenant?
- Non, j'en suis fière. C'est ce qui fait que je suis là aujourd'hui. C'est grâce aux Dardenne que j'ai encore aujourd'hui la liberté de choisir ce que j'ai envie de faire. Je sens que, même plus de quinze ans plus tard, j'ai encore une sorte de "label qualité" au-dessus de ma tête. C'est bête mais c'est comme çà. Je me sens respectée, je n'ai jamais eu l'impression de devoir me battre. On m'a toujours prise au sérieux, sans que moi, je me prenne au sérieux. Mais c'est vrai que çà a été une chance. Je n'oublierai jamais ce rôle-là. Et personne ne peut l'oublier. Il y a eu encore récemment un documentaire sur "Rosetta" à la télé, où l'on m'a interviewée sur le sujet. J'ai pris un plaisir fou à regarder ce documentaire qui est magnifique. Ca fait partie de moi, çà ne me saoulera jamais.

- Quel a été votre premier souvenir de cinéma en tant que spectatrice?
- C'était "Manon des Sources". La première fois que je suis allée au cinéma pour autre chose qu'un dessin animé, j'étais avec ma marraine. Je me souviens très bien : c'était au Plaza Art, le dernier cinéma d'art et essai de la ville de Mons. J'en suis ressortie bouleversée. Mais sans jamais oser me dire qu'un jour, j'apparaîtrais aussi à l'écran".

lundi 6 mars 2017

Quatrième album du chanteur belge Saule

"L'éclaircie", c'est le quatrième album du chanteur belge Saule en dix ans. On entend souvent en radio "Comme", le premier extrait de cet album (pour l'écouter :  www.youtube.com/user/SauleOfficiel).

Saule a répondu aux questions des journaux du groupe "Vers l'Avenir" :

"Après le succès phénoménal et un peu inattendu du single "Dusty Men" chanté avec Charlie Winston, ce quatrième disque a-t-il été difficile à écrire?
- Il y a eu une phase de remise en question, en tout cas. Je me mettais une pression moi-même mais aussi le label, surtout en France, où l'on n'a pas enfoncé le clou assez loin selon eux. Donc, ils ont voulu que je revienne très vite avec quelque chose de fort... C'est humain, mais pour moi, c'est une vraie interférence dans mon processus créatif. Cela m'a bloqué.

- D'où une sorte de fuite dans de multiples projets?
- Oui :  Gonzo (qui a été un vrai défouloir), un spectacle de chansons au Lido pour Franco Dragone où j'ai rencontré Yvan Cassart,... Tout çà m'a fait beaucoup de bien. J'ai repris du plaisir à écrire et j'ai écrit une chanson qui s'appelle "L'éclaircie", en pensant à la nature et à des gens qui cheminaient au milieu d'une forêt.

- Avec de nombreuses questions en arrière-plan?
- Qui es-tu à 40 ans mais aussi qui es-tu en tant qu'artiste? Dans Saule, il y a toujours eu une espèce de truc à multifacettes, avec l'amuseur d'un côté, et puis des choses plus dramatiques. Cet album m'a permis d'aller très loin dans l'identité. Il contient les chansons les plus personnelles que j'ai écrites jusqu'ici. Et au niveau musical aussi, aujourd'hui, j'assume.  Je me suis dit : on fait ce qu'on a envie. On s'en fout du single ou autre. Et là, bizarrement, m'est venue l'idée de "Comme" qui est une chanson tout à fait dans l'air du temps mais dans laquelle je fais un pied de nez au style. On a donc un morceau très formaté, mais qui parle du format. Ca m'a plu d'écrire ce morceau dans le style de "Dusty Men" pour montrer que j'aime bien çà, mais surtout parce qu'il y a un vrai propos au niveau de l'écriture derrière.

- Il y a aussi une lecture qui a été très importante?
- Oui, c'est "Le pouvoir du moment présent" d'Eckhart Tolle. Dans ce livre, il parle de la dépendance esclavagiste que peuvent avoir les individus sur leur passé ou leur futur, ce qui était plutôt mon cas. A 40 ans, cela concernait aussi bien ma vie de couple, ma vie en tant qu'individu, ma vie sociale et ma vie d'artiste. Depuis, je me suis mis à faire de la méditation, de la cohérence cardiaque. Cela m'a vraiment fait beaucoup de bien.

