lundi 30 mars 2026

Les 100 ans de l'église dominicaine du Zoute


Né en 1992 près de Malines, le frère Anton-Marie Milh est membre des équipes pastorales de l'église des Dominicains à Knokke-le-Zoute, et aumônier des étudiants de l'Université d'Anvers. Il a écrit un livre bilingue,  "Les frères prêcheurs à la plage. Les Dominicains, un siècle de présence à Knokke-le-Zoute.

Le frère Anton-Marie Milh a répondu aux questions de Cathobel :

"Comment les dominicains sont-ils arrivés au Zoute ?
- Les dominicains y sont arrivés en 1925 à la demande de la Compagnie du Zoute, une compagnie immobilière qui venait de construire une église de style néo-roman, mais sans avoir la permission de l'évêque. Et du coup, l'évêque de Bruges ne voulait pas y envoyer un prêtre. Par conséquent, la Compagnie du Zoute est allée à la recherche d'un prêtre, qu'ils ont trouvé en la personne du père dominicain Rutten.

- La construction d'une nouvelle église répondait à une nécessité liée au développement d'une nouvelle station balnéaire ?
- Le développement du Zoute s'est déroulé relativement tard, en comparaison d'autres endroits. Ostende, par exemple, était déjà une ville balnéaire au 19ème siècle. La Compagnie du Zoute a d'abord voulu attirer des Anglais. Ces derniers connaissaient déjà bien ce phénomène du tourisme, qui est né au 19ème siècle. On a tout d'abord construit une église anglicane. Mais très vite, on a constaté qu'il y avait aussi pas mal de touristes catholiques et luthériens. A cause de la première guerre mondiale, on n'a jamais construit une église luthérienne, mais ce projet d'église catholique est demeuré. 

- Et derrière cette construction, on peut mettre en valeur le rôle de l'épouse d'un certain Lippens ?
- Les deux fondateurs de la Compagnie du Zoute sont les cousins Maurice et Raymond Lippens. Maurice était un franc-maçon qui, entre autres, est devenu gouverneur général du Congo belge pendant les années 1920. Et il y avait aussi Raymond et son épouse Ghislaine de Béthune. C'est elle qui s'est vraiment investie corps et âme dans la construction de l'église. Elle a fait du porte-à-porte pour trouver de l'argent. Elle a aussi demandé aux familles de donner des chasubles. Et elle a rencontré des propriétaires d'hôtels pour leur demander d'investir un peu d'argent dans ce projet.

- Votre livre est bilingue. Est-ce important d'affirmer ce bilinguisme ?
- Oui, puisque l'histoire des dominicains au Zoute est vraiment une histoire belge ! Il y a des franc-maçons, des catholiques, une compagnie immobilière. Il y a donc de l'argent d'un côté, et un ordre mendiant de l'autre côté. La station balnéaire est bilingue. Et le livre est en deux langues, pour avoir un rayonnement aussi large que possible.

- La question linguistique a quelque fois placé les frères dominicains au milieu de ces conflits ?
- Avant le Concile Vatican II (1962-1965),  la liturgie était en latin. Chaque dimanche, il y avait huit messes, et seule la prédication des deux premières messes se déroulait en néerlandais puisqu'elles étaient pour le personnel, alors que les six autres étaient prêchées en français. Ce fait nous raconte l'histoire sociale du pays !  Après le Concile Vatican II, l'utilisation de la langue vernaculaire est encouragée pour la liturgie. L'évêque de Bruges décide alors, de manière assez radicale et soudaine, que toute la liturgie se déroulera en néerlandais dans son diocèse. Cela a provoqué beaucoup de réactions. Au Zoute, nous avons eu quelques pères bien flamingants, qui ont vraiment insisté pour que ce soit en néerlandais.

- Y a-t-il encore une communauté qui vit sur place ?
- Non, mais quatre frères y assurent un tour de rôle et forment une équipe pastorale. Chaque week-end, les trois messes sont célébrées par un des frères. Ceux-ci viennent de différents couvents de notre province :  Leuven, Anvers, Liège et Bruxelles. Au Zoute, les gens viennent vers nous :  l'église a un très grand rayonnement et elle attire beaucoup de monde.  A Anvers, les gens ne viennent plus nécessairement à l'église ou au couvent". 

