lundi 15 juin 2026

Les librairies Club / Standaard Boekhandel


Chers amis lecteurs, n'enrichissez pas Amazon et privilégiez pour vos achats de livres les magasins de seconde main, les librairies indépendantes ou le groupe belge Club / Standaard Boekhandel. Les premières librairies néerlandophones Standaard Boekhandel ont été créées il y a un siècle par les mêmes fondateurs que le quotidien Standaard. Au sud du pays, la première librairie francophone Club a été ouverte en 1975 dans le centre-ville de Mons. 


Depuis 2014, les librairies francophones Club et les librairies néerlandophones Standaard Boekhandel ont fusionné pour former un même groupe tout en gardant son propre nom. Le groupe compte aujourd'hui une centaine de librairies à travers la Belgique. Elles ont le même logo reprenant un hibou curieux et un livre. 

lundi 1 juin 2026

"Tant mieux" (Amélie Nothomb)


L'auteure belge Amélie Nothomb a répondu aux questions de Nicky Depasse pour le magazine "L'Eventail" à l'occasion de la sortie de son roman en 2025 :

"Quel a été l'élément déclencheur de l'écriture de ce roman qui parle de votre mère ?
- Je n'avais jamais pensé écrire sur ma mère. Mais elle m'a fait la mauvaise plaisanterie de mourir. Et quand je suis face à une terrible souffrance, je ne peux m'en sortir qu'en en faisant un livre. Ecrire un livre est toujours un danger, le plus grand étant de le rater. Je me suis dit :  tu ne peux pas rater ta mère, ce n'est pas permis !  Et puis, aussi longtemps que j'écrivais ce livre, Maman était vivante. C'est la raison pour laquelle il est plus long que les autres. Heureusement, lorsque je l'ai eu terminé, j'ai réalisé que Maman était toujours là.

- Vous dévoilez beaucoup de choses au sujet de votre famille, mais qu'avez-vous hérité de votre mère ?
- J'ai hérité du caractère de mon père, je lui ressemble naturellement. Pour ma mère, j'ai dû fournir des efforts. Par exemple, elle avait un maintien magnifique alors que moi, je tiens plutôt volontiers comme Gaston Lagaffe. Donc si vous me voyez me tenir droite, c'est que je pense à ma mère. Ce livre est une déclaration d'amour. J'ai été très troublée que beaucoup de lecteurs pensent que ma mère devait être une horrible femme à cause des personnages de mères monstrueuses dans mes livres. Cela m'a fait de la peine. J'avais envie de crier :  "Ces personnages sont issus de mon imagination, pas de mon passé!". Ma mère était une femme merveilleuse. La plus extraordinaire que l'on puisse imaginer, et aussi la mère qu'il me fallait. Ma nature me prédisposait à devenir une grande dépressive. Ma mère m'a créé un bouclier contre cela. Et comme je suis heureuse de ne pas être devenue une grande dépressive :  merci Maman ! 

- C'était facile pour vous de lui dire je t'aime ?
- Oui, je le lui ai dit énormément. Avec elle, c'était facile parce qu'elle le disait facilement. Avec mon père, c'était beaucoup plus compliqué :  il était merveilleux mais distant.

- Vous écrivez "Armel offrit à Adrienne un cadeau étourdissant, il lui dit je t'aime". 
- C'était un cadeau d'autant plus grand que la pudeur de mon père rendait ce genre de déclaration très difficile. Il n'y a rien de plus beau qu'un cadeau de mots. Surtout ces mots-là ! Les cadeaux auxquels je suis le plus sensible, ce sont les mots. Quand on me demande ce que je souhaite pour mon anniversaire, je réponds :   écrivez-moi une lettre avec des mots que vous aurez choisis pour moi.

- Quel est le mot qui définissait le mieux votre mère ?
- La vie. La vie et la positivité".