jeudi 24 février 2022

Eric-Emmanuel Schmitt et la Belgique

L'auteur franco-belge Eric-Emmanuel Schmitt est revenu sur ses liens avec la Belgique pour les journaux du groupe Sud Presse :

"Nous nous trouvons dans votre maison en pleine campagne hennuyère. Que représente ce lieu pour vous ?

- C'est ma vraie maison dans le sens où c'est devenu la maison de famille et la maison des amis, puisqu'il y a quand même beaucoup de chambres. C'est un lieu de rassemblement, c'est l'endroit où je passe Noël et l'été. Je me suis fait ce cadeau où je peux avoir une maison et être le patriarche de la famille et faire plaisir à mes amis. La maison existe depuis des siècles et c'est comme si elle était dans ma famille depuis toujours.

- Il y avait toujours ce désir chez vous de posséder un tel lieu ?

- Jusqu'à mes huit ans, j'ai vécu dans un immeuble qui dominait tout Lyon et, du balcon, je voyais toute la ville. Les jours de beau temps, je voyais les Alpes. Le monde m'était offert comme un spectacle. Si vous voulez avoir un enfant dramaturge, trouvez ce genre d'appartement...  Et pour la philosophie, c'est bien aussi, il y a de la distance, un point de vue. J'étais très comtemplatif sur ce balcon. Après, on est parti à la campagne. Mes parents avaient fait construire une maison dans ce qui devait être un lotissement mais on était la seule maison. J'étais entouré de champs, de bois, de domaines avec des châteaux. J'ai vécu dans ce monde-là et, quelque part, je pense que je veux toujours le retrouver.

- Tout ramène toujours à l'enfance, même si tout le monde ne s'en rend pas compte?

- Oui, c'est fondateur. J'ai besoin d'alterner la ville et la campagne, j'ai besoin de voir passer les saisons. Une vie totalement urbaine me frustre.

- Et pourquoi ici dans le Hainaut en Belgique ?

- Un coup de foudre pour la maison. Et un coup de foudre confirmé par ma chienne, qui maintenant est morte la pauvre chérie. Elle s'est mise sous le tilleul et ne bougeait plus. On ressentait une paix. En fait, c'est parce que j'ai trois sources dans mes caves. C'est un lieu paisible, géologiquement, il doit y avoir quelque chose qui se passe. Et ma chienne avait repéré ça.

- Vous avez choisi la Belgique comme votre autre pays, votre double nationalité depuis plus de dix ans maintenant ?

- C'est une addition, je suis Français et Belge. Ma vie privée s'est tout à coup faite en Belgique. Et quand je me suis rendu compte que j'y étais bien, que j'y resterais, que c'est là que je vivrais, parce que je payais mes impôts et m'y faisais soigner, je me suis dit autant être un citoyen à part entière. Et puis, c'était un acte d'amour. C'était ajouter à mon identité. Je ne l'aurais pas fait si ça avait été exclusif, si j'avais dû laisser tomber ma nationalité française. L'addition était possible et ça, c'est moi.

- Ce côté positif vous caractérise énormément ?

- Je découvre que ça me caractérise. Je ne le savais pas du tout il y a 20 ans. J'ai pris conscience de ma différence (parce qu'il me semblait normal d'être comme ça) à force de voir des collègues écrivains déprimés, anxieux, trouvant que ce métier est horrible, alors que je le trouve absolument délicieux. Après, ils me demandent comment je fais tout ce que je fais. Et je leur réponds : la joie ! La joie décuple la force et le pouvoir de faire. Spinoza a beaucoup écrit là-dessus. Et donc, je pratique la joie. Il vaut mieux cultiver l'optimisme et la joie que la tristesse et le désespoir. Je suis aussi né dans une famille aimante et c'est un cadeau énorme. Je suis souvent très intime avec des gens qui n'ont pas connu ça. J'ai envie de rendre ça, j'aimerais être contagieux au niveau de l'optimisme, de la confiance, même de la foi.

- Le succès décuple-t-il aussi la force ?

- Le succès est un énorme cadeau, bien sûr. Mais il est fragile. Je ne crois pas qu'il m'est dû. Je le reçois à chaque fois comme un présent. Je sais que d'emblée, mes livres sont tirés à 100.000 exemplaires, et, en Belgique, je pense qu'il n'y a qu'Amélie Nothomb et moi. La reconnaissance donne des ailes.

- Ne pas avoir d'enfant, c'est un regret dans votre vie ?

