jeudi 30 avril 2020

Fermeture de l'Hôtel Métropole à Bruxelles

Il y a six ans, je vous avais déjà parlé de la ré-ouverture après travaux du Café Métropole, où j'aimais aller boire un verre quand j'étais dans ce coin de Bruxelles :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2014/03/re-ouverture-du-cafe-metropole-bruxelles.html

Un des plus beaux et des plus prestigieux hôtels de notre capitale (avec le Plazza situé non loin de là et appartenant toujours à la famille van Gysel de Meise) vient d'annoncer sa fermeture :  l'Hôtel Métropole. Bien que restauré il y a quelques années, son chiffre d'affaires était en baisse suite aux attentats de Paris en 2015 et Bruxelles en 2016, puis la création d'un piétonnier compliquait l'arrivée des clients. L'épidémie du coronavirus entraînant la chute du tourisme, n'a évidemment rien arrangé. 

Régine Salens vous raconte son histoire sur son blog :   www.noblesseetroyautes.com/cessation-des-activites-de-lhotel-bruxellois-le-metropole

lundi 27 avril 2020

Nouvel album de Suarez

Je vous avais parlé de leur dernier album en 2017 :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2017/03/nouvel-album-du-groupe-suarez.html

Après avoir dévoilé deux nouvelles chansons (je n'aime pas trop le terme "single"...), Marc Pinilla et son groupe Suarez annoncent la sortie de "Cavale", leur cinquième album dans les prochains mois. Pour les écouter :   https://www.youtube.com/channel/UC11J2ZILk9sdUusA2_edMEA

Marc Pinilla a répondu aux questions du supplément Maxx TV :

"Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de revenir à la musique ?
- On a décidé de faire les choses qu'on aime et d'accorder beaucoup plus d'importance à l'image et à la production. Tout prend donc beaucoup plus de temps. On a aussi fait le choix de proposer deux singles au public avant de sortir l'album dans son intégralité. Le disque est terminé mais ne sera disponible que dans quelques mois. On voulait vraiment proposer un son neuf et déstabilisant pour les fans qui nous suivent depuis dix ans.

- Qu'est-ce que cela signifie?
- On approche le son autrement et on évite les automatismes de vouloir faire un copier-coller de nos précédents tubes. On était un peu arrivé à cela sur le dernier album. On avait choisi la solution facile car on avait déjà notre couleur et notre identité. Du coup, on a voulu dupliquer ce qui avait déjà été fait. Cette fois, on a décidé de prendre les choses autrement et de tout bousculer. On en avait marre de se répéter. Sur ce nouveau single, il y a une prise de risque dans l'écriture des chansons et dans la production. On tente de mélanger l'urbain, le rock. On va explorer les choses qu'on ne connaît pas. C'est un tout nouveau Suarez.

- Avez-vous peur que les fans ne suivent pas ?
- Oui mais on n'a pas trop d'inquiétude. On remarque que le risque qu'on prend plaît aux gens. On va donc continuer sur notre lancée. Je dois avouer qu'il n'est pas toujours facile de collaborer à cinq. Je suis le moteur et mes collègues sont le soutien. En studio, j'essaie de balancer un maximum d'idées. Quand on est soutenu, c'est plus facile d'avancer.

- Etre le leader d'un groupe, c'est pesant ?
- C'est une responsabilité que j'assume parfaitement. Parfois, j'aimerais être plus tranquille, être davantage dans l'ombre et me laisser porter… Pour autant, la notoriété ne me pèse pas. On vit avec. Si elle nous pèse, c'est qu'il faut changer de métier. Mais c'est l'histoire de la vie et je l'accepte. Par exemple, quand j'apparais seul sur la pochette de notre nouveau single, c'est simplement pour faciliter l'approche visuelle et esthétique du projet. Et puis, faire une photo à cinq, ce n'est pas toujours simple".

lundi 20 avril 2020

La province du Luxembourg

Après l'indépendance de la Belgique en 1830,  le Traité de Londres fixe les frontières définitives de notre pays. L'ancien duché de Luxembourg est scindé en deux :   la partie occidentale revient à la Belgique et prend le nom de province de Luxembourg ;  la partie orientale est attribuée à Guillaume d'Orange avant de devenir en 1890 un Etat indépendant (le grand-duché de Luxembourg).

