jeudi 30 octobre 2008

Trois bonnes initiatives

1° Ce vendredi 31 octobre 2008 à 19h au Café De Monck (Bruxelles), l'asbl bilingue BPlus - qui a été créée en 1998 et compte plus de 4.000 membres - organise le 4ème speed-dating intercommunautaire, en collaboration avec les Jeunes MR, CDH, Ecolo, PS, FDF, Open VLD, Groen, SPA, CD&V et NVA. Cette initiative sympathique et moderne a pour but de faire dialoguer des jeunes Wallons, Flamands et Bruxellois autour d'un verre, et de dépasser certains clichés.

2° Pour la première fois, les titres de docteur honoris causa décernés le 2 février 2009 par l'Université Catholique de Louvain (UCL) et par la Katholieke Universiteit van Leuven (KUL) seront communs aux deux institutions universitaires. Séparées depuis 1968, les deux universités ont choisi en commun leurs quatre prochains docteur honoris causa : la dessinatrice et scénariste Marjane Satrapi, le religieux Paolo Dall'Oglio, le professeur Abdullahi Ahmed An-Na'Im et le recteur de l'université de Jérusalem Sari Nusseibeh.

3° Nicolas Parent, l'un des responsables de l'asbl BPlus, avait créé cet été un groupe sur Facebook intitulé "Pour qu'on fête le 21 juillet 2009 à Liège". Plusieurs centaines de personnes lui ont apporté leur soutien et des idées concrètes. Il vient de remettre un projet à la Ville de Liège et le journal "La Libre Belgique" lui a déjà consacré un article. Je vous en reparlerai.

Bref, certaines personnes continuent sur les blogs et forums à associer les "belgicains" aux derniers anciens combattants présents aux 11 novembre et 8 mai avec leurs drapeaux belges. D'abord, ces personnes méritent tout notre respect pour avoir donné leurs plus belles années au service de la Patrie. Ensuite, il faut bien se rendre compte qu'une nouvelle génération de Belges a pris le relais de ces anciens combattants pour défendre l'unité de la Belgique. A l'heure d'Internet, ces jeunes motivés le font d'une autre façon, avec des initiatives modernes et dynamiques, mais ils sont fiers d'être belges et incarnent l'avenir de notre pays. Bravo à tous!

lundi 27 octobre 2008

Clin d'oeil linguistique et sportif

Jeudi soir, la RTBF diffusait le match de football de la coupe Uefa opposant Bruges à Rosenborg. Curieusement, aucune chaîne flamande ne le retransmettait, ce qui a eu pour conséquence que le match diffusé par la RTBF a été suivi par 277.000 télespectateurs flamands et 202.000 télespectateurs francophones! Du jamais vu! Mais les quotidiens du groupe Sud Presse ont eu raison de souligner l'excellente initiative des commentateurs de la RTBF :

"C'est une première mais il n'y a guère que les amateurs de foot qui s'en sont rendu compte. L'autre soir, Rodrigo Beenkens s'est exprimé en néerlandais pendant quelques instants aux télespectateurs, imités juste après par son consultant Marc Wilmots. Le sympathique commentateur était sur la RTBF, et non pas sur la VRT ou VTM. Explication : pour des raisons que j'ignore (un problème de droits?), le match de Bruges en Suède n'était retransmis par aucune chaîne flamande. Ainsi la RTBF est-elle devenue, le temps d'un match, la télé la plus regardée au nord du pays. Beenkens n'a pas loupé l'occasion, contrairement aux Brugeois qui n'ont pas marqué, même s'ils ont bien joué. Ce n'est bien sûr pas cette anecdote qui va régler nos démêlés communautaires mais je trouve le clin d'oeil - qui n'est pas le premier dans le chef de Rodrigo - aussi sympathique qu'intelligent. Qui sait, si nous avions plus souvent ce genre d'attitude, l'image qu'ils ont de nous en Flandre serait peut-être différente? Le sport adoucit les moeurs".

En voilà une bonne nouvelle pour commencer cette semaine!

samedi 25 octobre 2008

Mary Dollinger

Quand j'ai créé fin 2006 ce blog qui n'a rien de personnel, je me demandais qui allait le lire. Il m'a fallu plusieurs mois avant d'avoir un "club" de fidèles lecteurs que je ne connaissais pas auparavant. Que de bonnes surprises! Je pense à David, la Bande des Nez Rouges, Alain, Michel, Jf, etc. Nos échanges vont même parfois au-delà du blog grâce aux mails. Dernièrement, je reçois un message de Mary Dollinger, une Anglaise installée en France, dont je n'avais jamais entendu parler. Comment a-t-elle découvert mon blog? Qu'est-ce qui l'a séduit? Mystère... Elle me demande mes coordonnées et m'envoie gratuitement quelques jours plus tard trois de ses livres! Tout cela pour dire que quand on utilise judicieusement Internet, cela permet de faire des découvertes étonnnantes et de belles rencontres sur le plan humain.

Dans la collection "En attendant le bus" (une série de courts récits publiés par les éditions Jacques André), Mary Dollinger a écrit "Journal désespéré d'un écrivain raté" et "Et le bébé était cuit à point". Le premier raconte les entrevues entre des auteurs et leur éditeur, mettant en scène plusieurs grands écrivains du 19ème siècle (comme Emile Zola, Guy de Maupassant ou Victor Hugo). Le récit nous pousse à nous demander s'ils recevraient aujourd'hui un accueil favorable des maisons d'édition. Cette phrase m'a bien plu et est très juste : "Vous devez savoir que maintenant, seuls quelques lecteurs avertis dépassent les 300 pages, et avec 600, vous allez plonger les autres dans le désespoir le plus profond, voire dans un coma littéralement dépassé".

Le fil conducteur de "Et le bébé était cuit à point" est Harmonie, un chat. Blanche, une célibataire solitaire, le reçoit de sa mère. Grâce à Harmonie, elle fait la rencontre de Philippe, prince charmant apprécié du chat. La vie morne de Blanche est métamorphosée...jusqu'à la cruelle dernière page où le lecteur apprend la vérité sur ce qui ressemblait à un conte de fées!

