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lundi 20 avril 2026

Le Festin à Lessines


Au 16ème siècle, la ville de Lessines (province du Hainaut) est assiégée par la Porte d'Ogy. Les Lessinois se défendent avec acharnement sous le commandement de Sébastien de Tramasure, un homme de 23 ans issu d'une des bonnes familles de la cité. Pendant le siège, les femmes, les enfants et les personnes âgées vont prier la statue de Notre Dame à la Porte d'Ogy. 

Sébastien de Tramasure et les Lessinois ont l'idée de prendre l'ennemi à revers. Surpris, les assaillants abandonnent la lutte et se retirent. Cette victoire est attribuée par les habitants à l'intervention de la Vierge et, en signe de reconnaissance, Sébastien de Tramasure va déposer son épée aux pieds de la statue de Notre-Dame à la Porte d'Ogy.

Chaque année, cette libération de Lessines est célébrée le premier week-end de septembre lors du Festin. Le dimanche matin, la statue de Notre-Dame est portée depuis la Porte d'Ogy jusqu'à la collégiale Saint-Pierre, où est célébrée une messe avec les autorités du 16ème siècle lessinois, les dames nobles et Sébastien de Tramasure. L'après-midi, le cortège et la procession historiques parcourent le centre de la ville avec la musique, la danse et les chants du 16ème siècle espagnols.

A l'arrivée du cortège à la Porte d'Ogy, à l'endroit même où s'élevaient les remparts, Sébastien de Tramasure renouvelle chaque année le geste de son personnage en déposant son épée au pied de la statue de Notre-Dame (voir photo). 

 

lundi 30 mars 2026

Les 100 ans de l'église dominicaine du Zoute


Né en 1992 près de Malines, le frère Anton-Marie Milh est membre des équipes pastorales de l'église des Dominicains à Knokke-le-Zoute, et aumônier des étudiants de l'Université d'Anvers. Il a écrit un livre bilingue,  "Les frères prêcheurs à la plage. Les Dominicains, un siècle de présence à Knokke-le-Zoute.

Le frère Anton-Marie Milh a répondu aux questions de Cathobel :

"Comment les dominicains sont-ils arrivés au Zoute ?
- Les dominicains y sont arrivés en 1925 à la demande de la Compagnie du Zoute, une compagnie immobilière qui venait de construire une église de style néo-roman, mais sans avoir la permission de l'évêque. Et du coup, l'évêque de Bruges ne voulait pas y envoyer un prêtre. Par conséquent, la Compagnie du Zoute est allée à la recherche d'un prêtre, qu'ils ont trouvé en la personne du père dominicain Rutten.

- La construction d'une nouvelle église répondait à une nécessité liée au développement d'une nouvelle station balnéaire ?
- Le développement du Zoute s'est déroulé relativement tard, en comparaison d'autres endroits. Ostende, par exemple, était déjà une ville balnéaire au 19ème siècle. La Compagnie du Zoute a d'abord voulu attirer des Anglais. Ces derniers connaissaient déjà bien ce phénomène du tourisme, qui est né au 19ème siècle. On a tout d'abord construit une église anglicane. Mais très vite, on a constaté qu'il y avait aussi pas mal de touristes catholiques et luthériens. A cause de la première guerre mondiale, on n'a jamais construit une église luthérienne, mais ce projet d'église catholique est demeuré. 

- Et derrière cette construction, on peut mettre en valeur le rôle de l'épouse d'un certain Lippens ?
- Les deux fondateurs de la Compagnie du Zoute sont les cousins Maurice et Raymond Lippens. Maurice était un franc-maçon qui, entre autres, est devenu gouverneur général du Congo belge pendant les années 1920. Et il y avait aussi Raymond et son épouse Ghislaine de Béthune. C'est elle qui s'est vraiment investie corps et âme dans la construction de l'église. Elle a fait du porte-à-porte pour trouver de l'argent. Elle a aussi demandé aux familles de donner des chasubles. Et elle a rencontré des propriétaires d'hôtels pour leur demander d'investir un peu d'argent dans ce projet.

- Votre livre est bilingue. Est-ce important d'affirmer ce bilinguisme ?
- Oui, puisque l'histoire des dominicains au Zoute est vraiment une histoire belge ! Il y a des franc-maçons, des catholiques, une compagnie immobilière. Il y a donc de l'argent d'un côté, et un ordre mendiant de l'autre côté. La station balnéaire est bilingue. Et le livre est en deux langues, pour avoir un rayonnement aussi large que possible.

- La question linguistique a quelque fois placé les frères dominicains au milieu de ces conflits ?
- Avant le Concile Vatican II (1962-1965),  la liturgie était en latin. Chaque dimanche, il y avait huit messes, et seule la prédication des deux premières messes se déroulait en néerlandais puisqu'elles étaient pour le personnel, alors que les six autres étaient prêchées en français. Ce fait nous raconte l'histoire sociale du pays !  Après le Concile Vatican II, l'utilisation de la langue vernaculaire est encouragée pour la liturgie. L'évêque de Bruges décide alors, de manière assez radicale et soudaine, que toute la liturgie se déroulera en néerlandais dans son diocèse. Cela a provoqué beaucoup de réactions. Au Zoute, nous avons eu quelques pères bien flamingants, qui ont vraiment insisté pour que ce soit en néerlandais.

- Y a-t-il encore une communauté qui vit sur place ?
- Non, mais quatre frères y assurent un tour de rôle et forment une équipe pastorale. Chaque week-end, les trois messes sont célébrées par un des frères. Ceux-ci viennent de différents couvents de notre province :  Leuven, Anvers, Liège et Bruxelles. Au Zoute, les gens viennent vers nous :  l'église a un très grand rayonnement et elle attire beaucoup de monde.  A Anvers, les gens ne viennent plus nécessairement à l'église ou au couvent". 

 

lundi 27 octobre 2025

La procession d'Hanswijk à Malines


En l'an 968, un bateau échoue, pour des raisons incompréhensibles, sur la Dyle à hauteur du hameau de Hanswijk. Les hommes ne parviennent pas à le remettre à flot, mais après avoir retiré du bateau une statue en bois de la Vierge, le bateau se soulève de la vase. Pour les habitants du hameau, le message est clair :  la Sainte Vierge souhaitait être vénérée à cet endroit.

On construit donc un sanctuaire, la chapelle de Hanswijk qui devient vite un centre de pèlerinage. Elle est détruite lors des guerres de religion et remplacée par l'église baroque actuelle. Entretemps, une procession a vu le jour il y a plus de 700 ans :  lors d'une épidémie de peste, les Malinois allèrent chercher la statue de la Vierge de la chapelle de Hanswijk (qui se trouvait à l'extérieur des murs de la cité) et la portèrent dans les rues. En reconnaissance, les Malinois organise depuis lors une procession qui est l'une des plus anciennes de Belgique.

Lors de son 700ème anniversaire en 1973, on lui donne un style nouveau. La première partie a un caractère historique et évoque le riche passé de la ville de Malines. La deuxième partie est la procession de Notre-Dame proprement dite et est entièrement d'inspiration biblique. Le cortège dure 1h30 avec plus de 2.000 figurants. La procession a fêté ses 750 ans en 2023. 

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lundi 30 juin 2025

La procession du Saint-Sang à Bruges

   


L'origine de la procession du Saint-Sang remonte aux Croisades. En récompense de ses exploits lors de la deuxième croisade,  Thierry d'Alsace, comte de Flandre, reçoit du patriarche de Jérusalem une relique précieuse :  quelques gouttes de sang du Christ qu'il ramène à Bruges en 1150. 