- 40 ans, c'était un âge qui vous faisait peur?
- Pas plus que çà. C'est un âge charnière où d'un côté, il y a les rêves d'adolescent qui pour ma part se sont concrétisés, et puis il y a de l'autre côté l'aube de la vieillesse. Donc, forcément, cela ramène à plein de questions... C'est humain.

- Certaines choses évoquent la crise de couple. Ecrire sur ce sujet, cela a permis de rétablir certaines choses?
- C'était plutôt prémonitoire. Je ressentais qu'il y avait quelque chose dans mon couple qui n'allait pas... L'écriture et la musique m'ont permis d'avoir une forme d'exutoire. On a failli rompre et puis on s'est remis ensemble, et c'est un nouveau souffle pour nous. Cela ne m'intéressait pas de parler de moi mais plutôt des sentiments qui nous habitent. Et à la fin, cet album est aussi rempli d'espoir. Finalement, ma ligne de vie et ma ligne d'écriture se sont rejointes à un moment donné.

- Vous parlez de "On part" ou de "Et pourtant je marche"?
- Oui, ce sont des chansons de renouveau, en fait. Il y a un groupe qui m'a beaucoup influencé sur ce disque, c'est Arcade Fire. J'avais envie d'avoir comme une sorte de chœur présent tout au long de l'album, plein de voix. Je me suis demandé si ces chœurs avec en plus les cuivres et les cordes, cela allait marcher en français. Cela a été le cas et je me suis dit que cela allait être l'ADN de l'album".

lundi 27 février 2017

Le 1.300ème article de ce blog

Editorial de Philippe Martin du 11/02/2017 dans les journaux du groupe Vers l'Avenir :

"Ce n'est pas tous les jours qu'il en a l'occasion, alors il ne s'en prive pas :  le premier ministre Charles Michel s'est emparé du rapport annuel de la Banque Nationale pour souligner les résultats de son action et les bienfaits de son gouvernement. Et sur les 280 pages du document, un chiffre fait rougir le premier ministre de plaisir :   ce sont les 59.000 emplois créés en 2016, contre les 42.000 l'année précédente...et les pertes de 2013. Croissance de l'emploi, donc augmentation du pouvoir d'achat, donc meilleure protection sociale. Tout cela grâce à la réduction des charges patronales et l'effacement du handicap salarial qui pénalisaient précédemment notre économie. C.Q.F.D : la politique libérale du gouvernement belge était la bonne, se délecte Charles Michel.

La démonstration vaut pour les moyennes nationales et pour les statistiques. Parce que, au cas par cas, tout le monde n'y trouve pas son bonheur, comme l'ont fait remarquer les présidents de la CSC et de la FGTB qui sont pourtant membres du conseil de régence de la Banque Nationale. Et la réforme du travail? Et la sauvegarde des droits sociaux? Et la fiscalité plus juste? Les syndicats ne nient pas l'embellie pour les créations d'emplois et la compétitivité des entreprises mais ils voient surtout les avantages accordés au patronat et au monde de la finance.

La vérité se trouve des deux côtés à la fois. S'il est vrai que l'économie belge a comblé une partie de son retard et semble bien orientée sur la voie de la croissance (le Bureau du Plan le confirme aussi), il n'en reste pas moins vrai qu'une part importante de la population souffre d'une baisse de revenus et d'une couverture sociale de plus en plus défaillante. Du reste, la Banque Nationale modère aussi son enthousiasme. Ainsi, l'inflation est repartie à la hausse et le coût des services grimpe de façon inquiétante. Par ailleurs, si le taux d'emploi a augmenté, le marché du travail reste très pénalisant pour les plus âgés et les moins formés. Et si l'on n'y prend pas garde, la dette publique progresse également, s'inquiète la Banque Nationale. Ce qui reste toujours un héritage préoccupant pour les générations futures. Autrement dit, les premiers fruits sont là. Mais jusqu'à présent, il vaut mieux être fort, riche et bien portant pour en profiter pleinement".

