lundi 14 septembre 2020

"Mes drôles de vie" (Jacques Mercier)

A l'occasion de la sortie de "Mes drôles de vie" après le confinement,  Jacques Mercier avait répondu aux questions du journaliste Sam Christophe pour le groupe Sud Presse :

"Jacques, est-ce difficile d'écrire ses mémoires ?
- C'est surtout de les publier qui m'a fait hésiter. Je l'ai commencé il y a bien longtemps en pensant à un livre, oui, mais sans savoir si je le publierais jamais. Ce qui m'a convaincu, c'est que je trouve dommage que les générations de mes parents et de mes grands-parents n'aient pas raconté grand-chose de ce qu'ils avaient vécu. Mais à l'époque, on ne disait rien. J'ai donc écrit en pensant encore plus à mes petits-enfants qu'à mes enfants.

- Quel a été votre sentiment en écrivant ?
- Ce qui me frappe, c'est qu'entre la guerre de 1940 et le virus, il y a eu une progression incroyable. J'ai vécu une époque où on écoutait les 78t religieusement et où on saluait le drapeau belge avec déférence. Je ne me prends évidemment pas pour Châteaubriand, mais un éditeur m'a dit de m'en inspirer. Il raconte ses souvenirs à la lumière du moment où il les rédige. Bien sûr, je me suis aussi beaucoup posé la question de l'intérêt de ce que je raconte. J'ai fait confiance à Philippe Geluck qui est mon ami et qui, lui, ose me faire des remarques sur la pertinence de ce que je raconte. Adamo est aussi mon ami, mais lui n'oserait jamais! Ce que je comprends d'ailleurs fort bien. Si lui, il me demandait de juger une de ses chansons, qu'est-ce que je pourrais dire?

- Avez-vous le sentiment d'être arrivé au bon moment ?
- C'est sûr que dans les années 50/60, c'était un autre monde qui se construisait. Il y avait le jazz et puis le rock, mais c'était une vraie révolution que les jeunes d'aujourd'hui vivent peut-être aussi à leur niveau avec leur vocabulaire et leur musique. Mais pour donner un exemple précis, lorsqu'on a eu le premier 33t de Brassens à la maison, ma mère a pris un clou pour griffer la plage du "Gorille". Il était hors de question pour elle qu'on l'écoute!

- Comment expliquez-vous que la radio et la télé vous ont laissé une telle liberté ?
- Si je faisais de l'auto-dénigrement, je dirais que j'ai commencé la radio alors qu'elle avait encore la plus grosse audience, mais que c'était la fin de son âge d'or. De même, à la télé, j'ai fait de grosses émissions de variétés, mais c'étaient aussi les dernières. Et j'ai pu faire "Forts en tête", mais après il n'y a plus rien eu de tel. Sans doute ai-je eu de la chance, mais en même temps, je n'ai jamais rien demandé!

- Il y avait aussi une relation personnelle avec les artistes qui est devenue impossible aujourd'hui, non?
- C'est sûr. Je n'ai pas le souvenir que Claude François ait fait le moindre selfie mais nous, journalistes, on était photographiés avec lui.  Julien Clerc, 20 ans après, se souvenait encore du resto où on avait déconné avec des boulettes de pain!  Jonasz, Sardou, Dave, Chamfort étaient, eux aussi, frappés par la liberté qu'on avait et ils venaient à Bruxelles comme si c'était une récréation. En même temps, j'avais leur âge, je n'étais pas le vieux journaliste bougon qui venait uniquement sur ordre de son rédac'chef, ce qui existait aussi".