Située au sud-est de la Belgique, la province de Luxembourg est la province belge ayant la plus grande superficie, mais est la moins peuplée. Très touristique, elle compte de nombreuses forêts et est traversée par la Semois, la Sûre, la Lesse et l'Ourthe. Son chef-lieu est Arlon et elle a sa propre télévision régionale (TV Lux). Les habitants de cette province ont terriblement souffert de l'offensive allemande lors de la Bataille des Ardennes durant l'hiver 1944.

Je vous propose de (re)lire 7 articles de ce blog sur la province du Luxembourg :

- Redu, le Village du Livre :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/02/redu-un-village-livres-ouverts-noel.html

- La Semois :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2013/04/bouillon-la-semois-jean-marc-buchet.html

- Le Mardasson à Bastogne :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2013/05/le-mardasson-bastogne.html

- L'entreprise Thomas&Piron :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2016/02/les-40-ans-de-lentreprise-thomas.html

- L'entreprise Ice-Watch :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2017/01/les-10-ans-d-ice-watch.html

- Le parc Durbuy Adventure Valley :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2017/02/le-parc-durbuy-adventure-valley.html

- Les archives de Charles-Ferdinand Nothomb à Arlon :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2020/01/les-archives-de-charles-ferdinand.html

Et vous, quels sont vos coups de coeur dans cette province ?

lundi 13 avril 2020

Le Tour des Flandres à Grammont

JAfficher l’image sourcee vous ai déjà parlé de la ville de Grammont (Flandre Orientale), très connue pour son Mur intégré à de nombreuses courses cyclistes :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2018/10/la-ville-de-grammont.html

S'il y a bien un événement sportif qui passionne les Flamands au printemps, c'est bien le Tour des Flandre dont parle l'auteur Jean-Baptiste Baronian dans son livre "Dictionnaire amoureux de la Belgique" :

"Contrairement à ce que chante Jacques Brel, la Flandre n'est pas un plat pays. Elle est hérissée de toute une série de monts, et certains sont si escarpés, si pentus, qu'on les appelle des murs, tel celui de Grammont (Geraardsbergen, baptisée d'ailleurs par les habitants de la région "la petite ville sur la montagne"), un des hauts lieux du Tour des Flandres.

Le Tour des Flandres, c'est un peu le Tour de France en miniature :  il ne dure qu'un jour, que six ou sept heures, mais il attire une foule immense et, sur son parcours (250km en moyenne), tout le monde fait la fête et ne ménage pas son bonheur, sa joie et son enthousiasme. Et c'est tellement ancré dans la mythologie populaire des Flandres que les partis extrémistes, sachant fort bien que les télévisions retransmettent la course en direct, veillent à ce que, partout où elle passe, les spectateurs brandissent des drapeaux jaunes flanqués du lion noir, l'oriflamme autour duquel ils voudraient que se retrouve chaque Flamand.

Tout coureur cycliste flamand digne de ce nom, digne d'être l'héritier d'une famille des plus glorieuses, rêve de franchir en vainqueur la ligne d'arrivée du Tour des Flandres. Lorsqu'il y parvient, se jouant des monts, des murs et des pavés, il est un dieu vivant pour une année entière, et on lui pardonne si, par la suite, il pédale comme un sénateur dans les autres courses du calendrier professionnel, s'il se fait battre régulièrement, s'il abandonne, s'il préfère flemmarder sur sa selle. Gagner le Tour des Flandres, c'est, pour lui, comme obtenir le prix Nobel du vélocipède. Gagner le Tour de Flandres, c'est rejoindre aussitôt le tabernacle des légendes flamandes". 

lundi 30 mars 2020

La Fête des Chats à Ypres

IAfficher l’image sourcel y a dix ans, je vous avais raconté ma seule visite à la ville d'Ypres (province de Flandre Occidentale) :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/02/ma-visite-dypres-flandre-occidentale.html

En lisant "Dictionnaire amoureux de la Belgique", son auteur Jean-Baptiste Baronian m'a fait découvrir la Fête des Chats qui a lieu, tous les trois ans, à Ypres durant le mois de mai :