Croisons les doigts pour que cette légère amélioration de la situation économique de notre pays continue...

jeudi 23 février 2017

Musée La Boverie à Liège

Après vous avoir parlé il y a quelques jours du Grand Curtius, place à un autre lieu culturel de Liège :  La Boverie. Niché au cœur d'un écrin de verdure, le parc de la Boverie a été choisi par la Ville pour installer le nouveau centre international d'art et de culture, appelé plus simplement La Boverie. Le lieu est idéal puisqu'il est relié au quartier des Guillemins et à sa nouvelle gare par une passerelle.

Ce n'est pas à proprement parlé un nouveau musée puisque le bâtiment date de 1905. Il avait été construit pour accueillir le pavillon principal de l'Exposition Universelle. Nécessitant une très sérieuse réhabilitation, le projet a été confié à l'architecte français Rudy Ricciotti (à qui on doit le Mucem à Marseille et le département des arts de l'islam au Louvre). Il a opté pour une intervention mesurée plutôt que pour un geste architectural fort. L'élément neuf le plus visible est constitué par une extension vitrée.

Le niveau inférieur du musée accueille le meilleur des collections des Beaux Arts de la Ville de Liège qui possède plusieurs milliers d'oeuvres, dont des toiles de Picasso, Ensor, Gauguin, Monet, Chagall ou Ingres. Le premier étage accueille des expositions d'envergure sur environ 3.000 mètres carrés. Ouvert en mai 2016, ce musée remporte un vif succès, notamment grâce à l'exposition de la collection du grand-père d'Anne Sinclair.

Notre amie Tania a placé sur son blog deux comptes-rendus intéressants et bien documentés sur ce musée, que je vous invite à lire :

http://textespretextes.blogs.lalibre.be/archive/2016/06/26/la-boverie-nouvelle-1151835.html

http://textespretextes.blogs.lalibre.be/archive/2017/02/06/retour-rue-la-boetie-1155416.html

lundi 20 février 2017

Le parc Durbuy Adventure Valley

Né à Gand en 1965, Marc Coucke est le président du groupe pharmaceutique Omega Pharma qu'il a cofondé et qui a fait de lui un milliardaire. Avec cet argent, il investit dans différents endroits du pays : en province de Flandre Occidentale (il est actionnaire majoritaire du club de football d'Ostende), en province du Hainaut (il est co-propriétaire du parc Pairi Daiza avec Eric Domb) et en province du Luxembourg (à Durbuy où il rachète beaucoup de choses).

Plus d'infos et de photos sur Durbuy grâce aux photos de notre amie Mimi du Sud :   http://journalpetitbelge.blogspot.be/2013/12/la-ville-de-durbuy.html

A Durbuy, Marc Coucke et son associé Bart Maerten rachètent beaucoup de choses ces derniers mois :   l'ancien parc Durbuy Aventures, des petits maisons de la vieille ville (qu'ils veulent louer à des artisans locaux), 25 hectares du domaine de Hottemme, des restaurants, le camping de la Chênaie, etc. Objectif des deux associés :  créer un parc Durbuy Adventure Valley. Si l'intérêt économique est évident (23 emplois ont été créés en 2016 et une cinquantaine d'engagements sont prévus pour 2017-2018), certains craignent que la petite ville perde son authenticitié. Seul l'avenir nous le dira...

Marc Coucke a répondu aux questions des quotidiens du groupe Vers l'Avenir :

"On vous voit souvent à Durbuy...
- Effectivement, ce projet me tient à cœur. C'est un projet dans lequel je m'investis à fond avec Bart Maerten. Nous enchaînons les réunions pour mener à bien ce projet dans le respect des règles et de l'environnement. C'est incroyable comme il a évolué en sept mois, depuis la conférence de presse de présentation du 24 juin dernier. Je n'ai jamais vu un projet qui roulait comme çà.

- Vous venez de présenter le concept Durbuy Adventure Valley. Pouvez-vous l'expliquer?
- En fait, La Petite Merveille reste le nom du projet global. Mais Bart m'a fait remarquer, à juste titre, qu'il fallait ajouter une référence à Durbuy, qui est plus porteur en terme touristique. C'est pourquoi nous avons décidé que la partie "parc" du projet, se déployant sur trois collines et trois vallées et proposant de multiples activités, porterait le nom de Durbuy Adventure Valley.