Depuis des siècles, la ville commémore cet événement historique à travers la procession du Saint-Sang le jeudi de l'Ascension. Groupes et chars évoquent dans une première partie l'histoire de la faute et du rachat depuis Adam et Eve. Une seconde phase retrace les principaux événements de la vie de Jésus. Et on assiste ensuite au transfert de la relique sacrée, escortée par les Croisés et les membres des corporations. 

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lundi 7 avril 2025

Lode Van Hecke : de l'abbaye d'Orval à l'évêché de Gand

                                                


Comme le veut la tradition, le sympathique Lode Van Hecke a remis sa démission en tant qu'évêque de Gand le jour de ses 75 ans. Il a répondu aux questions du journal "Dimanche" :

"Comment regardez-vous ces cinq années passées en tant qu'évêque de Gand ?

- Ce fut un épiscopat court, notamment parce que les deux premières années ont été marquées par le Covid et que j'ai moi-même été gravement malade par la suite. Pourtant, je n'ai pas perçu cela comme un faux départ. La période du Covid m'a permis de rencontrer de nombreuses personnes. Chaque samedi après-midi, j'étais à l'église Saint-Pierre pour écouter des gens de tous horizons. Cela m'a permis de m'immerger pleinement dans leurs préoccupations. Les gens attendaient deux choses de moi :  un leadership spirituel et une proximité avec eux. Dès le début, j'ai donc demandé à être chargé de l'administration afin de me concentrer sur deux priorités :  aller vers les plus démunis dans l'esprit de l'Evangile et me consacrer aux jeunes, car ils représentent l'avenir.

- Avez-vous le sentiment d'être plus ancré dans le monde aujourd'hui qu'au temps de l'abbaye d'Orval ?

- Mon passage à Gand m'a confirmé qu'un moine ne perd pas le contact avec le monde. Même à l'abbaye d'Orval, j'avais de nombreux échanges qui me permettaient de garder un lien avec la société. Mais ici, tout est devenu plus concret. Par exemple, en communauté, nous priions souvent pour les détenus. A Gand, je les ai rencontrés et donc mis des visages sur ces prières. Ce qui était totalement nouveau pour moi, c'était la réalité de l'Eglise et de la culture flamandes. J'ai vécu longtemps en Wallonie, et les contextes sont très différents.

- En quoi les situations de la Flandre et de la Wallonie sont-elles si distinctes ?

- En Flandre, on est encore en train de se détacher d'un passé où le christianisme était omniprésent. Cette transition met une pression considérable sur l'Eglise. En Wallonie, cette période est déjà révolue :  là-bas, les chrétiens forment une minorité depuis bien plus longtemps.

- Avez-vous déjà douté de l'existence de Dieu ?

- Oh oui ! J'ai grandi dans la foi et étudié dans une école catholique. Mais après le concile Vatican II, même nos professeurs de religion se posaient des questions. A un moment donné, j'ai décidé que Dieu n'était qu'un mythe dépassé. Pourtant, une interrogation me hantait :  pourquoi des personnes intelligentes continuent-elles à croire ? J'ai alors commencé à lire la Bible, et tout s'est accéléré. Je voulais étudier la médecine et j'ai d'abord été impressionné par Jésus en tant que guérisseur. Puis j'ai réalisé que ce qui me fascinait chez lui venait de sa relation avec son Père. Alors, j'ai moi-même commencé à vivre à partir de cette relation de foi. Il suffisait d'être ouvert à la Parole, qui agit et transforme d'elle-même.

- Et c'est ainsi que vous avez découvert votre vocation de trappiste ?

- - A vrai dire, j'étais contre les moines cloîtrés. Je trouvais irresponsable qu'ils se retirent dans le silence et la prière alors qu'il y avait tant à faire dans le monde. Mais c'était la volonté de Dieu. Depuis mon entrée à l'abbaye d'Orval, je n'ai plus jamais douté de l'existence de Dieu, même si j'ai connu des périodes de crise.

- Orval vous a-t-elle manquée durant ces cinq années à Gand ?

- En vivant totalement selon la volonté de Dieu, je suis libre du manque. Cela dit, mon coeur est à Orval. J'y étais le père d'une communauté fragile et la quitter a été un véritable déchirement. Je sais que mes frères m'attendent. La phrase la plus touchante que le cardinal De Kesel a prononcée lors de mon ordination a été :  "Lode, j'espère que tu garderas l'âme d'un moine".  J'ai alors pensé :  "Ouf, je peux être moi-même".  Cela a été le cas durant ces cinq années.

- Quels sont vos projets pour l'avenir ?

- Je pense que Dieu décidera encore des aventures qu'il veut me faire vivre. Mais si je peux rêver, j'aimerais retravailler ma thèse publiée sur Bernard de Clairvaux pour un plus large public. J'ai eu l'occasion d'en parler à travers le monde et je pense être prêt à relier sa spiritualité aux questions contemporaines. Mais mes futures missions dépendront de mon supérieur à Orval".  

lundi 17 mars 2025

L'église catholique ukrainienne de Colfontaine


J'ignorais que cela existait dans notre pays, mais la Belgique compte plusieurs églises ukrainiennes. Sur la photo, il s'agit de la paroisse fondée à Colfontaine (province du Hainaut) dans les années 1960 par un prêtre belge et des émigrants ukrainiens. Ils y construisent une petite église et une maison paroissiale pour pouvoir organiser des activités.

A partir de 2021, cette paroisse est passée au calendrier grégorien, ce qui signifie qu'ils fêtent Noël et Pâques en même temps que les autres chrétiens en Belgique. La messe y est célébrée chaque dimanche.

Suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, cette église sert dans les premiers mois à entreposer les dons des Belges avant d'être envoyés en Ukraine. Puis, les réfugiés ukrainiens arrivés dans le Borinage décident de rénover l'église catholique ukrainienne de Colfontaine et de la remettre aux normes de sécurité.


lundi 21 octobre 2024

Le voyage du Pape en Belgique

Je suis déçu par la visite du pape François en Belgique. Dans un contexte difficile, il y avait une belle dynamique de l'Eglise belge progressiste depuis la fin du Covid :  ouverture aux homosexuels, nomination de Luc Terlinden qui fait l'unanimité, désignation de plusieurs femmes à des postes à responsabilités, enthousiasme vis-à-vis de la venue du Pape. 

Il a fait de bonnes choses lors de ce voyage :   condamnation très ferme des abus sexuels au sein de l'Eglise, grand sens du contact, visites surprises à des oeuvres sociales. Mais tout cela a été balayé par ses propos polémiques sur les femmes et l'avortement...  Les mots étaient vraiment mal choisis. Vu les abus sexuels au sein de l'Eglise, le Vatican était mal placé pour nous faire la leçon. Proposer la béatification du roi Baudouin est un cadeau empoisonné pour l'Eglise belge progressiste et pour notre monarchie. Baudouin doit rester le roi de tous les Belges, et pas juste les catholiques. Aussi je trouve que ce voyage du Pape n'est pas une réussite, et qu'il complique la tâche des évêques belges qui font du bon boulot depuis la fin du Covid. 

