samedi 23 mai 2015

Sttella en concert gratuit à Mons le 29 mai

Dans le cadre de la traditionnelle ducasse (inscrite au patrimoine immatériel de l'Unesco), la ville de Mons (capitale culturelle européenne en 2015) offrira un concert gratuit du groupe Sttella le vendredi 29 mai. Cela promet une grosse ambiance... (vous pouvez les retrouver sur Youtube :  www.youtube.com/watch?v=cNXrIcSh-h0 ).


A cette occasion, Jean-Luc Fonck, le leader du groupe, a répondu aux questions du journaliste Vincent Piccillo :


"Ce n'est pas la première fois que Sttellla joue à Mons?
- Non, on y a déjà fait trois ou quatre concerts. En fait, je viens souvent à Mons pour des tas de raisons (spectacle, radio, p.ex.).C'est une ville que j'apprécie. D'ailleurs, je ne connais personne qui trouve que ce n'est pas une belle ville. Mais çà sera la première fois sur la Grand-Place. Notre tournée s'est terminée et le concert du Doudou, c'est une date qui s'est rajoutée. Mais c'était difficile de refuser de jouer dans de telles conditions. On aura quelques invités, dont des gens qu'on ne s'attendrait pas à voir sur scène avec nous. Ca sera surprenant, mais je n'en dis pas plus...


- Vous êtes prolifique :  sortie de l'album "Oune Dosse Treize" le 28 avril, une tournée qui s'achève, le livre "Dream Dream" (paru fin 2014), une chronique sur Vivacité, le concert de la ducasse de Mons.
- Divertir les gens, c'est un boulot énorme, mais c'est tellement agréable de pouvoir créer des choses. C'est vrai que quand on me voit, j'ai toujours l'air un peu touriste, mais je travaille tout le temps, en fait. Plus je travaille, plus c'est facile pour moi. Et j'ai la chance de pouvoir passer très vite du coq à l'âne. Je peux répondre à une interview et tout de suite après, inventer une chanson. Sur Vivacité, je fais une chronique ou une chanson ou un rêve. Cela m'excite vraiment et j'y ai une très grande liberté. Ils ne savent pas du tout à l'avance ce que je vais faire et je trouve çà vraiment très bien.


- Vous avez récemment été honoré d'un Octave de la Musique pour l'ensemble de votre carrière. Une consécration pour vous?
- Cela me fait plaisir. Les Octaves, avant, je pensais que c'étaient des magouilles parce que c'étaient toujours les autres qui les recevaient alors que c'est moi qui les méritais. Maintenant que j'ai eu ce prix, je sais que ce n'est pas le cas parce que c'est moi le meilleur!  Et j'ai pu faire la bise au prince Laurent. C'était surréaliste.


- Dans une de vos chansons de votre album, vous dites "I prefer chanter in French des trucs idiots qu'on comprend bien plutôt que de chanter en Angliche des trucs malins qu'on n'comprend nein". C'est important pour vous de défendre la chanson francophone?
- J'ai toujours trouvé çà tellement naturel de chanter dans ma langue que la question ne se pose pas. Beaucoup de groupes chantent en anglais pour des mauvaises raisons, pour faire carrière à l'international par exemple. Mais quand on entend parfois les conneries qu'ils racontent... On ne pourrait même pas les chanter en français! Stromae cartonne à l'international et pourtant il chante en français. Je ne le remercierai jamais assez pour çà. Je l'ai croisé une fois lors d'un concert à l'Atomium. C'était le début pour lui ; il avait sorti "Alors on danse". Il est comme il doit être. On le compare souvent à Brel, mais quand quelqu'un chante "des trucs", tout de suite, on dit que c'est Brel!


- A part lui, quels sont les autres groupes de la nouvelle scène belge francophone que vous appréciez?
- J'aime bien Suarez. Avec Sttellla, on les a rencontré pas mal de fois sur des festivals. Ils sont vraiment sympas. C'est agréable de les côtoyer en backstage. Jali aussi est très sympa. A part çà, il y a des groupes festifs et décalés come les Gauff' ou Priba 2000.


- Dans votre chanson "Comment on faisait avant", vous semblez vous interroger sur l'invasion de la technologie dans notre quotidien. Etes-vous plutôt technophile ou technophobe?
- Moi, je suis un grand enfant et j'ai la chance d'avoir connu l'époque où on faisait de la musique avec un enregistreur. Le progrès technique est génial. Les morceaux que j'ai créés pour la radio, je les ai composés sur une tablette. Le prix d'une tablette, c'est le prix d'une journée dans un studio. Cela met la création à la portée de tout le monde.


