lundi 22 avril 2019

Lionel Lhote à la Scala de Milan

Le baryton belge Lionel Lhote (45 ans) chantera en décembre à la prestigieuse Scala de Milan : il y interprétera Joseph dans "L'Enfance du Christ".

Lionel Lhote vient de répondre aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse :

"Jouer à la Scala, c'est un moment unique dans une carrière?
- Oui, bien sûr, c'est une sorte de consécration, même si je ne suis pas encore à la fin de ma carrière. C'est un honneur :  les plus grandes voix du monde lyrique ont pu y chanter. On va essayer d'en profiter au maximum ce jour-là. Je joue Joseph dans deux représentations de "L'Enfance du Christ" de Berlioz. Et j'ai la chance de le faire avec Sir John Eliot Gardiner, un grand chef d'orchestre anglais. Il est une sommité dans le monde et dans la musique de Berlioz. Tous les éléments sont réunis pour passer un moment agréable.

- Comment avez-vous obtenu ce rôle?
- La Scala m'a contacté pour savoir si j'avais la possibilité et le temps de participer. J'avais d'autres contrats possibles à ce moment de l'année, mais quand la Scala vous contacte, le choix est vite fait! Quand j'ai reçu la proposition, ça a été un grand plaisir. Au début, on n'y croit pas, on ne réalise pas tout de suite.

- Après cette consécration, y a-t-il encore d'autres défis à relever?
- Oui, bien sûr!  La Scala est une maison très réputée car les grands compositeurs italiens y ont présenté leurs créations, mais il y a d'autres grandes maisons :   l'Opéra de Paris, le Covent Garden à Londres et encore d'autres maisons aussi prestigieuses. Grâce à l'invitation de la Scala, elles m'ouvriront peut-être leurs portes?  C'est ça qui est excitant, il y a encore des choses à voir.

- Vous vous imaginiez chanter à Milan quand vous avez débuté?
- Quand on commence une carrière, on rêve de jouer dans ces lieux prestigieux. Mais le plus important, c'est de pouvoir exercer sa profession et donner du plaisir au public. Puis, quand des maisons comme la Scala vous proposent un rôle, c'est un plus. Certains chanteurs font une grande carrière sans avoir pu chanter là, ça n'enlève rien à leur carrière.

- Est-ce que vous avez un répertoire type?
- Le répertoire évolue avec la voix. Quand j'ai commencé il y a vingt ans, j'avais une couleur de voix différente. Chaque année, ma voix mûrit comme un bon vin. Au départ, on interprète des rôles plus légers, comme dans les opéras de Mozart ou Rossini. Quand la carrière avance, on reçoit des rôles plus imposants. Aujourd'hui, j'ai la chance de pouvoir aborder des grands rôles du répertoire italien. Comme dans "Aida" de Verdi qui était assez grandiose. L'essentiel est de préserver sa voix : elle est un instrument très fragile. Quand une corde de violon casse, on peut la remplacer, mais la voix…

- D'autres projets dans les prochains mois?
- Je pars bientôt en Angleterre pour préparer le festival d'opéra de Glyndebourne. J'y jouerai un opéra français, "Cendrillon" de Massenet. Il y aura aussi une croisière lyrique en Méditerranée sur le thème des grandes voix belges au soleil de l'Orient ; j'ai été choisi pour chanter avec José Van Dam".

Pour écouter Lionel Lhote :   https://www.youtube.com/watch?v=7e3BKobdBtY

jeudi 18 avril 2019

Bravo aux cyclistes belges

                   

        Victor Campenaerts après son record de l'heure:
 
Bravo à Victor Campenaerts (27 ans) qui est devenu le champion d'Europe du contre-la-montre en portant le record de l'heure au-delà des 55 kilomètres sur la piste du vélodrome mexicain d'Aguascalientes (le record étant détenu depuis 2015 par le Britannique Bradley Wiggins). C'est le quatrième Belge à inscrire son nom au palmarès du record de l'heure après Oscar Van den Eynde en 1897, Ferdinand Bracke en 1967 et Eddy Merckx en 1972.

                 


Bravo à Philippe Gilbert (36 ans) qui a remporté la célèbre course cycliste Paris-Roubaix. Elle vient s'ajouter à son très beau palmarès qui compte déjà notamment le Tour des Flandres, le championnat de Belgique, le Tour de Lombardie ou Liège-Bastogne-Liège.

