dimanche 2 mars 2014

"Comment devenir belge en 10 leçons" (Gilles Dal)

A l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage (préfacé par Philippe Geluck), l'historien-journaliste-humoriste bruxellois Gilles Dal a répondu aux questions de "La Dernière Heure" :

"Vous dressez un portrait plutôt peu flatteur de la Belgique et des Belges. C'est volontaire?
- C'est marrant car je trouve qu'il s'agit d'un portrait assez affectueux. En écrivant le livre, j'ai pensé que çà ne vexerait pas tellement les Belges puisqu'ils s'amusent toujours beaucoup quand on se moque d'eux. En fait, le Belge est la seule nationalité à bénéficier de stéréotypes positifs. D'habitude, on dit des choses positives sur les animaux : le renard est rusé, le singe est malin, p.ex. Et le Belge, lui, il est sympa. Comme je l'écris dans le livre, il l'est autant que les autres.

- Tout de même, vous y allez fort : le dépeceur de Cuesmes, rebaptisé dépeceur de Mons pour des raisons marketing.
- Pour le dépeceur, j'ai voulu montrer que, malgré le fait qu'on dise toujours que la Belgique est un pays très sympa, très village, très cool, une espèce de village Schtroumpf, la Belgique est un pays dans lequel il se passe, hélàs, des malheurs identiques à d'autres pays.

- Vous listez également les pires citations sur la Belgique par quelques écrivains français.
- Alors çà, je pense que les Belges en tirent une certaine fierté, car en général, quand ils entendent çà, ils ne sont pas tellement vexés, ni blessés. Déjà, ces citations contre la Belgique sont tellement excessives qu'elles en deviennent amusantes. Ensuite, on se doute clairement que, quand tel écrivain écrit çà, il n'est pas particulièrement en forme et, malheureusement, à cette période il est en Belgique. Donc, çà tombe sur les Belges. Je suppose qu'il était assez seul quand il a écrit toutes ces méchancetés. Et puis, j'ai l'impression que notre amour-propre ne se focalise pas vraiment là-dessus. Ca fait partie du charmes des Belges, d'une certaine mentalité pas très chauvine.

- Vous déconstruisez néanmoins le fameux mythe du Belge sympa.
- Oui, parce qu'il y a autant de personnes antipathiques en Belgique que dans les autres pays. Alors, c'est curieux : pourquoi dit-on toujours que le Belge est sympa? Et plus on dit qu'il est sympa, plus çà le rend sympa. C'est une sorte de cercle vertueux. Vous êtes belge et vous arrivez en France : d'abord, les gens ont un petit sourire amusé et puis vous disent que vous êtes sympa. Comme on vous dit çà, vous êtes contents, vous souriez, du coup vous êtes vraiment sympas aux yeux de vos interlocuteurs. C'est le contraire d'une personne victime de racisme quand il débarque dans un pays : on lui dit qu'on ne l'aime pas. Du coup, il est rejeté, il ne se sent pas bien et çà se passe mal. Forcément, il ne sera pas sympa. C'est le cercle vicieux.

- Le Belge n'est cool qu'à l'étranger, alors?
- C'est amusant de voir que, souvent, les Belges se plaignent de leur pays mais qu'ils sont quand même très très très fiers quand les Français leur disent qu'ils sont sympas. Ils en tirent un certain amour-propre parce que çà leur fait plaisir. Ils aiment bien quand même entendre ou dire qu'ils sont chouettes en dénigrant implicitement les Français. Ce qui prouve qu'ils ne sont pas si cool que çà...".

6 commentaires:

Tania a dit…

Même à l'envers, les stéréotypes restent des généralités, non ?

Dominic a dit…

Je suis fier que je suis belge, ce qu'ils trouvent dans d'autres pays!
Une bonne semaine

youri a dit…

Le fait de tant chercher à se définir pour se démarquer des autres prouve bien que nous avons un réel problème d'identification.

Célestine a dit…

En tous cas, Petit Belge est sympa; les autres je sais pas, mais lui oui!

^_^

Edmée De Xhavée a dit…

Youri.. les Français n'ont pas de problème d'identification? Ha ha!

Et pourquoi "problème"? Pourquoi pas amour de leur identité?

youri a dit…

Ah bon, ils en ont? Ils ont besoin de se définir?
vous me l' apprenez chère Edmée.
Je compte pas mal d'amis et connaissances outre Quiévrain un peu partout dans l' hexagone et je n'ai jamais remarqué que malgré leur fierté de revendiquer leur appartenance à une région. (Bretagne, Savoie, Alsace...) ils ne s' identifiaient pas comme français.