- Quel point de vue avez-vous sur ces nouvelles façons de consommer la musique? Si on effectue une recherche sur Spotify, on ne trouve pas d'album de Sttellla. Est-ce voulu?
- Non, pas vraiment. Si on cherche un peu sur Internet, il y a moyen de trouver du Sttellla. Evidemment, moi, j'ai connu les vinyles. C'était chouette mais çà nous plaisait à moitié car c'était fragile et çà s'abîmait. Le CD, c'était sympa sauf pour la pochette. Le MP3 a fait que la musique a circulé sur Internet. Pour moi, il faut savoir vivre avec son temps. Cela dit, il faut que les artistes soient rétribués, sinon çà ne va pas. Ce n'est pas s'enrichir sur le dos du public, mais il faut donner à la musique les moyens d'exister. Il y a le coût de fabrication et d'enregistrement, et toute une série de gens qui vivent de la musique (artistes, éditeurs, p.ex.). Même faire un clip, çà coûte. Dans les années 80, pas mal de clips ont été réalisés avec de gros moyens ("Thriller" de Mickaël Jackson, p.ex.). 20 euros, c'est cher pour un album mais zéro euro, ce n'est pas assez. Si la musique ne rapporte plus d'argent, l'industrie du disque s'éteint et les gens sont moins enclins à miser sur de nouveaux talents".

mercredi 20 mai 2015

L'asbl Pro Belgica sur tous les fronts en 2015

Février :
- Pro Belgica à l'hommage aux défunts de la dynastie à Laeken :  http://probelgicahainaut.blogspot.be/2015/02/pro-belgica-lhommage-aux-defunts-de-la.html
- Pro Belgica Hainaut à l'hommage au roi Albert Ier à Mons :   http://probelgicahainaut.blogspot.be/2015/02/hommage-au-roi-albert-ier-mons.html
- Pro Belgica Namur à l'hommage au roi Albert Ier à Namur :  http://probelgicanamur.blogspot.be/2015/02/pro-belgica-lhommage-au-roi-albert-ier.html


Mars :  assemblée générale annuelle de l'association


Avril :
- Pro Belgica à l'hommage à Gabrielle Petit à Bruxelles :   http://probelgicahainaut.blogspot.be/2015/04/pro-belgica-lhommage-gabrielle-petit.html
- Pro Belgica à la Journée des Vétérans à Bruxelles :  http://probelgicahainaut.blogspot.be/2015/04/pro-belgica-la-journee-des-veterans.html
- Pro Belgica à la Journée Nationale du Prisonnier Politique :    http://probelgicahainaut.blogspot.be/2015/04/pro-belgica-la-journee-nationale-du.html


Mai :
- Hommage à un membre du Congrès National 1830 à Rouveroy :   http://probelgicahainaut.blogspot.be/2015/05/hommage-au-comte-charles-alexandre-de.html
- Pro Belgica au Défilé de la Libération à Wageningen aux Pays-Bas :   http://probelgicahainaut.blogspot.be/2015/05/pro-belgica-au-defile-de-la-liberation.html
- Pro Belgica aux 70 ans de la fin de la deuxième guerre mondiale en présence du Roi :  http://probelgicahainaut.blogspot.be/2015/05/pro-belgica-aux-70-ans-de-la-fin-de-la.html


Juin :
- Programme de l'excursion de Pro Belgica Oost-Vlaanderen à Alost :  http://probelgicanamur.blogspot.be/2015/05/excursion-de-pro-belgica-oost.html


L'asbl Pro Belgica, c'est aussi une boutique de vente d'objets tricolores (www.probelgica.be), la recherche des 100 drapeaux d'honneur 1830, deux blogs très fréquentés (http://probelgicahainaut.blogspot.com et http://probelgicanamur.blogspot.com), et une revue trimestrielle et bilingue (la première de 2015 a été envoyée aux membres en avril, et la deuxième sortira pour la fête nationale).