Et par ailleurs, n'oublions pas qu'en juillet, la Belgique et Eddy Merckx vont être à l'honneur à travers le passage du Tour de France dans notre pays.

jeudi 4 avril 2019

Qui sera capitale culturelle européenne en 2030 ?

Quatre villes belges ont déjà été désignées capitale culturelle européenne pour une année :  Anvers en 1993,  Bruxelles en 2000,  Bruges en 2002, et Mons en 2015.  Cet honneur nous sera à nouveau donné en 2030, et le choix définitif sera fait en 2024.  Plusieurs cités se sont déjà dites intéressées sans avoir cependant déposé une candidature officielle :   Courtrai, Louvain, Bruxelles, Charleroi, Liège, p.ex.

Et vous, qu'en pensez-vous?  Personnellement, même si c'est notre capitale qui a le plus d'atouts, Bruxelles ayant déjà été choisi en 2000, je trouve que ce serait mieux d'attirer l'attention sur une autre ville de notre pays.

lundi 1 avril 2019

L'Africa Museum à Tervuren

Situé à Tervuren en province de Brabant flamand, l'ancien Musée Royal d'Afrique centrale (que j'avais visité dans les années 1990) a été complètement rénové pour faire place à l'Africa Museum. 

Notre amie bloggeuse Tania s'y est rendue et nous en a fait un compte-rendu détaillé :   http://textespretextes.blogspirit.com/archive/2019/03/04/africa-museum-3134805.html

De mon côté, je viens de lire ce livre publié par les éditions Racine : 

"Léopold II, potentat congolais : l'action royale face à la violence coloniale"  (Pierre-Luc Plasman)

Cet ouvrage intéressant, bien documenté et objectif est l'adaptation d'une thèse de doctorat en histoire présentée à l'Université Catholique de Louvain en 2015. Ce n'est pas une biographie du roi Léopold II, mais une étude du fonctionnement de l'Etat Indépendant du Congo.

Pierre-Luc Plasman commence par retracer le rêve colonial du souverain qui aboutit lors de la conférence de Berlin de 1885 par la création de l'Etat Indépendant du Congo. Il nous explique ensuite comment travaille le gouvernement congolais à Bruxelles, le rôle des secrétaires généraux, les rivalités et les oppositions entre les uns et les autres, les différents canaux d'information du Roi. Il fait de même avec l'administration léopoldienne au Congo. Pierre-Luc Plasman revient aussi sur les atrocités commises que plus personne ne peut nier aujourd'hui. 

Après nous avoir expliqué concrètement le fonctionnement de l'Etat Indépendant du Congo, l'auteur détaille les critiques et dénonciations contre les violences, les campagnes de presse anticongolaise qui aboutissent à la création d'une commission d'enquête. Léopold II décède en 1909 et lègue le Congo à la Belgique. 

Quelle est la conclusion de Pierre-Luc Plasman sur ces violences?

"Les massacres ne sont pas ordonnés par le gouvernement léopoldien, mais ils se produisent dans un contexte d'incitation permanente à accroître la production tout en laissant le champ libre aux acteurs sur place. Hauts fonctionnaires territoriaux et directeurs de sociétés abusent largement de leurs prérogatives, tandis qu'agents subalternes et sentinelles africaines intègrent la bestialisation de leur comportement dans leur cadre de travail. Les violences ne se limitent pas aux régies de l'Etat. Elles se déchaînent même avec plus de brutalité dans les concessions, où la productivité permet toutes les exactions. Aussi horribles soient-elles, ces violences de masse ne peuvent pas être qualifiées de génocidaires. De même, la moitié de la population congolaise n'a pas été exterminée. Il existe cependant bel et bien un déclin démographique, dans lequel la terreur et la violence jouent un rôle primordial à côté d'autres facteurs, comme la dénatalité vénérienne".

Sur le rôle de Léopold II,  l'auteur fait remarquer son manque d'objectivité : 

"Avec l'âge, l'esprit et l'intelligence du monarque sont devenus rigides et teintés de misanthropie. A plusieurs reprises, il dénie l'existence des abus et il distingue dans la campagne anticongolaise l'expression d'une frustration de l'impérialisme anglais. Plus généralement, le Roi ne perçoit pas que la source des abus réside dans le système d'exploitation. Dès lors, son appréciation place la responsabilité sur des acteurs collectifs, à savoir les sentinelles africaines, les compagnies commerciales et la force publique. Léopold II se place dans une position défensive et offensive à l'égard des critiques et ne cherche plus dans les dernières années qu'à maintenir sans profonde modification le régime léopoldien. L'appareil étatique n'est pas non plus une pyramide sur laquelle le Roi règne sans partage, mais ressemble plus à une matriochka. Sentant le fil des jours s'écouler, Léopold II désire mettre une touche finale au programme de son règne :  il veut une Belgique plus grande, plus forte et plus belle. Léopold II n'a donc pas cherché à s'enrichir personnellement, même si son train de vie est devenu - quoique tardivement - plus luxueux".