- Pourquoi communiquer aujourd'hui alors que la saison touristique commence dans un mois?
- Car les opérations évoluent bien et que nous avons envie de montrer toutes ces évolutions. Et parce que pour la première fois, nous avons un projet global qui, sur la carte, forme une entité unique avec le regroupement des activités de La Petite Merveille (vacances scolaires) et du parc d'attractions. Nous pensons d'ailleurs préserver le bois de Famenne que nous avions acquis car Natagora nous a indiqué qu'il y avait des espèces protégées comme les papillons.  Il faudrait que Durbuy soit plus attractive toute l'année et soit moins dépendante des conditions météorologiques. C'est pourquoi nous allons aménager des activités indoor. Actuellement, hors grands événements, on fait vite le tour de la ville. A nous de trouver des activités ou des artisans pour les faire rester et passer un bon séjour".

jeudi 16 février 2017

Le Grand Curtius à Liège

                                 Image illustrative de l'article Grand Curtius

Situé dans le quartier historique de la Cité Ardente, le Grand Curtius (www.grandcurtiusliege.be) regroupe un ensemble de monuments mis en valeur par un aménagement des espaces intérieurs et extérieurs soulignant l'esprit de continuité entre le passé et le présent.

Modèle de la Renaissance mosane, avec ses briques rouges et ses fenêtres à croisées, le majestueux bâtiment principal a été construit au début du 17ème siècle comme hôtel particulier pour Jean Curtius, un riche Liégeois qui avait fait fortune grâce au commerce d'armes. En 1909, la Ville de Liège, désireuse d'exposer ses collections dans un endroit approprié, rénove le palais Curtius pour le transformer en musée. Dans son tout récent réaménagement, l'espace muséal s'est vu valorisé par la création d'un vaste centre d'interprétation réunissant un îlot d'édifices voisins.

Le Grand Curtius abrite dans son nouvel écrin plus de 5.000 pièces provenant des collections prestigieuses de plusieurs musées spécialisés. Le département d'archéologie expose de riches collections gallo-romaines, le précieux Evangéliaire de Notger. Le département Art religieux et Art mosan retrace l'évolution de l'art religieux dans le diocèse de Liège depuis le haut Moyen Age. Le musée possède également un département dédié à l'armurerie et un autre consacré aux arts décoratifs (porcelaine, faïence, orfèvrerie et mobilier). Il héberge également l'une des plus prestigieuses collections mondiales de verres riche d'environ 10.000 pièces dont un grand nombre permettant de retracer l'histoire des cristalleries du Val-Saint-Lambert.

La visite du Grand Curtius se combine facilement avec celle du nouveau musée La Boverie (www.laboverie.com) puisque les deux musées sont reliés par une navette fluviale.

lundi 13 février 2017

Expo sur la Sabena à l'Atomium

             

Jusqu'en septembre 2017, deux sphères de l'Atomium présentent une exposition temporaire sur la Sabena qui avait vu le jour en 1923. Pourquoi le nom Sabena? Car il signifie Société Anonyme Belge d'Exploitation de la Navigation Aérienne. L'expo "Voyager glamour" parcourt l'histoire de la Sabena, sans nostalgie ni parti pris, depuis ses débuts à l'aéroport de Haren jusqu'à sa fin brutale en 2001, en passant par son déploiement international sur quatre continents et son réseau régional d'hélicoptères. Elle était la troisième plus ancienne compagnie aérienne du monde.

Pour illustrer les 78 ans d'exploitation de ce fleuron de l'aviation commerciale, l'expo fait découvrir aux visiteurs des maquettes d'appareil, des uniformes, des affiches, des photos, des vidéos d'archives, des gadgets, etc. Une attention toute particulière est portée à celles et ceux qui travaillaient pour la compagnie et s'appelaient eux-mêmes "les Sabéniens". Le parcours de l'expo reproduit le passage au comptoir d'enregistrement, l'accueil à bord, la vie en vol.

