lundi 17 septembre 2018

"Les Armes de Bruxelles" redevient belge

Bonne nouvelle :   le célèbre restaurant "Les Armes de Bruxelles"  redevient belge et ouvrira à nouveau ses portes cet automne.  En 2006,  la famille fondatrice Veulemans vend son restaurant au groupe français Flo qui transforme la carte typiquement belge en une carte traditionnelle de brasserie française. Le chiffre d'affaires diminue et les attentats de 2016 à Bruxelles vont leur porter le coup fatal (comme à d'autres établissements de la capitale d'ailleurs). Le groupe français revend le restaurant à l'homme d'affaires Aldo Vastapane qui cède la gestion aux frères Beyaz.

Mais les frères Beyaz ne parviennent pas à gérer tous leurs restaurants :  assurances incendie non payées, retards de paiements des salaires des 160 employés, dette de 3,5 millions d'euros à l'ONSS. La faillite est déclarée et les curateurs cherchent des repreneurs pour les 12 établissements bruxellois détenus par les frères Beyaz (les Brasseries Georges, la Maison du Cygne, la Brasserie de l'Ommegang, le Manhattan, le Paon royal, le Café de l'Opéra, le North Express, la Pergola, la Brasserie de Bruxelles, la Chaloupe d'Or, le Frederiksborg, les Armes de Bruxelles).

Concernant "Les Armes de Bruxelles", il est repris par son voisin d'en face :  Rudy Vanlancker, cinquième génération propriétaire du resto "Léon", célèbre pour ses centaines de kilos de moules et frites vendues par jour. On parle d'un montant de 800.000 euros avec reprise des 40 membres du personnel. Quelques travaux sont nécessaires mais Rudy Vanlancker souhaite garder la décoration à l'identique, en particulier le bar Art Déco qui faisait sa réputation. Il désire que cette brasserie retrouve sa clientèle bourgeoise du temps de la famille Veulemans, complémentaire de "Léon" qui vise plus les touristes.

On ne peut que souhaiter bon vent à ces deux établissements typiquement belges de notre capitale. Et vous,  où aimez-vous aller manger dans notre capitale?  Faites-nous part de vos coups de cœur dans les commentaires.

jeudi 13 septembre 2018

"Dos au public" (Léo Beeckman)

Je vous ai déjà parlé de la maison d'édition belge Weyrich et de leur collection "Plumes du Coq", et j'ai choisi cette fois de lire "Dos au public", le roman posthume de Léo Beeckman. Né dans une famille modeste de Gand en 1948, il se passionne pour le théâtre et la littérature en autodidacte. Installé en région bruxelloise, il travaille pendant plus de trente ans pour les Lettres belges francophones jusqu'à sa retraite, et participe à de nombreux salons du livre à l'étranger. Il est décédé à Schaerbeek en 2017, quelques mois avant la sortie de son premier roman.

"Dos au public" est un roman bien écrit et agréable à lire, qui se passe entre Gand, Malines et Bruxelles. Il raconte la vie d'Arthur Degroot qui quitte sa ville natale de Gand pour faire son service militaire. Son supérieur Gaston lui propose de jouer de la contrebasse dans un petit orchestre, ce qui lui permettra d'éviter différentes corvées. Afin de surmonter sa peur, Arthur se place dos au public, ce qui explique le titre du livre. Le service militaire tant redouté devient une période heureuse pour lui. Quelques années plus tard, afin de le sortir de sa dépression, son épouse Rachel retourne sur le passé d'Arthur à la recherche de ses amis musiciens. Et sans vouloir en dire trop, la fin du roman est totalement inattendue, et plus profonde que ce que le reste du livre aurait pu laisser croire. Bref, ce premier - et malheureusement dernier - roman de Léo Beeckman est plutôt réussi.

jeudi 6 septembre 2018

Les 90 ans d'Annie Cordy

A l'occasion de ses 90 ans,  la Ville de Bruxelles a souhaité honorer la chanteuse et comédienne belge Annie Cordy de trois façons en juillet dernier :  en lui proposant d'être l'invitée d'honneur 2018 du cortège de l'Ommegang,  en inaugurant un parc à son nom dans le quartier de Laeken où elle a grandi, et en y installant une fresque en noir et blanc réalisée à partir d'une photo.