A (re)lire sur l'Eglise belge :

- l'ouverture aux homosexuels :    https://journalpetitbelge.blogspot.com/2024/08/enquete-sur-louverture-de-leglise-belge.html

- Mgr Jozef De Kesel (chef de l'Eglise belge de 2015 à 2023) :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2022/07/les-75-ans-du-cardinal-jozef-de-kesel.html

- Mgr Luc Terlinden (chef de l'Eglise belge depuis 2023) :  https://journalpetitbelge.blogspot.com/2023/08/luc-terlinden-nouveau-chef-de-leglise.html

- L'évêque progressiste d'Anvers Johan Bonny :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2023/01/johan-bonny-leveque-progressiste-danvers.html

- Saint-Joseph, saint patron de la Belgique :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2021/03/saint-joseph-saint-patron-de-la-belgique.html

- Le prêtre belgo-brésilien Eugène Rixen :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2023/06/le-pretre-belgo-bresilien-eugene-rixen.html

- Le prêtre Josse van der Rest :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2012/08/un-belge-formidable-josse-van-der-rest.html

- Le prêtre-écrivain Gabriel Ringlet :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2018/11/nouveau-livre-de-gabriel-ringlet.html

- Le prêtre Aurélien Saniko ("Comment ne pas te louer") :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2023/04/succes-du-pretre-belge-aurelien-saniko.html

- Soeur Jeanne Devos :    https://journalpetitbelge.blogspot.com/2010/04/soeur-jeanne-devos.html

- Soeur Emmanuelle :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2008/10/jai-100-ans-et-je-voudrais-vous-dire.html

- Soeur Léontine :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2012/02/deces-de-soeur-leontine-88-ans.html

- Le père Damien :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2009/10/le-pere-damien.html

- La basilique de Koekelberg :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2019/11/la-basilique-de-koekelberg.html

- La basilique Notre-Dame de Montaigu :    https://journalpetitbelge.blogspot.com/2013/05/la-basilique-notre-dame-de-montaigu.html

- L'abbaye de Tongerlo :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2011/08/labbaye-de-tongerlo.html

- L'abbaye et la bière de Grimbergen :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2013/04/grimbergen-son-abbaye-et-sa-biere.html

lundi 12 août 2024

Enquête sur l'ouverture de l'Eglise belge aux homosexuels

                                                      

(Article actualisé en juillet  2025)

Par rapport à d'autres pays, l'Eglise de Belgique est clairement parmi les plus progressistes et les plus ouvertes vis-à-vis de la communauté homosexuelle (sous l'impulsion des évêques de Liège et Anvers). L'heure n'est clairement plus aux propos homophobes du controversé Mgr Léonard (chef de l'Eglise belge de 2010 à 2015).  Mais il est sans doute dommage de ne pas avoir plus de concertation entre tous les diocèses qui n'avancent pas au même rythme sur le sujet. 

Fin 2023, le pape François autorise les bénédictions de couples homosexuels (mais pas le mariage)...et rejoint ainsi la position prise depuis quelques années par l'Eglise progressiste de Belgique. Mais lors de sa visite en Belgique en septembre 2024, il n'évoque pas ce sujet. 

La photo ci-dessus montre la rencontre entre Mgr Luc Terlinden (chef de l'Eglise belge depuis 2023) et Imran (Mister Gay Belgium 2024) autour de l'inclusion des catholiques homosexuels au sein de l'Eglise. 

Dans le diocèse de Liège

C'est l'évêque de Liège Aloys Jousten qui prend position le premier en 2011 en condamnant les violences homophobes de 2011 dans la Cité Ardente. 

Son successeur Mgr Delville est sur la même longueur d'onde. En 2015, une matinée de réflexion ouverte à tous est, pour la première fois, consacrée à l'homosexualité. Les suggestions sont ensuite étudiées par le Service diocésain des Couples et des Familles. Cela aboutit à la publication en 2021 d'une petite brochure pour accueillir et accompagner le projet de vie des catholiques homosexuels liégeois, sans les juger. Un temps de prière adapté est notamment proposé dans la brochure. Le prêtre ouvrier Germain Dufour ne cache pas à la presse qu'il bénit des couples homosexuels. 

En septembre 2023, le Service des Couples et des Familles du diocèse de Liège organise une matinée de réflexion. Des personnes homosexuelles ont témoigné de leurs difficultés (ou pas) dans l'accueil de leurs différences au sein de la communauté chrétienne. Ainsi que des parents découvrant l'homosexualité de leur enfant. La brochure "Accueillir, accompagner et porter dans la prière le projet de vie partagé par des personnes homosexuelles"  est (re)présentée, le tout étant suivi d'un temps d'échanges et de partages.

Dans le diocèse d'Anvers

Après la tenue d'un synode sur la famille à Rome en 2014, l'évêque d'Anvers Johan Bonny fait des déclarations dans les médias pour souhaiter que l'Eglise se mette en phase avec l'évolution de la société, et accepte l'homosexualité (ce qui lui vaudra ensuite un prix de l'association des organisations LGBT flamandes).

En 2021, alors qu'il assume le remplacement de Jozef De Kesel (en congé de maladie) à la tête de l'Eglise de Belgique, Johan Bonny s'excuse publiquement auprès de la communauté homosexuelle après avoir pris connaissance d'un nouveau texte de la Congrégation pour la doctrine de la foi considérant l'homosexualité comme un péché. Sa phrase "J'ai honte par procuration pour mon Eglise"  fait le tour des médias.

En 2022, les évêques flamands de Belgique nomment Willy Bombeek (laïc et homosexuel) comme coordinateur interdiocésain en charge de la pastorale des homosexuels, et publient un texte de trois pages avec des prières à destination des croyants homosexuels (vu que l'Eglise refuse de les marier). L'évêque Johan Bonny n'a pas été désavoué par le Vatican. 

En marge de la parade de l'Antwerp Pride en août 2023, un temps de recueillement oecuménique était organisé, pour la première fois, en la Sint-Norbertuskerk d'Anvers par les points de contacts "Foi et homosexualité". Près de 200 personnes ont participé à cette cérémonie alternant chants, moments de silence, témoignages et lecture de la Parole. En fin de célébration, les prêtres et pasteurs présents ont donné une bénédiction.

Willy Bombeek a expliqué à la presse :  "Tout le monde était heureux de ce moment. Ce n'étaient pas les prêtres ou les pasteurs qui dirigeaient la célébration, mais bien les croyants impliqués dans la communauté LGBTQIA+ . Je sais que certaines personnes ne sont pas d'accord avec cette démarche. Je les invite à simplement respecter ceci. Je suis tout prêt à discuter avec elles si elles sont dans le respect. Au-delà, mon but n'est pas de convertir. En revanche, j'aimerais tellement que certaines personnes qui se sont éloignées de l'Eglise puissent à nouveau se rapprocher". 

Dans la pastorale mise en place par les évêques flamands

Willy Bombeek (coordinateur du point de contact Homosexualité et et Foi) confie à la revue "Dimanche" :     "Personnellement, je me dis que si on peut bénir un cartable ou une moto, on doit aussi pouvoir bénir l'engagement d'un couple homosexuel. Après, je ne veux pas entrer dans une discussion théologique. Le texte des évêques est clairement un texte pastoral qui ne change rien à la doctrine. Il ouvre un chemin sur lequel nous devons avancer pas à pas. J'insiste en tout cas sur le fait que je ne veux pas entrer dans des polémiques. Je ne revendique rien. Je veux simplement, dans un esprit de loyauté au pape François, trouver un chemin qui permette aux couples homosexuels qui tiennent à l'Eglise d'y être acceptés. C'est vraiment le principal message que je veux faire passer. Et cela concerne les personnes homosexuelles mais aussi toutes les personnes LBGTQIA+. Personne ne doit se sentir exclu. Quel chef d'Etat répète aussi souvent que le pape François que tout le monde est le bienvenu ? "Todos" a-t-il encore dit aux JMJ de Lisbonne. L'Eglise, ce n'est pas la douane ! J'invite les gens à apprendre à se connaître et à faire preuve de respect. Les problèmes se trouvent souvent dans la tête des gens".

Un tel point de contact n'a pas été mis en place du côté francophone (sauf en province de Liège). 