Au début de ce blog, je vous avais aussi parlé de son roman "Un équilibre fragile" que j'avais lu :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2007/04/un-quilibre-fragile-jacques-mercier.html

En 2008, je vous avais également parlé de son départ de la RTBF :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2008/11/jacques-mercier-quitte-la-rtbf.html

samedi 5 septembre 2020

In Memoriam : Annie Cordy (1928 - 2020)

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L'artiste franco-belge Annie Cordy nous a quittés hier à l'âge de 92 ans. Je garderai d'elle le souvenir de sa bonne humeur et de sa simplicité tout au long de ses 70 années de carrière. Si on retient évidemment ses chansons populaires, j'aime également beaucoup "Je suis belge" (écrit par Jean Vallée) ou "Maman" (qu'elle n'avait plus voulu chanter après le décès de sa propre maman), deux titres moins connus. Je voudrais aussi attirer l'attention sur sa carrière au cinéma, où elle avait joué plusieurs rôles à contre-emploi, bien loin de "La bonne du curé". C'était vraiment une artiste complète qui a fait honneur à notre pays.

Voici deux interviews dont j'avais parlé sur ce blog :

- En 2020 :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2020/06/70-ans-de-carriere-pour-annie-cordy.html

- En 2018 :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2018/09/les-90-ans-dannie-cordy.html

Et j'espère que la Ville de Bruxelles va aménager un peu mieux le Square Annie Cordy à Laeken, car cela semblait un peu triste lors des reportages télévisés.

lundi 17 août 2020

A lire sur mon blog consacré aux auteurs belges

Voici 10 articles à (re)lire sur mon blog dédié aux écrivains belges :

- Interview de Patrick Delperdange :   http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2019/11/interview-de-patrick-delperdange.html

- Eric-Emmanuel Schmitt au Forum de Liège :   http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2020/01/eric-emmanuel-schmitt-au-forum-de-liege.html

- Premier poème de Carl Norac, Poète National Belge 2020-2021 :   http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2020/02/premier-poeme-du-poete-national-2020.html

- Nouveau roman d'Armel Job :  http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2020/03/lauteur-belge-armel-job-sort-un-nouveau.html

- Récompense pour Marie Colot :   http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2020/03/marie-colot-prix-premiere-victor-du.html

- Décès de l'auteur belge Jacques De Decker :   http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2020/04/deces-de-lauteur-belge-jacques-de-decker.html

- Nouveau roman de Geoffrey Van Hecke :   http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2020/04/nouveau-roman-de-geoffrey-van-hecke.html

- "Zebraska" (Isabelle Bary) :   http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2020/05/zebraska-isabelle-bary.html

- Les 70 ans de l'association Unimuse :  http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2020/07/les-70-ans-dunimuse.html

- "Pavots et pavés" de Willem Debosse : http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2020/08/pavots-et-paves-willem-dembosse.html

Et vous, quels sont vos derniers coups de coeur littéraires belges ?

lundi 3 août 2020

Le discret prince Henri de Ligne

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La Maison de Ligne est une des familles nobles les plus connues de Belgique. Elle se divise en deux branches :   la branche aînée qui possède la château de Beloeil, et la branche cadette qui est propriétaire du château d'Antoing et qui est plus médiatisée depuis le mariage du prince Edouard de Ligne la Trémoïlle en 2009 avec l'actrice italienne Isabella Orsini, très présente sur les réseaux sociaux.

Revenons à la branche aînée, dont je vous ai déjà parlé du prince Eugène et de la princesse Philippine, Justes parmi les Nations :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2018/12/eugene-et-philippine-de-ligne-justes.html

Le chef actuel de la branche aînée est Michel, 14ème prince de Ligne (né en 1951), époux de la princesse Eléonore d'Orléans-Bragance. Par sa mère la princesse Alix de Luxembourg décédée l'année dernière, il est le cousin germain du grand-duc Henri. Michel et Eléonore ont deux enfants :  la princesse Alix (mariée à Guillaume de Dampierre) et le prince Henri, célibataire et futur 15ème prince de Ligne (à droite sur la photo avec ses parents).

Né en 1989 à Bruxelles, Henri a effectué des études de droit à l'Université de Maastricht (Pays-Bas) de 2009 à 2014, dont six mois à l'Université de Salamanca (Espagne) dans le cadre d'un programme d'échange Erasmus. Outre ses deux langues maternelles (le français et le portugais), le prince héréditaire parle aussi l'anglais, le néerlandais et l'espagnol. Il travaille actuellement à la Commission Européenne à Bruxelles.