 

lundi 16 mars 2026

Le Tour de la Madeleine à Jumet


D'abord, parlons un peu de Jumet. Située dans la province de Hainaut, Jumet compte environ 20.000 habitants et son histoire est liée aux industries de l'acier et du verre. Depuis la fusion des communes de 1977, elle fait partie des quinze sections qui forment la commune de Charleroi. 

Chaque année, le dimanche le plus proche de la fête de la Sainte-Madeleine (22 juillet), les Jumétois maintiennent la tradition du Tour de la Madeleine qui existe depuis plus de 700 ans et est inscrit au patrimoine immatériel de l'Unesco comme les autres marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse. Il existe plusieurs hypothèses sur son origine.

Le départ de la marche a lieu à 5h du matin de la chapelle romane de Heigne qui date de la fin du 12ème siècle. C'est d'abord un cortège religieux avec la croix processionnelle, les statues de Sainte-Madeleine, Saint-Roch et Notre-Dame, et les bannières. Puis, ce sont les compagnies militaires et sociétés avec plus de 2.000 figurants :  les Jockeys de Roux, les Archers de Heigne, les Chasseurs Alpins, les Tirailleurs Sénégalais, les Zouaves, les Coloniaux, le 2ème Régiment des Guides, la Marine Belge, les Grenadiers à cheval, le 2ème Régiment des Chasseurs à pied, etc.

Parti de Heigne, le cortège passe à Roux, Courcelles, Viesville, Thiméon, Gosselies et revient à Jumet vers midi après un périple de plus de 20 kilomètres. 

lundi 16 février 2026

Le carillon du Mont des Arts


Le carillon du Mont des Arts à Bruxelles se compose de 24 cloches accompagnées de 12 figurines. Chaque heure, un air musical différent est joué, accompagné de l'apparition du personnage correspondant à l'heure dans sa niche (exemple : le personnage de Pierre-Paul Rubens sort à 6h et le personnage du comte d'Egmont sort à 7h). A midi, les douze personnages entament une chorégraphie sonore et visuelle. 

Au sommet, le Jacquemart est un automate de bronze de 2,80 mètres de haut qui pèse plus de 1750 kg.

Qu'est-ce que le quartier du Mont des Arts ?

Il y a bien longtemps, cette colline du Coudenberg était un dédale de ruelles populaires. Les autorités décident de les remplacer par un jardin public. Elles font appel à l'architecte parisien Jules Vacherot qui profite du terrain en pente pour aménager des belvédères, esplanades, volées d'escaliers et fontaines. Cet endroit fait le bonheur des Bruxellois pendant 45 ans avant d'être remplacé par l'actuel Mont des Arts. Ce complexe urbanistique qui relie le haut et le bas de la ville sera achevé en 1969. On trouve les Archives générales du royaume et la Bibliothèque Royale d'un côté, et le palais des Congrès de l'autre côté. Au centre, un jardin suspendu aux parterres géométriques a été dessiné par René Pechère. Une rampe mène à la cour intérieure des Musées Royaux des Beaux-Arts et du palais de Charles de Lorraine.

 

lundi 9 février 2026

Timbre pour les 100 ans de la SNCB


Voici le timbre émis par la Poste belge en cette année 2026 pour le 100ème anniversaire de la Société Nationale des Chemins de fer Belges (SNCB). 

 

lundi 2 février 2026

La bande dessinée belge "Tif et Tondu"


Les Editions Dupuis (maison d'édition belge) ont regroupé les aventures de Tif et Tondu en plusieurs intégrales. Cette bande dessinée a été créée par le Belge Fernand Dineur dans le "Journal de Spirou" en 1938. Plusieurs scénaristes et dessinateurs se sont succédés, et la bande dessinée a cessé de paraître en 1997.