A la fin de son épiscopat, Lode Van Hecke (évêque de Gand de 2020 à 2025) s'exprime à son tour sur le sujet :    "J'ai été marqué par les personnes qui avaient souffert  - ou souffraient - en Eglise. C'était l'époque où un document romain indiquait qu'on ne pouvait pas bénir les couples homosexuels. Moi, toutes les semaines, je rencontrais des parents de jeunes homosexuels qui venaient dire leur souffrance. Je comprenais évidemment les parents. En réalité, tous les évêques belges étaient d'accord, mais les francophones s'étaient lancés un peu plus tôt à Liège, et sans nécessairement s'attendre. Personnellement, à plusieurs reprises, j'ai invité des couples homosexuels à manger à l'évêché". 

Dans le diocès de Tournai (province de Hainaut)

Dans la revue mensuelle du diocèse de janvier 2023, l'évêque Guy Harpigny donne son point de vue nuancé :

"Les évêques flamands sont préoccupés de cette question depuis quatre ans. Le cardinal a reçu un groupe de personnes homosexuelles qui sont venues raconter leur désarroi face à l'attitude habituelle de l'Eglise. Mgr Bonny a pris position publiquement et la conférence épiscopale l'a soutenu. Il y a quelques semaines, un texte est sorti en néerlandais. Le porte-parole nommé pour ce sujet a tout de suite parlé d'une bénédiction qui n'était pas un mariage. Ses propos ont tout de suite été amplifiés dans la presse, si bien que le cardinal a dû réagir. L'évêque de Liège (diocèse qui a produit un texte sur le même sujet, soumis à la congrégation pour la doctrine de la foi) était très étonné de ne pas avoir été mis au courant. Le résultat est que désormais chaque évêque belge reçoit tous les documents des deux régimes linguistiques.

La deuxième chose à dire est qu'à chaque fois qu'on prend des positions nouvelles, il faut des justifications. Par rapport à la question de l'homosexualité, il y a du pour et du contre dans l'Ecriture. Quand on regarde à partir des réalités contemporaines, on doit accompagner pastoralement et théologiquement. Que faire ? Faut-il éviter le scandale ou prendre son courage à deux mains et avancer ? Il est évident que la doctrine de l'Eglise est stable, mais aussi qu'elle évolue dans la manière de présenter l'Evangile. Par exemple, à Vatican II, on a décidé que c'est l'évêque le ministre principal, alors qu'avant c'était le prêtre. Maintenant, on dit qu'on a trop donné à l'évêque et qu'il ne peut pas tout faire. On verra comment les choses évoluent.

Le Pape n'interviendra pas vis-à-vis des évêques flamands, car les pasteurs sont responsables de leur Eglise particulière. Mais cette histoire va évidemment influencer le nonce pour choisir l'archevêque et les évêques à remplacer.

Dans le diocèse de Tournai, des prêtres ont déjà fait un moment de prière pour des couples homosexuels et c'est très bien. Le Pape ne dit pas qu'il faut un moment de prière pour les couples homosexuels, mais il ne l'interdit pas non plus. Moi, je pense qu'il y a à apprécier l'évolution des mentalités et à voir ce qui, à un moment donné dans une société donnée, peut être amendé. Nous ne sommes qu'au début d'un long processus. Rappelons que ce n'est pas seulement l'homosexualité qui sort de la doctrine, mais toute relation sexuelle hormis le mariage hétérosexuel avec la volonté d'avoir des enfants. Donc beaucoup de situations qui nécessitent un accompagnement".

Deux ans plus tard, le service des Couples et Familles du diocèse de Tournai organise une première journée de rencontres sur l'accueil de l'homosexualité et de la transidentité au sein de l'Eglise, en présence d'une soixantaine de personnes.  

Dans le diocèse de Namur (provinces de Namur et Luxembourg)

Rien à signaler à ce sujet...  

mardi 1 août 2023

Luc Terlinden, nouveau chef de l'Eglise belge progressiste

                                          

Comme l'exige le code de droit canon, le cardinal Jozef De Kesel avait remis sa démission l'an dernier car il avait atteint la limite d'âge de 75 ans. Jozef De Kesel a été à la tête de l'Eglise de Belgique de 2015 à 2023, et ces huit années furent marquées par ses problèmes de santé et la pandémie du coronavirus. Mais il a cependant ramené la sérénité au sein de l'Eglise de Belgique après les polémiques autour de son prédécesseur controversé André-Joseph Léonard, et son mandat a été marqué par une ouverture à l'égard de la communauté homosexuelle. 

Après un an de réflexion, le Vatican a décidé de soutenir cette ligne progressiste de l'Eglise de Belgique en choisissant Luc Terlinden (54 ans), le bras droit de Jozef De Kesel qui l'apprécie beaucoup. Il a appris sa nomination alors qu'il célébrait la messe dans le quartier populaire des Marolles à Bruxelles. 

Le chanoine Luc Terlinden n'est pas évêque, mais il était depuis 2021 vicaire général de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles. Né à Etterbeek dans une famille noble catholique en 1968, Luc Terlinden a d'abord effectué son service militaire en Allemagne et des études de sciences économiques. Il est ordonné diacre en 1998 et prêtre en 1999. Son parcours est varié :  il est nommé vicaire à la paroisse Saint-François de Louvain-la-Neuve de 2003 à 2010, responsable du Service diocésain des vocations de 2005 à 2014, président du séminaire de Namur en 2017, curé de l'Unité pastorale Sainte-Croix à partir de 2010 (avec la mission de lancer le Pôle Jeunes à Flagey à Ixelles) ; il défend une thèse de doctorat en théologie morale en 2005....avant de devenir vicaire général de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles aux côtés de Jozef De Kesel. 

Bien que peu habitué des médias, Luc Terlinden se montre très à l'aise lors de ses premières interviews en tant que nouveau chef de l'Eglise belge. Sa nomination ne suscite aucune réaction négative. Il choisit comme devise épiscopale "Fratelli tutti" parce qu'il attache de l'importance à la fraternité, et dit s'inspirer du pape François et de saint Charles de Foucauld. Luc Terlinden a souhaité donner plus de responsabilités aux femmes au sein de l'Eglise belge. Compromis à la belge, on ne le classe ni dans le camp des conservateurs, ni dans le camp des progressistes, ce qui lui permettra sans doute de faire l'unité autour de sa personne. 

Le 29 juin au Vatican, Luc Terlinden a reçu le pallium, une petite écharpe de laine brodée de croix noires et qui se porte sur les épaules lors des célébrations liturgiques. Elle symbolise le pouvoir pontifical et la fidélité au Saint-Siège. Sa prise de possession officielle du siège archiépiscopale aura lieu le dimanche 3 septembre 2023 en la cathédrale Saint-Rombaut de Malines. 

lundi 26 juin 2023

Le prêtre belgo-brésilien Eugène Rixen

                              


Originaire de La Calamine (province de Liège),  le prêtre belge Eugène Rixen (79 ans) vit depuis plus de 40 ans au Brésil et est aujourd'hui évêque émérite du diocèse de Goias. Lors de sa venue en Belgique au printemps dernier, il s'est confié à la presse pour soutenir les collectes du Carême 2023 en faveur de projets sociaux au Brésil :

"D'oû vous vient cet attachement aux problématiques des travailleurs ruraux ?
- En 1983, j'étais curé à Promissao dans l'Etat de Sao Paulo, où ont commencé à venir des sans-terre, des gens expulsés des barrages et que j'ai accueillis dans la paroisse, que j'ai soutenus dans leur lutte pour obtenir un bout de terre. Il y a par ailleurs eu une grande réforme agraire à laquelle j'ai participé activement :  plus de 600 familles, dont la plupart fort liées au travail de l'Eglise et qui voulaient travailler la terre, planter des cultures différentes, qui étaient fatiguées de vivre en ville. Ca m'a ouvert les yeux sur le problème de la terre.

