lundi 19 novembre 2018

Premier album de Mustii

Le jeune auteur-compositeur-interprètre-acteur bruxellois Thomas Mustin (alias Mustii) vient de sortir son premier album pop, intitulé "21st Century Boy". Pour l'écouter :   https://www.youtube.com/watch?v=5HKLb1p-p3o

Mustii a répondu aux questions de la presse :

"Vous avez au départ une formation théâtrale et vous avez fait du cinéma. Maintenant, vous sortez un album. Comment gérez-vous vos deux carrières?
- J'ai un agent pour le cinéma et un label côté musique. Même si ce sont deux mondes assez cloisonnés, j'ai une équipe qui accepte et comprend que le cinéma peut nourrir le projet musical. Il ne faut pas voir ça comme deux choses contraires. Les artistes sont de plus en plus décomplexés. Avant, on disait "c'est l'acteur qui chante" ou "c'est le chanteur qui joue, c'est un caprice". Aujourd'hui, j'ai l'impression que le public demande des ponts entre disciplines. Les artistes ont besoin de passer par plusieurs médiums pour faire passer leur message.

- Dans "21st Century Boy", quel est votre message?
- Le personnage, le 21st Century Boy, est une sorte d'alter ego, un Hamlet du 21ème siècle. Le personnage de Shakespeare doit faire face au décès de son père. Il est très moderne de ce point de vue. L'album est conçu comme un journal intime. C'est lui qui parle et chaque chanson est une sorte d'aveu d'inquiétude sur un sujet. Il est inspiré d'une figure adolescente qui subit un traumatisme, comme dans les films de Gus Van Sant, Larry Clark, Harmony Korine. L'idée était ensuite de confronter ces angoisses à une musique qui, elle, est beaucoup plus grandiloquente, épique, large. Le côté galvanisant était indispensable, j'aime l'idée des paradoxes et des contrastes.

- Quelles sont vos inquiétudes?
- Il y a la question de la religion, la spiritualité, le rapport aux autres, le fait de ne plus se sentir en phase avec la société, pas intégré. J'ai repris ça du début de mon adolescence et j'ai ensuite fictionnalisé. J'imagine comment il va vivre après un traumatisme. Est-ce qu'il va vivre avec ces peurs? Se suicider? Aller vers la destruction des autres? Vers l'isolement?  Ou au contraire, est-ce qu'il va regorger de vie? Chaque texte est un aveu d'angoisse sur le monde qui l'entoure mais sur des thèmes différents.

- Ce n'est pas pessimiste pour autant parce que vous ne donnez pas la réponse?
- Effectivement. A la fin de la chanson éponyme, il dit clairement qu'il ne va pas bien, il dit qu'il va peut-être prendre une arme, mais ne dit pas qu'il va le faire. J'avais envie de faire un album très lâcher-prise. Le but n'était pas de plomber les gens. Pour moi, l'inquiétude n'est pas du pessimisme. On est tous un peu inquiets, c'est moteur, c'est une forme d'observation et d'intelligence, ça peut être très constructif.

- L'album n'était pas encore sorti que la majorité de vos dates de concert affichaient sold out. Ca vous fait quoi?
- Eh bien, je me dis que je dois être à la hauteur!  Je suis un angoissé de nature, depuis tout petit. C'est hypermotivant mais en même temps, j'ai peur de décevoir. Mais ça booste deux fois plus! Le seul moment où je me sens rassuré, c'est quand je suis sur scène.

- Pourquoi des chansons en anglais et pas en français?
- Ca m'est déjà arrivé d'écrire des trucs en français, mais je ne me sens pas encore prêt à partager ça. C'est lié à la musique que j'écris aussi, une musique liée aux sonorités anglo-saxonnes. Ca n'aurait pas marché avec du français, c'est référencé Lana Del Rey, Florence and The Machine, Hyphen Hyphen. J'écoute aussi beaucoup Bowie, New Order, Depeche Mode, Rihanna. 

- L'ado de "21st Century Boy", c'est un peu votre Ziggy Stardust à vous?
- J'y ai un peu pensé mais Bowie, lui, le poussait très loin. Pour mes lives, je ne veux pas aller dans l'incarnation totale. J'aime trop l'aspect sincère du moment, je ne veux pas tomber dans l'aspect millimétré, théâtral où je ne serais qu'un personnage. Et ne pas tomber dans la schizophrénie totale parce que la frontière est fragile. C'est vrai qu'il y a, avec mes cheveux teints, une évocation du personnage.