Mary Dollinger a également écrit un roman de 255 pages : "Au secours Mrs Dalloway". Clare Fournier, une bourgeoise anglaise, vit une existence monotone avec son époux Georges (qui la trompe), leurs deux enfants, leur chien et leur gouvernante Mathilde. Mais sa vie devient ensuite plus intéressante : elle décide d'écrire un roman et tombe sous le charme d'un séduisant Belge, Jeffery Vandenbeck. Elle écrit : "Georges m'avait aimée et entourée comme un excellent mari classique. Il était confortable, réconfortant, mais tellement ennuyeux et pas du tout électrique, pas enivrant. Si Georges était un fleuve rassurant, Jeffery, lui, était une cascade éblouissante : c'était le Mississippi face au Niagara". On suit ensuite Clare en Angleterre, puis son retour dans le sud de la France pour la fin de l'histoire. "Tout est bien qui finit bien", comme dit le proverbe, mais je vous laisse le soin de le découvrir vous-même.

Bref, je remercie Mary Dollinger pour l'envoi de ses trois livres et lui souhaite bonne chance pour la suite de sa carrière (Plus d'infos sur http://englishgirl.blogs.pyschologies.com). Si elle vient sur ce blog, j'aimerais lui poser trois questions : y a-t-il une part d'autobiographie dans "Au secours Mrs Dalloway"? Pourquoi avoir choisi la nationalité belge pour le séduisant Jeffery? Quels sont vos projets?

jeudi 23 octobre 2008

L'actrice belge Alexandra Vandernoot

Je vous ai parlé récemment de "A tort ou à raison", la nouvelle série judicaire produite par la RTBF. Le tournage a lieu actuellement à Bruxelles. Le journal "La Dernière Heure" en a profité pour interviewer notre compatriote Alexandra Vandernoot (née en 1965) sur ce nouveau projet noir-jaune-rouge :

"Vous-même et les trois autres comédiens principaux de la série semblez ravis de participer à cette production belge?
- Oui, totalement. On a tous accepté nos rôles, en dehors du fait que c'était très bien écrit, parce que notre coeur est belge et pour supporter la télévision belge aussi. Dire que c'est par esprit patriotique serait un grand mot, mais c'est presque çà. C'est plein d'émotions et ce n'est jamais anodin de tourner ici.
- Votre belgitude s'est développée depuis que la France et ses fictions vous ont adoptée?
- Oui. Peut-être qu'en étant restée ici, je n'aurais pas ce sentiment-là. Il y a une nostalgie aussi. Et, forcément, on ne garde que les bons souvenirs. On revoit des gens qui ont été importants pour nous à un moment donné dans notre parcours et c'est toujours émouvant.
- Vous revenez souvent en Belgique?
- Tous les deux mois à peu près. J'ai ma mère et mon frère qui habitent ici, des amis d'enfance que je revois régulièrement. Il y a eu une période, quand je suis partie à Paris, où j'ai voulu prendre mes distances par rapport à la Belgique parce que j'avais aussi besoin de me construire. Et puis, je suis revenue de plus en plus souvent. Ca fait partie de moi. Je n'ai pas changé de nationalité, ni de nom.
- Même si on l'écorche très souvent en France, votre nom?
- Oh oui, très souvent! Mais je m'y suis habituée. Les Parisiens sont comme çà, c'est une catastrophe quand ils doivent prononcer un nom étranger! Mais ce n'est pas grave...
- Hasard du scénario d' "A tort ou à raison", les héros se connaissent depuis longtemps. C'est aussi le cas des acteurs?
- Oui, çà, c'est très chouette. Marianne Basler était une année au-dessus de moi au Conservatoire ici et elle est partie à Paris avant moi. Après, je suis allée vivre dans son appartement pendant deux ans. On s'est longtemps perdues de vue et on n'a jamais tourné ensemble. Avec Bernard Yerlès, on se connaît aussi depuis longtemps, on a tourné ensemble. Du coup, cette complicité, on ne doit pas la jouer. Elle est naturelle".

mardi 21 octobre 2008

Actualité de l'explorateur belge Alain Hubert

Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises sur ce blog de l'explorateur belge Alain Hubert qui se retrouve, ces derniers jours, dans l'actualité. L'an dernier, à son initiative, 35.000 personnes avaient pu découvrir la Station Polaire Princesse Elisabeth prémontée à Tour et Taxis (Bruxelles). Ce 12 novembre, Alain Hubert, son équipe et 800 tonnes de matériel partiront installer un camp de base en Antarctique permettant de travailler dans des températures de - 40°C. Si tout se passe bien, l'installation devrait être terminée et prête à accueillir les premiers scientifiques en mars 2009 (l'inauguration officielle aurait lieu en février). La construction achevée, la direction opérationnelle et scientifique de la Station Polaire Princesse Elisabeth sera confiée au secrétariat polaire basé à Bruxelles, sous la tutelle de la Politique Scientifique Belge. La station sera totalement autonome avec neuf éoliennes, des panneaux solaires et des batteries. Le budget total de ce projet s'élève à 22 millions d'euros (6 millions d'euros de l'Etat fédéral et le reste est financé par des partenaires privés et des mécènes). Parallèlement, la Fondation Polaire Internationale lancera dès janvier dans les écoles un programme éducatif autour de la station polaire et du changement climatique. Chapeau pour ce beau projet belge!

Ce week-end, Alain Hubert déclarait au journal "La Dernière Heure" : "C'est vrai que je suis dur avec l'Etat sur l'enseignement. Mais cette semaine, à l'annonce du gouvernement qu'il n'allait pas répercuter la baisse du prix du pétrole sur le carburant, j'ai vu le secteur automobile qui s'est plaint. C'est une attitude inadmissible. Il faut comprendre qu'on ne va pas pouvoir prendre sa bagnole pour trois fois rien indéfiniment. De même, à chaque fois qu'un homme politique ouvre la bouche, il parle de pouvoir d'achat. C'est hallucinant, on ne va pas y arriver comme cela. Il faut faire comprendre aux gens l'intérêt de changer ses habitudes. Ce genre d'exposition comme "C'est notre terre" à Bruxelles y participe. Je suis intellectuellement pessimiste. Mais en même temps l'humanité se retrouve face à un extraordinaire défi. Un challenge qu'elle n'a jamais connu auparavant. Mais pour cela, il faut des hommes. Notamment des techniciens, et je constate qu'on a beaucoup de mal à les trouver. C'est la raison de ma rage sur l'enseignement".

