samedi 27 janvier 2007

Les Flamands sous un autre oeil

Bien que je ne l'ai pas appréciée, la fausse émission spéciale de la RTBF aura eu le mérite d'inciter la presse francophone à regarder les Flamands sous un autre oeil et à ne pas tous les assimiler aux stupides clichés. Les quotidiens "De Standaard" et "Le Soir" ont signé en décembre un accord de collaboration dans ce sens.

Deuxième initiative positive : dans son édition du 19 janvier 2007, l'hebdomadaire "Le Vif-L'Express" consacre sa couverture et un dossier aux Flamands qui veulent sauver la Belgique. Eric Corijn, philosophe et sociologue à la VUB, fait remarquer très justement : "Le populisme est devenu l'allié indispensable de la politique : cette dernière doit être vendable car les élections se font désormais sur la base d'un bon marketing. Et les attaques dirigées contre l'autre "clan" détournent l'attention de l'absence d'efficacité des politiques dans leur propre communauté".

Qui sont ces Flamands qui se déclarent publiquement attachés à la Belgique? Citons notamment l'ancien premier ministre Wilfried Martens, le bourgmestre de Sint-Niklaas et ancien ministre socialiste Freddy Willockx, le président de la Chambre Herman De Croo, le président du Sporting d'Anderlecht Roger Vanden Stock, le chanteur Tom Barman du groupe dEus, le patron de Recticel Luc Vansteenkiste, l'écrivain alostois Dimitri Verhulst, la députée flamande Anissa Temsamani, le chef d'entreprise Tony Van de Calseyde (responsable du mouvement BPlus dont je vous ai déjà parlé dans un précédent article), le président de la FGTB Rudy De Leeuw, le président de la CSC Luc Cortebeeck, mais aussi Helmut Lotti et Axelle Red.

Il y a aussi Rudy Aernoudt qui fut successivement chef de cabinet des ministres de l'Economie wallon, fédéral et flamand! Dans son livre "Vlaanderen/Wallonië : Je t'aime moi non plus", il dénonce les clichés véhiculés par les séparatistes du Nord du pays et leurs conclusions simplistes. Il cite une série d'arguments économiques contre le séparatisme et les thèses défendues par des patrons flamands dans le manifeste du groupe de réflexion "In de Warande". Rudy Aernoudt a été reçu en audience le 16 octobre 2006 par le roi Albert II. Vous pouvez signer son contre-manifeste sur son site Internet.

Professeur de sciences politiques à la VUB, Kris Deschouwer coordonne le groupe Pavia qui plaide pour la création d'une circonscription électorale nationale et qui proposera un projet concret en février prochain. Cette idée commence à séduire quelques hommes politiques et permettrait de renforcer le dialogue entre Wallons et Flamands.

Voici quelques réflexions extraites du "Le Vif/L'Express".

L'écrivain Geert Buelens : "Un Flamand qui aime la Belgique est traité d'anti-Flamand. A l'inverse, ceux qui revendiquent l'héritage du mouvement flamand sont qualifiés d'extrémistes. Ca m'énerve".

Yves Desmet, rédacteur en chef de "De Morgen" : "Il faut avouer que les francophones ne nous aident pas toujours : prestations éthyliques de Michel Daerden, Charleroi et les affaires... Tout cela laisse des traces, évidemment. Les gens sont très influencés par ce qu'ils voient à la télé".

Le chanteur Daan Stuyven : "Je peux encore me permettre d'avoir une batteuse néerlandophone et un bassiste francophone. Mais si je dépendais des subsides, on pourrait me le reprocher et me demander de choisir entre l'un ou l'autre. C'est déjà ce qui se passe avec la danse et le théâtre. A un moment donné, ton travail de création finit par pâtir de toutes ces querelles communautaires. Voilà pourquoi j'ai réagi".

Le syndicaliste Luc Cortebeeck : "En se penchant sur les montants déboursés par les caisses de grêve, il est très facile de dresser des statistiques là-dessus. On s'est vite rendu compte qu'il n'y avait aucune différence structurelle entre le Nord et le Sud du pays. Une année, les Flamands se mettent davantage en grêve et l'année suivante, ce sont les Wallons".

"Le Vif/L'Express" cite cinq arguments contre la scission de la Belgique : moins de débouchés pour l'industrie flamande, une sécurité sociale amoindrie, une indépendance coûteuse, l'imbroglio bruxellois et la célébrité de la Belgique (pas de la Flandre ou de la Wallonie).

Ce mercredi 24 janvier, c'était au tour de la RTBF de nous proposer une émission objective et positive, sans agressivité, sur le thème "Wallons-Flamands : Belges ennemis". Les députés Rik Daems et Sophie Pécriaux ont évoqué leur histoire d'amour insolite : il est libéral flamand et elle est socialiste wallone. Leur idylle a été bien perçue au Sud du pays, mais est devenue une affaire politique en Flandre. Rik Daems a d'ailleurs dû quitter son poste de président du groupe VLD à la Chambre. Sans doute son parti avait-il peur qu'il dévoile la stratégie du VLD sur l'oreiller au PS...

L'émission proposait aussi des reportages sur les classes d'immersion, les accompagnateurs de train bilingues et les agriculteurs flamands venus trouver du travail en Wallonie dans les années 40. La Liégeoise Sandra Kim évoqua son absence de contrats dans sa région natale et sa nouvelle vie au Nord du pays : elle vit à Zaventem avec son mari flamand, est bilingue et continue de remplir les salles en Flandre. L'animateur Rob Van Oudenhove était venu parler de l'humour flamand, selon lui plus anglo-saxon que l'humour plus réservé des Wallons. Tous les intervenants ont insisté sur la nécessité d'une meilleure connaissance de la langue pour améliorer les relations entre communautés.

J'espère de tout coeur que toutes ces initiatives changeront l'esprit de certains Belges et augmenteront la tolérance et le dialogue entre le Nord et le Sud du pays. Les médias ont un rôle non négligeable à jouer. J'aurais aussi pu parler du Fonds Prince Philippe et du programme Erasmus Belgica qui soutiennent les échanges linguistiques entre communautés, mais aussi du parti politique bilingue B.U.B. (Belgische Unie-Union Belge) qui présentera des listes lors des élections de juin 2007.

Leve België! Vive la Belgique!

"Oscar et la dame rose" (Eric-Emmanuel Schmitt)

Il y avait très longtemps que j'avais envie de lire "Oscar et la dame rose" d'Eric-Emmanuel Schmitt et je n'ai pas été déçu. Né en 1960, il s'est fait connaître avec "Le Visiteur" et est ensuite devenu un des auteurs francophones les plus lus. Il n'est pas Belge mais habite à Bruxelles.