- Vous, finalement, comment avez-vous trouvé votre place?
- Je crois que ce sont mes parents qui m'ont beaucoup aidé en m'inscrivant à des cours de théâtre. Ca m'a aidé à m'assumer, ça a été thérapeutique au départ. Ils se sont dits que ça allait peut-être m'ouvrir...et j'ai adoré ça. En me présentant face aux autres, j'avais des raisons de m'assumer".

jeudi 15 novembre 2018

L'humoriste belge Véronique Gallo

Née en 1976 à Liège, Véronique Gallo est maman de trois enfants. Après avoir été professeur pendant dix ans au collège Sainte-Croix à Hannut, elle décide d'arrêter en 2008 pour le théâtre. Elle s'est fait remarquer sur YouTube grâce à des capsules humoristiques intitulées "Vie de mère" :   https://www.youtube.com/watch?v=7SfP5iboMNM&index=2&list=PLB3s-xND1Lpu4IfzQpzQ-RRD-Sgb1MXRr&t=0s

Sa carrière dépasse aujourd'hui nos frontières. Remarquée par Kev Adams qui devient son producteur, 60 capsules ont été ré-enregistrées pour les chaînes M6 et Teva. Outre cette diffusion, Véronique Gallo part en tournée chez nous avec "The One Mother Show", un spectacle basé sur les mêmes thèmes que "Vie de mère" :  elle sera le 20 décembre à Liège, le 21 décembre à Louvain-la-Neuve, le 19 janvier à Uccle, le 27 janvier à Spa et le 9 mai à Namur.

lundi 12 novembre 2018

Nouveau livre de Gabriel Ringlet

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Né en 1944, Gabriel Ringlet a une vie bien remplie :   prêtre, poète, théologien, ancien professeur à l'Université Catholique de Louvain. Il est aussi membre de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique.

Il vient de sortir un nouveau livre :  "La grâce des jours uniques :  éloge de la célébration", paru aux éditions Albin Michel. A cette occasion, il a répondu aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse :

"Vous parlez du rite et de son importance :  les rites religieux mais aussi les rites autour des grands matchs de foot, ou au décès de stars (comme Johnny). Le rite s'est déplacé aujourd'hui?
- Le rite est en tout cas plus urgent et plus important que jamais. J'ai suivi le Mondial de tout près, et toutes les dimensions de la liturgie classique, de la messe et même d'une messe solennelle que le pape François peut célébrer place Saint-Pierre, on les retrouve dans le rituel footballistique d'aujourd'hui. Dans les événements publics, le rite est omniprésent. Dans les attentats, par exemple, pour moi, c'est très frappant et très touchant de voir qu'une personne, anonyme, peut sortir de chez elle avec sa petite fille pour aller déposer une fleur à l'endroit où quelqu'un a été tué, en silence, avec tout un rituel, une gestuelle. Et on peut avoir ces mêmes gestes lors de la disparition d'une vedette. Donc, de fait, le rite est partout.

- Si le rite s'est déplacé, c'est parce que le rite religieux n'attire plus?
- C'est vrai que les lieux classiques qui nous donnaient du rite sont complètement désertés. Et le phénomène dépasse nos églises. J'ai parlé avec des musulmans pratiquants qui venaient du Maroc et me disaient que, dans leur petite ville, il y a 200 ou 300 mosquées mais avec 5 pratiquants par semaine. Mais ce n'est pas parce que les lieux traditionnels de rites se voient désertés que le besoin de célébrer la naissance, l'alliance et la mort, eux, ont disparu. Alors, on cherche d'autres lieux, on invente d'autres rites, on va voir dans d'autres sagesses. 

- Comment renouveler le rite?
- Nous voulons former des célébrants laïcs (hommes et femmes) qui n'auront pas du tout été ordonnés prêtres, qui n'auront pas fait de théologie, mais qui ont une très grande sensibilité et qui ont envie d'aller dans ce sens-là. Depuis que le livre est sorti il y a un mois, des dizaines de gens m'ont dit qu'ils voulaient s'inscrire dans notre "école de célébration", qu'on annonce pour 2020. Ca veut dire que des tas de gens se sentent peut-être une vocation pour cela.