Bref, après avoir lu cet ouvrage, on ne peut plus parler ni de génocide, ni d'œuvre civilisatrice. La vérité historique est plus nuancée et est à mi-chemin entre ces deux extrêmes. Les responsabilités sont nombreuses. Et il faut aussi remettre les faits dans le contexte de l'époque.

jeudi 21 mars 2019

Les 10 ans de mes deux autres blogs

Les plus anciens lecteurs d'entre vous s'en souviennent :  c'est en décembre 2006 que j'ai lancé le Journal d'un petit Belge, afin de défendre l'unité de notre pays, faire découvrir l'histoire et les jolis endroits de Belgique, mettre à l'honneur les Belges qui se distinguent dans tous les domaines.

En février 2019, j'ai décidé de créer deux petits blogs afin de regrouper mes articles sur notre famille royale et nos écrivains, deux thèmes sur lesquels j'avais beaucoup écrit. Dix ans plus tard, ils sont toujours là, même si je passe parfois plusieurs semaines sans rien y poster, par manque de temps.

Voici le récapitulatif de ces dix années :

http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2019/02/les-10-ans-du-blog-sur-les-ecrivains.html

http://familleroyalebelge.blogspot.com/2019/02/les-10-ans-du-blog-sur-la-famille.html

lundi 18 mars 2019

Le magasin "Belge une fois"

Voici la présentation de ce magasin situé 89, rue Haute à Bruxelles :

"Si on arborait fièrement notre belgitude? Le rendez-vous est pris au concept store "Belge une fois" à Bruxelles, où Arthur et Natacha ont créé et déposé la marque du même nom. Ils y proposent des articles tels que de la déco, de la bière, des vêtements et des accessoires provenant de 130 créateurs belges. "Belge une fois" décline la belgitude, l'humour et l'autodérision sur différents supports. Car ces deux passionnés créent eux-mêmes les graphismes, illustrations et textes qui se retrouvent ensuite sur les supports tels que des badges, cartes postales, magnets, t-shirts ou textiles. Le tout étant intégralement fait à la main par l'équipe de "Belge une fois" directement à la boutique. Bref, une mine de cadeaux tous plus originaux les uns que les autres".

Mieux qu'un long discours, découvrez leur catalogue sur leur site Internet :  www.belgeunefois.com

Avez-vous eu un coup de cœur? 

lundi 11 mars 2019

Adélaïde, porte-parole francophone de Youth for Climate

A 18 ans, élève au collège d'Erpent, Adélaïde Charlier est la porte-parole francophone de Youth for Climate (Anuna De Wever étant la porte-parole néerlandophone). Elle a confié à la presse :

"On a déménagé au Vietnam pour le boulot de mon papa. J'y ai vu de mes propres yeux les conséquences du réchauffement climatique. J'ai vu des mètres et des mètres de plages engloutis par la mer et aussi des agriculteurs du Mékong qui migraient vers les villes en raison de la montée des eaux. J'étais assez jeune et j'ai été choquée. Lorsque je suis rentrée en Belgique, il y a deux ans, j'ai énormément réfléchi, je me suis posé beaucoup de questions et je me suis dit que je devais agir.

Au départ, en 2018, les marches étaient concentrées en Flandre mais j'avais envie d'un élan national. J'ai donc proposé à Anuna De Wever qu'on s'unisse pour que toute la Belgique soit sensibilisée. C'est vrai que ma vie a changé. Mais j'ai des profs qui m'aident énormément et qui me laissent passer des interros plus tard. Les jeudis de manifestation comptent comme absence injustifiée. Il faut juste faire attention à ne pas dépasser les 20 demi-jours d'absence injustifiée. 

Quand on met la pression sur un gouvernement, il faut nous-mêmes que nous soyons cohérents avec nos idées et, comme je le dis souvent, chacun peut agir à son échelle. Personnellement, je fais tous mes trajets en transports en commun. En plus de ça, je mange local. Dans ma famille, on favorise énormément les circuits courts. C'est toute une organisation, mais on essaie d'aller se fournir dans des magasins locaux. Un de mes autres objectifs est d'essayer d'arrêter de prendre l'avion.

