lundi 27 juillet 2026

La ville de Grammont

 Grammont (Geraardsbergen en néerlandais) est une ville de la province de Flandre Orientale, où coule la Dendre. Elle compte environ 33.000 habitants. Grammont est connu pour plusieurs choses : 

- son Manneken Pis , bien moins connu que celui de notre capitale. Etait-il présent avant celui de Bruxelles? Diverses hypothèses circulent. On sait que la statue de Grammont a été installée en 1459 sur le haut d'une fontaine, afin de remplacer un lion qui avait été volé. La statue actuelle n'est pas celle d'origine. Au cours de son histoire, elle a été remplacée plusieurs fois.

- sa tarte au maton qui a reçu il y a onze ans le label "indication géographique protégée" par la Commission Européenne. Son origine remonte au Moyen Age : à l'époque, il était difficile de conserver le lait qui se transformait en lait caillé, devenu ingrédient principal de la tarte. On ajoutait ensuite une pâte autour des matons pour obtenir la tarte au maton. Une confrérie (Broederschap van de Geraardsbergse Mattentaart) existe depuis une quarantaine d'années et compte 350 membres qui veulent promouvoir la spécialité culinaire de leur ville.

- son Mur de Grammont :  cette pente raide et pavée a une longueur de 1,25 km, un dénivelé de 93 mètres et son sommet culmine à 110 mètres d'altitude. Elle débute aux bords de la Dendre et se termine au pied de la chapelle néobaroque Onze Lieve Vroux, en haut de l'Oudenberg ("vieille montagne"). 

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S'il y a bien un événement sportif qui passionne les Flamands au printemps, c'est bien le Tour des Flandre dont parle l'auteur Jean-Baptiste Baronian dans son livre "Dictionnaire amoureux de la Belgique" :

"Contrairement à ce que chante Jacques Brel, la Flandre n'est pas un plat pays. Elle est hérissée de toute une série de monts, et certains sont si escarpés, si pentus, qu'on les appelle des murs, tel celui de Grammont (Geraardsbergen, baptisée d'ailleurs par les habitants de la région "la petite ville sur la montagne"), un des hauts lieux du Tour des Flandres.

Le Tour des Flandres, c'est un peu le Tour de France en miniature :  il ne dure qu'un jour, que six ou sept heures, mais il attire une foule immense et, sur son parcours (250km en moyenne), tout le monde fait la fête et ne ménage pas son bonheur, sa joie et son enthousiasme. Et c'est tellement ancré dans la mythologie populaire des Flandres que les partis extrémistes, sachant fort bien que les télévisions retransmettent la course en direct, veillent à ce que, partout où elle passe, les spectateurs brandissent des drapeaux jaunes flanqués du lion noir, l'oriflamme autour duquel ils voudraient que se retrouve chaque Flamand.

Tout coureur cycliste flamand digne de ce nom, digne d'être l'héritier d'une famille des plus glorieuses, rêve de franchir en vainqueur la ligne d'arrivée du Tour des Flandres. Lorsqu'il y parvient, se jouant des monts, des murs et des pavés, il est un dieu vivant pour une année entière, et on lui pardonne si, par la suite, il pédale comme un sénateur dans les autres courses du calendrier professionnel, s'il se fait battre régulièrement, s'il abandonne, s'il préfère flemmarder sur sa selle. Gagner le Tour des Flandres, c'est, pour lui, comme obtenir le prix Nobel du vélocipède. Gagner le Tour de Flandres, c'est rejoindre aussitôt le tabernacle des légendes flamandes". 

- sa fête des craquelins (Krakelingen) :

Les Krakelingen et le Tonnekensbrand sont inscrits depuis 2010 au patrimoine culturel et immatériel de l'Unesco. Chaque avant-dernier dimanche précédant le premier lundi de mars, les Krakelingen (fête des craquelins) et le Tonnekensbrand (fête du feu) mêlent tous les deux symboles chrétiens et traditions folkloriques.

Ces manifestations trouvent leur origine dans une légende remontant au siège de Gauthier d'Enghien en 1381. Selon elle, la population grammontoise assiégée aurait jeté au-dessus des murs de la ville ce qui lui restait de nourriture pour décourager l'ennemi et lui donner l'impression qu'elle avait assez de ressources pour vivre. Même si cette histoire a ensuite été démentie, la fête populaire a continué à vivre à travers les siècles.

Depuis 1393, date de la première trace de cette manifestation, plus d'un millier de personnes se rassemblent chaque année à Grammont pour célébrer le cycle des saisons lors d'un grand cortège réunissant histoires locales et nouveautés. Ce sont les géants Goliath, Gerarda et Kinneke Baba qui ouvre le cortège qui part de l'église romane d'Hunnegem en direction de la colline d'Oudenberg. La procession retrace vingt-cinq siècles d'histoire et est composée d'environ un millier de personnes.

Arrivé à la colline, le cortège se dissout. Les druides, les porteurs de craquelins (petits pistolets séchés en forme d'anneaux) et les autorités gravissent la colline pour rejoindre la chapelle et réciter la litanie de Notre-Dame avec le clergé. Les autorités boivent ensuite une gorgée de vin dans une coupe d'argent datant du 16ème siècle, dans lequel nage un petit poisson vivant, cela en signe d'abondance.

Après ce rituel, 10.000 craquelins sont jetés sur la foule qui s'évertue à attraper l'unique exemplaire contenant un papier donnant droit au "craquelin d'or", créé par un bijoutier local et d'une valeur de 750 euros. A 20h, c'est le Tonnekenbrand (fête du feu) : au sommet de la vieille montagne, un mât enveloppé de paille est allumé, symbole de la fin de l'hiver et du retour de la lumière et de la vie. Des torches sont ensuite distribuées au public qui ramène le feu sur la Grand-Place. Le feu est au même moment répandu dans les quinze villages de la commune.

A l'occasion des 950 ans de la ville de Grammont, le roi Philippe et la reine Mathilde ont assisté au cortège des Krakelingen en février 2018.

                          

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