"Oscar et la dame rose" est un livre qui se lit en une petite heure. Il contient les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans atteint d'une leucémie et qui sait qu'il va mourir. Elles ont été retrouvées par Mamie Rose qui vient lui rendre visite à l'hôpital pour enfants. Elle est la seule à ne pas lui cacher la vérité sur son état de santé, contrairement à ses parents, aux médecins et aux infirmières. Les lettres décrivent douze jours de la vie d'Oscar, chaque journée correspondant à une décennie. Les trois derniers jours, il avait posé une pancarte sur sa table de chevet : "Seul Dieu a le droit de me réveiller". La fin du récit est prévisible dès la première page : le petit garçon quitte notre monde.

Malgré la gravité de la situation, "Oscar et la dame rose" est un livre rempli d'optimisme, de sincérité et d'humour. L'émotion y est présente également mais ce n'est pas un ouvrage larmoyant. Eric-Emmanuel Schmitt tente de nous faire accepter la maladie et la mort.

Pour terminer, j'ai relevé un extrait du livre qui correspond bien à son esprit : "La souffrance physique, on la subit. La souffrance morale, on la choisit".

dimanche 21 janvier 2007

Année Daens 2007

L'Année Daens 2007 a été officiellement lancée hier à Alost en présence du président de la Chambre Herman De Croo et du réalisateur belge Stijn Coninx, qui m'a permis à l'école secondaire de découvrir la vie de cet homme grâce à son film "Daens". Plusieurs activités sont prévues en 2007 pour célébrer le 100ème anniversaire de sa mort.

Le prêtre Adolphe Daens est né en 1839 à Alost. Formé au collège des frères jésuites de la ville, il entre en 1858 dans cet ordre qu'il quittera à deux reprises. Ordonné prêtre en 1873 dans l'évêché de Gand, il suivait de près le développement du mouvement social dans la région très industrielle d'Alost et est considéré comme le chef de file flamand du mouvement chrétien-démocrate.

Sous l'influence de l'encyclique Rerum Novarum (1891), Daens fonde le Parti Populaire Chrétien (CVP) en vue d'offrir une alternative au socialisme et au parti catholique à la sensibilité très peu sociale à cette époque. Son mouvement connaît un certain succès mais se heurte à l'opposition farouche de l'Eglise catholique et des classes dirigeantes. Malgré tous les obstacles, le Parti Populaire Chrétien parvient à entrer à la Chambre et Adolphe Daens devient député. Il est démis de ses fonctions de prêtre.

Après son mandat à la Chambre, il retourne à Alost et décède en 1907. A l'occasion du 50ème anniversaire de sa mort, une statue a été érigée dans sa ville natale avec cette inscription : "L'ouvrier ne peut être esclave, ni mendiant. Il doit vivre libre et sans souci matériel". Ses idées ont été immortalisées en 1992 par le film "Daens" du réalisateur belge Stijn Coninx, qui a été titré baron par le roi Albert II.

vendredi 19 janvier 2007

La reine Paola à Paris

A la demande de la Reine, Bernadette Chirac a organisé une réunion du comité honoraire du Centre International pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités (ICMEC) le 17 janvier 2007 au palais de l'Elysée à Paris. Elle se situe dans le prolongement de la réunion organisée en novembre 2004 au palais royal de Bruxelles.

La journée a commencé par l'accueil des prestigieuses invitées par Bernadette Chirac : la reine Paola des Belges, la reine Silvia de Suède, Mesdames Laura Bush, Lioudmila Poutine et Suzanne Moubarak (respectivement Premières Dames des Etats-Unis, de Russie et d'Egypte), Margarida Barroso (épouse du président de la Commission Européenne), Valentina Matvienko (gouverneur de Saint-Pétersbourg) et Jolanta Kwasniewska (épouse de l'ancien président polonais).

Après une réunion à huit clos du comité d'honneur de l'ICMEC (dont la présidence est assurée par Daniel Cardon de Lichtbuer) et une photo de famille sur les marches de l'Elysée, un déjeuner était offert par le président de la République Jacques Chirac et son épouse, avant l'importante réunion internationale sur la protection des enfants disparus et sexuellement exploités.

Au cours de cette réunion, Elie Wiesel (Prix Nobel de la Paix 1986) a évoqué la responsabilité de la société dans la protection de l'enfant. Ronald K. Noble, secrétaire général d'Interpol, a expliqué la lutte contre la pédophilie sur Internet. La commissaire européenne Viviane Reding a parlé de l'aide aux victimes et du numéro unique européen pour les enfants disparus. La conclusion a été prononcée par Franco Frattini, vice-président de la Commission européenne, en charge de la justice, de la liberté et de la sécurité.

Présidente d'honneur de Child Focus, la reine Paola a également pris la parole : "Aujourd'hui, je vous parle en tant que mère, grand-mère et Européenne. Nos enfants, nos jeunes adolescents, vivent dans un monde à la fois merveilleux et dangereux. Les progrès des communications et de l'informatique leur ouvrent ce monde, mais les confrontent en même temps à des menaces de plus en plus nombreuses, et sournoises parce que diffuses. Pour les protéger au mieux de nos capacités, nous devons absolument unir nos efforts. Je me réjouis des travaux qui se poursuivent à plusieurs niveaux : aux Nations-Unies, au Conseil de l'Europe, dans les institutions de l'Union Européenne et à l'OSCE où, sous la présidence belge, une importante décision contre l'exploitation sexuelle des enfants a été adoptée en décembre dernier.

Ce sont les ravages et l'extension effrayante de la pédopornographie sur Internet qui me préoccupent particulièrement. Pour lutter efficacement contre ce fléau, il est souhaitable que plusieurs mesures concrètes soient mises prioritairement en oeuvre au niveau européen, et si possible mondial. J'en mentionnerai quatre brièvement :

1° Premièrement, en Europe, de nombreux pays ne condamnent pas encore la détention de matériel pédopornographique, même si la législation européenne les y oblige. Sur ce point, une mise en oeuvre effective me semble essentielle.

2° Deuxièmement, la création dans tous les Etats-membres d'une unité de police spécialisée dans les délits commis via Internet. Et pour rendre les enquêtes encore plus efficaces, les données rassemblées par ces unités devraient être échangeables entre Etats-membres.

3° Troisièmement, devant un enjeu de cette taille, les autorités publiques ne peuvent travailler seules. Il leur faut un engagement ferme des opérateurs économiques tels que les opérateurs financiers et les opérateurs Internet pour dénoncer l'achat et la transmission de matériel de pornographie enfantine. L'arrestation en Allemagne de 322 personnes soupçonnées d'avoir utilisé un site Internet à caractère pédophile, grâce à une collaboration entre la police et le secteur bancaire, en est une belle illustration.