- Enorme. Heureusement, j'ai eu des belles-filles, même mes neveux. A un moment, je les ai élevés parce que leur mère avait un cancer. En fait, chez moi, c'est la volonté de donner, de transmettre. Donner de la confiance, de la sécurité, de l'amour et éventuellement des connaissances, une culture, une joie de vivre aussi. Et ça, on ne donne jamais assez. Donc, je suis toujours frustré quand même, même si j'ai pu le faire".

jeudi 10 février 2022

Annulation de plusieurs fêtes folkloriques

Malgré l'assouplissement de certaines mesures, l'organisation de fêtes folkloriques avec beaucoup de monde sera très difficile en 2022. Certaines communes espèrent pouvoir les reporter durant l'été, et d'autres prennent la décision de tout annuler. 

Sont annulés :

- la fête des craquelins à Grammont (plus d'infos :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2016/02/la-fete-des-craquelins-grammont.html )

- le carnaval de Binche (plus d'infos :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/02/le-carnaval-de-binche.html )

- la ducasse de Messines à Mons (plus d'infos :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/03/la-ducasse-de-messines-mons.html )

- la fête des chats à Ypres (plus d'infos :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2020/03/la-fete-des-chats-ypres.html )

lundi 24 janvier 2022

Le coucou de Malines

Pourquoi Malines ? Car Malines, centre d'élevage, donna son nom à une race. En 1909 on y fonde l'association professionnelle "Le club de Malines" dont l'objectif était le développement sélectif et progressif de la race appelée "coucou de Malines" et de ses variétés. Malgré tous les croisements possibles effectués dans les décennies suivantes, le coucou de Malines n'a pas disparu du paysage avicole.

Pour 4 personnes :   un coucou de Malines d'environ 1,5 kg, des bardes de lard suffisamment grandes pour envelopper le poulet, 200g de beurre, 1/2 l de genièvre d'au moins 40°, 1dl de vin blanc, 200g de petits pois, 200g de champignons, 2,5 dl de crème, 2 jaunes d'oeufs, quelques brins de persil, sel et poivre

Salez et poivrez le poulet, bridez-le, bardez-le de lard et cuisez-le dans du beurre.

Quand il est presque cuit, enlevez le lard et les ficelles, coupez-le et remettez les morceaux dans le plat à rôtir.

Arrosez le poulet de genièvre, flambez-le et déglacez au vin blanc.

Recuisez pendant quelques minutes sans couvercle.

Ajoutez les pois et les champignons, et faites encore mijoter le tout pendant quelques minutes.

Disposez le poulet et les légumes sur un plat de service et gardez-les au chaud.

Faites bouillir la sauce et liez-la avec les jaunes d'oeufs battus dans la crème.

Arrosez le poulet de sauce, saupoudrez-le de persil haché et servez avec des pommes de terre cuites au four. 

Bon appétit !


lundi 10 janvier 2022

Les façades de Bruxelles

Jean-Jacques Evrard, designer graphique à la retraite, explique à "Plus Magazine" comment est né son site Internet :

"Passionnés d'architecture, mon épouse Brigitte et moi avons toujours été émerveillés par de nombreuses façades de la capitale. Durant le premier confinement, nous avons eu l'idée de créer un site Internet pour partager nos coups de coeur. Lors de balades à pied et à vélo, nous sommes repassés devant nos façades préférées pour les photographier en zoomant aussi sur les détails architecturaux marquants. Ensuite, pour élaborer les fiches informatives relatives à chaque édifice, nous avons effectué des recherches dans nos livres d'architecture, sur différents sites Internet, au centre CIVA où se trouve une librairie dédiée à l'architecture. Nous essayons toujours de retrouver l'utilisation originelle des bâtiments (école, hôpital, entrepôt, etc.) et une photo d'époque. Dans son ensemble, Bruxelles n'est pas une belle ville : elle n'a pas de style architectural propre comme Paris notamment. Mais c'est justement ce mélange improbable de styles qui nous interpelle et nous fascine ! Notre sélection de façades porte sur le 20ème siècle, à partir de l'Art Nouveau. Il s'agit d'un site grand public : nous voulons montrer le travail des architectes et inciter les gens à aller voir les façades sur place. Pour chacune d'elles, nous indiquons l'adresse évidemment, le style, l'architecte, l'année de construction et la possibilité ou non de visiter. Nous retournons régulièrement voir les façades référencées afin de maintenir le site à jour, en cas de restaurations par exemple. Nous écrivons au moins une fois par mois un article sur l'architecture, publié sur un blog lié au site. En faisant vivre ce site Internet, nous apprenons nous-mêmes plein de choses. Nous avons découvert des architectes moins connus qu'Horta et Hankar, comme Blerot (Art Nouveau) et les Brunfaut (modernisme). Nous sommes plus particulièrement fans du style Art Déco et notre bâtiment favori est la Villa Empain, conçue par Polak. Un petit bijou !".