- C'est une réalité à laquelle vous ne vous attendiez pas ?
- J'ai toujours été sensible aux problèmes sociaux. En Belgique, c'était avec les gens de la rue. Les problèmes sociaux font partie de mon ADN. Alors, quand je suis arrivé au Brésil, je me suis tout de suite intéressé à ce genre de problématiques dans le diocèse de Lins, où l'évêque Pedro Paulo Koop m'a aussi ouvert les yeux là-dessus.

- En 1999, vous êtes nommé évêque de Goias, un diocèse très ancien au sein duquel votre prédécesseur s'est montré très actif sur cette problématique ?
- Oui. Quand j'ai été nommé évêque successeur de dom Tomas Balduino (fondateur de la Commission pastorale de la Terre), c'était justement à cause de ma sensibilité pour l'accès à la terre. Avec la présence de la Commission pastorale de la Terre, j'ai tout de suite embrassé cette problématique que j'ai soutenu : j'ai même aidé à la réalisation de différents assentamentos, j'ai visité plusieurs acapamentos et je me rappelle avoir parlé avec le ministre de la réforme agraire afin de libérer des terres. Au début, c'était surtout la lutte pour la terre, mais ces dernières années, c'est surtout la lutte pour une agriculture écologique, qui produit de l'alimentation pour la population.

- De nombreux autres Belges ont fait le choix de partir pour le Brésil (on pense notamment à Joseph Comblin) ?
- Je connaissais très bien Joseph Comblin, l'un des pionniers de la théologie de la libération et grand ami de dom Helder Camara. Nous nous sommes d'ailleurs rendus tout récemment à son mémorial avec les religieux belges qui se trouvent aujourd'hui au Brésil. Nous étions 8 prêtres et 2 religieuses (c'est moins qu'avant). Joseph Comblin est un grand nom, mais il y en a d'autres. Le plus grand bibliste brésilien est aussi un Belge d'origine : Johan Konings, décédé en 2022, un jésuite de grande renommée. Un autre jésuite qui a beaucoup aidé dans les enjeux sociaux du pays, c'est le Bruxellois Thierry Linard, décédé également en 2022. Tant d'autres ont eu une grande influence au Brésil.

- Vous évoquez la théologie de la libération. En quoi celle-ci a-t-elle joué un rôle dans l'attrait des Belges pour le Brésil ?
- Quand on est arrivé ici, on était très ouvert à cette théologie, une théologie plus sociale, plus engagée vis-à-vis de la réalité. L'Eglise brésilienne, du moins dans le diocèse de Lins où je me trouvais à mes débuts, était tout à fait dans cette ligne. On sent que beaucoup de Belges ont donné un grand témoignage ici, au Brésil, surtout dans la ligne de l'engagement social.

- Et aujourd'hui ?
- La jeune génération a beaucoup changé :  elle est beaucoup plus intéressée par la liturgie, même si elle continue à avoir encore des prêtres engagés socialement.

- Comment expliquer ce repli conservateur alors que le pape François est lui-même considéré comme un progressiste ?
- Cela me fait beaucoup souffrir. Mais il y a là toute l'influence des papes antérieurs, qui ont imprimé beaucoup de force aux mouvements charismatiques, traditionnels, et qui ont été très méfiants vis-à-vis de la théologie de la libération et d'une Eglise plus engagée socialement. Malheureusement, je ne sais pas si, avec le pape François, on arrivera à récupérer une Eglise plus engagée en ce sens. Il faudra du temps...".


lundi 8 mai 2023

"La blessure et la grâce" (Gabriel Ringlet)

                                        


Membre de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique, ancien journaliste au quotidien socialiste "La Wallonie", ancien professeur à l'UCL, l'abbé Gabriel Ringlet sort un nouveau livre, "La blessure et la grâce", aux éditions Albin Michel. A cette occasion, il a répondu aux questions du groupe "L'Avenir" :

"Quand est née votre passion pour l'actualité ?
- A 12 ans, mes parents étaient convaincus que je serais journaliste. Ils ont été sidérés que j'entre au séminaire. Mais je n'imagine pas une lecture de l'Evangile qui ne soit branchée sur l'actualité. Jésus n'a jamais rien fait d'autre. Il part toujours d'un petit fait dans un pays, la Palestine, soumis à une occupation romaine très dure, avec des attentats permanents, des groupes de résistants, des intégristes. Un pouvoir religieux extrêmement traditionnel, comme aujourd'hui l'Eglise orthodoxe en Russie. 

- L'Histoire serait un éternel recommencement ?
- La blessure est permanente, celle de l'actualité, dans nos vies, la maladie, le deuil, mais aussi les blessures morales et spirituelles. Si, dans le titre du livre, j'ajoute la grâce, c'est parce que même dans les circonstances les plus tragiques, surgissent des pépites de joie, des gens qui viennent nous redonner espoir. C'est le cas de Jésus qui a apporté une lumière inédite dans un paysage très sombre.

- D'où l'actualité des Evangiles ?
- Oui, à une condition :  qu'on les réinterprète en permanence. Leur relecture est indispensable pour qu'elles continuent à avoir un avenir. Toutes les sensibilités peuvent y venir : on peut aussi en faire une lecture laïque, humaniste, juive, musulmane. Leur souffle poétique dépasse la doctrine.

- Mais l'Eglise ne rend pas vraiment ce texte audible ?
- L'Eglise chrétienne connaît en effet une telle crise, pas seulement à cause de la pédophilie, mais également par son discours sur la morale, sur le dogme que beaucoup s'en tiennent éloignés. Pourtant, des choses que je tente de dire depuis très longtemps, paraissent plus naturelles aujourd'hui. Même des lieux officiels s'interrogent profondément. Le souffle de l'Evangile est occulté par des débats qui devraient être beaucoup plus libres. Il faut se débarrasser de toute la lourdeur du dogme, de la doctrine et même de la morale qui vient occulter une parole beaucoup plus jeune que ça". 

dimanche 2 avril 2023

Succès du prêtre belge Aurélien Saniko sur Tik Tok !

 Aurélien Saniko (52 ans) est un prêtre belge d'origine camerounaise. Il a notamment été curé à Molenbeek-Saint-Jean, et fait actuellement partie de la communauté des pères spiritains à Gentinnes. A la surprise générale, ce prêtre se retrouve en 2023 à la une des médias pour sa chanson "Comment ne pas te louer" qui connaît beaucoup de succès sur Tik Tok.

Voici un reportage consacré à ce succès :   https://www.bing.com/videos/search?q=Aur%c3%a9lien+Saniko+youtube&docid=603544489680766922&mid=76F0EDB6AED3F26DBECD76F0EDB6AED3F26DBECD&view=detail&FORM=VIRE

Aurélien Saniko s'est également confié à "Plus Magazine" :

"Un média français m'a téléphoné ici, il y a deux mois, pour parler du buzz de "Comment ne pas te louer" sur Tik Tok. Je l'ignorais et j'étais sidéré par l'engouement suscité par cette vieille chanson composée à 15 ans ! Issu d'une famille très chrétienne, j'étais enfant de choeur à Douala. A 11 ans, j'ai souffert d'une maladie dont j'ai miraculeusement guéri ! Alors, pour remercier le Seigneur de ses bienfaits, j'ai composé une chanson au piano, je l'ai enregistrée sur cassette. Petit à petit, la chanson s'est répandue de paroisse en paroisse au Cameroun et dans les pays voisins. 

Après mes études de comptabilité, je suis entré au séminaire pour devenir prêtre et, en 2004, j'ai été affecté en Belgique où j'ai notamment été curé à Molenbeek. Partout où je passais, je jouais et je chantais "Comment ne pas te louer". J'ai même sorti un album comprenant ce morceau. Et donc, fin janvier 2023, j'ai appris que les reprises de ce chant chrétien, atteignaient 60 millions de vues sur Tik Tok !  A l'origine, c'est un utilisateur de ce réseau social qui a publié une vidéo d'une chorale congolaise interprétant ce titre. Elle est devenue virale et a inspiré d'autres utilisateurs. La chanson a transcendé la sphère religieuse pour se retrouver dans la rue en Afrique, en Europe, aux Etats-Unis. Des DJ's la remixent en boîtes de nuit !