Pour avoir un impact sur le long terme et mettre ainsi une pression supplémentaire sur le politique, il faut agir aussi au niveau local. Avec Youth for Climate, on va marcher dans différentes villes mais on pense aussi que c'est important que chacun organise sa marche pour que tout le monde puisse participer où qu'il se trouve, et parce qu'on ne pourra pas toujours demander à chaque jeune de se déplacer dans les grandes villes. Maintenant qu'on a commencé à sortir dans les rues et à se révolter, il faut agir pour ne pas être considérés juste comme des jeunes qui râlons. Pourtant, logiquement, ce n'est pas à nous d'agir, c'est aux politiciens de le faire! Nous, on devrait être sur les bancs de l'école, mais on a décidé de se bouger car personne d'autre ne le fait. 

On va se retrouver face à des catastrophes naturelles qu'on ne peut même pas imaginer et face à la montée des eaux. Tout cela va créer une migration bien plus grande que celle que l'on connaît aujourd'hui, alors qu'on a déjà des difficultés à la gérer actuellement!  C'est effrayant de ne pas savoir si on aura notre place sur la planète plus tard et si nos enfants en auront une. J'espère qu'on va aller vers une société sans carbone, une nouvelle façon de vivre. Et j'espère vraiment que tous ensemble, on va pouvoir évoluer. Car si on ne change pas, le changement arrivera quoi qu'il arrive, mais pas d'une bonne manière. C'est pourquoi il faut lancer le changement avant la catastrophe. Quand je nous vois aussi nombreux à agir pour cette cause, ça me donne de l'espoir et en même temps, ça me fait peur de faire le boulot à la place des politiques.

On va continuer jusqu'aux élections législatives, régionales et européennes du 26 mai 2019. A ce moment-là, il n'y aura plus de marches, mais la pression sera toujours bien présente jusqu'à ce que nos objectifs soient atteints. C'est aux politiciens qu'il faut demander quand ils prévoient la fin de notre mobilisation, car ce n'est que quand ils agiront vraiment qu'on pourra déterminer le moment où on s'arrêtera. On attend de leur part des actions bien plus ambitieuses, dans tous les domaines en lien avec le climat. Nous attendons surtout qu'ils travaillent de concert avec les experts climatiques car on a l'impression qu'il y a un décalage trop important entre ce que les experts nous disent et la manière dont les politiciens agissent".

lundi 4 mars 2019

La Belgique à l'Eurovision 2019

C'est le Montois Eliot qui a été choisi par la RTBF pour représenter la Belgique au Concours Eurovision de la Chanson 2019. Pour l'écouter :   https://www.youtube.com/watch?v=17QXkQEckE4

Eliot a répondu aux questions de la presse :

"Comment devient-on le représentant belge à 17 ans?
- Après mon passage dans The Voice, Pierre Dumoulin (celui qui a écrit la chanson de Blanche) m'a contacté. Pas pour faire l'Eurovision, il voulait simplement qu'on travaille ensemble. Il avait été touché par ma voix, je crois. On a commencé à bosser. Et puis, un jour, il m'a demandé si ça me dirait de faire l'Eurovision. On a envoyé ma candidature et puis tout s'est enchaîné. 

- Le Concours Eurovision, c'est un univers connu pour vous?
- Pierre semble s'être pris au jeu avec Blanche. Mais, moi, j'ai un peu honte de le dire, je n'ai pas du tout baigné là-dedans. Petit, je ne regardais pas, mes parents ne le regardent pas non plus. Même Blanche et Loïc Nottet, je n'avais pas regardé. Mais eux, je me suis rattrapé depuis.

- Votre ambition est-elle de terminer dans les cinq premiers?
- Ce serait super. J'ai un peu écouté les autres :  j'adore le Danemark et l'Espagne, mais je ne suis pas encore dans un esprit de compétition. Je voudrais juste rendre la Belgique fière...

- "Wake Up" parle d'une société endormie où la nouvelle génération serait là pour réveiller tout ça : c'est un message que vous avez apporté, vous?
- Quand j'ai découvert la chanson, elle n'avait pas de paroles. Pierre Dumoulin y avait mis des voix en yaourt. On a coécrit le texte ensemble. Parler de la jeunesse, ça me tenait à cœur. Le texte a été écrit bien avant qu'il n'y ait ces manifestations pour le climat. Donc, une prémonition peut-être? En tout cas, ça colle et ça s'est emboîté tout seul.