4° Enfin, nous ne pouvons oublier que derrière chaque cas de pédopornographie se cache un enfant : il s'agit d'enfants meurtris, victimes de créateurs pervers. S'il faut sanctionner les producteurs, distributeurs et utilisateurs de matériel pédopornographique, il faut également s'employer à retrouver leurs victimes afin de leur apporter toute l'aide nécessaire à leur reconstruction sociale et psychologique.

Toutes ces mesures aideront à endiguer un phénomène qui, malheureusement, sévit déjà à grande échelle. En plus de cela, nos efforts en matière de prévention doivent s'intensifier et se poursuivre inlassablement, tant envers les parents qu'envers les enfants et tous ceux qui travaillent avec des enfants. Beaucoup d'associations font déjà de l'excellent travail dans ce domaine, et méritent d'être soutenues par les autorités publiques. En effet, l'action sur le terrain est primordiale : nous devons en féliciter toutes ces associations et leur personnel, et le nombre toujours croissant des bénévoles. J'espère de tout coeur que les discussions et les contacts établis au cours de cette journée apporteront des résultats concrets dans la lutte contre la disparition et contre ce terrible fléau qui nous mobilise aujourd'hui".

Cette journée de Paris aura permis au moins un résultat concret : la création d'un numéro de téléphone unique pour les enfants disparus dans toute l'Union Européenne (116000). Il sera opérationnel durant le premier semestre de 2007

mercredi 17 janvier 2007

Les élections du 10 juin 2007

C'est officiel : le premier ministre Guy Verhofstadt a annoncé que les élections législatives se tiendront le 10 juin 2007. Personnellement, je trouve que c'est une mauvaise date. Vu la proximité avec les examens, il ne faudra pas se plaindre que les jeunes ne s'intéressent pas à la politique... Le mois de mai aurait été préférable, me semble-t-il.

Lors de ces élections, nous voterons pour la Chambre et le Sénat. On parlera donc des compétences de l'Etat fédéral (affaires étrangères, justice, emploi, défense, etc.) et, bien entendu, des demandes de régionalisation de compétences sollicitées par les partis flamands. Au cours des derniers jours, plusieurs responsables politiques (Guy Verhofstadt notamment) ont désiré inscrire l'environnement parmi les grands thèmes de la campagne. Reste à voir... Les quatre partis de l'actuel gouvernement fédéral (VLD, MR, PS et SPA/Spirit) semblent vouloir travailler encore quatre années ensemble. Si c'est mathématiquement possible du côté francophone, ce n'est actuellement pas le cas du côté flamand vu les scores élevés du Vlaams Belang et du CD&V d'Yves Leterme. Mais en politique, cinq mois, c'est une éternité... Tout reste possible.

La date des élections étant choisie, les états-majors des partis doivent maintenant confectionner les listes. Ecolo a pris une longueur d'avance car on sait déjà qu'Isabelle Durant sera tête de liste au Sénat et Jean-Marc Nollet tête de liste à la Chambre pour la province du Hainaut. Les présidents des trois autres partis démocratiques (Joëlle Milquet, Elio Di Rupo et Didier Reynders) n'ont pas encore décidé s'ils se présenteront à la Chambre ou au Sénat. Fort de sa popularité actuelle, Michel Daerden a sollicité publiquement la tête de liste du PS à la Chambre pour la province de Liège, mais cela ne semble pas faire plaisir à tous les socialistes liégeois.

Personnellement, je suis choqué qu'Elio Di Rupo, président du PS, bourgmestre de Mons et surtout ministre-président de la région wallone (où le travail ne manque pas...) ait encore du temps pour se présenter aux élections législatives. Qu'il se présente à la Chambre ou au Sénat, il ne siègera pas et laissera sa place à un suppléant inconnu. Belle leçon de démocratie... Lors des récentes élections communales et provinciales d'octobre 2006, Benoît Lutgen (CDH) était le seul ministre francophone à ne pas faire campagne et c'est tout à son honneur.

Un geste fort serait que tous les ministres de la région wallone, de la région bruxelloise et de la communauté française annoncent ensemble qu'ils ne se présentent pas aux élections législatives et préfèrent se consacrer à leur mandat de ministre. On peut toujours rêver...

Enfin, j'espère que les médias donneront - enfin - la parole au parti démocratique B.U.B. (Belgische Unie-Union Belge) regroupant des Flamands, des Wallons et des Bruxellois qui s'investissent pour le maintien de la Belgique fédérale. Malgré l'absence d'intérêt de la presse, ils présentent des listes depuis plusieurs élections. Un rapide coup d'oeil sur leur site Internet vous permettra de juger la pertinence de leurs idées. Je ne dis pas qu'ils ont la solution à tous les problèmes mais ils méritent au moins d'être écoutés par les médias.

Voilà quelques réflexions que je souhaitais partager avec vous à cinq mois des élections législatives. Qu'en pensez-vous?

dimanche 14 janvier 2007

Le journaliste François Mazure

Voilà encore un Belge qui a séduit Paris... TF1 vient, pour la première fois, d'engager un journaliste belge de la RTBF pour devenir son correspondant pour le Bénélux. Originaire de la région de Namur, François Mazure est un jeune journaliste de 27 ans qui travaillait à la RTBF, notamment pour le magazine "Questions à la Une". Son bureau sera situé au Résidence Palace à Bruxelles, l'immeuble qui abrite les correspondants des grands médias internationaux.

Ce week-end, François Mazure a expliqué sa promotion aux journaux du groupe Sud Presse :
"Jusqu'ici, les sujets belges étaient traités par la rédaction de Lille qui se retrouvait souvent, par facilité géographique, à enquêter à Mouscron! J'ai cru comprendre que les Français considèrent que la Belgique est un petit laboratoire pour la France. Pour plein de choses, la Belgique est en avance : le mariage homosexuel, l'euthanasie, l'indulgence vis-à-vis des drogues douces, l'interdiction du tabac en entreprise, etc. L'objectif que TF1 m'a fixé, c'est de fournir 80 reportages sur l'année. Si je dépasse le chiffre, je gagne mieux ma vie. Est-ce bien ou mal, je ne sais pas, mais c'est différent de ce que j'ai connu à la RTBF. Cela dit, je ne vais pas à TF1 pour l'argent. Je gagnerai un peu mieux ma vie, mais pas beaucoup mieux. Dans un premier temps, je n'ai pas postulé mais TF1 a insisté. Je continue à considérer que la RTBF - où je suis depuis trois ans et où j'ai un contrat à durée indéterminée - est ma maison, mais en même temps, comment faire une croix sur l'expérience enrichissante de travailler pour ce qui est la plus grosse chaîne européenne? Je ne veux pas prendre le risque de regretter toute ma vie de ne pas avoir tenté le coup..."