Très discret, le prince Henri de Ligne a exceptionnellement accordé une interview il y a quelques mois au magazine français "Point de Vue" :

"Comment s'est déroulé votre dernier séjour au Brésil?
- Nous nous sommes tous retrouvés à Rio de Janeiro où vivent ma soeur et mon beau-frère depuis plusieurs années déjà. Puis, nous avons séjourné quelques jours à l'intérieur des terres, dans la maison de Vassouras où ma mère a passé une partie de son enfance. C'est très dépaysant, et cela nous permet de passer de la vie effervescente de Rio à cette ambiance sauvage et paisible que nous offre la campagne brésilienne.

- Où vivent Alix et Guillaume à Rio ?
- Ils habitent un bel appartement, très chaleureux, avec une vue superbe sur la lagune dans le quartier d'Ipanema. Idéal pour se rendre à la plage !

- Pour votre soeur et vous-même, c'est une langue maternelle, mais votre beau-frère parle-t-il le portugais?
- Guillaume est très surprenant : il l'a parlé couramment en très peu de temps. A vrai dire, aujourd'hui, c'est lui qui m'apprend le jargon brésilien.

- Parlez-nous de votre neveu et de votre nièce.
- J'ai eu beaucoup de chance car j'ai pu être présent pour la naissance d'Olympia (qui est ma filleule), ce dont je suis très fier. Un moment émouvant. Et même si j'étais absent quand Guy est né, quel bonheur d'apprendre qu'Olympia avait un petit frère, comme pour ma soeur et moi. Et ils sont déjà très complices. Ce sont des enfants joueurs, toujours souriants, et j'admire vraiment leurs parents, très présents, pour l'éducation qu'ils leur confèrent.

- Vos parents ne trouvent-ils pas l'éloignement un peu difficile ?
- Nous nous retrouvons chaque année au Brésil, et Alix et Guillaume reviennent souvent en Europe, pour des raisons professionnelles ou familiales. Aujourd'hui,  WhatsApp, Face Time et les autres technologies permettent aussi de rester en contact, de prendre des nouvelles presque quotidiennement. Mais il est clair que cela ne remplace pas le contact humain.

- Comment se passent vos journées au Brésil ?
- Elles sont très différentes selon que nous sommes en ville ou à la campagne. A Rio, il y a toujours beaucoup à faire, à entendre et à voir, les musées, la musique omniprésente, les expositions. Nous pouvons jouer au tennis et puis bien sûr, il y a la plage d'Ipanema. Magnifique!  A Vassouras, en revanche, nous profitons du calme entre deux balades à cheval ou en jeep, dans la "salva", la jungle locale.

- Avez-vous profité de ce séjour pour voir le reste de votre famille ?
- A chaque fois que nous nous rendons au Brésil, nous essayons de voir tous mes oncles et tantes. Ma mère est issue d'une fratrie de douze frères et soeurs, et nous sommes une trentaine de cousins germains. Nous nous sentons tous très proches, en dépit de la distance géographique.

- Que représente le Brésil pour vous ?
- Tant de choses. J'ai la double nationalité belge et brésilienne, et j'ai eu la chance d'y séjourner tous les ans, de quinze jours à plusieurs mois, depuis que je suis né. J'y ai même travaillé il y a quelques années. Forcément, je suis très attaché à ce beau pays et à ses habitants, un peuple chaleureux et accueillant, un peu comme le nôtre en Belgique. Et de par les origines de ma mère, je m'intéresse bien sûr à son histoire. Nous en parlons souvent, ici, à la maison.

- C'est une fierté d'être de la famille de Pedro II ?
- C'était un grand savant, un homme digne et tellement en avance sur son temps. Un souverain très humain, attaché à son peuple, et par-dessus tout soucieux de son bien-être.

- Vivez-vous aujourd'hui à Beloeil ou à Bruxelles ?
- Durant la semaine, à Bruxelles où je travaille au sein d'un cabinet d'avocats. Je rentre le week-end à Beloeil, à moins d'être retenu ailleurs. J'aide mon père dans la gestion du domaine qui est ouvert au public. Il nous a toujours impliqués, ma soeur et moi, dans la prise des grandes décisions et surtout des projets à long terme. Je m'appuie sur sa longue expérience qui m'inspire le plus grand respect.