Allez découvrir ce site très intéressant :  https://www.admirable-facades.brussels/


lundi 20 décembre 2021

Les 15 ans du Journal d'un petit Belge

En décembre 2006, c'est en réaction au faux JT de la RTBF annonçant la fin de notre pays, que j'ai décidé de créer le Journal d'un petit Belge. Les réseaux sociaux n'existaient pas à l'époque, et c'étaient les blogs qui étaient à la mode. Mes objectifs ?  Défendre l'unité de la Belgique, faire mieux connaître notre pays (tant le nord que le sud), et mettre à l'honneur les Belges qui se distinguent dans tous les domaines. 

Nous voici 15 ans plus tard avec plus de 1.500 articles publiés... Ce blog ne m'a apporté que des satisfactions, et m'a permis de belles rencontres. Et la Belgique existe toujours, n'en déplaise aux grincheux. Soyons fiers de notre pays !

J'en profite pour vous remercier pour votre fidélité et vos commentaires, et pour vous souhaiter de joyeuses fêtes de fin d'année et une heureuse année 2022. Prenez soin de vous et vive la Belgique !

samedi 4 décembre 2021

Décès du Grand Jojo

                           


Né en 1936 à Ixelles, Jules Jean Vanobbergen (alias le Grand Jojo) débute sa carrière musicale à la fin des années 1960. Mais ce seront les années 1970 et 1980 qui lui offrent ses plus grands tubes :  "Le french cancan",  "Jules César", "Chef, un ptit verre, on a soif" , "Sergent flagada", "Vive les saints", p.ex. Sans oublier son plus gros succès :  "E viva Mexico" (1.000.000 de 45 tours vendus !) pour accompagner nos Diables Rouges à la Coupe du Monde au Mexique en 1986. Ces chansons ont mis de l'ambiance dans de nombreuses fêtes... (un peu comme celles d'Annie Cordy).

Depuis 1986, le Grand Jojo n'avait plus connu de grand succès, mais il avait poursuivi sa carrière et continuait les concerts où il interprétait ses plus grands tubes. Patriote et royaliste, il incarnait une image de la "belgitude". Il ne manquait pas le bal national des Marolles chaque veille de la fête nationale. Il a été fait chevalier de l'Ordre de Léopold et citoyen d'honneur de la ville de Bruxelles.

lundi 29 novembre 2021

22ème Semaine de la Frite en Belgique

              


Le prince Laurent s'est rendu à Bruges pour la 22ème Semaine de la Frite. Il y a inauguré une statue présentant un homme assis sur un banc en train de manger un paquet de frites. La Belgique s'apprête à demander la reconnaissance du fritkot par l'Unesco. Affaire à suivre...

jeudi 25 novembre 2021

Visite royale à Spa

         


Le Roi et la Reine viennent d'effectuer une visite officielle dans la ville de Spa (province de Liège) pour deux raisons. 

Premièrement, ils sont venus marquer le 100ème anniversaire de Spa Monopole, fournisseur breveté de la Cour. L'entreprise belge est liée à la famille royale, car l'eau minérale Spa Reine fait référence à la reine Marie-Henriette, deuxième reine des Belges, qui termina sa vie à Spa. 

Deuxièmement, le couple royal est venu féliciter les responsables de la cité qui vient d'être inscrite en 2021 avec d'autres Villes d'Eau sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. 

lundi 1 novembre 2021

La véritable recette du boulet à la liégeoise

Voici la recette de la Confrérie du Gay Boulet !

Ingrédients :   300 g de hachis de boeuf, 700 g de hachis de porc, un oignon finement haché, un peu de persil, 4 tranches de pain de mie imbibées de lait, 2 oeufs, un peu de chapelure, sel, poivre, muscade

Préparation :

1) Mélangez tous les ingrédients afin d'obtenir une préparation homogène.

2) Roulez les boulets, en trempant ses mains, de temps à autre, dans de l'eau tiède.

3) Placez les boulets dans une lèchefrite, préalablement beurrée. Laissez cuire au four (180°) durant environ 35 minutes.

4) Dans le jus de cuisson, faites revenir 3 à 4 oignons avec une pincée de thym, une feuille de laurier, deux clous de girofle et quelques baies de genévrier.

5) Ajoutez 4 cuillères à soupe de cassonade afin de former un caramel. Déglacez avec un peu de vinaigre de vin.

6) Mouillez à hauteur, soit avec de l'eau relevée d'un cube d'extrait de viande, soit avec du bouillon de viande. Salez, poivrez.