"Des situations au sein desquelles les chats sont l'objet de maltraitance, de cruauté et de sauvagerie, on en connaît de nombreuses tout au long des siècles, et plus particulièrement au Moyen Age, où ils passaient bel et bien pour des émissaires du diable. La Fête des Chats (Kattestoet en flamand) à Ypres, à la lisière du département du Nord, en constitue la survivance. On croit savoir qu'elle apparaît pour la première fois en l'an de grâce 962, par une ordonnance du comte Baudouin III de Flandre (à qui l'on doit la fortification de Bergues). Ce dimanche-là, dans toute la cité drapière, on procédait à des jets de chats vivants, et on allait même jusqu'à les jeter du haut du beffroi, c'est-à-dire de près de 70m de hauteur. Et cette pratique ne devait cesser qu'en 1818.

Avant d'être restaurée en 1938. Sauf que, depuis cette date, les habitants de Ypres se contentent de lancer des chats en peluche. Mais ils font beaucoup plus :  ils organisent des cortèges où tout le monde est déguisé en chat, où l'on voit des chats de toutes les dimensions possibles et imaginables, des chats géants et des chats nains, des chats en bois, en plâtre, en papier mâché, en tissu gonflable, des chats de toutes les couleurs, des chats méchants et des chats gentils, des chats presque domestiqués et des chats complètement sauvages, des chats hommes et des femmes chattes, une orgie féline en somme, à laquelle participe une foule immense, bigarrée et cosmopolite, quel que soit le temps qu'il fait".

jeudi 26 mars 2020

Christophe Deborsu et la Belgique

Depuis son appartement du centre-ville de Namur,  le journaliste bilingue Christophe Deborsu s'est exprimé sur la situation actuelle aux quotidiens du groupe Sud Presse :

"Je n'ai jamais voulu être journaliste international, même si c'est très important d'aller voir le monde. Mais ma priorité, c'était mon pays parce que c'est ça que je connais. C'est clair qu'en ayant une épouse flamande, c'est elle et tous ses amis que tu rencontres et c'est tout un nouveau monde, c'est Anvers aussi. Je connais ces gens-là de l'intérieur en étant avec ma femme, pas comme Wallon mais comme son mari. Ils ne me parlent pas comme si j'étais Wallon, ils ne prennent pas de gants...alors c'est parfois dur!  Ca te donne un autre statut qui peut-être permet de mieux comprendre l'âme flamande. C'était déjà un peu le cas quand j'étais à l'université, que je kottais avec des Flamands.

Au début de la crise du coronavirus, quand il y a eu cette longue réunion de crise, les gens disaient que c'était la faillite de la Belgique parce qu'ils n'arrivaient pas à se mettre d'accord. Et pas du tout!  J'ai écrit un article dans "Het Belang van Limburg" pour dire que la Belgique, ça fonctionne! C'est vrai que chez nous, on a des points de vue un peu différents mais je constate que ce pays, sur ce coup-là a extrêmement bien fonctionné. Et je ne suis pas un vieux Belgicain en train de dire que la Belgique est là pour toujours, pas du tout, je suis suffisamment en Flandre pour dire que ce pays reste extrêmement fragile.

Un virologue néerlandais a dit que la Belgique est un exemple. Pour moi, ça a quelque part renforcé le pays. Mais il faut savoir que les Flamands ont quand même du ressentiment par rapport à Paul Magnette (et la formation du gouvernement fédéral) et ça, ça m'inquiète. Il ne faut pas croire que cette crise sanitaire va relancer le pays et lui donner cinq ans de plus! Pour l'instant, ça marche, mais les gens vont très vite l'oublier".

lundi 16 mars 2020

La tour Zimmer à Lierre

Afficher l’image sourceVoici l'explication donnée par Jean-Baptiste Baronian dans son livre "Dictionnaire amoureux de la Belgique" (dont je vous ai déjà parlé) :

"Initié à l'horlogerie dès son plus jeune âge dans l'atelier de son père, à Lierre, sa ville natale, au sud-est d'Anvers, Louis Zimmer (1888-1970) s'est passionné pour l'astronomie et l'a étudiée tout seul, sans passer par une quelconque école supérieure, sans jamais fréquenter les milieux scientifiques. Et c'est tout seul qu'il a conçu et élaboré trois incomparables merveilles :  l'Horloge du centenaire,  l'Horloge astronomique et le Sudio astronomique.