Début de l'odyssée (1919-1930) :  les premières expériences de vols, la constitution du Syndicat pour l'Etude des Transports Aériens, la fondation de la Sabena en 1923, le premier vol vers le Congo en 1925 (75 heures !).

Croissance et progrès (années 30 et 40) :  le développement commercial, les avancées techniques comme les systèmes fiables de radio, les lignes fixes avec la colonie belge (deux vols par mois) et le bombardement de l'aéroport de Haren le 10 mai 1940.

Les années dorées (années 45-60) : l'arrivée des hélicoptères, la révolution des jets, l'augmentation de la flotte, des employés et des voyageurs, mise en place d'une classe touriste en 1952, les rapatriements humanitaires d'urgence en Boeing 707 après l'indépendance du Congo en 1960.

Départs en vacances (années 60-fin 70) :  l'extension du réseau asiatique (vers Tokyo), l'augmentation du nombre de vacanciers et des vols vers l'Espagne, la Grèce, la Turquie, Malaga, l'Afrique du Nord, etc. On passe d'une classe unique à l'Economy.

Expansion, développement, croissance (années 80-90) :   la Sabena collabore avec d'autres compagnies et veut répondre avec souplesse aux besoins des clients.

Epilogue :  l'accord avec Air France en 1992, suivi du (très) malencontreux accord avec Swissair en 1995. Le dernier vol de la Sabena a lieu le 1er novembre 2001...

lundi 6 février 2017

Création de l'asbl CittàSlow Belgium

Créé  en Italie en 1999, le réseau international CittàSlow ("ville lente") compte aujourd'hui 228 villes réparties en 18 réseaux au sein de 30 pays des cinq continents. Tous les cinq ans, ces villes sont évaluées selon des critères très précis, comme la mise en valeur du patrimoine historique à travers des zones piétonnes, des lieux et du mobilier qui favorisent les échanges, via le développement de commerces accueillants de proximité et de leurs produits de terroir, par la promotion d'échanges intergénérationnels et des coutumes locales, et dans un souci d'ouverture à la mobilité.

Et en Belgique?  Quatre communes hennuyères proches l'une de l'autre (Silly, Enghien, Lens et Estinnes) sont les premières à se lancer dans l'aventure, suivies ensuite par une commune de la province de Liège (Chaudfontaine) et une commune de la province du Limbourg (Maaseik). En 2016, ils décident ensemble de promouvoir les critères de qualité du réseau international en créant l'asbl CittàSlow Belgium (composée notamment du bourgmestre de Silly Christian Leclercq, du bourgmestre de Maaseik Jan Creemers, de la bourgmestre d'Estinnes Aurore Tourneur, du bourgmestre f.f. de Chaudfontaine Laurent Burton, de l'échevin d'Enghien Jean-Yves Sturbois, de l'échevin de Lens Bruno Beltrame).

Jan Creemers, bourgmestre de Maaseik, a confié à la presse :   "Situés à l'extrémité du Limbourg, à la frontière des Pays-Bas, nous participons naturellement à une eurozone avec nos voisins hollandais. C'est donc mon collègue et voisin d'Echt-Susteren, membre du CittàSlow batave, qui m'a vanté les mérites du réseau. C'est ainsi que j'ai contacté Christian Leclercq. Les pratiques citoyennes et l'environnement de notre belle commune se prêtent à l'esprit du réseau international. Nous allons maintenant essayer de convaincre d'autres communes flamandes".

Christian Leclercq, bourgmestre de Silly :  "CittàSlow, c'est un cadre et un cahier des charges précis à respecter. Chacune de nos communes les a intégrés dans sa gestion quotidienne et à long terme. Ce qui est passionnant, c'est que nous nous nourrissons tous des déclinaisons particulières mises en place chez nos partenaires en fonction de leurs spécificités locales. C'est un formidable lieu d'échanges et de convivialité, dans lequel les couleurs politiques n'ont pas leur place".

jeudi 2 février 2017

Succès de l'entreprise Lutosa

Régulièrement, je vous parle des succès de nos entreprises belges. C'est le cas de l'entreprise Lutosa, fleuron de la transformation de pommes de terres, depuis plusieurs décennies. D'où vient le nom Lutosa? C'est la traduction latine de Leuze (la ville où elle a vu le jour), signifiant marécages.