Lors de son séjour à Bruxelles,  Annie Cordy a répondu aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse à l'Hôtel Métropole (autre symbole de notre capitale) :

"Vous venez d'avoir 90 ans. Qu'est-ce que cela représente pour vous?
- 90 ans? Ca ne change rien à ma façon d'être. Au contraire!  Ce n'est pas que je m'attache plus à la vie mais je profite de choses dont je n'ai peut-être pas eu le temps de profiter quand je faisais mon métier comme une dingue, comme une saltimbanque (les kilomètres, la radio, rentrer, repartir,...). Je profite d'abord de ma filleule Mimi, la fille de ma sœur, qui m'accompagne. Je n'ai plus d'autre famille, mais j'ai des amis que je retrouve.

Vous aimez fêter vos anniversaires?
- J'aime bien fêter mon anniversaire, mais pas boire!  Le calme est très agréable. J'aime être avec des gens que j'aime et que je n'ai pas l'occasion de voir très souvent.

- Depuis 2014, vous vivez à Cannes. Qu'aimez-vous sur la Côte d'Azur?
- La Côte d'Azur justement!  Même quand il flotte. Moi, j'adore un bon coup de flotte : ça me rappelle de toute façon ma Belgique, c'est déjà pas mal. Je n'aimerais pas vivre dans un pays où le soleil tape toujours. Du soleil et une bonne flotte de temps en temps :  ça rafraîchit, c'est bien, c'est le climat idéal. J'ai de belles descentes de fleurs. Ma maison est en hauteur et mon jardin descend. Ma vie est calme :  je sors, je plonge dans ma piscine, je sors... Et puis, je peux aller au marché où je connais tout le monde. C'est le pied!

- A 90 ans, que vous inspire le coup d'œil dans le rétroviseur?
- Purée, j'ai fait tout ça? Et je continue ma route pour aller vers 91, 92, 93... Je suis étonnée d'être toujours là, d'avoir des gens que j'aime autour de moi, et un public fidèle. Les gens dans la rue me lancent : "Salut Annie! Ca va bien? Fais attention à toi!".  Ca me fait plaisir.

- Quelle image aimeriez-vous que les gens gardent de vous?
- Ma bonne humeur, ma joie de vivre, mon amour de la vie.

- Pourquoi avez-vous gardé la nationalité belge?
- Mais parce que mes parents étaient belges et que moi, je suis belge. Où que j'aille, Bruxelles est dans mon cœur. Je suis née à Laeken. J'allais à l'école Funck et je prenais le tram 18. Ce sont des souvenirs merveilleux. J'ai dit à mon mari :  "Je veux bien t'épouser, mais je garde ma nationalité".

- En 2004, le roi Albert II décide de vous titrer baronne. Qu'est-ce que cela représente pour vous?
- Je suis très fière d'avoir été faite baronne, mais je suis la même personne. Pourquoi voudriez-vous que je change? Il est trop tard.

- Avec votre époux Bruno décédé en 1989, vous n'avez pas eu d'enfants. Un de vos regrets?
- Non. C'est que le bon Dieu avait décidé que je n'avais pas le droit d'avoir un enfant. Je n'en ai pas eu. Si j'en avais eu, j'aurais peut-être été encore plus heureuse que je ne le suis. Mais j'ai fait un métier que j'adore, j'ai rencontré plein de gens.

- Vous êtes à l'affiche du film "Tamara 2" d'Alexandre Castagnetti, et du court-métrage "Les jouvencelles" de Delphine Corrard. Quels sont vos autres projets? Aura-t-on encore le plaisir de vous retrouver en chansons sur scène?
- Peut-être...si on me propose un beau projet. Pourquoi pas?   Je vais enregistrer plusieurs contes pour enfants écrits par Nadine Monfils. J'aime bien réciter et jouer plusieurs personnages dans une récitation. J'adorerais aussi raconter l'histoire de chaque ville". 
       

lundi 3 septembre 2018

L'entreprise belge Croky

C'est l'entreprise belge Croky que je vais mettre aujourd'hui à l'honneur. La production de chips débute en 1966 dans la vieille ferme de la famille Huyghe dans les environs d'Ypres (Flandre occidentale). Pourquoi Croky?  Parce que ça croque d'une part, mais aussi car c'était le nom du perroquet de la famille à la base de l'invention de ces chips. Le perroquet est devenu également la mascotte et se trouve toujours sur les emballages. La société a ensuite été rachetée par l'entreprise agroalimentaire britannique United Biscuits en 1974. Mais trente ans plus tard, ils décident de concentrer leurs activités sur les biscuits :  aussi en 2004,  Roger&Roger (c'est-à-dire Roger Dick et Roger Mylle, tous deux installés à Mouscron) achète la marque Croky. Et depuis 2009, l'entreprise est à 100% dans les mains de la famille de Roger Dick.