Si vous souhaitez soutenir les bénévoles de cette association et recevoir leur revue, voici le formulaire à remplir :   http://fr.probelgica.be/probelgica-2/devenir-membre

dimanche 17 mai 2015

La Belgique à l'Eurovision 2015

Né à Courcelles en 1996, le jeune chanteur Loïc Nottet a été finaliste de la troisième saison de "The Voice Belgique". Il a été choisi par la RTBF pour représenter la Belgique au Concours Eurovision de la Chanson qui aura lieu dans quelques jours. Voici le lien pour écouter sa chanson "Rhythm Inside" :   www.youtube.com/watch?v=xV2b3L1K6_c

dimanche 10 mai 2015

Edifices royaux en province de Namur

La province de Namur possède plusieurs édifices liés à la famille royale. Je vous propose de les (re)découvrir à travers ces articles bien documentés :


- le château de Ciergnon :  http://royalementblog.blogspot.be/2011/08/le-chateau-de-ciergnon.html


- le château de Villers-sur-Lesse :  http://royalementblog.blogspot.be/2011/08/le-chateau-de-villers-sur-lesse.html


- le château de Fenffe :  http://royalementblog.blogspot.be/2011/09/le-chateau-de-fenffe.html


- la chapelle Reine Astrid de Briquemont :  http://royalementblog.blogspot.be/2014/01/la-chapelle-reine-astrid-de-briquemont.html


- l'ancien presbytère de Villers-sur-Lesse : http://familleroyalebelge.blogspot.be/2014/01/lancien-presbytere-de-villers-sur-lesse.html

lundi 4 mai 2015

Soutenez notre amie Carine-Laure !

Notre amie Carine-Laure est une fidèle lectrice du Journal d'un petit Belge depuis de nombreuses années, et j'ai eu le plaisir de la rencontrer "en vrai" en novembre dernier. Ce samedi,  la ville de Mons (capitale culturelle européenne en 2015) accueillera une adaptation théâtrale de son roman "Rue Baraka". Donnez-lui un coup de main :   soit en y assistant, soit en lui faisant un petit coup de pub (via Facebook ou votre blog). Merci d'avance pour elle, et bonne semaine à tous!
                                                          

lundi 27 avril 2015

Gand, capitale du royaume de France de mars à juillet 1815

Le 1er mars 1815, trop à l'étroit dans son royaume de l'île d'Elbe,  Napoléon débarque à Golfe Juan. Commence alors "le vol de l'Aigle" qui de clocher en clocher, va le conduire jusqu'à Paris le 20 mars, où il retrouve son palais des Tuileries. Pendant ce temps, abandonné par ses fidèles, le roi Louis XVIII décide le 19 mars de partir en exil, afin d'éviter une guerre civile inutile et fratricide.


Il trouve refuge...à Gand, ville francophile appartenant à l'époque au royaume des Pays-Bas, où l'hospitalité lui est accordée par le comte Jean-Baptiste d'Hane-Steenhuyse qui l'installe dans son hôtel particulier. C'est là que le roi Louis XVIII va organiser et diriger le gouvernement royal en exil, faisant ainsi de Gand...la capitale du royaume de France pendant trois mois. Même en format réduit, la Cour y est reconstituée et un gouvernement formé avec Blacas à la Maison du Roi, Beugnot à la Marine, Feltre à la Guerre, Lally à l'Instruction Publique, Jaucourt aux Affaires étrangères pour assurer l'intérim de Talleyrand qui est resté au Congrès de Vienne.  Mais le Roi manque de moyens pour maintenir son autorité.


La Maison Militaire a été dissoute par le comte d'Artois et il ne lui reste seulement qu'une garde, parmi laquelle servent notamment Alphonse de Lamartine et Alfred de Vigny, et une petite armée qui prend ses quartiers à Alost. Si Louis XVIII a emmené les joyaux de la Couronne, ses réserves de monnaie s'épuisent vite et c'est l'Angleterre (seul soutien extérieur) qui va l'aider financièrement. Si les autres pays étrangers sont contre le retour de Napoléon, ils ne croient pas aux capacités de Louis XVIII de remonter sur le trône, préférant son cousin Orléans.


Mais Louis XVIII reste calme et serein à Gand. Les Cent Jours s'achèvent avec la seconde abdication de Napoléon consécutive à la défaite de Waterloo le 18 juin 1815. Grâce à l'appui de Fouché et Talleyrand, le Roi rentre en France fin juin, puis le 8 juillet à Paris.