Avant son départ en Antarctique, Alain Hubert donnera une conférence au centre culturel d'Uccle ce vendredi 24 octobre 2008 à 20h.

lundi 20 octobre 2008

Décès de Soeur Emmanuelle

Alors qu'elle allait fêter son 100ème anniversaire le 16 novembre, Soeur Emmanuelle est décédée cette nuit dans la maison de retraite du sud de la France où elle vivait. Par une curieuse coïncidence, j'avais lu son dernier livre la semaine dernière et j'en avais fait le compte-rendu sur ce blog. Surnommée la "chiffonnière du Caire", Soeur Emmanuelle mérite amplement tous les hommages qui lui sont rendus aujourd'hui et j'espère que les équipes qu'elle a mises en place poursuivront son travail. Je garderai aussi le souvenir d'une femme qui avait beaucoup de charisme et un énorme sens du contact, notamment avec les jeunes. Très loin de certains esprits vieux jeux du Vatican, son discours était humaniste, moderne et adapté à notre XXIème siècle.

samedi 18 octobre 2008

Nouvelles en bref sur le plan culturel

Café littéraire. Ce week-end, "La Livre de Café" a ouvert ses portes à Mons (87, rue d'Havré). Dans ce café littéraire, vous pourrez consulter plus de 250 ouvrages en buvant une tasse de café ou de thé, en prenant un verre de bière ou de vin. La carte propose aussi des produits du commerce équitable. Le patron Benoît Geets permet aussi à des auteurs peu connus de mettre leurs livres en dépôt-vente, et à des artistes d'exposer leurs photos ou tableaux sur les murs du café. Souhaitons bonne chance à Benoît Geets, qui est également le président de l'asbl Arts et Culture à Braine-le-Comte (ouvert les lundi, mardi, jeudi, vendredi et samedi de 10h à 21h).

Littérature. Marc Legrand est l'auteur d'un thriller ésotérique, intitulé "Le message de Nostradamus", dont vous pouvez lire des extraits sur son blog (http://lemessagedenostradamus.over-blog.com/). Il cherche un éditeur. Ci-contre, vous pouvez découvrir parmi les liens les blogs d'écrivains belges : Nicolas Ancion, Cathy Bonte, Benoît Coppée, Edmée De Xhavée (son roman "Les Romanichels" va bientôt sortir), Escale des Lettres, Cédric Godart, Thomas Gunzig, Françoise Houdart, Dominique Leruth et Jacques Mercier. Par ailleurs, le jeune écrivain belge Rémy Bertrand vient d'obtenir le Prix Emile Poumon 2008. Ce prix récompense un auteur qui, par ses écrits, a contribué au rayonnement intellectuel de Mons et de ses alentours immédiats. Ce prix est décerné par l'Association Royale des Ecrivains de Wallonie.

Patrimoine. Après une rencontre avec des responsables de l'Unesco, le ministre Jean-Claude Marcourt a décidé de proposer les quatre sites miniers majeurs de Wallonie (Bois-du-Luc, Grand-Hornu, Bois du Cazier et Blégny) pour inscription sur la liste définitive du patrimoine mondial. Réponse dans plusieurs mois...

Photographie. Voici la présentation de http://automnea.blogspot.com/ par le photographe belge Stephen Vincke : "Ce blog se veut l'expression photographique de l'automne dans la région de Mons-Borinage. Ainsi le photographe arpente , chaque année, chaque automne, sa terre natale, cherchant à témoigner de l'intimité saisonnière de la lumière et de l'eau. Cherchant à apporter un peu de beauté à ceux qui, faute de temps, ont perdu de vue sa permanence renouvelée. Cherchant à rendre un peu de douceur, de simplicité, de contemplation à la sophistication galopante du monde moderne. Cherchant, enfin, à joindre le local à l'universel - le tracé des constellations cheminant sur les nervures d'une feuille d'érable. Retour à la rosée, retour aux sentiers battus, dans une errance volontaire faite de brume, de silence, de transparence, de frissons".

Télévision. Après "Septième Ciel" et "Melting Pot Café", la RTBF a décidé de produire une troisième série 100% belge : "A tort ou à raison", dont le scénario a été écrit par l'avocat et écrivain Marc Uyttendaele. Le tournage des six premières histoires de cette série judiciaire a lieu en ce moment à Bruxelles avec Pierre Joassin comme réalisateur. Elle met en scène un quatuor d'acteurs belges : Alexandra Vandernoot (l'avocate), Marianne Basler (le juge d'instruction), Bernard Yerlès (le commissaire) et Olivier Minne (le chroniqueur judicaire). Alors que nos chaînes de télévision sont remplies de séries anglo-américaines, on ne peut que féliciter la RTBF pour cette bonne idée. Par ailleurs, France 3 a déjà annoncé qu'il allait acheter et diffuser "A tort ou à raison".

Théâtre. Je parle rarement de théâtre sur ce blog. Aussi je vous conseille de consulter http://cotecouroujardin.canalblog.com/ où Mary commente ses coups de coeur sur les pièces de théâtre qui se jouent en Belgique. Nous avons un point commun : nous sommes deux fans de la troupe "Sois belge et tais-toi", à qui j'ai déjà consacré un article il y a plusieurs mois.

Bref, fidèles à l'esprit de ce blog, allez donner un coup de pouce à tous ces écrivains, acteurs et artistes belges qui ne bénéficient pas de la médiatisation de leurs collègues étrangers, mais ne manquent cependant pas de talent!

vendredi 17 octobre 2008

Chronique de Christian Hubert ("La Dernière Heure")

J'ai déjà évoqué tout le mal qu'il fallait penser de la future scission du football belge. Les événements récents inspirent quelques réflexions :

1. L'incroyable hypocrisie des dirigeants de notre football. Pour se dédouaner, ou pour dire ce n'est pas nous, ils ont commandé une étude externe à la Fédération sur la faisabilité et le bien-fondé de la scission. Ca coûte très cher, mais on sait que les finances fédérales ne sont pas à cela près, elles regorgent d'argent. Une étude dont le résultat est connu d'avance, non seulement c'est ridicule, mais parfaitement inutile, parce que si, d'aventure, elle n'allait pas dans le sens de la scission, je suis prêt à parier qu'on n'en tiendrait pas compte.

2. Chez nous, la démocratie semble un régime bien théorique. Au même titre que Bart De Wever et sa minuscule NVA ont pu bloquer, pendant un an et demi, tout le pays, Bert Anciaux et son confidentiel Vlaams Progressieven savent que la majorité du foot belge viendra manger dans leur main, et ne se font pas faute d'en user.