Passons à quelques chiffres. Lutosa emploie un millier de personnes travaillant soit sur le site de Leuze-en-Hainaut (province du Hainaut), soit sur le site de Waregem (province de Flandre Occidentale). En 2016, ils ont transformé l'équivalent de 750.000 tonnes de pommes de terre en 425.000 tonnes de frites et autres spécialités surgelées. 90% de sa production est destiné à l'exportation dans 131 pays à travers le monde. C'est la plus grande usine du groupe Mc Cain qui l'a rachetée en 2013.

Projet pour 2017 : pour répondre aux désirs de croissance de Lutosa, une nouvelle ligne de production sera construite dans le zoning industriel de Leuze-en-Hainaut, avec une ouverture programmée pour le 1er janvier 2018. Avis aux personnes intéressées : plusieurs postes sont à pourvoir sur le site Internet de Lutosa (assistant opérationnel, export manager, opérateurs emballage, p.ex.).

lundi 30 janvier 2017

Les 150 ans de "La légende d'Ulenspiegel"

Après l'année 2016 où on a commémoré le centenaire du décès du poète Emile Verhaeren,   2017 verra la célébration du 150ème anniversaire de la sortie de "La légende d'Ulenspiegel" par l'écrivain belge Charles De Coster. Il fait aujourd'hui partie de la collection Espace Nord qui a préparé un dossier pédagogique pour les enseignants (plus d'infos :  espacenord.com/la-legende-d-ulenspiegel--113.htm).

De père flamand et de mère wallonne, Charles De Coster (1827-1879) est un écrivain belge de langue française qui est passé à la postérité pour son livre "La légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel". Ce récit épique et populaire se déroule à Damme au 16ème siècle et a pour toile de fond la résistance de la Flandre à la tyrannie sectaire de Philippe II d'Espagne. Epris de justice et de liberté, le personnage de Thyl Ulenspiegel - dont le nom a donné espiègle à la langue française - symbolise l'affranchissement des peuples opprimés. Lors de sa sortie, ce livre est critiqué et n'a pas beaucoup de succès, mais il est aujourd'hui considéré comme le début de la littérature belge. Traduit en une trentaine de langues, il a été adapté au théâtre, à l'écran, en comédie musicale et en bande dessinée.

jeudi 26 janvier 2017

"Le géranium de Monsieur Jean" (Michel Torrekens)

Né en 1960 à Gembloux, Michel Torrekens est rédacteur en chef-adjoint du magazine parental "Le Ligueur". Après deux recueils de nouvelles ("L'herbe qui souffre" et "Fœtus fait la tête"), il sort en 2012 son premier roman, "Le géranium de Monsieur Jean". Dans ce livre bien écrit et agréable à lire, Monsieur Jean, veuf et père de trois enfants, se retrouve en maison de retraite :

"Je ne peux plus me déplacer sans aide. La plupart du temps, c'est une soignante qui se porte à mon secours. C'est bien le mot : secours. Je suis en situation continuelle d'assisté, obligé de me plier au bon vouloir d'une autre personne. Cela m'a appris l'humilité. Bien malgré moi. Après avoir dirigé des années durant une équipe de quinze personnes, je ne suis plus maître de moi-même. Vous avez beau pensé que cela risque de vous arriver un jour, vous vous bercez le plus longtemps possible d'illusions".

Monsieur Jean refuse de rencontrer les autres pensionnaires et de participer aux activités prévues. Il préfère rester dans sa chambre et revient sur différents épisodes de sa vie dans une sorte de méditation intérieure. Avec humour d'une part, nostalgie et mélancolie d'autre part.

