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lundi 28 avril 2025

Carte blanche du cinéma belge francophone

Depuis la dernière cérémonie Magritte du cinéma, le secteur du cinéma belge francophone a fait l'objet de nombreuses attaques médiatiques, offrant une image particulièrement biaisée de nos films, talents et institutions. A l'heure où des discours simplificateurs voire méprisants sur la culture se multiplient, nous, professionnels de l'audiovisuel belge, issus de tous ses métiers, souhaitons réagir !

Nous sommes profondément alarmés par ces visions tronquées du fonctionnement du cinéma belge, visant toujours les mêmes cibles (Jeanne Brunfaut, le Centre du cinéma et de l'audiovisuel, la Commission Cinéma, Patrick Quinet, les frères Dardenne, le cinéma Palace, les Magritte du cinéma, ...). Or, ces personnes et institutions ont particulièrement oeuvré au développement et à la notoriété de nos films et talents ces dernières décennies, et nous souhaitons, au contraire, souligner l'importance de leur engagement.

Plus largement, ces attaques jettent le discrédit sur un secteur pourtant en plein essor qui a connu de grands succès publics, tant en salles de cinéma qu'en télévision, sur Auvio, et à l'international ces derniers mois. Un exemple éclatant vient encore d'être donné aux Oscars 2025, lors desquels "Flow", une coproduction belge, a remporté l'Oscar du meilleur film d'animation. 

Soutenir pleinement les talents émergents qui se déploient au sortir de nos excellentes écoles et ne cessent, ensuite, de se développer et de se diversifier est en effet devenu une gageure particulièrement complexe pour les 130 membres de la commission, dont le travail sincère et engagé ne répondant à aucune "consigne", consiste à trancher, avec des enveloppes désormais en diminution, entre les dossiers de plus en plus nombreux et de plus en plus qualitatifs sollicitant des soutiens auprès du Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel. 

Dans le même temps, le secteur évolue :  nos associations représentatives se concertent pour augmenter le bien-être des équipes, se doter d'outils pour prévenir le harcèlement, encourager la diversité de nos talents, nos histoires et travailler avec les éditeurs de télévision et les plateformes pour toucher plus et mieux les publics. En dix ans, une industrie de la série télévisée belge francophone est sortie de terre. Le secteur s'est fortement ressaisi après la crise du Covid.

Et l'étude Deloitte démontre qu'il utilise remarquablement l'argent public investi, en le convertissant en près de deux fois plus d'emplois que dans les autres secteurs de l'économie (pour 1 million d'euros d'investissements publics, le secteur génère 31 ETP, contre 17 en moyenne dans les autres secteurs) et en transformant chaque euro perçu des pouvoirs publics (incluant les investissements tax shelter) en 4,4 euros de produit brut.

Mais face à cet essor, que constatons-nous ?   Des coupes budgétaires (à la commission du film, à la commission séries, à la RTBF, ....) ;  des plateformes américaines de streaming qui attaquent l'application d'un décret européen (dit SMA) pourtant essentiel pour l'avenir de nos productions belges ;  des discours politiques et médiatiques qui suggèrent, dans la droite ligne des populismes en pleine expansion, que les subsides investis dans la culture le sont à perte (ce qui est factuellement faux, cf. étude Deloitte).

Rappelons au passage que la création audiovisuelle indépendante que nous représentons - et même la culture de manière générale -  coûte très peu à l'Etat  (132 millions d'euros en 2022 pour la production de films, documentaires et séries belges francophones, dont + de 70 % provenant d'entreprises privées, investissant au travers d'un incitant fiscal fédéral, le tax shelter),  face aux, par exemple, 13 milliards d'euros investis la même année par la Belgique dans les subsides aux énergies fossiles.

Aujourd'hui, ce qui nous inquiète, ce ne sont pas les prétendus dysfonctionnements de nos institutions culturelles, mais la démagogie des discours qui les inventent et les exagèrent. Ces discours qui suggèrent que la culture est trop financée, tout en pointant du doigt la domination des productions américaines, comme si celles-ci n'avaient pas bénéficié, depuis l'après-guerre, d'investissements publics massifs qui les ont imposées dans nos imaginaires et notre quotidien, avec un grand risque d'uniformisation.