L'usine Croky de Mouscron (province de Hainaut) emploie 350 personnes. Elle produit plus de 45.000 tonnes de chips par an qui sont envoyés dans 30 pays. Il faut savoir qu'il faut 3,5 kg de pommes de terre pour 1kg de chips. Un quart d'heure est nécessaire entre le produit but et le produit emballé (certaines machines emballent 100 sachets par minute). Les pommes de terres coupées sont plongées dans un bain d'huile de tournesol à 180 degrés durant 5 minutes (8 tonnes de chips sont cuites à l'heure). Croky propose 190 arômes différents.

jeudi 30 août 2018

Quelques belgicismes (3ème partie)

Guindaille  =  joyeuse sortie d'étudiants

Humanités =  études secondaires

Incivique =  collaborateur durant la guerre, par extension celui qui fraude l'Etat

Jobiste =  étudiant qui fait un job

Kinésiste =  kinésithérapeute

Lavoir =  laverie automatique

Livret de mariage =  livret de famille

Logopède =  orthophoniste

Mallette =  cartable, serviette

Navetteur =  personne qui fait la navette par un moyen de transport collectif entre son domicile et son lieu de travail

Panade =  repas d'enfant composé de gâteaux secs et de fruits écrasés

Pension =  retraite

Péréquater =  adapter au coût de la vie

Pigeonnier =  poulailler, galerie la plus élevée d'un théâtre

Plafonneur =  plâtrier

Praline  =  chocolat, bonbon de chocolat fourré

Préfixe =  indicatif téléphonique

Rejointoyage =  jointoiement

Remettre =  céder, vomir, rendre la monnaie

Sachet =  sac en papier ou en plastique destiné à contenir les achats du client

Salade =  laitue

Sandwich =  petit pain de forme allongée qui peut être fourré

Seniorie =  résidence pour personnes âgées

Souche =  partie détachable d'un carnet

Sous-plat =  dessous de plat

Subside =  subvention

Syllabus =  cours condensé destiné aux étudiants

Tapis =  papier peint

Tarmac =  macadam

Tenture =  rideau en tissu épais

TV =   télévision

Torchon =  serpillière

Tutute =  tétine

Vide-poubelles =  vide-ordures

Yogourt =  yaourt

jeudi 5 juillet 2018

Pause estivale...

Comme chaque année,  c'est l'heure pour le Journal d'un petit Belge de faire sa traditionnelle petite pause estivale...   Le temps pour moi de passer du temps avec mes proches, de partir en vacances, de me déconnecter un peu d'Internet, de lire, et de vous préparer de nouveaux articles (n'hésitez pas à me donner des idées d'articles dans les commentaires).  Je vous souhaite un bel été et, avec un peu d'avance, une bonne fête nationale. Je vous retrouve fin août...    A bientôt !

Profitez-en pour consulter mes deux autres blogs :   http://ecrivainsbelges.blogspot.be  et  http://familleroyalebelge.blogspot.be

lundi 2 juillet 2018

La Belgique en quarts de finale

Les Diables Rouges font jusqu'à présent un parcours sans faute à la Coupe du monde de football en Russie. Lors du premier tour, ils ont battu successivement le Panama (3-0), la Tunisie (5-2) et l'Angleterre (1-0). Cela leur a permis de terminer premiers de leur groupe avec neuf points.

Ce soir, en huitièmes de finale, la Belgique s'est imposée face au Japon (3-2). Nous sommes donc qualifiés pour les quarts de finale...face au Brésil. Là, je dois avouer que je n'y crois pas trop ; et vous?