Soulignons cette chouette initiative de TF1 qui permettra de mieux faire ressentir outre-Quiévrain les sensibilités belges et souhaitons bonne chance à François Mazure.

Les Belges et l'Antarctique

L'Antarctique est à l'honneur actuellement pour deux raisons : l'ouverture d'une exposition qui lui est consacrée au Parc d'Aventures Scientifiques de Frameries (que je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter) et le début d'une expédition scientifique belge en Antarctique menée par la Fondation Polaire Internationale.

L'histoire entre la Belgique et l'Antarctique remonte à la fin du 19ème siècle. A bord du navire "Belgica", Adrien de Gerlache de Gomery (1866-1934) et son équipage sont les premiers à passer un hiver en Antarctique et à en ramener des données intéressantes pour l'étude de ces régions. Dans son livre "Quinze mois dans l'Antarctique", il raconte cette extraordinaire aventure scientifique et humaine. Son fils Gaston de Gerlache de Gomery (1919-2006) sera pilote de la Royal Air Force durant la deuxième guerre mondiale et dirigera à son tour des expéditions polaires dans les années 50 en Antarctique, où il construira la Base Roi Baudouin qui n'existe plus aujourd'hui.

Actuellement, c'est Alain Hubert qui s'intéresse à l'Antarctique. J'ai eu le plaisir d'assister à une de ses conférences en septembre dernier où il m'est apparu comme une personne engagée et modeste. Il préférait plus parler de la protection de l'environnement et de la future station belge en Antarctique que de ses exploits personnels. Né en 1953 à Bruxelles, Alain Hubert a accompli des études d'ingénieur civil à l'UCL, mais devient petit à petit explorateur. Son exploit le plus connu est la traversée en 1999 de l'Antarctique à pied avec Dixie Dansercoer. Il crée la Fondation Polaire Internationale (dont le prince Philippe est le président d'honneur), devient ambassadeur de bonne volonté de l'Unicef-Belgique et Grand Officier de l'Ordre de la Couronne. A travers ses livres, ses conférences et ses interviews, il tente de sensibiliser le grand public à la protection de l'environnement et est souvent comparé au Commandant Cousteau ou à Nicolas Hulot.

Dans le cadre de l'Année Polaire Internationale (de mars 2007 à mars 2009), une expédition scientifique belge initiée par Alain Hubert est menée en Antarctique. En janvier, un navire doit y apporter 200 tonnes d'équipements, de ravitaillement et de matériaux destinés à la création de la future Station Princesse Elisabeth. Une fois le matériel (tracteurs à chenille, traîneaux, turbines à vent, atelier de mécanique, etc.) débarqué, il s'agira de l'acheminer 200km plus loin vers l'éperon rocheux retenu pour installer la base.

La Station Princesse Elisabeth sera prémontée en septembre 2007 en Belgique et exposée au public. Ensuite, démontage et transport vers l'Antarctique pour sa construction définitive.

Promis, je vous tiendrai au courant de l'avancée de ce beau projet dont nous pouvons être fiers!

samedi 13 janvier 2007

La mode belge

Considérée comme la pionnière de la mode belge, l'Anversoise Ann Salens débute à la fin des années 60 avec une petite boutique au style particulier. Ses robes exclusives sont portées par des célébrités de l'époque, comme la princesse Paola, Françoise Dorléac et Juliette Gréco.

Les années 80 voient l'explosion de la "Bande des Six" qui se distingue au British Designer Show de Londres en 1987 et qui regroupe six stylistes avant-gardistes installés à Anvers : Ann Demeulemeester, Dirk Bikkenbergs, Dirk Van Saene, Dries Van Noten, Walter Van Beirendonck et Marina Yee. Ces créateurs anversois s'imposent ensuite dans le milieu du cinéma et du show-business.

Olivier Strelli a également contribué à la notoriété de la mode belge à partir des années 80. Il a notamment créé les uniformes des hôtesses de la Sabena, la tenue portée par la reine Paola le jours de son intronisation en 1993 et les costumes de l'équipe nationale française de football.

L'Ecole de la Cambre est créée en 1986 pour stimuler la création dans le domaine de la mode du côté francophone. Un de ses plus dignes représentants est le jeune Olivier Theyskens qui a créé la robe portée par Madonna lors de la remise des Oscars 2003! Il est aujourd'hui le directeur artistique de la Maison Nina Ricci à Paris.

Après la réalisation des robes de mariée des princesses Mathilde et Claire, Edouard Vermeulen de la Maison Natan connaît également le succès, devient fournisseur breveté de la Cour et habille actuellement des membres des familles royales de Belgique, Luxembourg, Pays-Bas et Suède! Dans un rayon moins classique, on peut signaler le talent de Véronique Leroy, la styliste liégeoise de la chanteuse Axelle Red, et Mademoiselle Lucien, sorti de l'ombre suite à la "tenue tapisserie" portée par la princesse Claire lors d'une fête nationale.

Mais la mode belge est aussi représentée par les couturiers Pierre Gauthier, Gérald Watelet ou Yves Dooms, les modistes Fabienne Delvigne, Christophe Coppens ou Elvis Pompilio, ...sans oublier la prestigieuse Maroquinerie Delvaux.

Chapeau à tous ces artistes qui font honneur à notre pays!

Le procès d'Hasselt

Le début de cette année 2007 aura été marqué par ce fameux procès de détournement d'argent de la Marine. Il ne m'appartient pas de me prononcer sur le fonds de l'affaire (je laisse ce soin à la Justice), mais je voudrais vous faire part de quelques réflexions.

Après la fausse émission spéciale de la RTBF en décembre, j'ai constaté ces derniers jours que la presse belge s'oriente de plus en plus vers les dérives des tabloïds britanniques afin de gonfler les ventes ou l'audimat... L'objectivité et le recul nécessaires aux journalistes sont de moins en moins présents. La presse a prétendu que le prince Laurent ne pourrait pas témoigner en vertu d'une ancienne loi mais le Roi a signé immédiatement un arrêté royal le rendant possible. La presse a prétendu que le prince exigerait le huit clos mais il s'est expliqué en public. La presse a prétendu que le prince aurait besoin d'un interprète mais le prince a témoigné en néerlandais sans l'aide de personne. CQFD. De plus en plus de personnes sont maintenant convaincues d'avoir assisté à un lynchage médiatique visant à déstabiliser la monarchie et, par conséquence, l'unité de la Belgique. N'y a-t-il pas d'autres sujets plus importants à traiter?