3. L'absence totale de personnalité des dirigeants de notre football est mise en évidence dans la crise actuelle : "Cette scission est dans l'air du temps, il faut suivre l'évolution politique". Et pourquoi donc? Tout le monde sait que le déclin global du sport belge est concomitant avec sa scission en ailes communautaires. Et, comme par hasard, ce sont les deux sports collectifs non scindés (football et hockey) qui se sont qualifiés pour Pékin. Mais çà, c'est sans doute l'anecdote...

4. Michel D'Hooghe, qui affirmait jadis, alors président fédéral, qu'il claquerait la porte en cas de scission, évite ouvertement d'évoquer le sujet aujourd'hui.

5. La manne qu'offre le ministre des sports flamand est, en grande partie, un mirage. A la limite, un one shot, sans aucune garantie de pérennité. Pas loin d'une arnaque, donc.

6. Le vrai problème, le seul qui peut encore arrêter la machine : c'est la problématique des clubs bruxellois. Ils sont 45, et 41 sont francophones. Ce qui empêche le ministre flamand bruxellois de dormir. Pensez donc, les Flamands ont toujours bloqué le recensement linguistique pour fuir la réalité. Cette réalité francophone affichée dans le rôle linguistique fédérale de 90% des clubs! Bert Anciaux pense pouvoir renverser la tendance à coups de millions. Je n'oserais pas jurer qu'il se trompe...

Christian Hubert (journal "La Dernière Heure/Les Sports", 17 octobre 2008)

Par ailleurs, une pétition contre la scission du football belge vient d'être lancée sur www.lapetition.be

mercredi 15 octobre 2008

"J'ai 100 ans et je voudrais vous dire..." (Soeur Emmanuelle)

A l'occasion de son 100ème anniversaire, Soeur Emmanuelle (née en 1908 à Bruxelles) accorde un long entretien à Jacques Duquesne et Annabelle Cayrol. Après avoir évoqué le décès de son père lorsqu'elle avait six ans, elle confie : "Dans ma jeunesse, je ne pensais qu'à m'amuser, danser, voir des films, aller au théâtre. C'était le monde des années 20, qu'on a nommé "les années folles", la respiration, le soulagement de l'après-guerre. J'habitais Bruxelles mais j'allais à Paris où vivaient mes tantes. Le plaisir... Pourtant, ce plaisir ne me satisfait pas vraiment". Elle raconte ensuite son attirance pour les garçons et ses doutes avant de devenir religieuse.

En 1931, elle prononce ses voeux dans la congrégation Notre-Dame-de-Sion. Soeur Emmanuelle enseigne les lettres de 1932 à 1971 en Turquie, en Tunisie et en Egypte. Elle obtient une licence de lettres à la Sorbonne en 1963. A l'âge de la retraite, elle réalise un voeu profond : vivre parmi les chiffonniers et construire avec eux dispensaires, jardins d'enfants et écoles. Elle prend sa retraite en 1993 en France et donne conférences et interviews pour susciter des dons en faveur de son association.

Voici quelques citations du livre que j'ai appréciées :

"Décider d'une vie de privation, de souffrance pour le bonheur des autres, non. Le véritable amour, solide, durable, est celui qui cherche le bonheur des autres en même temps que son propre bonheur".

"Il faut éviter que l'habitude du don fasse de celui qui reçoit un mendiant toujours prêt à demander. Alors que l'on doit aider à faire par lui-même. Pour sa dignité".

"Un bon modèle, c'est quelqu'un qui accepte la différence, qui se bat pour l'égalité, l'équité et la justice, et surtout c'est quelqu'un qui prouve sa capacité à aimer, à partager! C'est quelqu'un de joyeux, de positif, d'optimiste. Il faut apprendre aux enfants la confiance, à avoir confiance".

"L'Histoire est capitale, l'enseignement de l'Histoire et des racines de chacun est essentiel. Mais attention, les enfants ne sont pas responsables du passé! On parle beaucoup de mémoire ces temps-ci, mais attention, il ne faut pas charger les enfants de notre culpabilité et de notre responsabilité! Ils ne doivent pas, non plus, mettre obligatoirement leurs pas dans ceux de leurs parents. Ils doivent, riches de notre expérience, faire différemment, essayer d'autres voies! Il faut leur donner les moyens de décrypter les discours, de rester critiques et lucides. Et surtout, il faut leur laisser leur enfance. Ne pas en faire de petits adultes avant l'heure".

"Notre monde est triste parce qu'il est trop axé sur le matériel, l'argent, le clinquant. Moi, ce que je leur souhaite aux jeunes, ce sont de belles rencontres humaines. J'ai eu cette chance. Etre adulte, c'est être seul, le savoir et l'accepter. C'est admettre qu'on est responsable de sa vie, de ses actes, de ses choix. Ne pas incriminer les autres, le destin, la chance ou la malchance. Même s'ils existent. On dit que grandir, c'est renoncer. Grandir, c'est être capable de chercher des solutions. C'est ce que les jeunes attendent de l'adulte, qu'il sache aussi les aider à faire face. Le véritable adulte est un passeur pour les jeunes".

Avec son franc-parler légendaire, Soeur Emmanuelle s'inquiète de la montée de l'islamisme (mais défend la religion musulmane), propose d'envoyer les jeunes en stage dans une ONG avant l'obtention de leur diplôme, se prononce pour le mariage des prêtres et la contraception. Elle nous parle aussi du travail de l'Association Soeur Emmanuelle qui mène des projets d'éducation et de santé (3,8 millions d'euros de budget en 2007) en Egypte, au Soudan, au Liban, aux Philippines, au Burkina-Faso, en Inde, à Madagascar, mais aussi en France.

lundi 13 octobre 2008

Y a-t-il trop de fonctionnaires en Belgique?

Je vous ai déjà parlé, à plusieurs reprises sur ce blog, de Rudy Aernoudt. Parfait bilingue, ancien chef de cabinet de plusieurs ministres de l'Economie, il est l'auteur du livre "Vlaanderen/ Wallonië : je t'aime, moi non plus" (il y cite des arguments économiques contre le séparatisme), membre du conseil d'administration de l'asbl BPlus et créateur de l'asbl België Anders/La Belgique Autrement. Plus d'infos sur son site personnel : www.aernoudt.com

Avec le sénateur libéral Alain Destexhe, il signe un nouveau livre de 210 pages, intitulé "Comment l'Etat gaspille votre argent". Ils proposent de réduire les dépenses publiques de 1% du PIB par an pendant 10 ans et de diminuer l'effectif des fonctionnaires de 25.000 personnes par an pendant la même période. Cela permettrait, selon eux, de baisser de 3% par an les impôts des citoyens.