Egalement appelée la tour Zimmer,  l'Horloge du centenaire a été montée en 1930, à l'occasion du centenaire de la Belgique, sur une ancienne tour faisant partie des remparts de Lierre et datant du 13ème siècle. Elle possède treize cadrans qui indiquent chacun une mesure différente du temps :   l'heure légale belge, les dates, les semaines, les mois, les saisons, les marées, les signes du zodiaque, les phases de la lune, l'âge de la lune, le cycle lunaire, l'équation du temps, le globe terrestre et le cycle solaire qui compte 28 années (ce qui signifie que l'aiguille de cet écran met 28 années pour en accomplir le tour complet).

Au premier étage de la tour, Louis Zimmer a installé, en 1932, son Studio astronomique composé de neuf tableaux synoptiques comptant 57 cadrans, afin de permettre au profane de se familiariser avec les phénomènes célestes et le système solaire. C'est un décor d'un autre âge : l'âge des premiers films de science-fiction et des premières bandes dessinées futuristes. Mais tout y est d'une remarquable précision, les fuseaux horaires, les calendriers périodiques, les rotations des planètes, les constellations, la Voie lactée, les éclipses…  Et le plus inouï, c'est que l'Horloge du centenaire et le Studio astronomique forment un ensemble mécanique dont le rouage est commandé et actionné par la même horloge mère! 

A côté de la tour, un pavillon abrite l'Horloge astronomique que Louis Zimmer a créée pour l'Exposition Universelle de Bruxelles de 1935 et qui a été ensuite présentée au Museum of Science and Industry de New York".

lundi 9 mars 2020

Chronique sur le temps...

Voici une chronique de Charles Delhez sur le temps dans la revue "Dimanche" de l'Eglise Catholique de Belgique (www.cathobel.be), et qui mérite réflexion (qu'on soit catholique ou non) :

Anne passe de longues heures couchées. Elle attend que celui qui grandit en elle soit prêt à quitter le sein maternel pour accueillir le regard émerveillé de sa maman. Des heures à sentir le temps qui coule, à regarder le bleu du ciel qui nous enveloppe et les multiples nuances du vert des arbres et des plantes, à écouter le chant symphonique des oiseaux. Temps non pas perdu, mais d'attente et de contemplation. Quand Anne fera le bilan de ces semaines à l'horizontale, elle y verra moins de réunions, moins de petits plats mijotés pour les siens (ses amis s'en sont chargées), mais la tête toute ronde d'un bébé longuement et amoureusement attendu :   "Moi, disait le Petit Prince,  si j'avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine…".

Hélàs, nous souffrons tous ou presque de chronophagite aigüe et vivons dans un court-termisme effréné, obsédés par nos fantasmes de perfection. Toujours plus et toujours plus vite!  L'état d'urgence est permanent. Il nous faudrait  4,3 planètes pour notre consommation et des dizaines de pages en plus dans notre agenda. Nous voulons aller tellement plus vite que notre voyage entre passé et futur n'a plus le temps de s'arrêter au présent. La distinction entre vie privée et vie professionnelle, brouillée par le numérique, devient de plus en plus poreuse et notre action souffre de cécité, puisqu'il n'y a plus de place pour la contemplation.

Nous croquons la pomme de la toute-puissance en remplissant un maximum notre to-do-list. A force de courir pour tout faire, on ne fait plus rien à fond. Adam et Eve n'ont pas pu accepter les limites mises par Dieu, nous peinons à reconnaître celles de notre agenda. Du coup, nous manquons toujours de ce temps que l'on mesure actuellement au millième de seconde. Ah! Si nous devenions immortels pour pouvoir tout faire et ne renoncer à rien.  "C'est à tort que les hommes se plaignent de la fuite du temps, en l'accusant d'être trop rapide, sans savoir qu'il s'écoule à la bonne vitesse" , disait déjà Léonard de Vinci.