- Vous vous destinez à quoi?
- A la musique, c'est ce que je veux faire absolument.

- Vos parents avaient aussi la fibre artistique?
- Pas professionnellement en tout cas :  ma mère enseigne l'anglais et l'espagnol à l'université, tandis que mon père est consultant automobile. Ils sont fiers, c'est normal. Et moi, je suis très content de provoquer cette fierté chez eux. C'est le but de chaque enfant de rendre fiers ses parents, non? Mais ils sont aussi inquiets, je crois, pour l'école....".

lundi 18 février 2019

Le combat de Marie-Noëlle Keizer contre la déforestation

A l'heure où on parle beaucoup du climat, je voudrais mettre à l'honneur la Belge Marie-Noëlle Keizer (56 ans) qui a cofondé l'asbl WeForest en 2009, avec un objectif simple et concret : planter des arbres pour stopper le réchauffement climatique. Le siège de l'association se trouve aujourd'hui à Overijse.

Marie-Noëlle Keizer s'est confiée à Plus Magazine :    "Si, au début, notre projet était considéré utopique, il ne l'est plus. Selon le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), il y a deux solutions pour arrêter le réchauffement :  sortir de l'énergie fossile et reboiser la planète car les arbres absorbent l'excès de CO2 dans l'atmosphère, tout en restaurant le cycle de l'eau. Mes équipes développent les projets au Brésil, en Zambie ou encore en Ethiopie, où je rencontre parfois les ministres pour m'assurer de leur soutien. Nous cherchons toujours de nouveaux partenaires : je contacte des entreprises pour leur expliquer nos actions. J'adore voir l'enthousiasme briller dans les yeux de mes interlocuteurs! Une des 300 entreprises avec qui nous travaillons, finance, par exemple, la plantation d'un arbre en Ethiopie pour chaque séchoir-parapluie vendu : un beau succès.

L'asbl compte une vingtaine de membres (des scientifiques et des forestiers) qui encadrent les villageois dans la plantation et l'entretien d'arbres dans les régions où nous sommes actifs. Je suis fière des 20 millions d'arbres déjà plantés (15.000 hectares) ! Une goutte d'eau dans l'océan mais j'y crois... En fait, il faut reboiser l'équivalent des Etats-Unis, soit 10 millions de kilomètres carrés. Chaque année, on coupe en forêts l'équivalent de quatre fois la superficie de la Belgique et seulement la moitié est replantée chaque année...  J'aimerais conscientiser le plus de personnes possible car il est grand temps d'agir pour limiter les dégâts. Ne rien faire, c'est un peu comme voler la qualité de vie des générations futures...".

Plus d'infos :   www.weforest.org

jeudi 14 février 2019

Autobiographie d'Herman De Croo

                               Afficher l’image source

Né à Opbrakel (Flandre Orientale) en 1937,  Herman De Croo a étudié au collège Saint-Stanislas de Mons, ce qui a fait de lui un parfait bilingue. Il a ensuite entrepris des études de sciences politiques et de droit. Il a à son actif cinquante années d'une carrière politique au sein du parti libéral flamand :   député à la Chambre, plusieurs fois ministre fédéral (Education Nationale, Pensions, Transports, Commerce Extérieur), président du VLD, président de la Chambre, bourgmestre de Brakel, et actuellement député régional flamand. Plein d'humour, c'est souvent un "bon client" pour les médias. Sur le plan privé, il est marié à l'avocate Françoise Desguin, et est le papa d'Ariane et d'Alexander (qui suit ses traces sur le plan politique).  Ajoutons qu'il a toujours été un défenseur de l'unité de la Belgique.

A l'occasion de la sortie de son autobiographie en français et en néerlandais, Herman De Croo a répondu aux questions de Plus Magazine :

"Qu'est-ce qui vous motive à faire de la politique depuis plus de cinquante ans?
- J'ai toujours été hyperactif. J'ai exercé plusieurs professions : agriculteur, avocat, professeur. Je ne comprends d'ailleurs toujours pas comment j'ai fait.