Carte blanche signée par plus de 1.150 personnalités du cinéma belge, dont Bouli Lanners, les frères Dardenne, François Damiens, Olivier Gourmet, Zidani, Déborah François, Stefan Liberski, Lucas Belvaux, Pablo Andres, Stijn Coninx, Jaco Van Dormael, Guillermo Guiz, Frédéric Fonteyne, etc. 


lundi 14 novembre 2022

Deuxième film pour le réalisateur belge Lukas Dhont

                                 


Né en 1981 à Gand, le réalisateur belge Lukas Dhont a répondu aux questions des journaux du groupe "L'Avenir" à l'occasion de la sortie de son deuxième film (Grand Prix du Festival de Cannes 2022) :

"Quelle est la part autobiographique dans "Close" ?
- J'étais un ado très solitaire. J'avais le sentiment de n'appartenir nulle part, ni dans les groupes de filles, ni chez les garçons. Pourtant, à certains moments, certaines personnes ont essayé d'être proches de moi. Mais j'avais peur du regard des autres, du jugement. Alors je suis resté distant, je me suis éloigné. C'est encore une blessure aujourd'hui. Ce film, c'est un hommage aux amis que j'ai perdus.

- C'était important pour vous de parler d'amitié ?
- Oui, j'avais envie de montrer une amitié fusionnelle entre deux garçons, notamment parce qu'en art, le thème du coeur brisé est souvent lié à l'amour romantique, et peu à l'amitié. Pourtant dans ma vie, j'ai perdu des amis, et ça m'a brisé le coeur aussi. Et je pense ne pas être le seul. Je voulais aussi parler de ça parce que nous sommes davantage habitués à voir une intimité amicale entre filles. Pour des garçons, des hommes, c'est différent. J'avais envie de montrer la beauté de deux garçons allongés côte à côte dans un lit. Mais aussi la fragilité de cette image, le risque de casser cette pureté à force de vouloir tout mettre dans des cases. J'avais envie de créer une expérience de cinéma qui puisse traduire tout ça.

- Quels films vous ont inspirés pour "Close" ?
- En amont, j'ai regardé beaucoup de films racontés du point de vue de l'enfance :  "Les 400 coups" de Truffaut, "The Tree of Life" de Terrence Malick, "Ratcatcher" de Lynne Ramsay... Je voulais être en dialogue avec l'histoire du cinéma, pour m'aider à trouver mon point de vue. Ca m'a aussi fait remarquer que c'était rare de voir des images d'intimité entre deux garçons. Dans tous ces films, j'ai vu des combats, des disputes, mais pas tellement cette fragilité, ou alors justement dans des relations amoureuses ou sexuelles. Ca m'a fait me dire que c'est important de montrer aussi la fragilité dans des perspectives masculines". 

lundi 26 novembre 2018

Virginie Efira dans le film "Un amour impossible"

L'actrice belge Virginie Efira est actuellement au cinéma à l'affiche du film "Un amour impossible", inspiré du roman autobiographique de Christine Angot.

Virginie Efira a répondu aux questions des journaux du groupe Vers l'Avenir :

"Qu'est-ce qui vous a attirée dans ce rôle?
- J'avais lu le roman de Christine Angot à sa sortie, donc bien avant qu'il soit question d'un film. Je l'avais adoré, il m'avait bouleversée. Je comprenais Rachel, son complexe d'infériorité, sa discrétion, le fait qu'elle ne veut pas déranger le monde, tout en étant solide. C'est assez complexe, parce que c'est une femme qui encaisse, ce n'est pas une victime. Elle n'attend rien de cet homme mais sa blessure originelle, c'est que son père ne l'a pas reconnue, donc elle ne veut pas de ça pour sa fille. C'est quelque chose auquel elle tient parce que ce n'est pas juste.

- Comment expliquez-vous ce sentiment d'infériorité?
- C'est dû à sa classe sociale, son statut de femme et ses origines juives qui la placent dans cette position sans qu'elle ne puisse rien y faire. C'est intéressant parce qu'on voit qu'elle essaie toujours de faire les bons choix, mais, par moments, elle est terriblement aveuglée. Quand sa fille ne va pas bien, elle se dit que c'est de sa faute parce que son père est plus intéressant et qu'elle s'ennuie avec elle.