- Et l'Eglise, comment réagit-elle?
- L'Eglise est à mon avis complètement perdue et elle a tout avantage à se réjouir que des lieux se mettent à inventer, à respirer, et à dire qu'il faut que ça change. Et si l'Eglise veut survivre, elle ne pourra que suivre ces chemins qui vont s'ouvrir. On ne lui demande pas la permission, mais on le fait volontiers en dialogue, si le dialogue est possible.

- Et dans quels lieux pratiquer ces rites?
- Moi, je crois au sacré laïc, comme au sacré juif ou musulman. Et il me paraît normal d'ouvrir l'église à tous ces rites. J'ai plein de réactions positives à cette idée, des gens qui préféreraient célébrer des funérailles laïques dans l'église de leur quartier plutôt que dans une salle de sport ou un funérarium. Même chez les francs-maçons, il y a des réponses favorables à cette proposition".

jeudi 1 novembre 2018

La famille belge Houben (3) : Greg Houben

Article dédié à Edmée, la plus ancienne et la plus fidèle lectrice de ce blog....

Je vous ai déjà parlé du peintre Charles Houben et du musicien Steve Houben :

- Charles :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/03/le-peintre-belge-charles-houben.html

- Steve :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/09/steve-houben-lacademie-royale-de.html

Aujourd'hui, je voudrais vous parler de Greg Houben qui a sorti un nouvel album en 2018 et est actuellemnt en tournée.

Voici la présentation de ses concerts :   "Greg a le cœur qui balance. Entre Belgique et Brésil, entre musique et théâtre, entre jazz et chanson française. Il accumule des quatre coins du monde, comme des pépites, des mélodies, chacune associée à une rencontre, un voyage, un sentiment. La chanson lui apparaît alors comme une évidence, comme l'élément permettant d'unir son amour pour les mots, pour les mélodies et les histoires. Lors d'une tournée au Brésil, Greg saisit l'occasion d'enregistrer ses premières chansons en français. Il invite ses amis musiciens pour les amener à deux blocs de Copacabana, au studio Compania dos tecnicos, lieu mythique qui a vu défiler les plus grands noms de la musique brésilienne tels que Chico Buarque, Arlindo Cruz, Caetano Veloso, Beth Carvalho. C'est là que la magie s'opère et révèle une série de morceaux délicieux remplis de joie de vivre. De retour à Bruxelles et conscient du joyau qu'il a entre les mains, Greg façonne la matière première à l'image de son univers, unique, loin des exercices de style. Si l'on décèle chez Greg des fragments de Mathieu Boogaerts, de Louis Chedid, de Chet Baker, mêlés à la tendresse d'un Bourvil, on lui remarquera, et cela après deux mesures à peine, une singularité attachante et une manière élégante et chaloupée de raconter sa propre histoire".

Je vous propose d'écouter Greg Houben :  https://www.youtube.com/watch?v=ppbMXW4HYXc

Que de talents dans notre pays !

lundi 29 octobre 2018

Nick et Lins, les naturistes belges les plus célèbres

                             

Nick (36 ans) et Lins (31 ans) sont un couple belge :  lui était ingénieur système et Lins travaillait dans les ressources humaines. En 2009, ils goûtent, pour la première fois, au naturisme dans le sauna d'un bed and breakfast. Ils testent ensuite un week-end dans un camping naturiste, et cela les décide à changer leur façon de voyager. Depuis un an, Nick et Lins ont changé de vie pour faire le tour du monde...dans le plus simple appareil. Ils étaient récemment au Canada, et s'amusent comme des fous. Vous pouvez les suivre sur leur blog (en anglais) :   www.nakedwanderings.com

jeudi 25 octobre 2018

Coopération entre communautés

1°  Après de longues années de discussions, la communauté flamande et la communauté française ont signé en 2012 un accord de coopération culturelle. Et celui-ci semble bien fonctionner depuis lors. Ainsi, en 2018,  46 demandes de subsides avaient été introduites et parmi elles, 22 ont été choisies pour se répartir un montant total de 160.000 euros. La coopération la plus médiatique est la Biennale de Venise, où nos communautés travaillent enfin main dans la main. A noter que l'appel à projets pour l'année 2019 est encore valable quelques semaines. Plus d'infos :  www.cultuurculture.be