Au cours des derniers jours, j'ai lu que les médias du Nord du pays disaient que la famille royale est francophone. C'était vrai autrefois mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Pour la première fois dans l'histoire de la dynastie, le couple royal, leurs enfants, beaux-enfants et petits-enfants parlent le néerlandais. Contrairement à ses prédécesseurs, Albert II a une majorité de Flamands parmi ses proches collaborateurs. Les enfants de la princesse Astrid et du prince Philippe ont fait ou font leurs études primaires et secondaires en néerlandais au collège Sint-Jan Berchmans de Bruxelles. Il n'est pas inutile non plus de rappeler que la famille paternelle de la princesse Mathilde est originaire de la région de Poperinge (Flandre Occidentale) et que ses deux oncles ont fait de la politique au sein du CD&V, le parti d'Yves Leterme.

Malgré le côté sulfureux de ce procès, la famille royale a plutôt bien géré la situation et limité les dégâts. Le discours de Noël 2006 du Roi était bien passé auprès de l'opinion ("Aucune personne n'est au-dessus des lois"). Il est ensuite passé des paroles aux actes en signant l'arrêté royal préparé par Laurette Onkelinx pour rendre possible le témoignage de son fils cadet. Le prince Laurent a fait son devoir de citoyen en allant témoigner sereinement en néerlandais à Hasselt, malgré l'énorme pression qui pesait sur ses épaules. Il en a profité pour clouer le bec aux séparatistes flamingants qui annonçaient déjà qu'il aurait besoin d'un interprète. Dernier acte : le Palais a annoncé que les 150.000 euros investis à la Villa Clémentine seraient remboursés. C'était le geste adéquat.

Le procès terminé, l'affaire prend une tournure plus politique. S'il est certain que l'image de la famille royale est fragilisée auprès de l'opinion publique, les maladresses du prince Laurent (11ème dans l'ordre de succession au trône) n'ont rien à voir avec le roi Albert II qui remplit avec sérieux, compétence et simplicité ses fonctions de chef d'Etat depuis 1993. Aussi je suis contre la proposition d'Ecolo de diminuer les pouvoirs actuels du Roi durant la prochaine législature. Ecolo fait ainsi le jeu des séparatistes flamingants et c'est dommage. Les trois autres partis francophones sont plus mesurés. Ne soyons pas dupes : la médiatisation exagérée de ce procès visait à déstabiliser une des dernières institutions soutenant l'unité de la Belgique...

mercredi 10 janvier 2007

Jacques Mercier

Né à Mouscron en 1943, Jacques Mercier est un homme polyvalent unique dans le Sud de notre pays. Journaliste de formation, il a animé de nombreuses émissions populaires de radio et de télévision sur la RTBF ("Dimanche Musique", "Musique au petit-déjeuner", "Le Jeu des Dictionnaires", "La Semaine Infernale", "L'empire des médias", "Forts en tête", etc.) et prépare une nouvelle émission de divertissement, "Bonnie & Clyde", avec Armelle pour début 2007.

Jacques Mercier est aussi écrivain. Il tient une rubrique quotidienne, "Monsieur Dico", dans le quotidien "La Libre Belgique" depuis plusieurs années. Il est l'auteur de romans ("Maître Gustave", "Un équilibre fragile", "Gus", etc.), d'essais ("Charles Dumont,un chant d'amour", "Le chocolat belge", "Petit dictionnaire franco-belge", etc.), mais aussi de livres pour enfants. Il a été admis au sein de l'Association des Ecrivains Belges de langue française et du Conseil Supérieur de la langue française.

Son dernier ouvrage paru en 2006 est "Belges en France" (éditions Racine). Il y évoque les Belges évoluant en France dans les domaines du cinéma, de l'audiovisuel ou des affaires : Benoît Poelvoorde, Philippe Geluck, Amélie Nothomb, Cécile de France, Salvatore Adamo, etc.

En juin 2006, il a aussi monté un spectacle alternant poésie,musique et chant avec deux artistes musiciennes. Signalons enfin son blog très fréquenté : http://jacquesmercier.skyblog.com

Et vous, que pensez-vous de la personnalité, des émissions et des livres de Jacques Mercier?

mardi 9 janvier 2007

Pour ou contre les provinces?

Après plusieurs mois d'indécisions du gouvernement wallon, les successeurs des gouverneurs des provinces du Brabant wallon et de Namur ont enfin prêté serment ce 8 janvier 2007. Elio Di Rupo a insisté sur la volonté de féminisation et de rajeunissement qui avaient présidé à leur choix : les heureux élus s'appellent Marie-José Laloy (PS) et Denis Mathen (MR).

Née en 1950 à Rulles, Marie-José Laloy réside actuellement à Wavre. Elle était sénatrice et conseillère communale à Wavre, deux postes qu'elle devra quitter pour être gouverneur du Brabant wallon. Sur le plan privé, elle est la compagne du ministre de la Défense Nationale André Flahaut.

Après des études secondaires à l'Athénée Royal François Bovesse à Namur, Denis Mathen (né en 1965) a effectué une licence en droit à l'UCL. Avant sa nomination au poste de gouverneur, il était échevin à Namur, député wallon et président du MR de Namur.

N'hésitez pas à aller voir les commentaires du blog http://www.lepan.be sur ces deux nominations à un poste considéré comme "placard doré" pour fin de carrière...

Personnellement, je trouve que les provinces sont obsolètes en 2007 et je suis étonné qu'aucun homme politique ne propose jamais leur suppression. Leurs compétences (culture, enseignement, tourisme, ...) pourraient être facilement partagées entre les communes, les régions, les communautés et l'Etat fédéral. Cela simplifierait le paysage institutionnel belge très encombré.

Et vous, êtes-vous pour ou contre les provinces?

dimanche 7 janvier 2007

Les Editions Racine

Les Editions Racine proposent, en ce début d'année 2007, de nombreux ouvrages intéressants sur l'histoire de la Belgique :

1. "Mémoires pour mon pays" de Wilfried Martens
De la Question Royale à l'avenir de l'Europe, c'est un panorama complet de 50 ans de vie publique belge que dresse l'ancien premier ministre Wilfried Martens dans son autobiographie, où il évoque également l'évolution du mouvement flamand, le pacte d'Egmont et ses relations avec le roi Baudouin.