- Ses choix sont donc très limités pour vous?
- Une vie est faite de choses qu'on ne peut pas toujours maîtriser. Quand il y a un sentiment amoureux, est-ce qu'on est encore libre? On peut interroger la question du libre arbitre de façon plus large. Est-ce que ça existe vraiment? Je ne sais pas.

- On voit pourtant que les choses ne sont pas figées.
- Il y a une évolution à partir du moment où ce rapport de domination est nommé par sa fille. C'est elle qui lui dit qu'elle ne pouvait pas faire autrement. Il y a un changement une fois qu'on passe de l'invisible au visible, on le voit avec tout ce qui se passe avec MeToo. A un moment donné, une parole est dite, est révélée dans la société. Après, chacun en fait ce qu'il veut, mais c'est une chose qui me paraît assez fondamentale et importante, et qu'on retrouve dans le roman et dans le film.

- Vous avez rencontré Christine Angot lors de l'avant-première. Qu'a-t-elle pensé de l'adaptation?
- Elle m'a dit qu'elle avait trouvé ça bien. Je pense qu'elle a vu que le film respectait quelque chose d'assez important pour elle :  l'absence de sentimentalisme, on s'en tient aux faits. Elle a eu l'intelligence de ne pas s'incruster dans le travail ou superviser. J'aurais été très mal à l'aise parce que c'est sa propre existence. Je me serais encore plus posé la question de ma légitimité".

jeudi 12 avril 2018

Premier film de Jérémie et Yannick Renier

"Carnivores", c'est le premier film des frères belges Jérémie et Yannick Renier qui est actuellement au cinéma. Il raconte l'histoire de deux sœurs. Voici la bande-annonce :   https://www.youtube.com/watch?v=oGGKIrcR32E

Jérémie Renier a répondu aux questions de la presse :

"Si vos rapports avaient été aussi compliqués avec votre frère Yannick, vous n'auriez sans doute pas réalisé ce film ensemble. Alors, d'où vient le scénario?
- Ca vient d'abord d'une envie de travailler ensemble. Il y a plusieurs années, nous avons tourné dans un film de Joachim Lafosse et nous avions pris beaucoup de plaisir à imaginer des choses, à parler des séquences. Par ce qui nous reliait, j'ai ressenti qu'il y avait des choses à faire. Alors, nous sommes partis de ce que nous avions traversé. Ce sujet nous semblait intéressant. Et très vite, nous avons eu envie de sortir de l'anecdote et de ce que nous avions vécu pour pouvoir en parler au plus grand nombre en posant des questions telles que : que se passe-t-il au sein d'une fratrie, au sein d'une famille face aux désirs de chacun? Qu'est-ce qui crée l'animosité, la jalousie, les frustrations?

- Vous êtes donc passés par là. Comment avez-vous traversé cette rancœur, cette jalousie de manière si positive?
- Avec mon frère, nous avons pu parler.... Le film raconte l'histoire de deux sœurs qui s'aiment mais par ce qui leur arrive dans la vie, en fonction de comment on les positionne l'une par rapport à l'autre, des rancoeurs naissent et une blessure interne se crée. Dans le film, nos personnages n'expriment pas, ne parlent pas de ce qu'elles ressentent. Nous avons fantasmé et eu envie d'aller jusqu'au bout de ce qu'il se serait passé si nous n'avions pas dialogué, mon frère et moi.

- L'envie de vous mettre dans la peau d'un réalisateur était-elle là avant l'envie d'être comédien?
- A l'époque, mon père avait une caméra et je passais mes week-ends à faire des petits films, sans prétention de les montrer mais j'avais l'envie de raconter des histoires, d'essayer des choses et de les mettre en images. J'ai continué dans l'ombre jusqu'au jour où c'est devenu primordial et important de pouvoir l'exprimer. En réalisant ce film avec mon frère, j'ai eu le sentiment d'être là où je devais être depuis longtemps. Un peu comme quelque chose se cristallisait et j'ai pris du plaisir à chaque étape de la production, c'était très jouissif.

- Ce projet de film n'est pas neuf?
- Non, ça fait longtemps que le projet existe, mais nous avions besoin de nous confronter à nos propres démons, de prendre du recul. Et puis il a fallu trouver le temps de se retrouver dans l'écriture.