Ils dénoncent les provinces qui ont perdu leur raison d'être mais emploient 20.000 personnes, les 425 attachés de cabinet de la région bruxelloise, les compétences qui se chevauchent entre les différents niveaux de pouvoir, les Flamands de Bruxelles qui deviennent ministres avec 700 voix, le coût du Parc d'Aventures Scientifiques de Frameries (géré par 12 socialistes sur 14 au conseil d'administration), les 33 ministres ou échevins de la Culture en région bruxelloise, etc. Les deux auteurs citent un rapport de l'OCDE qui estime que la Belgique pourrait être gérée avec 34% de fonctionnaires en moins!

Le livre a déjà fait réagir la ministre fédérale Inge Vervotte (CD&V) qui a annoncé qu'il devrait y avoir 6.000 fonctionnaires de moins au fédéral d'ici 5 ans (toutes les personnes partant à la retraite n'étant plus remplacées ; donc aucun licenciement) et que le nombre de fonctionnaires fédéraux devrait passer de 83.871 à 77.993 en 2013. La ministre précise que parmi les 800.000 fonctionnaires belges, 345.000 travaillent pour les régions et communautés, et 280.000 pour les communes et provinces.

Et vous, pensez-vous qu'il y a trop de fonctionnaires en Belgique? Avant de donner votre avis, il serait pertinent de préciser votre profession.

dimanche 12 octobre 2008

Réginald Willems, nouveau capitaine de l'équipe belge

La décision vient de tomber cette semaine : la Fédération Belge de Tennis a désigné Réginald Willems pour remplacer Julien Hoferlin en tant que capitaine de l'équipe belge de tennis en coupe Davis. Qui est Réginald Willems? Ce Bruxellois de 31 ans est un ancien pensionnaire de la section tennis-études du centre AFT de Mons, en collaboration avec l'Athénée Royal Marguerite Bervoets (où il a côtoyé une certaine Justine Henin). Son meilleur classement est le 145ème rang du classement mondial de l'ATP en 2000. Il met fin à sa carrière sportive deux ans plus tard. Actuellement, Réginald est l'entraîneur de nos compatriotes Steve Darcis, Olivier et Christophe Rochus. Il combinera désormais ce poste avec celui de capitaine de l'équipe belge en coupe Davis (prochains matschs de l'équipe nationale : en mars contre la Pologne).

Cette nomination semble faire l'unanimité au sein des joueurs belges qui s'entendent bien et où il n'existe aucune tension communautaire.

Christophe Rochus : "Oui, c'est pas mal. Réginald Willems est le mieux placé pour occuper cette fonction de capitaine de coupe Davis. Non seulement il connaissait déjà l'équipe, mais en plus il est l'entraîneur personnel de Steve Darcis, d'Olivier et de moi. Il a les deux qualités essentielles pour occuper ce poste : connaître tous les joueurs belges et être accepté de tous. En plus, il a joué à un bon niveau et connaît le circuit. Assurément, il a toutes les compétences pour cette aventure".

Xavier Malisse : "Réginald Willems est un chouette gars. Il suit l'équipe depuis un bout de temps et nous connaît très bien. Depuis que je suis revenu dans le team, je veux faire avancer le groupe le plus haut possible. Par conséquent, je serai derrière notre nouveau capitaine à 100%. On voit tout de suite qu'il est bien dans le groupe. Il est le coach personnel de trois des joueurs de l'équipe. Pas de moi, mais cela ne me pose bien sûr aucun problème. Pour moi, tout est ok".

Steve Darcis : "Pour moi, c'est une nomination un peu spéciale. Il m'entraîne depuis deux ans et me connaît par coeur. Je suis évidemment content pour lui. Je me réjouis d'être en mars pour vivre les émotions de la coupe Davis avec Redg comme capitaine. Réginald est un gars très calme, honnête et loyal. Il favorisera toujours la forme du moment pour sélectionner un joueur. Je ne voudrais pas que les gens pensent qu'il est là car il m'entraîne. Il est vraiment compétent. En un mot ou une phrase, il sera capable de remettre un joueur sur le droit chemin. Julien Hoferlin était un coach plus expressif. Réginald sera plus calme. Ils sont tous les deux différents, il ne faut pas les comparer".

Kristof Vliegen : "La Fédération a décidé et c'est très bien. Réginald est un bon entraîneur. Je regrette le manque de professionnalisme de la Fédération qui ne m'a même pas passé un coup de fil pour avoir mon avis. Une table ronde avec tous les joueurs aurait été une bonne idée. Maintenant, ce choix est le meilleur. Il le mérite. Pour moi, il a de sérieuses qualités dont celle d'avoir été un joueur de haut niveau. Il aurait pu avoir une plus belle carrière de joueur s'il n'avait pas été blessé. Aujourd'hui, il réalise un magnifique parcours de coach. Il connaît nos caractères très différents. Il sera capable de nous gérer. Sinon, humainement, Réginald est un très grand monsieur. Enfin, il a passé deux ans à côté de Julien Hoferlin. Il sait ce que signifie être capitaine de l'équipe belge de coupe Davis".