2. "Les militaires belges et le Rwanda" de Patrick et Jean-Noël Lefèvre
Licenciés en histoire, les deux auteurs nous proposent une étude remarquable sur le rôle des militaires belges au Rwanda de 1916 à nos jours et évoquent, bien entendu, le génocide de 1994.

3. "Amours royales et princières" de Patrick Weber
Auteur de plusieurs ouvrages sur la famille royale, chroniqueur pour l'émission "C'est du belge" (RTBF), Patrick Weber est un spécialiste de notre dynastie. Son dernier livre raconte les amours de nos rois et princes de Léopold Ier aux enfants d'Albert II.

4. "Massacres en Ardenne (hiver 1944-1945)" de Matthieu Longue
Dans ce livre illustré de nombreux documents d'époque, Matthieu Longue (licencié en histoire contemporaine de l'ULB) propose une analyse des événements dans leur contexte historique, démonte certains mythes de la Bataille des Ardennes et revient sur les crimes commis à Stavelot, Bande et Baugnez.

5. "Théo Van Rysselberghe" de Ronald Faltkamp
C'est une biographie du peintre belge Théo Van Rysselberghe, génie du néo-impressionisme, qui a eu droit au printemps 2006 à une grande rétrospective au palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

6. "500 chefs d'oeuvre de l'art belge" de M.Palmer, J.De Geest, A-M Poels, K.Van Cauteren et B.Janssen
Ces cinq auteurs ont sélectionné 500 chefs d'oeuvre créés par des artistes qui ont habité ou travaillé pendant une longue période en Belgique, du 15ème siècle à nos jours.

7. "Grandes bières de Belgique" de Michael Jackson (un autre...)
Cet ouvrage a été écrit par l'auteur spécialiste de la bière le plus réputé au monde et a déjà été vendu à 100.000 exemplaires! Il contient plus de 300 photos et de nombreux renseignements sur les brasseries belges.

8. "Gaufres belges et autres délices" de Jan Gheysens
Plus de 35 recettes présentant toutes les astuces pour réaliser soi-même de délicieux beignets, gaufres et crêpes, superbement illustrées par les photos de Tom Swaelens. L'auteur raconte aussi l'histoire du célèbre établissement "Max" de Gand.

Si vous avez lu un de ces livres, n'hésitez pas à nous donner votre avis!

samedi 6 janvier 2007

Soeur Emmanuelle

J'ai regardé hier soir l'émission "Reporters" (RTL-TVI) consacrée à Soeur Emmanuelle que j'admire beaucoup. J'ai à nouveau été séduit par la jeunesse d'esprit et l'enthousiasme de cette femme de 98 ans, qui vit aujourd'hui dans une maison de repos en Provence.

Née Madeleine Cinquin, elle est née le 16 novembre 1908 à Bruxelles. Son enfance est marquée par la noyade de son père sous ses yeux à la côte belge. Après des études de sciences philosophiques et religieuses, elle prononce ses voeux de religieuse dans la Congrégation Notre-Dame de Sion et devient Soeur Emmanuelle. Elle enseigne ensuite dans des quartiers aisés de Tunisie et de Turquie.

A l'âge de la retraite, elle décide de partager la vie des plus pauvres, les chiffonniers du Caire en Egypte. Elle prend la nationalité égyptienne. Elle crée les Amis de Soeur Emmanuelle pour professionnaliser ses actions et assurer la relève après son décès. Son association aide aujourd'hui plus de 60.000 enfants à travers le monde.

En 1993, elle quitte définitivement l'Egypte et rejoint sa communauté en France. Elle continue de se battre pour plus de solidarité à travers ses livres, ses conférences et ses apparitions télévisées où elle étonne par sa vivacité, son franc-parler et...ses baskets! Son expression "Yalla...En avant" est devenue célèbre et a donné lieu à une chanson de Calogero en son honneur.

Lors de son dernier voyage en Belgique en avril 2005, le ministre fédéral Armand De Decker lui a remis les insignes ô combien mérités de Grand Officier de l'Ordre de la Couronne. Elle a également été élue en 2005 parmi les 10 Plus Grands Belges lors d'un sondage organisé par la RTBF auprès de ses télespectateurs à l'occasion des 175 ans d'indépendance de la Belgique.

Chapeau Soeur Emmanuelle pour tout ce que vous avez fait au cours de votre vie bien remplie et chapeau à toutes les personnes qui travaillent dans le Tiers-Monde au profit des populations les plus pauvres de notre planète!

Rémi Bertrand, un jeune auteur belge

Licencié en philologie romane de l'UCL, le jeune écrivain belge Rémi Bertrand est déjà l'auteur de quatre livres : "Philippe Delerm et le minimalisme positif" , "La Mandarine blanche" , "Un bouquin n'est pas un livre : les nuances des synonymes" et "Coxyde". Il a été admis fin 2006 au sein de l'Association des Ecrivains Belges de langue française.

Personnellement, j'ai lu ses deux premiers romans. "La Mandarine blanche" (paru en 2005) est une courte fiction de 74 pages sur l'euthanasie et l'acharnement thérapeutique qui se lit en une bonne heure. Au début, j'ai été un peu perturbé par la construction originale de cet ouvrage, conçu comme un puzzle en trois histoires, répondant chacune à trois périodes de la vie du narrateur (l'enfance, l'âge adulte et la mort). Au fil des pages, j'ai cependant mieux compris les intentions de Rémi Bertrand. Je conseille d'ailleurs une deuxième lecture du livre qui fait apparaître avec évidence l'agencement du texte et fait mieux comprendre certains jeux de mots et allusions.

L'histoire : de son enfance à sa mort, le narrateur trentenaire Jonathan Demain semble n'avoir jamais quitté l'univers blanc et mystérieux de l'hôpital. A l'âge de 6 ans, il rencontre Robert le Toubib qui lui explique la signification des soins palliatifs. J'aime beaucoup cette phrase pleine de poésie ("Moi, j'aurais plutôt appelé çà la salle d'apaisement ou le coin des fées"). Victime d'un accident de travail, Jonathan est maintenu artificiellement en vie mais refuse l'acharnement thérapeutique dont son père a été victime avant lui.

Un seul reproche : en jouant sur la corde sensible des lecteurs, ce roman est un plaidoyer pour l'euthanasie. Je regrette l'absence des arguments des adversaires de l'euthanasie que le narrateur aurait pu discuter. Ce mini-débat aurait été intéressant au sein du roman.