- Une journée ne compte que 24h...
- J'optimise mon temps. Mon activité est de 30% supérieure à la moyenne, ce qui fait 104 jours par an. Je ne prends pas de congés, 20 jours gagnés. Je travaille 70 à 80 heures par semaine, soit quasi une demi-année de plus, pendant laquelle je peux faire énormément de choses. Je reçois plus de 3.600 invitations par an et j'en honore 800. Généralement sans compensation aucune. J'ai beaucoup à faire à la maison également. Je n'ai jamais considéré mon activité comme un travail à proprement parlé. Je suis continuellement occupé, c'est tout. J'aime ce que fais, sans quoi je ne le ferais pas. Notez, je petit-déjeune quand même tous les matins avec ma femme.

- Quel est votre secret pour soutenir un tel rythme?
- Je passe 1.500 heures par an en voiture mais heureusement, j'ai un chauffeur, ce qui me permet de travailler pendant les trajets. Sans quoi, cela ferait 1.500 heures perdues car les navettes représentent quand même 3 à 4 heures par jour. Quand mon fils Alexander a été nommé président de parti, je lui ai conseillé de prendre un chauffeur. Encore faut-il être capable de travailler à l'arrière d'une voiture. Je connais un premier ministre qui devenait nauséeux en voiture, donc incapable de faire quoi que ce soit. Quelle perte de temps! Heureusement, Alexander et moi n'avons aucun problème de ce côté-là.

- Que faites-vous pour vous détendre?
- L'équitation m'assure la détente mentale. Je me vide la tête quand je monte à cheval. Impossible de penser à autre chose. Si vous montez la tête pleine de soucis, le cheval le ressent. Je monte une fois par semaine avec Alexander. Une heure et demie pendant laquelle je ne pense à rien. Des moments rares et précieux. Je ne devrais plus monter à cheval parce que l'équitation est malgré tout un sport assez dangereux. Je suis déjà tombé plusieurs fois. Mais bon, il y a tellement de choses qu'on n'est pas censé faire... J'ai la chance d'habiter les Ardennes flamandes, une superbe région. Il n'y a pas un sentier dans un rayon de 15km que je n'aie pas encore emprunté. Je fais aussi de la natation deux fois par semaine. Alexander et moi vivons à proximité et nous avons fait installer une piscine dans une vieille grange. Avant, je me rendais à la piscine communale tous les dimanches....et je me retrouvais à faire de la politique en maillot de bain!  J'étais constamment sollicité. Désormais, je peux nager à mon aise, quand j'en ai envie.

- Conseillez-vous votre fils?
- S'il me le demande uniquement. Nous nous entendons très bien, Alexander et moi. Nous discutons de tout et de rien. Notre relation va bien au-delà d'une simple relation père-fils ou père-fille en ce qui concerne Ariane. Nous sommes de véritables amis. Alexander et sa sœur entretiennent aussi des liens très étroits : il n'y a rien que je puisse dire à Ariane qu'Alexander ne sache déjà, et inversement.

- Votre cancer des cordes vocales en 2009 a-t-elle changé votre vie?
- Non. Je ne m'y attendais pas. Un accident de travail en quelque sorte, car je parle énormément, beaucoup trop peut-être... Malade, j'ai continué à travailler. Et maintenant que je suis guéri, je travaille toujours. J'ai eu de la chance : la maladie a été diagnostiquée à un stade précoce. Ceci dit, je ne suis pas éternel, j'en suis conscient. J'ai 81 ans et je peux très bien mourir demain.

- C'est pourquoi vous avez rédigé votre autobiographie?
- Pour le moment, je suis encore parfaitement capable de réfléchir, de parler, de me souvenir. Leo Tindemans (ancien premier ministre) a dit un jour :  "Quand on écrit sa biographie trop tard, on n'a plus de lecteurs. Quand on l'écrit trop tôt, on n'a plus d'amis".  Je me suis dit : c'est le moment. Mais j'ai sous-estimé l'ampleur du travail. Cela m'a pris une année. J'avais l'intention de tout dicter mais ce n'était pas aussi simple. Il m'est arrivé plus d'une fois de me lever à 4h du matin pour y travailler.

- Vous êtes aussi un homme d'avenir. Quels sont les plus grands défis de demain, selon vous?
- La tolérance!  Je suis un homme hybride :  un Flamand qui a fait ses études en français, qui a voyagé dans 31 pays et s'est rendu plus de 30 fois au Congo. Je suis du nord et du sud, de la ville et de la campagne. J'ai reçu une éducation catholique mais je suis aujourd'hui athée. La tolérance est pour moi la plus grande des vertus. Une vertu pour laquelle il faut se battre chaque jour. Une vertu dont nous devons tous faire preuve car la migration et l'explosion démographique en Afrique sont à court terme le grand défi auquel nous devrons faire face".