Souhaitons bon vent à Réginald dans son nouveau job... Plus d'infos sur www.tennis-belge.be

samedi 11 octobre 2008

Un jeune acteur belge : Benjamin Ramon

Originaire de Durbuy, le jeune acteur belge Benjamin Ramon (29 ans) vient d'accorder une interview à Paris-Match :

"Votre parcours marque une belle polyvalence...
- Quand j'étais petit, les garçons jouaient au football et les filles dansaient. Pas de chance : je voulais monter sur scène et la danse me semblait le moyen d'y arriver. J'ai suivi des cours dès six ans, seul garçon au milieu de 132 filles, objet tout jeune du phénomène de la différence et du rejet. J'étais touche-à-tout, suis passé par le dessin, me suis frotté à quelques écoles avant d'être intégré à l'INSAS, un vrai bonheur. Dès ma première année, malgré l'interdiction des professeurs, j'ai participé à des courts-métrages. Mon premier réalisateur jugea ma prestation dramatique. Un choc qui m'a fait mal et obligé à me remettre très jeune en question. J'avais mis le pied à l'étrier et j'ai enchaîné. Mon deuxième film fut révélateur : "Enfants de coeur" d'Alexis Van Stratum, passé récemment sur Arte. J'y interprétais, à l'âge de 21 ans, un gamin de 12 ans rêvant de devenir danseur, un sujet qui résonnait par rapport à mon passé.
- Derrière un aspect lisse de jeune premier, vous apparaissez très rebelle.
- Je suis une tête de mule. Je veux casser mon image angélique par des rôles extrêmes, où je me transforme totalement.
- Votre premier long métrage, "La femme de Gilles" de Frédéric Fonteyne, vous a débarqué dans la cour des grands. Votre sentiment?
- Un film difficile, joué dans le simple regard. J'y interprétais un rôle déclencheur mais pas compliqué. Le plus grand bonheur est arrivé avec "Je m'appelle Elisabeth" de Jean-Pierre Améris, où j'incarnais un autiste, un de mes fantasmes de comédien. Je suis très fier de ce film, malgré son manque de succès. J'ai démontré ma capacité d'acteur et ma nomination au César du meilleur espoir masculin a prouvé que je devais m'entêter dans mes choix.
- Votre actualité prouve un beau début de reconnaissance : la télévision vous ouvre ses portes en Belgique et en France.
- J'ai tourné pour France 2 dans la mini-série en deux parties : "La Reine et le cardinal" de Marc Rivière, avec Alessandra Martinez et Philippe Torreton, le personnage du marquis de Vivonne, le meilleur ami de Louis XIV, son amuseur. Le film arrive sur les écrans très prochainement. Je débute le tournage du feuilleton belge "A tort ou à raison" avec Alexandra Vandernoot, dont j'incarne le jeune assistant, stagiaire en droit, un peu maladroit. Un personnage intéressant répondant par sa présence à de nombreux questionnements des télespectateurs. J'ai terminé aussi un scénario avec un ami réalisateur, Benjamin Viré, une critique sur la télé-réalité, où nous attaquons le cliché par le cliché. Le pitch : une émission tourne au cauchemar et devient un thriller d'horreur. J'ai été inspiré en regardant "Secret Story", un total abrutissement. Nous recherchons un producteur.
- Vous affichez des convictions sociales bien définies.
- J'aime depuis toujours les films de Tim Burton, dont le fil conducteur est la tolérance et la différence. Deux de mes thèmes principaux.
- Votre défaut et votre qualité essentiels?
- La détermination et la détermination!
- Avec quel réalisateur souhaiteriez-vous tourner?
- Les frères Dardenne, mais je n'ai aucune chance. Je me suis présenté à 17 ans pour "Rosetta", mais mon profil ne correspondait pas. Devinez pourquoi...
- Quelle est la carrière d'acteur que vous aimeriez afficher?
- Celle de Dustin Hoffman pour sa capacité de changer de rôle tout en restant simple.
- L'actrice à qui vous désirez donner la réplique?
- Yolande Moreau que j'ai croisée sur le tournage de "Je m'appelle Elisabeth", mais avec qui je n'avais aucune scène en commun. Une artiste complète et vibrante.".

Souhaitons une longue carrière à ce jeune acteur belge!

jeudi 9 octobre 2008

Guido Fonteyn et les relations Flandre/Wallonie

Durant plus de 20 ans, Guido Fonteyn a été journaliste au "Standaard". Parfait bilingue, il était responsable de l'actualité en Wallonie. Le mois dernier, il s'est confié aux quotidiens du groupe Sud Presse :

"Actuellement, je réside à Jette, mais j'ai une maison à Treignes près de Mariembourg, dans la Wallonie profonde. J'apprécie toujours autant de discuter avec des francophones. Et lorsqu'on prend le temps de les écouter, on sent pointer de l'inquiétude, de l'incompréhension. Avant, les journaux faisaient des efforts pour comprendre l'autre, pour parler objectivement de la communauté voisine. Aujourd'hui, cela se perd un peu. Mais ce qui me choque le plus, c'est le langage utilisé pour parler du dossier communautaire. Les mots employés appartiennent au vocabulaire guerrier : couteaux, tranchées, combat,... La presse devrait faire preuve de plus de réserve. Je ne me suis jamais senti agressé en Wallonie. Pourtant, je ne cache ni mes origines flamandes, ni mes convictions politiques. Il faut bien comprendre que, tant au nord qu'au sud, il y a des noyaux durs qui n'existent que par leurs menaces et attaques. Mais les Wallons et Flamands moyens ne sont pas du tout agressifs. Tous les Flamands installés en Wallonie ont l'air ravis. Je n'ai jamais entendu l'un d'eux dire qu'il souhaitait retourner en Flandre. Ce qu'ils apprécient? Les prix de l'immobilier, les possibilités économiques et, bien entendu, le climat et les espaces. Face à la Flandre qui ressemble à une vaste agglomération, la Wallonie est un poumon vert. Et la convivialité des habitants est épatante".

mercredi 8 octobre 2008

Conférences sur l'histoire de la Belgique

L'Association Royale Dynastie et Patrimoine Culturel organise, cet automne au Musée Bellevue (Bruxelles), deux conférences sur l'histoire de la Belgique.

Lundi 20 octobre 2008 à 14h30 : conférence "L'origine de l'ordre de Léopold" par le lieutenant-colonel breveté d'état-major Eric Tripnaux. Né à Namur en 1958, Eric Tripnaux étudie au petit séminaire de Floreffe, à l'Ecole Royale des Cadets et à l'Ecole Royale Militaire. Il sert de 1981 à 1993 dans l'artillerie antiaérienne. A portée de missile du Rideau de Fer, il y connaît la fin de la guerre froide et la réunification allemande. Un ami lui transmet en 1977 sa passion pour la phaléristique (étude des distinctions honorifiques). Depuis, ses publications et articles à ce sujet font autorité, y compris en dehors des frontières belges. Conférencier et auteur militaire, il est de 1993 à 2001 successivement l'attaché de presse des forces belges à Cologne (Allemagne), du commandement opérationnel de la Force terrestre et du Corps européen. En 1999, en pleine crise du Kosovo, il médiatise durant six mois depuis Sarajevo les opérations de la force de stabilisation de l'Otan. Rédacteur en chef puis producteur des organes de communication de la Défense de 2001 à 2004, il obtient un master complémentaire en sciences politiques et militaires en 2005 et est promu directeur général adjoint pour l'image et les relations publiques de la Défense. Depuis 2007, le lieutenant-colonel breveté d'état-major Eric Tripnaux enseigne le leadership et la communication à l'Ecole Royale Militaire.