Cliquez ici pour retrouver une interview de Michel Torrekens par la RTBF où il explique ses motivations à écrire ce roman :  http://www.rtbf.be/culture/article/detail_le-geranium-de-monsieur-jean-le-premier-roman-de-michel-torrekens?id=7892809

jeudi 19 janvier 2017

"Les aventures de Billy" (Marcelle Pâques)

                        livre,enfants,fêtes,salons,poésie,humour
Vous avez un cadeau à faire à vos enfants, petits-enfants, filleuls?  Et vous voulez en même temps donner un coup de pouce à une amie bloggeuse?  Voici une petite idée :  "Les aventures de Billy", le dernier livre de notre amie Marcelle destiné aux enfants. Il raconte les aventures d'un petit ours en peluche qui se transforme la nuit grâce à la complicité de son amie la fée. Les illustrations sont de Catherine Hannecart et il est publié aux éditions Chloé des Lys.

Et si vous aimez la poésie, Marcelle Pâques a écrit un recueil de poésies, "Bientôt les jonquilles", dont j'ai déjà parlé sur mon blog consacré aux auteurs belges :  http://ecrivainsbelges.blogspot.be/2014/01/premier-recueil-de-poesie-de-marcelle.html

Parlez-en autour de vous, sur Facebook ou sur vos blogs! Merci d'avance pour Marcelle.

jeudi 12 janvier 2017

Les 10 ans d' Ice-Watch

A l'occasion des 10 ans de son entreprise Ice-Watch basée à Bastogne (province du Luxembourg),  Jean-Pierre Lutgen a répondu aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse :

"Après dix années d'existence de votre marque, quel bilan tirez-vous?
- D'abord, c'est un vieux rêve qui s'est ainsi mis en place. Pas spécialement créer des montres, mais créer une marque, créer de la valeur à travers une marque. Et tout au long de ces dix années, çà a été beaucoup de rencontres, beaucoup de portes qui se sont ouvertes, beaucoup d'opportunités, beaucoup de travail aussi, mais également beaucoup de liberté.

- Qu'est-ce qui fait le succès d'Ice-Watch?
- Il y a des choses impossibles à savoir. Ca peut sembler étonner à certains, mais je crois aux forces de l'esprit, je crois que j'ai été aidé de l'extérieur, c'est comme un sixième sens... Et puis, il y a la confiance qu'on donne aux autres et qu'ils vous donnent en échange. Mais tout le monde doit s'y retrouver et en tirer un certain profit. Il faut que les réseaux de distribution soient satisfaits. Il faut aussi faire connaître son produit et là, les médias nous ont bien aidés. On s'est donné beaucoup de visibilité à travers des salons ou des stars comme David Guetta, Jennifer Lopez ou Avril Lavigne. Et enfin, alors qu'on arrivait dans un marché très saturé, il y avait par contre de la place pour nos modèles en plastique, très colorés et proposés à un prix attractif permettant cette valeur sociale qu'est le changement. On change beaucoup de tout aujourd'hui et nous, on s'est adaptés à çà.

- Qu'est-ce qui vous a le plus satisfait durant ces dix années?
- Toutes les rencontres internationales que j'ai pu faire, des gens de toutes les cultures. Aujourd'hui, je peux aller dans n'importe quel pays, je serai toujours bien reçu par ces gens que j'appelle mes amis et qui sont mes distributeurs. J'y ai vraiment gagné en relations humaines.

- Et ce qui vous a le moins satisfait, déçu peut-être?
- Peut-être un surcroît de confiance... Quand on la donne et qu'on se trompe, le retour de manivelle peut être très fort.

- Quels sont vos projets pour l'avenir?
- Dans le courant de l'année 2017, nous devrions avoir quelques beaux partenariats avec des artistes belges. Et puis, on va revenir à de nouveaux présentoirs, complètement différents. La montre va être complètement libérée, elle va sortir de sa boîte qui avait permis de la faire connaître et de la mettre en valeur via le volume qui lui était donné grâce à cette boîte. Mais nous avons aussi besoin d'une bonne concentration pour rester actifs dans notre segment : cette année, nous enregistrons une baisse de 20%. Il faut donc être attentif à nos concurrents et nos concurrents, c'est un ticket Ryanair, un bon resto, une journée bien-être...tous ces petits plaisirs à une centaine d'euros.