Paru à l'automne 2006, "Coxyde" est un court roman de 64 pages qui raconte l'histoire d'un jeune couple, Marie et Clément. Tout commence par une question existentielle de Marie à son compagnon : "Pourrais-tu retrouver des éléments plus ou moins lointains qui feraient dire aujourd'hui à un observateur quelconque : il était donc destiné à faire des livres?". Marie ne se doute pas des conséquences de sa question : "L'état d'hébétude dans lequel j'avais involontairement plongé Clément commençait à m'inquiéter".

L'histoire les emmène ensuite à Paris et Versailles. Les lecteurs peuvent apprécier le remarquable travail d'écriture et le choix judicieux des mots de Rémi Bertrand. Comme dans son premier roman "La Mandarine blanche", il a découpé son texte de façon originale : le narrateur de chaque chapitre est alternativement Marie ou Clément. Peut-être cela va-t-il devenir une "marque de fabrique" de l'auteur?

Coxyde arrive dans le récit à la page 41 : "Comment avions-nous pu jusqu'à ce jour ignorer nos ancrages parallèles dans ce village côtier? Toi, vacancier annuel de la période de Pâques, et moi, Coxydoise tous les week-ends de l'année ou presque...". Le couple nous parle de l'Horloge, des cuistax de Marcel, des gaufres, du Musée Paul Delvaux, du tram de la Route Royale et du Monument des Zouaves qui m'ont rappelé de nombreux souvenirs de vacances...

Après Paris, Versailles et Coxyde, retour enfin dans la maison des parents de Clément pour obtenir la réponse à la question posée par Marie au début du livre... Personnellement, j'ai préféré "Coxyde" à son précédent roman. Je n'ai rien à reprocher à l'auteur qui me semble promis à une belle carrière littéraire. Quand on connaît un peu la vie de Rémi Bertrand grâce à son site Internet, on a l'impression que "Coxyde" est en partie ou totalement autobiographique car Clément ressemble beaucoup à Rémi...

jeudi 4 janvier 2007

BPlus

BPlus est un groupe de pression bilingue et non politique créé en 1998 et visant à renforcer la Belgique fédérale dans un esprit de convivialité et de solidarité multiculturelle.

Voici les grands objectifs de BPlus :
- Consolider les liens entre les Wallons, les Flamands, les Bruxellois, les germanophones et les étrangers vivant en Belgique.
- Maintenir la solidarité sociale entre tous les citoyens de toutes les régions.
- Améliorer le système institutionnel belge dans le respect des autonomies régionales, des diversités culturelles et de la loyauté fédérale.
- Créer une image positive et dynamique de la Belgique et ses régions à l'étranger.

BPlus participe à des débats sur l'avenir de notre pays et organise une fête de Wallonie en Flandre (en septembre) et une fête de la communauté flamande en Wallonie (tous les 11 juillet). BPlus encourage également la formation de listes bilingues dans la région de Bruxelles-Capitale. Fin décembre, BPlus a démonté, point par point, le "Manifeste pour une Flandre indépendante" du groupe De Warande.

Parmi les membres fondateurs et effectifs de BPlus, on trouve notamment le ministre d'Etat Willy Claes, le conseiller communal bruxellois Geoffroy Coomans de Brachène, le député régional bruxellois Olivier de Clippele, le comte Jean-Pierre de Launoit (qui s'occupe du groupe Axa, de RTL-TVI, du Télévie, du Concours Musical Reine Elisabeth, etc.), le bourgmestre de Dinant Richard Fournaux, les hommes d'affaires Georges Jacobs et Daniel Janssen, l'ancien premier ministre Wilfried Maertens, le baryton José Van Dam, mais aussi la Ville de Huy. Ce serait bien que d'autres conseils communaux votent l'adhésion de leur cité à BPlus.

Informations : www.bplus.be http://bplus-acties-actions.skynetblogs.be

Le domaine royal d'Argenteuil

Les Editions Racine ont sorti en 2006 "Le mythe d'Argenteuil : demeure d'un couple royal", écrit par Michel Verwilghen , professeur émérite de droit à l'UCL, que je conseille aux passionnés d'histoire. Ce livre est très intéressant pour deux raisons : il lève enfin le voile sur une demeure méconnue et il est le premier ouvrage à bénéficier de la collaboration du prince Alexandre et de la princesse Marie-Esméralda de Belgique, enfants du roi Léopold III et de la princesse Lilian.

Située aux confins de la forêt de Soignes, cette gentilhommière a été construite en 1930 par les architectes new-yorkais Delano et Aldrich à la demande du riche ingénieur américain William Tuck, docteur honoris causa de l'ULB, qui vivait en Belgique et avait épousé une jeune fille anversoise Hilda Bunge. A partir de 1933, le couple et leurs trois enfants séjournaient régulièrement dans leur résidence d'été à Argenteuil qui eut le grand honneur d'accueillir l'ancien président américain Herbert Hoover, ami de William Tuck.

Durant la seconde guerre mondiale, la demeure est sérieusement endommagée et occupée par des troupes allemandes et alliées. Elle est vendue en 1949 à l'Etat belge qui le propose au prince-régent Charles en 1951. Mais il ne l'aime pas et ne s'y installera donc jamais. Quelques années plus tard, Argenteuil accueille les hôtes de marque du gouvernement à l'Exposition Universelle de Bruxelles en 1958.

En 1959, le domaine est mis à la disposition du roi Léopold III, de la princesse Lilian et de leurs trois enfants. Ils s'y installent un an plus tard après des travaux bien nécessaires. Dans ce livre, Michel Verwilghen dit enfin la vérité sur "l'affaire des meubles volés" qui a fait couler tant d'encre depuis 1960...

Dans ce château décoré avec goût, le Roi prépare ses expéditions à travers le monde et s'adonne à sa passion de la photographie, la princesse s'occupe de la Fondation Cardiologique Princesse Lilian et de sa harde de cerfs, les princesses Marie-Christine et Marie-Esméralda ont des cours particuliers à domicile. Léopold III et Lilian reçoivent dans la discrétion de nombreuses personnes à Argenteuil : ambassadeurs, ministres, anciens combattants, photographes, scientifiques, sportifs, etc. Mais la plus prestigieuse visite restera celle de la reine Elisabeth II et du prince Philip d'Angleterre en 1966.

En 1983, le roi Léopold III décède et a droit à des funérailles nationales. Sa veuve continue de résider au domaine royal d'Argenteuil et de subir régulièrement les critiques d'historiens et de journalistes. Elle crée en 1991 l'asbl Princesse Lilian en mémoire du roi Léopold III (dont l'auteur de ce livre Michel Verwilghen était administrateur-délégué) afin de rassembler et classer les nombreuses archives du quatrième roi des Belges.