Ce "pêché" abîme nos relations humaines. On tutoie de plus en plus vite, avant même d'avoir pris le temps de nous apprivoiser, pour parler comme le renard. Nous sommes hyperconnectés, envoyant rapidement des messages de plus en plus brefs. Nous multiplions les relations par peur du vide (combien d'amis sur Facebook?), tout comme notre hyperconsommation remplit le caddy. Quand j'étais jeune, entre une bamba, la valse et quelques rocks, on s'offrait un petit slow, histoire de se parler un peu. Aurait-on oublié la leçon du lièvre et de la tortue? Le petit Louis, 4 ans, lui, avait déjà bien compris :  "Dis maman, c'est quand qu'on aura une après-midi à ne rien faire?".

Nous sommes toujours "le nez sur le guidon", sans prise de distance pour nous rappeler le sens et les priorités. Le livre qui a inspiré cette chronique, "Ralentissez", propose cinq minutes de lâcher-prise au milieu de nos horaires de travail pour nous vider la tête et laisser divaguer notre esprit. Saint Ignace de Loloya invitait les jésuites à s'arrêter un quart d'heure au milieu de la journée pour relire, sous le regard de Dieu, les heures écoulées et envisager celles qui s'annoncent.

La seule urgence devrait être de ralentir! Les moines, par exemple, ont un tout autre rapport au temps :  "L'art de vivre monastique, c'est l'art de la respiration du temps", expliquent-ils. Au monastère, la cloche rythme les journées et relativise toute fausse priorité. Nous avons, quant à nous, perdu un certain rythme qui permet notamment de nous retrouver tous à table en famille et déconnectés de nos réseaux!  Ne serait-il pas plus heureux, sans pour autant négliger notre travail, de retrouver le tempo des vacances durant toute l'année?  La pénurie du temps nous interroge sur notre essentiel.

Charles Delhez

lundi 2 mars 2020

Raoul Hedebouw (PTB) et la Belgique

Je vous avais parlé des déclarations du jeune président du MR Georges-Louis Bouchez en faveur d'une Belgique plus unitaire :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2020/01/un-retour-de-letat-belge-unitaire.html

Même constat à gauche pour Raoul Hedebouw, député du PTB qui est le seul parti national et bilingue à la Chambre. Il a déclaré en février aux quotidiens du groupe Sud Presse :

"Le gros problème en Belgique, on s'est planté avec les réformes de l'Etat :  on a créé le bordel en coupant les compétences en deux et puis, on a dû inventer des réunions de coopération!  Je ne comprends pas que la gauche ait pu voter ça. Les députés devraient être élus par tous les Belges. Moi, j'ai des comptes à rendre à ma base en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. Je suis un vrai député du peuple belge. Je veux une Belgique de la solidarité, de la sécurité sociale. J'en veux beaucoup aux partis traditionnels de s'être divisés entre néerlandophones et francophones. Nos problèmes viennent de là :  la division des partis a créé la division du pays, pas le contraire!  C'est à ce moment-là qu'il y a eu une erreur du système. 

Quand je prends un malin plaisir à interpeller les ministres francophones en néerlandais, et inversement, ce n'est pas pour m'amuser :  cela incarne cette identité nationale. Je reçois beaucoup de témoignages positifs à ce sujet. Les gens (surtout les jeunes qui manifestent) voient que l'on a quatre ministres de la Mobilité et du Climat,  et pas de politique de la mobilité, ni du climat!  Que l'on a neuf ministres de la santé….du n'importe quoi!  Là, je sens un réveil chez les citoyens. Le point faible des nationalistes est que 80% des Flamands ne veulent pas la scission du pays. La NVA doit cacher son agenda en parlant de confédéralisme, une notion que les gens ne comprennent pas. C'est sur ce point faible qu'il faut taper".

Qu'on partage les idées de droite de Georges-Louis Bouchez ou de gauche de Raoul Hedebouw, leurs constats se rejoignent. Oui, il faut refédéraliser certaines compétences (avec en priorité l'environnement et la mobilité afin d'avoir un seul ministre responsable pour tout le pays). Oui, avoir une circonscription nationale à la Chambre (où un Flamand pourrait voter pour un Wallon, et inversement) serait une bonne chose. Et petite suggestion à Georges-Louis Bouchez :  même si je suis d'accord avec ses propos, apprendre le néerlandais les renforcerait et lui permettrait d'expliquer son point de vue dans les débats télévisés au nord du pays.

jeudi 27 février 2020

Billets d'humeur de "Vers l'Avenir"

Chaque jour, les quotidiens du groupe "Vers l'Avenir" propose deux billets d'humeur (en page 2 et en dernière page) signés par des journalistes de la rédaction. J'ai choisi les deux billets du mercredi 12 février 2020.