Mon objectif est atteint :  fédérer les confessions religieuses et les athées autour d'un même langage, celui de l'amour. Je reçois plein de messages chaleureux. C'est une chanson à la gloire de Jésus, entraînante et entêtante, mais ce succès est inattendu ! On me dit que je suis une star mais je suis juste un prêtre heureux de répandre la joie et l'amour dans ce monde qui en a bien besoin. J'aimerais contacter un artiste belge, comme Stromae ou Angèle, pour revisiter ce chant et en faire l'hymne à l'amour et à la paix dans le monde...". 

lundi 6 mars 2023

Le pape François interviewé par un journaliste belge

                                   


Peu connu au sud du pays, Emmanuel Van Lierde (46 ans) est un théologien, philosophe et journaliste belge. Il y a quelques mois, il a pu interviewer le pape François au Vatican pour les hebdomadaires chrétiens "Tertio" et "Dimanche" et pour son livre "Paus Franciscus : de conservateur revolutionnair". 

Emmanuel Van Lierde a, à son tour, répondu aux questions de la presse belge :

"Vous avez parlé au Pape en 2016 et fin 2022, et apparemment, cela s'est rapidement réglé à chaque fois?
- Je dois cela principalement à l'ancien évêque de Gand, Luc Van Looy, qui est un bon ami de François depuis bien avant qu'il devienne pape. François a aussi un faible pour la Belgique : il y a séjourné à plusieurs reprises dans les années 1970 et il garde un bon souvenir de notre pays.

- Vous dites dans votre livre qu'il doit même en partie sa position à un Belge, Godfried Danneels ?
- Godfried Danneels faisait partie d'un groupe de cardinaux progressistes (un "club mafieux" comme Godfreid Danneels lui-même l'a un jour qualifié en riant) qui ont certainement soutenu la candidature du pape François en 2013. Il a également réussi à convaincre son ami Mgr Monsengwo du Congo. Et celui qui le convainc a une grande partie de l'Afrique derrière lui.

- Le Pape est âgé de 86 ans. Avez-vous l'impression de parler à un homme très vieux ?
- En esprit, il est encore très brillant. Physiquement, bien sûr, il est vieux. Il se fait pousser dans un fauteuil roulant, mais je ne pense pas que cela le dérange, car cela permet de progresser plus rapidement ! Il travaille énormément. Le matin où je lui ai parlé, il avait six autres réunions à terminer avant midi. C'est un sacré rythme de travail. A cet âge, je me dis que cela doit être difficile. Et pourtant, vous pouvez voir qu'il aime son travail, surtout quand il a l'occasion de rencontrer des gens. Je l'ai également remarqué lors de ces entretiens. Il était très détendu et se comportait très simplement. Pas de protocole non plus.

- Dans votre livre, vous évaluez les 10 ans de papauté de François. Le titre "Le révolutionnaire conservateur" résume immédiatement votre livre ?
- A la maison, François est souvent encadré :  par rapport aux deux papes précédents, il est censé être le "bon gars" parce qu'il est plus progressiste. Dans une large mesure, c'est vrai. Il fait souffler un vent nouveau sur le Vatican et sur les questions sociales (migration, pauvreté, inégalité, climat), il est certainement progressiste. Mais sur les questions éthiques comme l'avortement et l'euthanasie, il reste un conservateur. Il a placé de nombreuses femmes à des postes clés au Vatican, mais il n'y a toujours aucun signe d'ordination. Et lorsqu'il mentionne les femmes dans ses discours, c'est presque toujours en tant que mères ou grand-mères. Quand on l'entend parler du diable (ce qu'il fait souvent dans ses sermons), on a parfois l'impression d'entendre un médiéviste.

- En somme, il reste un jésuite d'Amérique latine de 86 ans ?
- Il est un produit de son temps et de sa culture. Dit de manière irrévérencieuse, il est un peu...vieux macho.

- Vous dites que le Pape renonce à la guerre en Ukraine ?
- J'ai eu cette impression très fortement, oui. Il pense que la guerre est vraiment terrible. Il faut savoir que François s'est rendu directement à l'ambassade de Russie le jour où le conflit a éclaté pour exprimer sa désapprobation et proposer ses services de médiateur. Pour un pape, c'est sans précédent. Jusqu'à aujourd'hui, il a continué à essayer de faire quelque chose au sujet du conflit, mais il n'a rien obtenu de plus qu'un échange de 600 soldats ukrainiens et russes. Personne ne veut entendre son message de paix, ce qui le ronge. Bien sûr, le fait que le patriarche de l'Eglise orthodoxe de Russie soit une marionnette de Poutine n'aide pas....

- En Europe occidentale, presque personne ne semble écouter le Pape, mais ce n'est pas le cas dans le reste du monde ?
- En Asie, l'Eglise catholique est en plein essor, même dans des pays laïques comme le Japon et la Corée du Sud. L'Eglise est toujours aussi forte en Afrique et en Amérique latine. Et sa voix est toujours prise au sérieux dans de nombreux pays non chrétiens. 

- Vous ne lui avez pas demandé ce qu'il pense de l'attitude progressiste des évêques belges ?
- Comme le disait l'évêque anversois Johan Bonny :  "Le Pape est un chef d'Etat, pas un chef de parti. Il doit être au-dessus de l'agitation, unir les différents camps".  Le forcer à choisir un camp en public n'aurait pas été juste". 

Pour plus d'infos autour de cette dernière question, je vous envoie à ce précédent article :   https://journalpetitbelge.blogspot.com/2023/01/johan-bonny-leveque-progressiste-danvers.html


jeudi 19 janvier 2023

Johan Bonny, l'évêque progressiste d'Anvers

                           


Peu connu au sud du pays, c'est pourtant l'évêque le plus progressiste de Belgique. Né en 1955, Johan Bonny a été ordonné prêtre en 1980, et nommé évêque d'Anvers en 2008. Et depuis 15 ans, il a pris publiquement position en faveur des homosexuels, à contre-courant du discours du Vatican. 

Après la tenue d'un synode sur la famille à Rome en 2014, il a fait des déclarations dans les médias pour souhaiter que l'Eglise se mette en phase avec l'évolution de la société, et accepte l'homosexualité (ce qui lui vaudra ensuite un prix de l'association des organisations LBGT flamandes).

En 2021, alors qu'il assume le remplacement de Jozef De Kesel (en congé de maladie) à la tête de l'Eglise de Belgique, Johan Bonny s'excuse publiquement auprès de la communauté homosexuelle après avoir pris connaissance d'un nouveau texte de la Congrégation pour la doctrine de la foi considérant l'homosexualité comme un pêché. Sa phrase "J'ai honte par procuration pour mon Eglise"   fait le tour des médias.

En 2022, les évêques flamands de Belgique nomment Willy Bombeek (laïc et homosexuel) comme coordinateur interdiocésain en charge de la pastorale des homosexuels, et publient un texte de trois pages avec des prières à destination des conjoints homosexuels (vu que l'Eglise refuse toujours de les bénir et de les marier).  Officiellement, l'évêque Johan Bonny n'a pas été désavoué par le Vatican. 