Et quel est votre Diable Rouge préféré?  De mon côté, c'est Eden Hazard.

jeudi 28 juin 2018

Quelques belgicismes (2ème partie)

Brosse =  balai

Brosser =  balayer

Brosser un cours  = sécher un cours

Busé =  avoir un échec à un examen

Buse  =  tuyau de poêle ou chapeau haut de forme

Cagoulé =  masqué d'une cagoule

Caillant =  très froid

Candi(dature) =  premier grade universitaire

Carroussel =  manège de chevaux de bois

Casserole =  ustensile de cuisine avec anses, cocotte

Centre-avant =  avant-centre

Chicon = endive

Clenche, clinche =  bouton, poignée de porte

Clignoteur =  clignotant

Collocation =  internement de malades mentaux

Communal =  municipal

Commune =  municipalité

Confirmant(e) =  enfant qui reçoit le sacrement de confirmation

Copion =  document préparé pour la fraude à un examen, antisèche

Courtiser =  être fiancé à

Crème, crème à la glace =  crème glacée

Cumulet =  culbute

Décumul = séparation fiscale des revenus d'un couple

Détournement  = déviation

Distinction = mention

Dix heures =  repas ou en-cas consommé aux environs de 10h du matin

Doubler = redoubler

Ducasse = fête patronale, fête du village ou d'un quartier

Egouttage = pose d'un réseau d'égouts

Elocution = exposé fait par un élève devant le reste de la classe

Entièreté =  totalité, intégralité

Escabelle =  échelle double

Fancy-fair =  fête de bienfaisance ou d'école

Farde =  chemise, dossier ou cartouche de cigarettes

Femme d'ouvrage =  femme de ménage

Feu ouvert = âtre

Fourre-tout =  plumier, sac en matière souple, sans compartiments

Frauder =  passer quelque chose en fraude

Frotte-manche = flatteur

Gazette =   journal

(à suivre...)

Petit défi :   placer le plus de belgicismes (ceux ci-dessus ou d'autres) possible dans votre commentaire.   Belle fin de mois de juin ensoleillé à tous !

lundi 18 juin 2018

La Flandre à la Foire du Livre de Bruxelles

La Foire du Livre (francophone) de Bruxelles fêtera son 50ème anniversaire en février 2019. A cette occasion, elle a choisi la Flandre comme invitée d'honneur. Le ministre flamand Sven Gatz a déjà débloqué 400.000 euros pour aider les auteurs lors de cette foire ("Cela permettra de mieux nous faire connaître du public francophone, et de mieux rapprocher nos deux communautés dans une ville si diversifiée").

Voici 11 auteurs flamands vivants dont j'ai déjà parlé sur mon autre blog :












Et vous, quels sont vos coups de cœur littéraires au nord du pays?

jeudi 14 juin 2018

Les 60 ans des Schtroumpfs

Les Schtroumpfs sont nés il y a 60 ans de l'imagination du dessinateur Peyo (né à Schaerbeek en 1928 et décédé en 1992). Contrairement à Hergé qui a souhaité que Tintin meure avec lui, Peyo avait accepté que ses chers petits personnages bleus continuent après son décès. C'est aujourd'hui sa fille Véronique Culliford qui gère avec intelligence cet héritage. Afin de célébrer les 60 ans des Schtroumpfs,  un avion de Brussels Airlines a été peint à leur effigie,  une grande exposition interactive et ludique aura lieu cet été à Brussels Expo, et une fresque en leur honneur va être inaugurée près de la gare Centrale à Bruxelles. Bref, un anniversaire tourné vers le grand public (à l'opposé de ce que font les héritiers d'Hergé).

Véronique Culliford a répondu aux questions du magazine "Paris Match" :

"Quel regard portez-vous sur ces dix dernières années?
- Je suis contente de constater une belle progression. Il y a eu trois films au succès mondial qui ont permis de toucher les nouvelles générations d'enfants. Les défis sont notre lot quotidien et c'est ce que j'aime le plus dans mon métier. Tout projet, s'intégrant bien au contexte des Schtroumpfs, est envisageable. Alors on ose mais sans dépasser certaines limites. Tout va tellement vite avec les nouvelles technologies qu'il faut savoir prendre la balle au bond.