Lundi 17 novembre 2008 à 14h30 : conférence "De rol van prins-regent Karel en zijn entourage in de Koningskwestie" par Rien Emmery. Né à Bruges en 1983, Rien Emmery étudie l'histoire à l'Universiteit van Gent, et y est durant deux ans rédacteur en chef du périodique estudiantin "Schamper". Son mémoire de licence traite du rôle du prince Charles durant la Question Royale. Après des travaux d'études complémentaires, il publie en 2007 une biographie du prince régent (en français chez Racine et en néerlandais chez Manteau). Actuellement, il travaille à la Katholieke Universiteit van Leuven dans le cadre du projet de doctorat FWO (Fonds Wetenschappelijk Onderzoek) : les habitations rurales en Flandre après la deuxième guerre monde.

Infos auprès de l'Association Royale Dynastie et Patrimoine Culturel (2, rue Ducale - 1000 Bruxelles ou par mail : musdyn@skynet.be).

lundi 6 octobre 2008

Restaurant "Ma belgitude" (Waterloo)

Le nom de l'établissement, ainsi que le drapeau belge qui trône dans le sas d'entrée, annoncent l'ambiance. Bienvenue dans la marmite noire, jaune et rouge où bouillonne un véritable sentiment de fierté nationale. Noémie et Marie-Annick vous accueillent les bras ouverts dans le plus pur esprit de la convivialité belge. Un endroit tout public, où les plus jeunes viendront déguster un américain-frites la semaine avec un fond sonore d'Hooverphonic, Eté 67 ou encore Girls in Hawaïï. Quant aux pensionnés, ils savoureront un traditionnel moules-frites le dimanche sur un air de Jacques Brel ou Adamo. Dans ce restaurant, le pays est mis en évidence dans les moindres recoins : le mur Tintin, les boîtes de biscuits De Strooper, les paysages marins et la statue de Manneken Pis qui trône fièrement à côté du bar. Tombées dans le virus Belgique dès leur plus jeune âge, ces deux jeunes assistantes sociales de formation ont renforcé leur âme belge de par de nombreux voyages. C'est en octobre 2007 qu'elles reprenaient "Ma Belgitude" pour lui donner un nouvel élan et un dynamisme culinaire. Car outre l'américain ou moules frites, la carte vous suggérera les incontournables belges comme les boulets liégeois, les tomates crevettes, la tarte al djote ou les grillades de viandes. En cuisine, on laisse place à l'imagination nationale, ce qui vous permettra de siroter un sabayon à la Chimay ou un Chouffe Coffee. Tradition oblige, la carte des bières est évidemment bien fournie : Westmalle, Chimay, Duchesse de Bourgogne au fût, bière du Lothier, Bon-Secours, "Echte Kriekenbier", etc. Signalons aussi qu'un concert est organisé un mercredi sur deux, le tout dans une ambiance où langues de Voltaire, Vondel et Shakespeare se mélangent.

"Ma belgitude" - 392, chaussée de Bruxelles - 1410 Waterloo (www.mabelgitude.be).

samedi 4 octobre 2008

La Belgique de JF

Parmi les fidèles de ce blog, il y a JF, le responsable du blog "La meilleure façon de prédire le futur est de le créer" (http://fitman.wordpress.com), qui vient de m'envoyer ses réponses au questionnaire que j'avais lancé en septembre.

1° Votre définition de la Belgique?
Un pays, formé de communautés certes différentes, mais qui a su traverser le temps avec une certaine unité, une certaine autonomie, et surtout beaucoup de talents.

2° Quels sont vos endroits préférés de la Belgique?
Je commencerai par ma ville natale Liége (écrit à l'ancienne, comme il se doit!). Une très belle ville, malheureusement pas assez bien entretenue, mais qui recèle tant de trésors et de chaleur dans le coeur de ses habitants. Ensuite la Hesbaye qui m'a vu grandir, région aux frontières invisibles mais que je refranchis avec toujours autant de joie lorsque je reviens de l'étranger, c'est à dire assez souvent hélàs. J'enchaînerai par les Ardennes, cet écrin magnifique, pour poursuivre par la région gantoise, et finir par Bruxelles avec - entre autres - cette grand-place qui nous gonfle d'orgueil.

3° Vos coups de coeur culturels belges (musique, littérature, peinture, cinéma, etc.)?
Tous et toutes... Je cite en vrac : Jacques Brel, Jean-Luc Fonck, Benoît Poelvoorde, Magritte, Van Eyck, Simenon, Stanislas-André Steeman, Hergé, Jean Van Hamme, Jean-Michel Charlier, Philippe Geluck, Pierre Kroll, le groupe 98%, Abbey Road, José Van Dam, E.P. Jacobs, Franquin. J'en oublie, mais çà donne une idée tout de même...

4° Votre membre préféré de la famille royale belge?
Le roi Baudouin est hors concours, vu son charisme et son impact sur le pays. En ce qui concerne la famille royale actuelle, je dirais le prince Philippe, au risque d'étonner. Il est discret - peut-être trop - mais il fait fi des critiques et exécute toujours les tâches qui lui sont attribuées, comme les missions économiques. Je pense qu'il sera un bon souverain lorsque son tour viendra. J'espère qu'il sortira un peu plus de sa réserve, même si le législateur a fortement restreint le pouvoir du Roi. Je souhaite aussi qu'il restaure l'influence morale du Roi sur le peuple et le gouvernement. Quand on voit les derniers errements politiques - à la limite de la mégalomanie chez certains - çà me semble plus que nécessaire...

5° Quels sportifs belges soutenez-vous?
Tous, pour peu qu'ils représentent le pays et aient une attitude unioniste. Je déteste, par contre, tous ceux qui utilisent le sport comme un véhicule politique!