Concernant le célibat des prêtres, l'évêque d'Anvers Johan Bonny a également fait une déclaration fin 2022 qui n'est pas passez inaperçue :    "Il y a deux semaines, nous avons passé, avec les évêques belges, deux heures avec le Pape, parlant entre autres de l'abolition de l'obligation du célibat. Cette question est devenue négociable et quelque chose est sur le point de se produire. Dans notre diocèse d'Anvers, nous avons cinq prêtres mariés :  un Biélorusse, deux Ukrainiens et deux Chaldéens. Il y a des discussions pour porter cette décision devant un autre niveau d'autorité. Le Pape est pris entre deux mondes :   vous ne pouvez pas lui demander de dire oui ou non. Il ne pourra jamais bien faire. C'est pourquoi nous préconisons que son autorité pour abolir le célibat obligatoire des prêtres soit supprimée et confiée aux conférences épiscopales, afin qu'elles puissent décider, pays par pays, région par région, ce qui est nécessaire pour garder les gens dans l'Eglise. Ce n'est qu'alors que nous pourrons sortir de cette impasse. Et le pape François est définitivement ouvert à ça".

En 2023, le Vatican va devoir décider le nom du nouveau chef de l'Eglise catholique belge. Reste à voir si les prises de position très progressistes de l'évêque d'Anvers Johan Bonny jouent en sa faveur ou en sa défaveur... 

lundi 11 juillet 2022

Les 75 ans du cardinal Jozef De Kesel, primat de Belgique

                   


A l'occasion de ses 75 ans, le cardinal Jozef De Kesel (à la tête de l'Eglise de Belgique depuis 7 ans) a répondu aux questions de la presse :

"Vous êtes né en 1947 à Gand. Pouvez-vous nous parler de l'enfant que vous avez été ?
- Je viens d'une famille nombreuse (nous étions onze enfants) et catholique. Assez tôt, j'ai été enfant de choeur et cela me plaisait. A l'adolescence, je me suis engagé dans la Jeunesse Etudiante Catholique (JEC). Dès 14-15 ans, j'y ai reçu des responsabilités. La JEC était alors très liée à la paroisse, je travaillais donc étroitement avec le vicaire. Elle a été un élément-clé dans ma décision d'entrer au séminaire à 18 ans. Une décision qui ne relevait déjà plus de l'évidence :  de ma classe, j'étais le seul à choisir la prêtrise.

- Quelle autre voie auriez-vous pu emprunter ?
- J'aime beaucoup les livres. A Gand, à Bruges et à Malines, j'ai toujours été un bon client des libraires. Si je n'avais pas été prêtre, peut-être aurais-je aimé gérer une librairie ? Cela nécessite de s'intéresser à la littérature, aux dernières sorties, mais cela implique aussi de pouvoir aider les gens. J'aime les librairies où on connaît les clients. C'est un très beau métier.

- Vous entrez au séminaire en 1965 et parallèlement, la sécularisation de la société s'accélère ?
- J'ai encore vécu dans un monde où la question de Dieu ne se posait pas vraiment. Pour les gens, Dieu était de l'ordre de l'évidence. Mais je me souviens qu'au séminaire, à Louvain, les choses changeaient déjà. A l'époque, en quelques années, de nombreux jeunes ont quitté le séminaire. D'autres sont restés et sont même devenus prêtres, mais en prenant leurs distances par rapport à l'Eglise institutionnelle, attendant des changements qui ne venaient pas.

- Depuis 7 ans, vous êtes à la tête de l'archidiocèse et de la Conférence épiscopale de Belgique. De quoi êtes-vous particulièrement heureux ?
- Le cardinal Danneels était un homme doux, spirituel, qui tâchait de concilier. Je ne vais pas me comparer à lui, mais je peux dire qu'il y a, chez moi aussi, ce souci de résister à toute tentative de polarisation. Je pense que c'est là quelque chose qu'on apprécie chez moi. Quand on est berger, on ne doit pas chercher à être apprécié. Mais lorsqu'on se sent porté par les autres, c'est quand même une grâce. Inversement, quand on sent qu'on n'est pas apprécié, c'est difficile. Ce qui se passe aujourd'hui aux Etats-Unis est très grave :  c'est une Eglise qui est divisée jusque dans son épiscopat. Et sur de nombreuses questions, même sur le Pape. En France, c'est moins fort mais il y a une même tendance. La radicalisation est toujours un danger. Elle se situe dans le registre de la violence, en tout cas verbale. Quand j'observe la Conférence épiscopale de Belgique, qui se réunit chaque mois, je suis heureux. Il y a évidemment de la diversité en son sein. Il y a des dossiers sur lesquels on doit vraiment discuter. Mais il n'y a ni vraie tension, ni division idéologique, ni clivage entre nos deux communautés linguistiques. Il est d'ailleurs très rare que l'on doive voter. On cherche plutôt des consensus et si l'on n'y parvient pas, on attend que le dossier mûrisse.

- Un autre de vos héritages sera naturellement votre réflexion sur la sécularisation de notre société.
- J'ai vraiment voulu faire comprendre la situation dans laquelle nous vivons. Ne rêvons pas d'un passé qui n'existe plus et qui n'était pas toujours positif. La situation que nous vivons aujourd'hui peut sembler une épreuve. Mais c'est une situation bien plus normale que celle d'une Eglise hégémonique. Je suis vraiment convaincu que dans notre pastorale, de nombreuses frustrations viennent du fait qu'on ne parvient pas encore à tourner la page. Arrêtons de nous étonner qu'à la messe, tout le monde n'est pas là. La présence de l'Eglise dans notre société n'en dépend pas. Comme le dit le pape François, le problème n'est pas d'être moins nombreux mais d'être insignifiant. Cette phrase me poursuit : que signifions-nous, comme Eglise, pour l'extérieur ?

- Comment voyez-vous l'avenir de l'Eglise de Belgique dans les années qui viennent ?
- A Bruxelles, dès 2005, j'ai lancé la dynamique des unités pastorales. Ce mouvement de rassemblement reste une voie pour l'avenir, notamment pour répondre à la question du financement des cultes. En ce qui concerne les bâtiments, nous avons une responsabilité vis-à-vis des autorités politiques :  s'il n'y a plus que dix personnes le dimanche, c'est fini. Il faut reconnaître la réalité. En même temps, je plaide pour une certaine prudence :  l'église est destinée au culte mais aussi à la prière personnelle. C'est un lieu où chacun, quelles que soient ses convictions, peut trouver le silence, le repos, pour la durée qu'il le souhaite et sans devoir se justifier. Il y a donc un discernement à faire. Mais il est clair qu'on va assister à une accélération, l'Eglise pourra de moins en moins être présente partout. Il faudra plutôt identifier les centres qui témoignent d'une véritable vie chrétienne, notamment dans les villes, et c'est là qu'il faudra investir. Dans les campagnes, nous devrons identifier les lieux où vivent encore des familles chrétiennes. Et les rassembler. Les faits nous contraignent à ces mouvements, mais j'espère que les gens comprendront les raisons de cette évolution et que celle-ci peut être bonne. Ces changements posent des difficultés pratiques mais en soi, ils ne posent pas problème. Bien sûr qu'il faut prier, mais il faut ouvrir les yeux....".


 

jeudi 18 mars 2021

Saint-Joseph, saint patron de la Belgique

Le 18 mars, c'est la Saint-Joseph, mais savez-vous que c'est le saint-patron de la Belgique (ainsi que d'autres pays comme l'Autriche, le Canada ou le Mexique) ? 

Je me suis demandé l'origine de ce patronnage...et la réponse remonte à 1679 !  Le pape de l'époque proclame Saint-Joseph patron de tous les territoires relevant de la Couronne d'Espagne (dont l'actuelle Belgique). Et c'est toujours le cas plus de trois siècles plus tard. 