2° Dans le même état d'esprit, je voudrais une nouvelle fois attirer votre attention sur DaarDaar, un site Internet qui traduit en français des articles parus dans la presse néerlandophone. N'hésitez pas à partager les liens sur les réseaux sociaux ou sur votre blog! Merci d'avance pour votre soutien à cette équipe dynamique. Plus d'infos :  daardaar.be/daardaar/madame-flandre-aide-francophone-acomprendre-flamands

Notre devise nationale n'est-elle pas "L'union fait la force" ?

lundi 22 octobre 2018

Les Belges à Rome

Un article sur l'église Saint-Julien des Flamands :   http://probelgica-hainaut.blogspot.com/2017/08/carte-postale-de-rome.html

Un article sur l'ambassade belge auprès du Vatican (où notre roi Albert et notre reine Paola se sont rencontrés) :   http://probelgica-hainaut.blogspot.com/2014/04/l-belge-au-vatican.html

Le site Internet de l'Academia Belgica :  www.academiabelgica.it

Et je vous rappelle qu'il est possible de visiter Rome avec la guide belge Blanche Bauchau :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2015/09/visiter-rome-avec-une-guide-belge.html

Bonne visite !

jeudi 18 octobre 2018

Côte belge : le boucher Hendrik Dierendonck

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A 43 ans, Hendrik Dierendonck est devenu le boucher le plus célèbre de Belgique. Il fait même partie des "Bekende Vlamingen", c'est-à-dire des Flamands connus et médiatisés. En reprenant la boucherie de son père Raymond (Slagerij Dierendonck dans la rue commerçante de Saint-Idesbald à la côte belge),  il a tenu à la développer avec son épouse Evelyne. Et ça marche : leur entreprise a un chiffre d'affaires actuel de 9 millions d'euros, et leur objectif est d'atteindre les 15 millions d'euros!

Hendrik Dierendonck possède désormais quatre boucheries :  celle familiale de Saint-Idesbald, mais aussi trois autres boucheries à Nieuport, Bruxelles et Courtrai (cette dernière ayant été confiée aux anciens gérants de la boucherie Desmedt à Mouscron qui vient de fermer ses portes). Il a confié à la presse :  "On sent que la clientèle du futur, et notamment les jeunes, mangera différemment de la viande :  moins mais mieux. Les gens veulent savoir d'où viennent les animaux. Une bonne maturation est aussi importante. On a une ferme à Furnes ainsi qu'un atelier de production et de découpe, tandis que la finition des produits se fait à chaque fois dans le magasin". 

Sa viande est aussi celle que l'on sert dans son restaurant "Carcasse", jouxtant directement la boucherie familiale de Saint-Idesbald. Ouvert en janvier 2015, il est déjà étoilé depuis l'an dernier grâce à son chef Anthony Snoeck et à son gérant Harm Rademan. Hendrik Dierendonck fournit également une poignée d'autres chefs étoilés (Peter Goossens, Sergio Herman et Kobe Desramault), a lancé une boutique de viandes vendues par Internet, gère son élevage de 50 bœufs (réputé pour sa rouge brune de Flandre Occidentale), et a écrit un livre!

Si vous avez déjà été dans une boucherie Dierendonck ou au restaurant "Carcasse", n'hésitez pas à nous faire part de votre avis! 

lundi 15 octobre 2018

Sortie du tome 14 de la Nouvelle Biographie Nationale

Tous les deux ans, l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique (www.academieroyale.be) publie un nouveau tome de son imposante Nouvelle Biographie Nationale, qui contient des notices relatives à des personnages belges décédés, ayant acquis une certaine notoriété dans les divers domaines de l'activité humaine et appartenant à toutes les périodes de l'histoire, principalement la période contemporaine.

Chaque notice présente les données d'état-civil, des renseignements sur l'ascendance et la descendance familiales immédiates, la formation, les étapes de la vie professionnelle, les grandes lignes de l'activité du personnage (qui ne doit pas nécessairement avoir été académicien). Le tome 14 vient de sortir et met à l'honneur 144 nouvelles personnalités très variées :  les écrivains Maurice Carême et Henry Bauchau, l'industriel Jacques Solvay, la journaliste Janine Lambotte (première femme en Europe à avoir présenté un journal télévisé), le saxophoniste Georges Danneels, le peintre Luc Mondry, le chanteur lyrique Pierre d'Assy, etc. Le tome 14 compte 355 pages et est vendu au prix de 25 euros, mais vous pouvez également consulter librement en ligne la Nouvelle Biographie Nationale sur le site Internet de l'académie.