Les silhouettes des deux amis détectives amateurs sont identiques, mais Tif est chauve alors que Tondu est chevelu et barbu. Le personnage de Monsieur Choc est l'ennemi récurrent de Tif et Tondu. Il est le chef du gang "La Main Blanche", et nul ne connaît son vrai visage car il apparaît couvert d'un heaume ou d'une armure.

 

lundi 19 janvier 2026

Les Blancs Moussis de Stavelot


Quelle est l'origine des Blancs Moussis de la ville de Stavelot (province de Liège) ?  Il faut remonter à 1493 lorsque le prince-abbé interdit à ses moines de prendre part au carnaval de la Laetare. Les Stavelotains, qui appréciaient la présence des moines à leur fête, tournent l'ordonnance du prince-abbé en dérision et se rendent au carnaval vêtus de la bure et du capuchon blancs des moines.

Ce déguisement est également interdit mais les Stavelotains, faisant appel à leur imagination, créent un costume blanc avec capuchon évoquant plus discrètement l'habit monacal. A ce premier déguisement, ils ajoutent ensuite un masque étrange et impersonnel avec un très long nez rouge et pointu. Les Blancs Moussis (tels que nous les connaissons aujourd'hui) parcourent les rues de Stavelot pour la première fois aux environs de l'année 1502. Durant la période française, la fête est interdite mais les Blancs Moussis réapparaissent en 1820. La tradition veut qu'il ne se démasque pas en public afin de garder son image mystérieuse. Une confrérie des Blancs Moussis est créée en 1946 après la deuxième guerre mondiale. 

 

lundi 5 janvier 2026

Le château de Lavaux-Sainte-Anne


Le village de Lavaux-Sainte-Anne est situé en province de Namur. Il est connu pour son château et la Fraternité de la Tiberiade (une communauté religieuse qui s'est installée dans le village en 1979). Depuis la fusion des communes, Lavaux-Sainte-Anne fait partie de la commune de Rochefort.

Le château de Lavaux-Sainte-Anne est un château des 15ème et 17ème siècles, entouré de douves et d'un parc à cerfs. La forteresse et ses quatre tours en pierre datent du Moyen Age, mais les bâtiments de la cour intérieure sont de l'époque Renaissance. Il accueille un musée de la chasse.

Cliquez ci-dessous sur "Namur" pour retrouver d'autres articles sur la province de Namur.

 

jeudi 1 janvier 2026

Les 10 ans de DaarDaar


Pour commencer cette année 2026, je voudrais mettre à l'honneur la dynamique équipe de Daardaar. Il y a dix ans, je vous avais d'ailleurs parlé de sa création sur le Journal d'un petit Belge :    https://journalpetitbelge.blogspot.com/2015/07/daardaar-lactualite-de-flandre-en.html

Son président David est sans doute l'un des plus anciens lecteurs du Journal d'un petit Belge à l'époque où il tenait lui-même un blog sur la Belgique. Nous nous étions rencontrés "en vrai" lors des marches pour l'unité de notre pays. Notre attachement à la Belgique n'a pas changé. Bravo David pour tout le chemin parcouru depuis lors, et ton engagement au sein de DaarDaar !

Daardaar vu par son cofondateur et président David Charlier :

"Il y a plus de dix ans, attablé dans un café de...Montréal qu Québec, le politologue français Vincent Laborderie me soufflait une idée. Ironie du sort ou surréalisme à la belge :  fallait-il vraiment une impulsion venue d'un Français, à l'autre bout de l'Atlantique, pour donner naissance à un projet si typiquement belge ?

Qu'on le veuille ou non, qu'on l'aime ou pas, la Flandre est au coin de la rue. Elle impacte bien plus souvent notre quotidien que la France, que l'on connaît pourtant tellement mieux. Paradoxalement, la proximité de nos régions, de nos histoires et de nos économies est inversement proportionnelle à la connaissance que nous avons d'elle. Aux débuts de DaarDaar, pas une conversation avec mon entourage ne se terminait sans qu'à un moment ou un autre ne soit prononcé la question rhétorique habituelle :  pourquoi cela n'existait-il pas avant ?