7) Ajoutez une ou deux cuillère(s) à soupe de vrai sirop de Liège.

8) Faites cuire dans une casserole durant 35 à 40 minutes.

9) Terminez la sauce en la liant avec du Maïzena ou du beurre manié.

10) Ajoutez quelques raisins de Corinthe.

11) Disposez enfin les boulets cuits dans la sauce et laissez frémir durant quelques minutes à feu très doux.

Bon appétit !!! Personnellement, c'est un de mes plats typiquement belges préférés.

jeudi 28 octobre 2021

Sortie du tome 6 de "Derniers domiciles connus"

En cette période de Toussaint, Thierry Luthers sort le 6ème et dernier tome de "Derniers domiciles connus : guide des tombes de personnalités belges". Après avoir arpenté les provinces du sud de la Belgique, ce sixième tome est consacré à la Flandre et au reste du monde. 

A l'occasion de la sortie de ce 6ème tome paru aux éditions Luc Pire, Thierry Luthers a répondu aux questions des journaux du groupe Sud Presse :

"La tombe la plus célèbre mais la moins visitée est évidemment celle de Jacques Brel aux lointaines îles Marquises ?

- Oui. En 1998, vingt ans après sa mort, Miche Brel (son épouse dont il n'avait jamais divorcé et qui est décédée l'an dernier) avait fait enlever la plaque le représentant avec sa dernière compagne, l'ex-Clodette Maddly Bamy. Mais après un procès, celle-ci avait obtenu qu'on l'y remette !

- Annie Cordy est à Cannes où elle s'était retirée.

- J'ai été surpris de découvrir qu'elle n'est enterrée ni à Bruxelles, ni à Paris (où se trouve son mari et impresario François-Henri Bruno). Mais elle avait de la famille des trois côtés.

- Eric Geboers (5 fois champion du monde de motocross) est à Mol-Wezel et son histoire est particulière.

- Il est décédé en 2018, à 55 ans en sautant à l'eau pour sauver son chien. Ils y sont malheureusement restés tous les deux. Le petit cimetière de Mol-Wezel est magnifique, tout en sable...

- Certaines de vos longues recherches ont été vaines ?

- Ce qui me désole, c'est quand il ne reste aucune trace visible d'une grande personnalité. La famille de Maurice Maeterlinck (Prix Nobel de littérature en 1911) a repris l'urne. Les cendres de Georges Simenon ont été dispersés dans son jardin de Lausanne, et celles de Franquin ont subi le même sort.

- Jean-Michel Folon, lui, repose à Monaco où il vivait.

- Oui, tout près de Léo Ferré ! C'est un cimetière magnifique où l'on trouve aussi le Spadois Léon Jehin, qui fut chef d'orchestre de l'opéra de Monaco. Il fait partie des "inconnus célèbres" pour lesquels j'ai une tendresse particulière.

- Il y en a d'autres ?

- Beaucoup ! Comme Léo Bakeland, enterré à New York, qui a inventé la bakélite. Ou encore Anne Buydens, la femme de Kirk Douglas, qui était belge et est enterrée à ses côtés à Los Angeles. Kirk parlait parfaitement français grâce à elle, mais était doublé à cause de son accent très prononcé.

- Anne Buydens a été naturalisée américaine, comme d'autres "anciens Belges" repris dans votre livre.

- Le Dinantais Adolphe Sax, inventeur du saxophone et enterré à Montmartre, est devenu citoyen français. Tout comme Zénobe Gramme, l'inventeur de la dynamo, enterré au Père Lachaise à Paris. Ou le vulcanologue Haroun Tazieff, inhumé à Passy.

- La plus belle tombe ?

- Celle monumentale de Zénobe Gramme, qui figure en couverture du livre. Et celle de Georges Rodenbach, poète et romancier, qui donne l'impression de sortir de sa tombe au Père Lachaise.

- La plus visitée ?

- Celle du grand poète Emile Verhaeren, qui est en forme de bateau et trône le long de l'Escaut à Saint-Amand, dans la province d'Anvers. Une merveille.

- Avec ce sixième livre, la boucle est bouclée ?

- Oui. En tout, j'ai répertorié 10.000 tombes !  Mais un coffret à tirage limité contenant les six livres va bientôt sortir. Et je donne quelques conférences sur le sujet.

- Vous avez déjà choisi votre tombe ?

- Je vais finir par y penser ! J'ai déjà choisi le cimetière : ce sera à Robermont (Liège) dans sa partie boisée. Sur ma tombe, je demanderai qu'on écrive "Journaliste et artiste".