Billet d'humeur de Xavier Diskeuve (page 2) :

"L'autre jour, il m'est arrivé un truc que je ne souhaite qu'à mon pire ennemi :  j'ai perdu mon gsm. Bêtement, il est tombé de ma poche alors que je roulais à vélo. Sur le coup, j'étais tout paniqué ! Je voulais prévenir mes proches, ma famille :  "J'ai perdu mon gsm ! Je ne suis plus joignable ! Mais je vais bien !"  Au début, c'était horrible, comme si on m'avait amputé d'un membre. Oui, il paraît que si on coupe une jambe, elle vous chatouille encore après. De fait, ma main était démangée en permanence. En plus, je n'allais pas pouvoir en acquérir un autre avant deux jours. Le monde entier allait m'oublier! Et pourtant, bizarrement, le lendemain matin, je n'y pensais déjà plus à mon gsm perdu…  J'arrêtais de le chercher convulsivement. N'attendant plus ni SMS, ni mail, ni rien, j'étais...détendu! Je ne me sentais plus "traqué comme avec ce fichu mouchard à touches. J'écoutais les oiseaux, je regardais les fleurs, j'embrassais les arbres…  Après 48 heures, je ne savais même plus que j'avais eu un jour un gsm. Le lundi, j'ai dû me forcer à aller "me rééquiper". J'avais l'impression de sacrifier ma tranquillité! Depuis, pour ne plus le perdre, je le laisse toujours au même endroit, attaché à une ficelle… On m'a dit :  "Comme un téléphone fixe alors?". Ah bon? Il paraît qu'autrefois, tous les téléphones étaient rattachés par un fil à une prise fichée dans le mur. Mais pourquoi c'est plus comme ça?  C'était si pratique!".

Billet d'humeur de Philippe Martin (page 56) :

"En prenant la parole devant le Conseil de Sécurité, ce mercredi, le roi Philippe fait œuvre utile. A la fois pour la cause des enfants soldats et….pour notre pays. Quel est ce petit pays (11 millions d'habitants et 30.000 km2), incapable de se gérer lui-même, qui se hisse à la tribune de l'ONU pour instruire les puissants de ce monde? Pour donner des leçons de politique étrangère devant le Conseil de Sécurité? Crédible? C'est en tout cas ce qu'a entrepris la Belgique en briguant un siège, pour deux ans, dans cette haute instance internationale. Et ce que confirme le Roi, ce mercredi, en prenant la parole devant le Conseil de Sécurité dont la Belgique assure la présidence pendant ce mois de février. Objectivement, il faut reconnaître que ce sont de grands honneurs qui échoient à notre petit pays et qu'il s'agit aussi d'une reconnaissance de notre savoir-faire diplomatique. Historiquement, la Belgique a toujours voulu être présente sur la scène internationale, en dépit de sa taille et de son influence réelle, du point de vue politique et économique. Par présomption, par manque de lucidité? Pas exactement. Parce que nos dirigeants - et nos souverains - ont toujours su que le besoin de reconnaissance extérieure est inversement proportionnel à la taille d'un Etat. Et, pour y parvenir, le confetti belge doit précisément s'investir dans de grands ensembles tels que l'Union Européenne ou l'ONU et jouer la carte du multilatéral, c'est-à-dire l'action concertée de plusieurs capitales. Jusqu'à ces derniers temps, la Belgique passait aussi pour une experte du compromis, une orfèvre du consensus pour dénouer, patiemment, les tensions intérieures et internationales. Ce dont elle ne peut plus se vanter, aujourd'hui, au regard de la durée des crises politiques que nous traversons pour former nos gouvernements. Heureusement que Philippe ne doit pas, ce mercredi, faire un exposé sur les relations entre le sud et le nord de son petit royaume, sans quoi il verrait de nombreux regards médusés le fixer, dans la prestigieuse assemblée. Finalement, c'est beaucoup moins risqué (et beaucoup plus utile) d'évoquer le sort des enfants impliqués dans les conflits armés…".

Que vous inspirent ces deux billets d'humeur?