Au 19ème siècle, les pères des Sacré-Coeurs de Louvain instaurent les pélérinages à Saint-Joseph pour répandre la dévotion au saint-patron de la nouvelle Belgique indépendante. Au même moment, une nouvelle église Saint-Joseph est construite au square Frère Orban à Bruxelles. Elle est destinée à devenir le sanctuaire national dédié à Saint-Joseph.

jeudi 7 mai 2020

La grotte de Vacresse

                           
Des funérailles s’y sont déroulées ce 31 mars.
Vacresse est un hameau du village d'Herchies (commune de Jurbise en province du Hainaut, non loin du parc Pairi Daiza), connu principalement aujourd'hui pour son club de football. Mais entre leur terrain et l'église se trouve une grotte un peu oubliée. Le site de cette grotte vient d'être complètement nettoyé et s'est retrouvé à la "une" de la presse et des réseaux sociaux :   en effet, suite à la décision du gouvernement d'interdire les enterrements dans les églises en raison du coronavirus, des habitants ont eu l'idée de donner une nouvelle vocation à la grotte de Vacresse. En accord avec la commune et le curé, le site de la grotte permet aux familles d'avoir quand même une cérémonie religieuse digne de ce nom (leur permettant de faire mieux leur deuil), tout en respectant les consignes ministérielles (nombre de personnes admises, distance à respecter, office en plein air). Très bonne idée!

Voici quelques explications historiques sur cette grotte tirées du fascicule "Notre-Dame de Vacresse : la paroisse, l'église, le hameau" écrit par Jacques Durieux en 1999 :

"Dans le jardin, derrière le chœur de l'église, une grotte de belle grandeur, faite principalement de pierres, est l'œuvre de paroissiens. Comme la plupart des grottes populaires, celle-ci est dédiée à Notre-Dame. Les statues de Notre-Dame de Lourdes et de Sainte-Bernadette sont présentes. A l'intérieur de la grotte, une statue de la Vierge tenant le Christ mort dans ses bras (une pieta) rappelle la mise au tombeau. Sur un muret, l'Archange Gabriel veille. 

On possède peu de renseignements concernant la construction de l'édifice. Les plus anciens des habitants originaires du hameau, situent la période de sa construction très peu de temps après celle de l'église. Elle peut être raisonnablement être située vers l'année 1900. Les noms de Julia Lebrun et de Zacharie Plomb, qui habitaient la rue du Culot, non loin de l'église, sont cités comme ayant participé, parmi d'autres paroissiens, à la construction. En 1946, une souscription fut lancée parmi les paroissiens pour la remise en état de la grotte et de ses abords. Lorsque le temps le permet, une messe en plein air y est célébrée chaque année le 15 août, fête de l'Assomption".

lundi 18 novembre 2019

La basilique de Koekelberg

                           Vue avant de la basilique.

Savez-vous que :

- le projet de création de la basilique est née sous le règne du roi Léopold II et que la première pierre fut posée en 1905 ?

- la basilique devait au départ être une sorte de "Panthéon bruxellois" où les grandes personnalités auraient été inhumées, mais ce projet a été oublié ?

- la construction de la basilique a duré plus d'un demi-siècle sous le règne de quatre rois (Léopold II, Albert Ier, Léopold III et Baudouin qui l'a inaugurée)?

- la basilique est le quatrième édifice religieux au monde après Saint-Pierre de Rome, Saint-Paul de Londres, et Sainte-Marie de Florence ?

- la basilique peut accueillir 37.000 personnes (contre 54.000 à Rome) ?

- la basilique a été financée pendant deux générations par des collectes dans les églises du pays, à une époque où la Belgique était encore très catholique?

Malgré sa démesure, je trouve personnellement que la basilique n'est pas vraiment devenue un "édifice national", peut-être parce qu'elle ne se trouve pas dans le centre de Bruxelles? La cathédrale Saints-Michel-et-Gudule est plus associée aux grands événements de notre pays et de notre dynastie.

lundi 12 novembre 2018

Nouveau livre de Gabriel Ringlet

                                    Afficher l’image source

Né en 1944, Gabriel Ringlet a une vie bien remplie :   prêtre, poète, théologien, ancien professeur à l'Université Catholique de Louvain. Il est aussi membre de l'Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique.

Il vient de sortir un nouveau livre :  "La grâce des jours uniques :  éloge de la célébration", paru aux éditions Albin Michel. A cette occasion, il a répondu aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse :

"Vous parlez du rite et de son importance :  les rites religieux mais aussi les rites autour des grands matchs de foot, ou au décès de stars (comme Johnny). Le rite s'est déplacé aujourd'hui?
- Le rite est en tout cas plus urgent et plus important que jamais. J'ai suivi le Mondial de tout près, et toutes les dimensions de la liturgie classique, de la messe et même d'une messe solennelle que le pape François peut célébrer place Saint-Pierre, on les retrouve dans le rituel footballistique d'aujourd'hui. Dans les événements publics, le rite est omniprésent. Dans les attentats, par exemple, pour moi, c'est très frappant et très touchant de voir qu'une personne, anonyme, peut sortir de chez elle avec sa petite fille pour aller déposer une fleur à l'endroit où quelqu'un a été tué, en silence, avec tout un rituel, une gestuelle. Et on peut avoir ces mêmes gestes lors de la disparition d'une vedette. Donc, de fait, le rite est partout.

- Si le rite s'est déplacé, c'est parce que le rite religieux n'attire plus?
- C'est vrai que les lieux classiques qui nous donnaient du rite sont complètement désertés. Et le phénomène dépasse nos églises. J'ai parlé avec des musulmans pratiquants qui venaient du Maroc et me disaient que, dans leur petite ville, il y a 200 ou 300 mosquées mais avec 5 pratiquants par semaine. Mais ce n'est pas parce que les lieux traditionnels de rites se voient désertés que le besoin de célébrer la naissance, l'alliance et la mort, eux, ont disparu. Alors, on cherche d'autres lieux, on invente d'autres rites, on va voir dans d'autres sagesses. 

- Comment renouveler le rite?
- Nous voulons former des célébrants laïcs (hommes et femmes) qui n'auront pas du tout été ordonnés prêtres, qui n'auront pas fait de théologie, mais qui ont une très grande sensibilité et qui ont envie d'aller dans ce sens-là. Depuis que le livre est sorti il y a un mois, des dizaines de gens m'ont dit qu'ils voulaient s'inscrire dans notre "école de célébration", qu'on annonce pour 2020. Ca veut dire que des tas de gens se sentent peut-être une vocation pour cela.

- Et l'Eglise, comment réagit-elle?
- L'Eglise est à mon avis complètement perdue et elle a tout avantage à se réjouir que des lieux se mettent à inventer, à respirer, et à dire qu'il faut que ça change. Et si l'Eglise veut survivre, elle ne pourra que suivre ces chemins qui vont s'ouvrir. On ne lui demande pas la permission, mais on le fait volontiers en dialogue, si le dialogue est possible.

- Et dans quels lieux pratiquer ces rites?
- Moi, je crois au sacré laïc, comme au sacré juif ou musulman. Et il me paraît normal d'ouvrir l'église à tous ces rites. J'ai plein de réactions positives à cette idée, des gens qui préféreraient célébrer des funérailles laïques dans l'église de leur quartier plutôt que dans une salle de sport ou un funérarium. Même chez les francs-maçons, il y a des réponses favorables à cette proposition".

lundi 22 octobre 2018

Les Belges à Rome

Un article sur l'église Saint-Julien des Flamands :   http://probelgica-hainaut.blogspot.com/2017/08/carte-postale-de-rome.html

Un article sur l'ambassade belge auprès du Vatican (où notre roi Albert et notre reine Paola se sont rencontrés) :   http://probelgica-hainaut.blogspot.com/2014/04/l-belge-au-vatican.html

Le site Internet de l'Academia Belgica :  www.academiabelgica.it

Et je vous rappelle qu'il est possible de visiter Rome avec la guide belge Blanche Bauchau :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2015/09/visiter-rome-avec-une-guide-belge.html

Bonne visite !