Dans son testament, la princesse Lilian (décédée en 2002) exprimait le souhait d'être enterrée au domaine royal d'Argenteuil et d'y laisser le mobilier et les archives afin de rendre hommage à son mari et accueillir les réunions des fondations créées par Léopold III et Lilian. Ces demandes furent rejetées par le gouvernement Verhofstadt.

A partir de l'automne 2002, le château commence donc à se vider : les meubles d'Etat empruntés en 1960 retournent à Laeken ; les archives sont transférées au palais royal ; les meubles, robes, bijoux et argenteries sont partagés entre les trois héritiers ou vendus par Sotheby's. En septembre 2004, l'Etat vend le domaine à Jean-Marie Delwart, un riche industriel belge désireux de s'y livrer à sa passion pour la recherche scientifique en ethologie.

En conclusion, cet ouvrage très intéressant et très documenté de Michel Verwilghen contient de nombreuses informations historiques inédites qui aideront les futurs biographes de Léopold III, Lilian, Charles, Baudouin, Albert II, Alexandre, Marie-Christine et Marie-Esméralda. Un seul reproche : l'auteur - qui était un proche de la princesse Lilian - manque parfois de recul et d'objectivité, notamment lorsqu'il évoque le prince Charles. Malgré sa personnalité complexe et des attitudes ambigües envers son frère le roi Léopold III, il a été un bon régent pour la Belgique dans des circonstances difficiles.

mercredi 3 janvier 2007

Sois belge et tais-toi

J'ai découvert fin 2006 le spectacle "Sois belge et tais-toi" lors de la diffusion de la RTBF et je remercie les auteurs et les interprètes pour la bonne soirée que j'ai passée en leur compagnie. C'est vraiment du bon humour belge, fruit d'une analyse pertinente de la vie politique de notre pays. J'ai moins aimé les quelques sketchs internationaux sur le pape et Bush qui tombent un peu comme un cheveu dans la soupe. Je voudrais féliciter en particulier André Rémy (génial en Michel Daerden), son fils Baudouin Rémy (excellent en Elio Di Rupo) et Joël Riguelle (très bon en Guy Verhofstadt). Il faut d'ailleurs souligner que Joël Riguelle est le bourgmestre CDH de Berchem-Sainte-Agathe et député régional bruxellois!

Cela fait maintenant une dizaine d'années que la revue politico-satirique "Sois belge et tais-toi" existe et se renouvelle chaque année. Il faut dire que nos hommes politiques leur donnent beaucoup d'inspiration! Michel Daerden et la saga de Charleroi seront probablement les vedettes de la saison 2007.

Si vous aimez cette charmante troupe issue de la Compagnie Victor, vous pouvez acheter le DVD des précédents spectacles ou aller voir la version 2007 : Forum de Liège (20 et 21 janvier 2007), Centre Culturel d'Auderghem (25 janvier 2007), Palais des Beaux-Arts de Charleroi (26 et 27 janvier 2007), Théâtre Royal de Mons (28 et 29 janvier 2007) et Cirque Royal de Bruxelles (7 février 2007).

La pauvreté en Belgique

A la demande du gouvernement fédéral de l'époque, la Fondation Roi Baudouin rédigea en 1994 un Rapport Général sur la Pauvreté, qui fait figure de référence dans notre pays. Parmi les recommandations de ce rapport figurait la nécessité de renforcer la cohérence des politiques de lutte contre la pauvreté menées par les nombreux pouvoirs compétents et rendre permanente la concertation entre responsables politiques et personnes vivant dans la pauvreté.

Après cinq ans de discussions (oui, vous avez bien lu, cinq ans pour se mettre d'accord sur un sujet pourtant si primordial...), l'Etat fédéral, les communautés et les régions créent en 1999 le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale. Je viens de découvrir leur site Internet très bien documenté qui m'a incité à vous faire part de quelques informations.

Le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale a pour missions de répertorier toutes les informations sur la pauvreté, d'organiser une concertation structurelle avec les associations, d'émettre des recommandations et propositions dans un rapport bisannuel. Bref, son rôle n'est pas d'aider concrètement les plus démunis dans la vie quotidienne, mais d'aider les autorités politiques et les responsables d'associations à coordonner leurs actions en faveur des pauvres, ce qui n'est sûrement pas inutile vu la complexité des institutions belges...

La plus agréable information du site est notre 13ème place en 2006 de l'indicateur du niveau de vie du Programme des Nations-Unies pour le Développement. La Belgique est mieux classée que la France (16ème), l'Italie (17ème), l'Espagne (19ème). Par contre, nous sommes devancés par la Norvège, l'Islande, l'Irlande, la Suède et les Etats-Unis. L'ONU souligne également que le fossé entre les pays les plus pauvres et les plus riches se creuse de plus en plus...

Il n'existe aucun chiffre officiel sur le nombre de SDF en Belgique. On estime que 14,8% de la population (soit 1 personne sur 7) connaît un risque accru de pauvreté. La région de Bruxelles-Capitale est la plus menacée. La pauvreté s'observe plus fréquemment en ville que dans les zones rurales. Bruxelles contient le plus de personnes vivant dans des quartiers pauvres, devant Liège, Charleroi, Anvers, Mons et La Louvière. En fonction de la source et des critères utilisés, on estime que 10% à 25% des adultes en Belgique ne savent ni lire, ni écrire, en le comprenant, un exposé simple et bref de faits en rapport avec leur vie quotidienne. En 2005, 106.550 ont fait appel à la Fédération Belge des Banques Alimentaires.

L'emploi offre-t-il une protection suffisante contre la pauvreté? Même s'il est prouvé que le chômage et l'inactivité engendrent un risque de pauvreté bien plus élevé que l'emploi, avoir un travail ne constitue pas toujours une garantie contre la pauvreté. Certaines structures familiales (familles à revenu unique, p.ex.) et la faiblesse de certaines rémunérations sont à l'origine du phénomène appelé travailleurs pauvres.

En conclusion, je voudrais d'abord souhaiter bon courage aux personnes qui traversent ces problèmes. Je reste persuadé qu'il faut s'attaquer à la cause principale et créer des emplois, notamment en augmentant nos exportations à l'étranger. Je pense aussi que les parents doivent inciter leurs enfants à poursuivre leurs études pour obtenir un diplôme, que ce soit dans l'enseignement supérieur, technique ou professionnel. Il y a donc du pain sur la planche pour le monde politique. J'espère que la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sera un des grands débats de la prochaine campagne électorale mais je ne suis pas dupe : les querelles communautaires et l'avenir institutionnel de la Belgique seront la priorité de nos hommes politiques. C'est consternant...

Et vous, qu'en pensez-vous?