Le 9 mai prochain, un colloque aura lieu à Gand sur ce thème, avec quatre conférences :  "Louis XVIII : notre Père de Gand" par Philippe Delorme (à 10h30), "Pourquoi Gand? Louis XVIII, roi de l'Europe" par Philippe Mansel (à 11h15), "Napoléon et la famille royale pendant les Cent Jours" par Jacques-Olivier Boudon (à 12h) et "L'exil vu de France : le débat sur Louis XVIII dans la production imprimée de 1815" par Philippe Raxhon et Veronica Granata (à 16h). Et entretemps, une visite guidée de l'Hôtel de Hane-Steenhuyse (où s'établit Louis XVIII) aura lieu à 14h après le repas.

vendredi 24 avril 2015

Un Musée de Flandre...en France

Chers lecteurs français de ce blog, savez-vous qu'il existe un Musée de Flandre...en France? Et du 4 avril au 12 juillet 2015, il propose de (re)découvrir quelques-uns des plus grands artistes flamands du XVIème siècle via l'exposition "La Flandre et la Mer : de Pieter Breughel l'Ancien à Jan Breughel de Velours". Infos pratiques :   http://museedeflandre.lenord.fr


Pieter Breughel est surtout connu pour ses tableaux de scènes d'effervescence, comme de joyeuses kermesses. Mais le peintre flamand a également réalisé des scènes maritimes, des batailles navales ou des paysages portuaires. Sa "Bataille navale dans le golfe de Naples" (restauré récemment par la Galerie Pamphili de Rome) est l'une des pièces-phares de l'exposition. Au travers d'une sélection exceptionnelle de peintures et de gravures des XVIème et XVIIème siècles, cette exposition, qui occupe tout le rez-de-chaussée, porte un regard neuf sur la représentation de la mer dans l'art flamand. Si les marines sont une spécialité de la peinture hollandaise, ce sont les artistes flamands qui en sont les véritables inventeurs. Parmi les tableaux présentés, citons Frans Snyders, Hendrik van Balen, Abel Grimmer, Paul Bril, Adam Willaerts, Simon de Vlieger ou Joachim Beuckelaer. L'exposition présente environ 80 peintures, dessins et gravures ainsi que trois maquettes de bateaux provenant à la fois de musées européens et américains.


En dehors de cette exposition temporaire, le Musée de Flandre vaut aussi le détour. Il est installé dans l'un des plus beaux bâtiments flamands du Nord-Pas de Calais, à Cassel exactement. Organisé par thématiques, le parcours favorise le dialogue entre œuvres anciennes et créations contemporaines, et permet au visiteur de découvrir la richesse et la diversité de la culture flamande du XVème siècle jusqu'à aujourd'hui. Sa collection compte 6.000 objets et œuvres d'art.

mardi 21 avril 2015

Les 80 ans de la marque belge Ijsboerke

Créée en 1935 en Campine, Ijsboerke est surtout connue pour...ses camions. Staf Janssens a, en effet, l'idée de remplir une brouette de crème glacée et de le vendre en porte à porte. Rapidement, la brouette est remplacée par un vélo puis par un camion. Il y a deux ans, cette entreprise a failli disparaître lors d'un changement d'actionnaires. Reprise depuis mars 2013, la marque se porte aujourd'hui au mieux et est le leader de la glace en vrac sur le marché belge. L'an dernier, elle a vendu 10,5 millions de litres de glaces pour un chiffre d'affaires total de 81 millions d'euros. Ijsbroeke collabore avec d'autres entreprises belges : Callebaut (pour le chocolat), Léonidas (pour le "Manon Signature", version frisko de la célèbre praline), le sirop de Liège (vente de raviers d'1 litre de glace vanille au sirop de Liège).  Bref, une success-story bien belge!

samedi 18 avril 2015

"Thin Walls", nouvel album du groupe belge Balthazar

Originaire de Courtrai, le groupe belge Balthazar (leaders : Maarten Delvoldere et Jinte Deprez) sort son troisième album, intitulé "Thin Walls. Il évoque l'absence de vie privée, celle qu'on perd en vivant 24h/24 avec d'autres gens, comme un groupe musical en tournée. Mais certaines personnes font le parallèle avec les réseaux sociaux. Après avoir auto-produit "Applause" et "Rats", Balthazar a fait appel cette fois à un producteur ("On voulait que quelqu'un vienne avec des idées fraîches pour ne pas reproduire les mêmes trucs. Et c'était chouette en studio de ne pas s'inquiéter pour tout ce qui était technique"). Vous pouvez les écouter sur Youtube :  www.youtube.com/watch?v=Ac7L5DGV_DA