P.S. Alors qu'on entend souvent parler dans la presse des académiciens français (leur épée, leur costume, leurs funérailles aux Invalides, le fait d'être présenté dans la presse comme "académicien", leurs discussions sur le dictionnaire,p.ex.),   je trouve dommage que ce n'est pas du tout le cas en Belgique. Pourtant, ils disposent aussi d'un très beau bâtiment (le palais des Académies, situé juste à côté du palais royal de Bruxelles) et de sites Internet bien documentés, mais on ne parle pas de leurs activités. Et vous, connaissez-vous les académiciens belges?

jeudi 11 octobre 2018

Rachat de la Cristallerie du Val Saint-Lambert

Cet été, la célèbre Cristallerie du Val Saint-Lambert a été rachetée par Georges Forrest, un important industriel belge surtout connu pour ses projets au Congo. Il a répondu aux questions des quotidiens du groupe Vers l'Avenir :

"Pourquoi avez-vous décidé de racheter le Val Saint-Lambert?
- C'est une acquisition que j'ai faite à titre personnel. D'abord, parce que je connais l'ancien propriétaire du Val Saint-Lambert, Jacques Somville. Nous avions réalisé des opérations en Afrique et il m'a demandé si j'étais intéressé. Certains responsables du groupe ne souhaitaient pas l'opération, mais je me suis dit : pourquoi pas? Ma démarche a aussi pour ambition de ne pas laisser tomber ce fleuron dans les oubliettes. C'est un nom prestigieux pour la Belgique et en tant que citoyen belge, comme on a déjà sauvé deux ou trois sociétés, je me suis dit : pourquoi pas celle-là? C'est un vrai challenge et j'adore relever des défis.

- Quel est votre projet pour la cristallerie?
- Nous avons constitué une équipe et nommé un président en la personne de l'ancien secrétaire d'Etat Pierre Chevalier. Nous allons restructurer l'entreprise pour lui redonner son prestige du passé. Elle a beaucoup perdu au niveau commercial. Nous allons relancer les innovations grâce à deux ou trois designers, afin de moderniser la gamme et la diversifier. La Chine est un grand marché. Nous voulons aussi développer de nouveaux produits accessibles à la classe moyenne, des jeunes de 30-45 ans qui aiment les belles choses, mais qui n'ont pas nécessairement les moyens de s'acheter du Val Saint-Lambert. Nous voulons faire comme d'autres marques (Baccarat, Hermès, p.ex.), mais en gardant la qualité et la beauté. Nous avons aussi pris des contacts avec d'autres cristalleries pour avoir une certaine synergie et collaboration. Ils sont tout à fait preneurs.

- Quel est le montant des investissements prévus?
- Il y en aura certainement, mais ils ne sont pas encore totalement chiffrés. Nous allons d'abord revoir la structure et l'informatique pour lancer des ventes en ligne qui n'existent pas pour l'instant. D'ici fin de l'année, nous aurons une bonne vue de ce que nous voulons faire et comment développer la cristallerie.

- Quid de la marque Val Saint-Lambert?
- Nous avons des droits sur la marque, sinon ce sera difficile de développer l'entreprise. Il y a des gens qui ont utilisé la marque, mais on leur a dit gentiment d'arrêter sans faire de procès. Mon ambition aussi est de faire du Val Saint-Lambert un centre de dialogue entre différentes cultures (africaine, européenne, américaine, etc.). La cristallerie a fait de belles choses, mais elle reste dans le même moule. Il faut lui donner une autre impulsion. Ce dialogue passera aussi par l'intégration des produits du Val Saint-Lambert dans des expositions d'art africain. Mélanger l'art africain, Picasso et des fabrications de la cristallerie apporterait un plus à la cristallerie et à Liège".

Même si je ne suis pas convaincu que les nouvelles générations sont intéressées par de tels produits, je leur souhaite de réussir ce pari et de donner une nouvelle vie à la cristallerie qui est un des fleurons de la région de Liège.