- Comment vous inscrivez-vous dans l'histoire de votre lignée?
- Un bel héritage. Je me vois comme quelqu'un à qui il reviendra de faire vivre les traditions de notre famille, en adéquation évidemment avec notre époque. Notre devise "Quo res cumque cadunt, stat semper linea recta"   montre la voie :  De quelque côté que tombent les choses, la ligne reste toujours droite".

lundi 27 juillet 2020

Le chercheur belge Emmanuel André

                              Emmanuel André lance un appel: «Réduisez vos contacts au minimum»

Il est l'un des scientifiques belges qui ont été médiatisés par la crise du coronavirus et, personnellement, j'ai toujours trouvé ses explications claires et nuancées. Agé de 37 ans, papa de trois enfants, ce chercheur et médecin belge a travaillé pour l'UCL et la KUL. Durant le confinement, il a été porte-parole francophone du centre de crise. 

Emmanuel André vient d'écrire sur son compte Twitter :   "Conseil à tous :  limitez vos contacts sociaux au minimum, portez un masque, maintenez une distance physique et lavez-vous les mains régulièrement. On est repartis dans une vague, et ce que vous faites aujourd'hui, n'aura d'impact que dans une semaine".

Croisons les doigts pour que cette deuxième vague se termine au plus vite... 

jeudi 23 juillet 2020

L'Hôtel Hane Steenhuyse à Gand

L'Hôtel Hane Steenhuyse à Gand date du 18ème siècle. Il est connu pour avoir accueilli des hôtes illustres :  le roi Louis XVIII de France en 1815, mais aussi le tsar Alexandre I de Russie, Talleyrand et Châteaubriand. Il appartient aujourd'hui à la Ville de Gand et peut se visiter.

Le blog Noblesse et Royautés vient de consacrer un article sur l'intérieur de cet hôtel :   http://www.noblesseetroyautes.com/lhotel-hene-steenhuyse-a-gand/

Cliquez ci-dessous sur "Flandre Orientale" pour retrouver d'autres articles consacrés à cette province.

mardi 21 juillet 2020

Bonne fête nationale à tous !

Chers lecteurs fidèles de ce blog dédié à la Belgique, je vous souhaite une bonne fête nationale 2020. L'épidémie du coronavirus - qui remonte malheureusement -  a entraîné l'annulation de beaucoup de festivités, mais cela ne doit pas vous empêcher de passer une agréable journée ou/et d'arborer les couleurs nationales. Rappelons que notre pays fête cette année le 180ème anniversaire de son indépendance, et que le 21 juillet commémore la prestation de serment de Léopold Ier, premier roi des Belges, sur la place Royale en 1831 (mais la fête nationale ne fut pas toujours organisée à cette date).  

En 2013, la fête nationale coïncida aussi avec l'abdication du roi Albert II et la prestation de serment de l'actuel roi Philippe. Lorsqu'il était prince héritier, celui-ci a dû, pendant de nombreuses années, faire face aux doutes et aux moqueries sur ses capacités. Sept ans après son accession au trône, on peut répondre à ces personnes qu'elles se sont trompées. Le roi Philippe n'a pas le charisme ou l'aisance en public de son père, mais c'est un souverain travailleur, sérieux, présent sur le terrain, et qui fait évoluer la monarchie vers plus de modernité et de transparence. 

Vive la Belgique et vive le Roi !!!

lundi 6 juillet 2020

La cascade de Coo

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Située en province de Liège, la cascade de Coo est la plus importante du pays. Au 17ème siècle, les moines de Stavelot percèrent la mince bande de terre formant l'isthme d'un méandre de l'Amblève. Depuis lors, l'eau tombe en deux torrents d'une hauteur de 15 mètres. A proximité se trouve l'ancien parc Télécoo et son télésiège, devenus aujourd'hui PlopsaCoo. La cascade est donc un phénomène plus touristique que naturel. Une centrale électrique a également été construite sur la rivière, et l'ancien méandre sert de bassin inférieur. Fermé par deux digues, il peut contenir huit millions de mètres cubes d'eau. Les deux bassins supérieurs se trouvent dans le village voisin de Brume.

lundi 22 juin 2020

70 ans de carrière pour Annie Cordy

                           
Meneuse de revue, chanteuse, actrice... Annie Cordy était une artiste complète.