- Pour des comédiens, a-t-il été difficile de rester derrière la caméra? Vous êtes-vous interdit de jouer dans votre propre film?
- Non, pas interdit...  Au tout départ, nous avions pensé jouer également. Et puis, ce projet était déjà tellement personnel et égocentrique. Nous avons eu envie de raconter une fable, une fiction qui nous dépassait, Yannick et moi.

- Dans le film, il y a une scène très violente entre les deux sœurs. En substance, l'une dit à l'autre qu'elle n'est rien, car elle n'a pas d'enfant, pas de mec, pas de carrière. Ca reflète assez bien notre société où pour exister, il faut tout cela. Pourtant, comme on le voit dans le film, ça ne mène pas à la sérénité?
- En effet, on a besoin de se combler de plein de choses pour imaginer être heureux. Et c'est de là que naît la frustration parce que l'autre a des choses que l'on n'a pas... On imagine pouvoir être heureux jusqu'au moment de la plénitude où on se rend compte que c'est à nous de décider d'être heureux, quoi qu'il se passe et où qu'on soit. C'est difficile dans notre société d'accepter que des gens qui en apparence ont tout peuvent aussi être malheureux. 

- Le personnage de Sam est dépassé dans tous les rôles de sa vie (épouse, mère, comédienne). Est-ce que ça vous est arrivé?
- Le scénario est parti de nous, que ce soit mon frère ou moi...  Nous avons tous à un moment donné dans notre vie des questions : est-ce que je suis vraiment heureux, là où je suis? Est-ce que ce que j'ai mis en place me remplit vraiment? 

- Vous avez été père très jeune, vos fils ont 12 et 17 ans. Quel genre de père êtes-vous?
- Il faudrait poser la question à mes enfants...  J'essaie d'être un père à l'écoute, conciliant tout en donnant des bases qui sont les miennes. Je pense que le dialogue est primordial. J'ai eu la chance d'avoir des parents qui ont toujours été dans le dialogue, malgré mes erreurs, mes conneries. J'essaie de reproduire cela car ça m'a permis de me remettre en question. J'essaie de les pousser vers ce qui les anime, et puis leur donner de l'amour et du temps.

- C'est difficile de concilier vie privée et vie professionnelle quand on peut s'absenter dix semaines pour un tournage?
- Ce sont des métiers de saltimbanques. C'est déstabilisant de vivre en autarcie avec une équipe lors d'un tournage. Tu es un peu en dehors du temps, alors c'est important d'avoir des bases solides et de savoir qui tu es. Les premiers tournages, c'était une parenthèse enchantée et je mettais beaucoup de temps à revenir à la réalité. Cela dit, c'est comme quand on voyage, quand on revient, il faut se réadapter... Et un film, il faut le voir comme un voyage....".

jeudi 26 octobre 2017

Christian Hecq dans le film "Knock"

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Né en 1964 dans une famille bourgeoise de Nivelles,  Christian Hecq effectue ses études secondaires au collège Saint-Vincent de Soignies, puis suit les cours de l'INSAS (Institut National Supérieur des arts du spectacle) à Bruxelles. Cet acteur belge travaille depuis 2008 à la Comédie Française à Paris. Il est actuellement à l'affiche du film "Knock" où il joue le rôle du facteur face à Omar Sy.

Le comédien belge Christian Hecq a répondu aux questions du magazine "Point de Vue" :

"Dans la pièce de Jules Romains, votre personnage de facteur  était un "tambour de ville"?
- Il reste un peu "tambour de ville" puisqu'il annonce les nouvelles à la population. Nous avons tourné dans un petit village du Vercors et, coïncidence étonnante, j'y ai rencontré un authentique ancien facteur. Il m'a raconté son métier qui ressemblait étrangement à celui de mon personnage dans "Knock". Il lui arrive d'apporter la lettre à pied dans une maison difficile d'accès, de la lire à des gens ne maîtrisant pas la lecture, de rédiger la réponse et, si c'est un lieu très retiré, de devoir y loger pour ne repartir que le lendemain...