Ils ont confié à la presse :   "Nous avons écrit cet album en tournée. En tournée, c'est très chaotique, c'est un autre état d'esprit. Tu vis dans une bulle, sans vie privée. Tout ce que tu fais, les autres peuvent le voir, l'entendre. Mais l'énergie est sympa ; c'est plus instinctif. L'album est dès lors plus intuitif. En tournée, tu laisses ton cerveau au vestiaire. Tout est préparé pour toi...et tu bois trop! Et, forcément, quand tu écris avec une gueule de bois, tu écris différemment. A la maison, nous sommes très calmes mais en tournée, nous sommes plus exubérants. A cause de l'alcool probablement mais aussi de l'adrénaline provoquée par les shows, ainsi que le fait d'être systématiquement dans différents endroits tout le temps. On a choisi le titre en ne pensant qu'à nos vies. Vivre dans un bus en tournée, c'est comme vivre dans un métro. Et maintenant, tout le monde interprète le titre avec les réseaux sociaux, Facebook, etc. Nous n'y avions pas vraiment pensé, nous étions plus égocentriques. Nous ne sommes pas très communicateurs sur nos vies personnelles. Les médias sociaux, c'est plus pour promouvoir le groupe. Et ce n'est pas par timidité. Simplement, un mec sans secret n'est plus un mec. Tout savoir de l'autre, c'est chiant".

lundi 13 avril 2015

Amélie Nothomb à l'Académie Royale de Belgique

Le mois dernier, l'auteur belge Amélie Nothomb (48 ans et 23 romans) a été élue membre de l'Académie Royale de Langue et Littérature françaises de Belgique pour "l'importance de l'œuvre, son originalité, sa cohérence et son rayonnement international". Rappelons que cette académie a été fondée en 1920 et siège au palais des Académies à  Bruxelles (entre le palais royal et le Lambermont, résidence officielle du premier ministre). Elle compte 40 fauteuils, dont 26 pour des écrivains et 14 pour des philologues. Amélie Nothomb a été élue au siège de Simon Leys (de son vrai nom Pierre Ryckmans), disparu en août 2014, et fera, selon la tradition, l'éloge de son prédécesseur lors de la séance d'ouverture de l'Académie à l'automne prochain.


C'est l'occasion pour moi de vous proposer de (re)lire quelques comptes-rendus de lecture.


"Les Catilinaires" (Amélie Nothomb)
"Les Catilinaires" est le premier roman d'Amélie Nothomb que j'ai lu et qui m'a fait passer deux heures agréables, sans aucun ennui.


Emile, le narrateur, explique son rêve dans les premières pages :   "J'étais professeur de latin et de grec au lycée. J'aimais ce métier, j'avais de bons contacts avec mes rares élèves. Cependant, j'attendais la retraite comme le mystique attend la mort. Ma comparaison n'est pas gratuite. Juliette et moi avons toujours aspiré à être libérés de ce que les hommes ont fait de la vie. Etude, travail, mondanités même réduites à leur plus simple expression, c'était encore trop pour nous. Notre propre mariage nous a laissé l'impression d'une formalité. Juliette et moi, nous voulions avoir soixante-cinq ans, nous voulions quitter cette perte de temps qu'est le monde. Citadins depuis notre naissance, nous désirions vivre à la campagne, moins par amour de la nature que par besoin de solitude. Un besoin forcené qui s'apparente à la faim, à la soif et au dégoût".


Après avoir déniché la maison de leurs rêves, le couple subit chaque après-midi entre 16h et 18h la visite du voisin antipathique et sans-gêne, qui ne prend aucun plaisir à la vie. Trop bien élevé, Emile accepte cette situation jusqu'au jour où sa colère éclate et il refuse de le laisser entrer. Les mois passent...