Début juin, notre Annie Cordy nationale a accordé une longue interview à l'hebdomadaire "Paris Match" :

"Ce 16 juin est un jour spécial pour vous :  vous fêtez à la fois vos 92 ans et vos 70 années de carrière.
- Depuis toujours, j'ai été sur les routes et je n'ai jamais eu l'habitude de célébrer mes anniversaires. Vous me croirez ou pas, mais je ne suis pas très branchée fête. Avec mon mari Bruno, il nous suffisait, lorsque nous étions en tournée, de marquer les événements dans la voiture. Nous la considérions comme notre maison!  On se faisait un sandwich ou une friandise à la station-service et on était bien. Oui, tout simplement bien. Nous n'avions pas besoin de grand chose : on était heureux à deux.

- Vous habitez maintenant à Cannes. Vous avez pris d'autres habitudes?
- Depuis que j'y suis installée avec ma nièce Nini, nous avons effectivement comme coutume de convier quelques amis. Réunis sur la terrasse pour passer un bon moment, nous installons sur la table de quoi grignoter. Nous passons un bon moment dans la joie et la bonne humeur. Chacun se sert, à la bonne franquette.

- Que faites-vous aujourd'hui?  Avez-vous des hobbies?
- J'en ai plusieurs. J''ai beaucoup de chance. Je suis gâtée. J'aime les plantes vertes que j'entretiens avec amour. Je leur parle et je leur chante aussi. Il m'arrive de les féliciter d'être si belles. Ma nièce se moque de moi avec humour, mais je m'en fiche.

- Attachez-vous de l'importance aux années qui passent?
- Je ne sais jamais quel âge j'ai, je n'ai jamais su!  A mes yeux, ce qui importe, c'est le bonheur d'avoir toujours eu autour de moi une famille et des amis qui comptaient. Et sur lesquels je pouvais compter.

- 70 ans de carrière, ce n'est pas rien...
- C'est long, non? Du coup, ça file un coup de vieux. Sans nostalgie excessive, je garde de merveilleux souvenirs de mon parcours. Je garde dans le coeur certains êtres d'exception que j'ai croisés tout au long de ma vie. Ils sont avec moi et ils me manquent. Mais j'ai le sens de l'humour dans mon ADN. C'est essentiel pour affronter des situations difficiles. Sans humour, la vie serait bien monotone et laborieuse. Il faut toujours faire preuve de beaucoup d'autodérision. Faire les choses sérieusement mais sans jamais se prendre au sérieux. Par contre, je ne suis ni rigolote, ni boute-en-train. Je suis plutôt du genre timide. Je sais que ça vous étonne, et pourtant, c'est vrai!  Autant sur scène je déploie toute mon énergie, autant je suis réservée en société. Je suis très mal à l'aise face à des personnes exubérantes à l'extrême. Cela dit, cela ne m'empêche pas d'aimer le contact et les échanges avec ceux et celles que je croise. Je retiens surtout que j'ai fait un beau métier. J'ai toujours travaillé dur. Au cinéma, au théâtre ou à la télévision, j'ai partagé avec le public mais aussi avec mes partenaires des moments de bonheur intense. Avant tout, je suis chanteuse et c'est sur scène que je suis le plus dans mon élément. Face à un public et avec des musiciens, dans une petite salle, dans un Zénith ou même en plein air. J'aime le plein air!  Le trac ne m'a pourtant jamais quittée. Depuis mes débuts, je suis malade de peur avant d'entrer en scène. Et, croyez-moi, ceux qui m'accompagnent en font l'expérience à chaque représentation.