Daardaar est une évidence qui aurait effectivement toujours dû exister, mais il a fallu attendre notre formidable équipe pour la rendre possible. Je suis immensément fier du chemin parcouru depuis dix ans. Plusieurs milliers d'articles traduits, des vidéos, des podcasts, et dernièrement des formations bilingues en entreprises et dans les écoles...autant de ponts construits pour durer.

Je remercie mes collègues, mes amis, de tout coeur pour le travail quotidien et je nous souhaite à toutes et tous un très bon anniversaire".

David Charlier

Daardaar vu par sa confondatrice et rédactrice en chef Joyce Azar :

"L'aventure s'annonçait folle mais nécessaire :  lancer un nouveau média dans notre petite Belgique francophone, attirer le public vers l'actualité flamande, lui offrir un service gratuit tout en tenant la route financièrement... Tels étaient quelques-uns des défis qui se présentaient à nous. 

Il y a dix ans, Daardaar fut. Le travail acharné d'une équipe bénévole a permis de mener à bien sa première mission :  proposer aux francophones des traductions quotidiennes de la presse flamande. Mais Daardaar n'en est pas resté là et aujourd'hui, Daardaar vit. Et c'est aussi grâce à vous !  A l'heure où la polarisation affecte les quatre coins de notre monde, DaarDaar prouve qu'il est encore possible de rapprocher au lieu de diviser. Il démontre qu'une meilleure compréhension de l'autre nous enrichit et ouvre des fenêtres, si pas des barrières. 

Abattre des murs pour construire des ponts s'avère plus utile que jamais. C'est pourquoi j'espère de tout coeur que l'aventure DaarDaar sera sans fin".

Joyce Azar

Pour plus d'infos :


 

lundi 22 décembre 2025

La galerie Bortier à Bruxelles


Située non loin de la grand-place et de la gare Centrale, la galerie Bortier relie les rues de la Madeleine et Saint-Jean. On doit sa conception à l'architecte Jean-Pierre Cluysenaar (1811-1880), qui est aussi à l'origine des galeries royales Saint-Hubert. Récemment rénovée, la galerie réunit désormais quelques bouquinistes et un café littéraire d'une part, et des commerces gourmands et épiceries fines d'autre part. Et ce concept semble donner un nouveau souffle à la galerie qui était moribonde suite au départ de plusieurs bouquinistes. 

 

lundi 8 décembre 2025

L'artiste belge Félix Radu


L'artiste belge Félix Radu est actuellement en tournée pour présenter son premier album "Infini +3". Les treize titres retrace tous les instants d'une romance, de l'attente d'une première rencontre à une rupture. Il a confié à la presse :

"J'estime être, par nature, à la fois un comédien et un dramaturge. En 2020, j'ai fait des chroniques dans une radio belge peu regardante sur le format. Profitant de cette liberté totale, j'ai commencé par de la poésie. Le concept a beaucoup plu aux auditeurs, moins à la radio qui s'attendait à un billet d'humour. Ma première chronique a fait des millions de vues, mes textes ont été repris sur les réseaux sociaux avec de la musique en fond. De ce malentendu, j'ai tiré un fil qui a mené à un album. 

J'ai pris des cours de chant, je me suis aussi investi dans la création instrumentale et musicale auprès des compositeurs Wladimir Pariente et William Touré. Puis, j'ai réalisé qu'un album n'est pas un patchwork de textes, c'est raconter une histoire.

La poésie, c'est comme l'amour. Quand c'est raté, c'est vraiment terrible, mais quand c'est réussi, cela devient merveilleux. Je suis très sensible à la délicatesse, la tendresse, au fait de raconter avec les bons mots, les bonnes nuances. Quand j'étais petit, les grandes histoires d'amour m'inspiraient beaucoup car j'attendais l'amour avec un grand A. "Cyrano de Bergerac" d'Edmond Rostand est sans aucun doute la plus marquante. On veut à la fois absolument être ce personnage et ne pas l'être".