Emile ne revoit l'intrus que pour le sauver du suicide. Il comprend ensuite qu'un homme dépourvu du désir de vivre n'a qu'un droit, celui de mourir, et il va s'employer à l'aider. Ce roman alterne humour et réflexions plus profondes. La fin n'est pas prévisible, ce que j'apprécie. Voici le dernier paragraphe du livre :


"Aujourd'hui, il neige, comme il y a un an, lors de notre arrivée ici. Je regarde tomber les flocons "Quand fond la neige, où va le blanc?" demandait Shakespeare. Il me semble qu'il n'y a pas de plus grande question. Ma blancheur a fondu et personne ne s'en est aperçu. Quand je me suis installé à la maison, il y a douze mois, je savais qui j'étais :  un obscur petit professeur de grec et de latin, dont la vie ne laisserait aucune trace. A présent, je regarde la neige. Elle fondra sans laisser de trace, elle aussi. Mais je comprends maintenant qu'elle est un mystère. Je ne sais plus rien de moi".


"Ni d'Eve, ni d'Adam" (Amélie Nothomb)
Dans cet ouvrage autobiographique, elle raconte son idylle en 1989-1990 avec Rinri, un jeune Tokyoïste, à qui elle donnait des cours de français. Amélie nous fait découvrir les us et coutumes du Japon, un pays qu'elle adore et où elle a vécu plusieurs années lorsque son père y était ambassadeur de Belgique. Elle nous parle de ses liens très forts avec sa sœur Juliette et des moments agréables passés avec son petit ami gentil et intéressant.


Cette vie douce et paisible s'interrompt lorsqu'Amélie devient employée dans une compagnie nippone (voir le livre "Stupeur et tremblements") et lorsque Rinri lui propose de l'épouser. Elle ne répond ni oui, ni non :   "Quel soulagement d'avoir trouvé la solution des fiançailles!  C'était une réponse liquide en ceci qu'elle ne résolvait rien et remettait le problème à plus tard".


Il y a aussi le virus de l'écriture :   "Quitter ma bourrelle et bénéficier de l'aisance matérielle, jouir du farniente à perpétuité avec pour seule condition de vivre en compagnie d'un garçon charmant, qui eût hésité?  Moi, sans que je puisse ne l'expliquer, j'attendais autre chose. Je ne savais en quoi elle consisterait, mais j'étais sûre de l'espérer. Un désir est d'autant plus violent qu'on en ignore l'objet. La part consciente de ce rêve était l'écriture qui m'occupait déjà tellement. Certes, je ne m'illusionnais pas au point de croire être publiée un jour, encore moins d'imaginer y trouver un moyen de subsistance. Mais je voulais absurdement tester cette expérience, ne fût-ce que pour n'avoir jamais à regretter de ne pas l'avoir essayée".


En janvier 1991,  Amélie démissionne et quitte le Japon pour rejoindre la Belgique. Elle est sûre de sa décision :   "C'était parce qu'il n'y avait pas de mal en lui que je l'aimais beaucoup. C'était à cause de son étrangeté au mal que je n'avais pas d'amour pour lui".


A Bruxelles, Amélie vit avec sa sœur et écrit son premier roman, "Hygiène de l'assassin". Rinri prend de ses nouvelles :   "Jamais de reproche. Il était gentil. J'avais un peu mauvaise conscience, mais cela passait vite. Peu à peu, les coups de téléphone s'espacèrent jusqu'à cesser. Me fut épargné cet épisode sinistre entre tous, barbare et mensonger, qui s'appelle la rupture".  Les anciens fiancés se revoient en 1996 lors de la promotion d'un roman d'Amélie traduit en japonais. Rinri s'est marié avec une jeune Française.


"Le voyage d'hiver" (Amélie Nothomb)
Agé d'une quarantaine d'années, Zoïle nous explique pourquoi il va détourner un avion de Roissy et le faire s'écraser sur la tour Eiffel. La tour Eiffel est en forme de A comme Astrolabe, la femme dont il est amoureux. Mais Zoïle n'a pu vivre pleinement son histoire d'amour car Astrolabe tient à s'occuper jour et nuit de la romancière autiste Aliénor Molèze dont il n'est pas parvenu à se débarrasser.


Parmi les cinq livres d'Amélie Nothomb que j'ai déjà lus, j'ai adoré les deux romans autobiographiques "Stupeur et tremblements" et "Ni d'Eve, ni d'Adam" qui se déroulent au Japon ; j'ai détesté le glauque "Hygiène de l'assassin" ;  j'ai aimé "Les Catilinaires" et "Le voyage d'hiver" mais ils ne m'ont pas marqué et ne me donnent pas l'envie de les relire.


Et vous?