- Etes-vous toujours étonnée par l'aura incroyable des petits hommes bleus?
- Nous le sommes continuellement. Il suffit de voir le sourire d'un enfant devant une figurine ou un dessin animé pour me remplir de joie. Nous avons montré des premiers tests de notre nouvelle série de dessins animés, lors d'un festival, et les responsables des chaînes avaient le visage qui s'illuminait devant certaines scènes. Les adultes continuent à craquer pour les Schtroumpfs. Il y a de quoi vous motiver pour la suite!

- Les Schtroumpfs sont combattifs, courageux, solidaires, bienveillants. Votre père Peyo a-t-il imaginé un monde parfait?
- Ils vivent dans un monde idéal dont les parents rêvent pour leurs enfants. Mais un monde avec ses disputes, ses désaccords, ses dangers, sinon ce serait inintéressant. Peyo voulait dépeindre la réalité de la vie tout en riant, sans jamais se moquer. Il a su aborder des sujets parfois graves qui interpellent encore aujourd'hui. Nous essayons de garder cet esprit en n'hésitant pas à choisir des thématiques fortes, pas trop actualisées afin de traverser les générations. Les Schtroumpfs sont à la fois actuels et intemporels : c'est leur grande force.

- Comment garder un œil sur toutes les activités d'une telle société, notamment celles liées aux 60 ans, tout en suivant de près la foule de produits dérivés de la marque?
- Je peux compter sur une équipe en qui j'ai entière confiance, et je passe mes journées à lire des comptes-rendus. Je suis donc au courant de tout. Je reste, en effet, "la gardienne du temple" et il m'arrive de ne pas être d'accord sur l'octroi de certaines licences. Mais je suis capable d'écouter d'autres avis pour aller dans le sens des attentes du public.

- Quels sont les derniers projets qui vous ont marqué?
- Voir les Schtroumpfs au cinéma fut une expérience formidable. J'étais jeune au moment de "La Flûte à 6 schtroumpfs" : c'était bien mais j'ai surtout vu mon père y laisser sa santé. Cette fois, le challenge était d'autant plus grand que mon père n'était plus là. Il adorait les nouvelles technologies, je suis certaine qu'il aurait tenté cette aventure et n'aurait pas refusé que les Schtroumpfs intègrent le monde des humains. En tant qu'ancien projectionniste, il avait le cinéma dans le sang. L'avion Aerosmurf de Brussels Airlines est également un grand moment.

- Vous vous posez toujours cette question :  papa aurait-il aimé?
- Tous les jours. Sa photo est devant moi sur mon bureau, il me regarde et m'accompagne. Il est parti jeune mais j'ai pu avancer seule car il m'avait donné de solides bases. Mon père était un vrai gentil, il y a de lui dans les Schtroumpfs, et surtout dans Benoît Brisefer, son personnage préféré. Il n'a pas eu la vie facile, ayant perdu son père à huit ans, connu la guerre et les privations. Il s'est battu pour que sa famille ne manque de rien.

- On a l'impression que tout est possible avec les Schtroumpfs?
- Ils offrent, en effet, une infinité de possiblités car ils sont transgénérationnels et universels. Sans jamais oublier qu'on s'adresse aux enfants, tout en touchant les parents. Peyo n'a pas fait que les Schtroumpfs, ce serait bien de pouvoir honorer ses autres personnages. Mais on ne négligera jamais les albums de BD : ce sont nos racines. Un album des Schtroumpfs chaque année reste un incontournable. Ce qui n'empêche pas d'ajouter d'autres personnages, comme par exemple la série d'albums "Les Schtroumpfs et le Village des Filles" qui fonctionne très bien. Peyo a toujours voulu que son oeuvre continue puisque mon frère et moi travaillions déjà avec lui. Créer encore et toujours demeure notre motivation.

Nous continuons également notre engagement philanthropique. Quand j'ai accepté de faire partie du conseil d'administration d'Unicef Belgique il y a dix ans, j'ai pensé à mon père. Il n'aurait jamais refusé de participer à une cause de cette importance. Mon mandat se termine mais notre collaboration continue, nous avons les mêmes valeurs et les mêmes couleurs. Nous collaborons aussi avec les Nations Unies. Le Schtroumpf est un merveilleux porte-drapeau pour défendre des idées de paix et de solidarité. Et quand on a le succès que nous connaissons, il faut pouvoir renvoyer l'ascenseur".