- Quels ont été pour vous les moments les plus marquants de votre carrière ?
- Je menais la revue au "Boeuf sur le Toit" à Bruxelles, j'avais à peine 20 ans. Les dirigeants du Lido et Miss Bluebell sont venus me proposer un engagement pour mener la revue au Lido. Je suis arrivée à Paris le 1er mai 1950, jour de la fête du travail. Depuis, je n'ai plus jamais arrêté de travailler ! Au cinéma, j'ai tellement de souvenirs forts. Mon premier film s'intitulait "Si Versailles m'était conté". Quels débuts!  J'étais très impressionnée par Sacha Guitry qui nous dirigeait. Vous ne pouvez pas vous imaginer mon trac. D'ailleurs, je le lui ai avoué en disant :  "Vous savez, Maître, je ne suis pas comédienne". Il m'a répondu :  "On n'est pas comédienne, on naît comédienne!". J'ai toujours été à l'écoute du réalisateur en tournage. Je suis très disciplinée. J'ai aimé entrer dans la peau de tous les personnages qu'on m'a confiés. Autant dans des films graves mais tendres, comme Mimi dans "Rue Haute" sous la direction d'André Ernotte, que dans ceux complètement déjantés que j'ai tournés avec mes copains Francis Blanche, Michel Serrault, Darry Cowl et tant d'autres. A la télévision, j'ai créé "Madame SOS", un premier rôle récurrent à la télévision. Si on m'avait proposé de recommencer cette expérience, je l'aurais faite avec joie. En Belgique, j'ai tourné "Le bonheur d'en face" avec Alain Leempoel, Martine Willequet et une sacrée tribu d'artistes. Qu'est-ce qu'on a ri ! Cela nous a tous soudés dans notre amitié. Impossible aussi d'oublier le tournage de "Baldipata" avec mon Charles Aznavour. J'ai tellement de souvenirs avec lui. Dans la chanson, mes meilleurs moments, je les ai partagés avec mon Loulou, Luis Mariano, avec qui j'ai tourné  "Le chanteur de Mexico". Mais aussi avec qui j'ai partagé l'affiche de "Visa pour l'amour" en tournée. Quatre ans de bonheur, de tendre affection et d'humour. J'ai débuté dans l'opérette avec Bourvil, mon Dédé. Nous avions l'un pour l'autre un grand respect mutuel, avec une véritable complicité. Si je devais vous raconter nos anecdotes, cela prendrait toutes vos pages!  Je pense aussi à Jean Richard, Darry Cowl, Pierre Doris avec qui j'ai partagé de bons moments sur scène et en coulisses, Christian Morin, Patrick Préjean, Gérard Chambre. Mon grand souvenir est "Hello Dolly que j'ai créée au théâtre de Nancy et qui est ensuite parti en tournée. A mon inoubliable Jacques Mareuil qui m'a écrit tellement de chansons".

Retrouvez la suite de cette interview dans le "Paris Match" de début juin.

Et vous, quels sont vos meilleurs souvenirs de la carrière d'Annie Cordy ?

jeudi 4 juin 2020

La province de Flandre Orientale

La province de Flandre Orientale (Oost-Vlaanderen en néerlandais) a pour chef-lieu la ville de Gand qui organise l'Année Van Eyck en ce moment. Elle est traversée par l'Escaut, mais aussi la Lys et la Dendre.

Voici quelques articles consacrés à cette province :

- L'Hôtel Hane Steenhuyse (qui a accueilli le roi Louis XVIII de France en 1815) à Gand :   http://www.noblesseetroyautes.com/lhotel-hene-steenhuyse-a-gand/

- Le tour des Flandres à Grammont :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2020/04/le-tour-des-flandres-grammont.html

- Renouvellement du Gravensteen à Gand :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2019/02/renouvellement-du-gravensteen-gand.html

- Le Fiertel à Renaix :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2017/06/le-fiertel-renaix.html

- Gand, capitale du royaume de France de mars à juillet 1815 :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2015/04/gand-capitale-du-royaume-de-france-de.html

- De Gentse Feesten :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2012/07/de-gentse-feesten.html

- La ville de Gand :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/09/la-ville-de-gand.html

- Le cheval Bayard à Termonde :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/05/le-cheval-bayard-termonde.html

Bonne promenade en Flandre Orientale !