6° Quelles sont vos spécialités culinaires belges préférées?
Pour reprendre une phrase de La Grande Vadrouille : "Vous aimez tout ce qui est bon, vous? - Oui. - Et bien, c'est très mauvais!". En somme, je suis gourmet mais aussi gourmand. En spécialités belges, je citerai d'abord les boulets à la Liégeoise (chez Lequet ou à l'Industrie, obligatoirement accompagnée d'un 33 de Jupiler!), les moules frites, le boudin noir pöelé, les préparations de gibier, le chocolat belge, le speculoos, et bien sûr nos bières qui accompagnent merveilleusement toutes ces spécialités.

7° Je vous laisse carte blanche pour parler d'un(e) Belge que vous souhaiteriez mettre à l'honneur.
Il s'agirait d'un enfant, au hasard. Nos enfants sont nos sources de richesse et d'espérance pour le futur, quel qu'il soit. J'ai une terrible confiance en eux, en leur pouvoir de créer les choses, de changer le monde s'ils le veulent vraiment. Si nous leur donnons des racines solides, ainsi que des ailes, tout est possible. A l'image de tous ces Belges qui ont marqué l'Histoire, en nous disant que l'on n'a pas fini d'entendre parler de la petite Belgique!

8° Votre souhait pour la Belgique?
Que la Belgique existe, unie et tournée vers l'avenir. A mes yeux, çà n'exclut pas de constituer une Belgique sans l'une ou l'autre région qui ne souhaiterait plus être belge (mais là, je voudrais que ses citoyens en fassent la demande par référendum!). Je souhaite aussi que le bon sens populaire l'emporte lors des débats, que les gens réalisent que l'on peut être à la fois Belge, Wallon et Liégeois par exemple (dans mon cas), sans que tout cela soit considéré comme incompatibles... Pour paraphraser un de mes maîtres : si je peux le faire, vous pouvez le faire...

jeudi 2 octobre 2008

Stanislas-André et Stéphane Steeman

Stéphane Steeman a confié au journal "La Dernière Heure" : "Mon père est né le 23 janvier 1908. Il est parti en 1970, à seulement 62 ans, assassiné par la cigarette. Et on est volé quand un papa s'en va à 62 ans. Je pense qu'il aurait été tellement fier de moi, s'il avait connu la suite... Je souhaitais un grand événement pour marquer le centenaire de sa naissance et une exposition va lui être consacrée, du 11 septembre au 15 novembre, à l'Espace Wallonie, rue du Marché aux Herbes, 25 à Bruxelles. Avec tous ses romans (j'en ai racheté qu'il avait dédicacés à des personnalités), les affiches des films, sa vraie machine à écrire, des dessins d'enfance et même quelques peintures qu'il a réalisées.

Un professeur d'université m'a fait remarquer qu'il y avait dans l'album "Les sept boules de cristal" au moins deux allusions à l'oeuvre de mon père. Une dite par Tintin qui parle de "la nuit du 12 au 13", un titre de mon père, et une autre par Tournesol qui évoque "le dernier des sept" en référence au "Dernier des Six". Mon père avait une curieuse passion : l'amour des chiffres! Sur quarante romans policiers qu'on connaît de lui, onze avaient des chiffres dans les titres : "Six hommes morts", "La nuit du 12 au 13", "Le condamné meurt à cinq heures", etc. Sans oublier, bien sûr, "L'assassin habite au 21" que mon père a intitulé ainsi parce que, quand il l'a écrit en 1939, nous habitions au 21 du Val de la Cambre à Ixelles".

L'Espace Wallonie présentera, en outre, chaque samedi à 11h et 14h des films tirés de l'oeuvre de Stanislas-André Steeman. Autre hommage : le Théâtre des Galeries à Bruxelles adaptera son plus célèbre roman, "L'assassin habite au 21", du 21 octobre au 16 novembre 2008.

Autre anniversaire en 2008 : les 60 ans de carrière de Stéphane Steeman. Il a raconté ses débuts au journal "La Dernière Heure" : "Mon père me disait toujours : "J'espère que tu te rends compte que ce n'est pas en faisant des imitations que tu vas gagner ta vie!". Pourtant, je lui dois ma toute première scène. J'avais 17 à l'époque et il habitait à Menton. Grâce à ses relations avec le maire, il avait pu me glisser au programme d'un cabaret, en première partie des Frères Jacques. J'ai imité Jouvet, Guitry, Gabriello. Et mon père m'a dit : "Ce n'est pas tout d'imiter : tu dois écrire les textes de tes imitations". Le soir même, j'ai imaginé un texte de vingt minutes sur la voix de mon idole, Jean Nohain, et ce texte me permettait de présenter les artistes que j'imitais. Moi qui fuyais les auditions, j'en ai faite une dans ma vie : devant Jean Nohain, en l'imitant! Cela m'a valu une dédicace superbe. J'ai ensuite commencé comme figurant au Théâtre du Parc, y compris dans des pièces jouées par la Comédie Française. Mais je n'avais pas de texte à dire. Le jour où les Galeries m'ont donné ma première réplique, ils m'ont retiré le rôle à cause d'une vedette qui avait bu, qui ne connaissait plus son texte et que je n'ai pas voulu mettre dans l'embarras. Cela m'est retombé dessus. J'ai trouvé le monde du théâtre odieux et injuste. J'ai commencé alors mon numéro dans les cabarets, aux côtés d'une Barbara encore inconnue dont on ignore qu'elle a fait ses débuts à Bruxelles. Je revendique d'avoir été le premier à faire des imitations d'hommes politiques. Mon Théo Lefèvre m'a permis d'être connu en trois jours. Après, il y a eu la télévision avec Marion, la radio avec Jacques Mercier et Madame Gertrude...".

Stéphane Steeman évoque aussi son actualité : "Je n'ai plus envie de remonter sur scène. J'ai envie d'écrire maintenant. Et pour mes soixante ans de métier, je sors, à la mi-septembre, chez Noir Dessin un livre qui s'intitule "Ma Belgique à moi". Où je reprends tous les sketchs, les gags, les anecdotes qui, au cours des années, m'ont été inspirés par le communautaire. J'ai constaté que finalement, aucun n'avait vieilli : les problèmes que nous traversons aujourd'hui n'ont rien de nouveau! Ce sont les enjeux qui, maintenant, sont différents, car les Flamands en veulent toujours plus. Ce que je déplore car, en dépit des rosseries que j'ai pu dire dans ma vie, j'aime la Belgique et je suis très royaliste. J'apprécie beaucoup Albert II que j'ai eu l'occasion de rencontrer et j'ai pu constater que, grâce à lui, au Palais, l'humour est roi".