- Vous envisagez de nouveaux marchés?
- Oui, nous espérons pouvoir retourner vers les Etats-Unis et le Canada mais il faut le faire avec des partenaires car seuls, ce n'est pas possible. Il faut arriver en groupe vers les réseaux de distribution de ces pays".

lundi 9 janvier 2017

Premier single de Loïc Nottet

A l'occasion de la sortie de sa chanson "Million Eyes" (pour l'écouter :   https://www.youtube.com/watch?v=68EnJITH-5Q), le chanteur belge Loïc Nottet - qui s'est fait connaître grâce à ses participations à "The Voice Belgique" et "Danse avec les stars" -  a répondu aux questions des journaux du groupe Sud Presse :

"Cela fait un moment que le public attendait votre premier single. Dans quel état d'esprit êtes-vous?
- Je suis content et stressé. C'est assez bizarre. En fait, je suis très impatient que la suite arrive : la sortie de l'album et surtout pouvoir faire mon propre concert. J'ai hâte de retourner sur scène, mon endroit préféré, pour retrouver les gens. Je sens mon rêve se réaliser.

- Et justement, cet album, où en est-il?
- On va dire qu'il est terminé à 90%. Il y a encore les derniers réglages à faire mais il est prévu pour le printemps 2017. On va tout faire pour s'y tenir. Pour l'instant, je travaille un maximum sur ce single "Million Eyes".

- Sur les réseaux sociaux, les fans se sont demandés si vous étiez toujours vivant...
- J'avoue : j'avais surperpeur. Je me demandais si j'allais répondre à leurs attentes. C'était un choix de s'éclipser. Je ne suis pas du genre à apparaître sur Internet si je n'ai pas de message particulier à faire passer. J'espère que les gens aiment bien ce que j'ai fait, les critiques sont bonnes. "Million Eyes" a vite dépassé le million de vues sur YouTube, notamment grâce aux réseaux sociaux. Mais c'est vrai que moi, je n'y suis pas beaucoup. Je sais qu'on est souvent curieux de savoir ce que son artiste préféré fait, je le suis aussi....mais pas avec moi!

- Qu'est-ce qui vous a inspiré pour ce single et pour l'album?
- Je tire mon inspiration de mon vécu. Alors, oui, je n'ai que 20 ans, je n'ai pas connu la maladie ou autre. Mais je parle de problèmes de cours de récré, de l'adolescence. Je m'inspire de ce qui m'a touché et je parle beaucoup de la différence. Le message que je veux faire passer, c'est qu'il faut toujours être fier de soi.

- Vous êtes perfectionniste et touche à tout. Avez-vous mis votre patte partout pour cet album ou avez-vous un peu baissé la garde?
- Et non, pour çà, je n'ai pas changé : il faut toujours que l'idée première vienne de moi. Maintenant, il y a des gens plus spécialistes qui m'aident à réaliser ce que j'ai dans le crâne. Pour les chansons, j'ai réalisé la base. Et puis Alexandre Germys retravaille le tout. Vu que je ne suis pas bilingue, je me suis fait aider pour les paroles par Myah. Idem pour la scénographie des concerts, il faut que j'imagine le premier jet. Pareil pour la chorégraphie, le stylisme.

- "Danse avec les stars" vous a apporté une notoriété en France. Une envie de conquérir ce pays?
- Le public de "Danse avec les stars" ne m'a pas oublié et TF1 a partagé mon single. Maintenant, qu'est-ce qu'il représente en France? Je ne sais pas. Je ne suis certainement pas connu partout, mais je vais essayer de tout faire pour.

- Quel serait le plus beau retour du public sur votre single?
- Ca me toucherait vraiment de voir "Million Eyes" repris dans "The Voice". Ce serait une belle reconnaissance et une façon de rester présent dans l'émission... Maintenant, çà dépend comment on l'interprète : si c'est mieux que moi, je serai triste, mais content d'avoir donné envie de la chanter, que quelqu'un ait compris le message".

P.S. Cela n'a rien à voir avec Loïc Nottet que j'apprécie, mais de manière générale, cela m'agace l'utilisation excessive du mot "single" dans les médias, alors qu'on pourrait tout simplement utiliser le mot "chanson"...  Et vous, qu'en pensez-vous?