- Que vous a dit Lorraine Lévy de votre personnage?
- Elle m'a donné une indication précieuse :  ce facteur fait corps avec son vélo. C'est un personnage tendre et empreint d'une certaine naïveté. Il s'est fait progressivement, lors des lectures du scénario et de la rencontre avec les autres acteurs, un groupe très soudé. Au cinéma, j'ai souvent interprété de petits rôles auxquels je n'ai pas eu le temps de m'attacher. J'ai toujours donné la priorité au théâtre. Jouer avec Omar Sy était un délice sans bornes. Son statut de tête d'affiche n'entache absolument pas sa manière de travailler. Il était très à l'écoute, aimait suivre les propositions de chacun et n'imposait rien. Un immense bonheur.

- On pense forcément aussi au facteur de "Jour de fête" de Jacques Tati?
- Oui, d'ailleurs, lorsque nous avons parlé du costume, j'y ai pensé. Il ne s'agissait pas de le copier, le rôle est d'ailleurs écrit très différemment. Celui de "Knock" est alcoolique, ce qui est toujours agréable à jouer pour un acteur corporel. Il a un côté clownesque avec son pantalon à grandes poches. Au cinéma ou au théâtre, la conception d'un costume est pour moi un moment crucial. Quand il est réussi, j'ai l'impression d'avoir fait une bonne partie du chemin.

- Enfant, vous n'aviez pas encore la vocation de devenir acteur?
- Je voulais étudier la physique, travailler dans les énergies douces, les panneaux solaires, les éoliennes. Mes professeurs m'avaient passionné et j'aimais savoir comment les choses fonctionnaient. J'avais aussi en tête l'image du savant fou, un personnage que j'aurais bien voulu jouer. Je ne venais pas d'un milieu artistique et n'osais me projeter dans ces métiers-là. Ma mère m'emmenait tout le temps au théâtre, j'y ai connu de grands frissons. Puis, pendant mes études de physique, je me suis aperçu que le milieu ne me plaisait pas. Elle m'a finalement suggéré de me lancer... Cela a fait trembler mon père, mais il m'a laissé chercher ma voie. Au début de mon parcours à Bruxelles, je me souviens que je jouais trop avec le corps. Mes professeurs ont passé leur temps à tenter de canaliser cette tendance.

- Vous avez déclaré avoir appris à parler théâtre en entrant à la Comédie Française. Que cela signifie-t-il?
- Quand Muriel Mayette de la Comédie Française m'a proposé d'entrer dans cette maison, je faisais partie de la compagnie Philippe Menty, dans laquelle je faisais de la danse et manipulais des marionnettes. J'avais déjà fait beaucoup de spectacles, du cirque, et je me demandais pourquoi ils voulaient engager un vieux mime à la Comédie Française. Je ne me sentais pas légitime. C'est devenu l'une de mes écoles de vie.

- On a souvent l'impression que vous créez votre propre espace-temps sur scène?
- Ce sont comme des bulles... Mais Feydeau autorise cela. Dans "Un fil à la patte", sa description de l'entrée de Bouzin laisse cette liberté. Cet auteur qui est le roi de la didascalie reste flou à son sujet. Je me suis engouffré dans cette faille. J'aime que les personnages ne soient pas lisses et qu'ils débordent un peu. Et j'adore observer tout ce qui bouge, comme "20.000 lieues sous les mers", avec les méduses, les araignées de mer et toute la faune sous-marine.

- Cette pièce était aussi un moyen de retomber en enfance?
- Je travaille essentiellement avec mon enfance, c'est ma matière première".

jeudi 28 septembre 2017

Matthias Schoenaerts dans le film "Le Fidèle"

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Mesdames, le bel acteur belge Matthias Schoenaerts sera à l'affiche du film "Le Fidèle" qui sort le 4 octobre prochain. Né en 1977 à Anvers où il vit toujours, Matthias est le fils du comédien Julien Schoenaerts et d'une professeur de français. Il est diplômé du Conservatoire Royal d'Anvers. Le film "De rouille et d'os" avec Marion Cotillard lui a valu le César du meilleur espoir masculin en 2013.

A l'occasion de la sortie de son nouveau film, il a répondu aux questions du groupe Sud Presse :

"Pour "Le Fidèle", vous dites vous être plongé dans les méandres du grand banditisme. Vous avez vraiment besoin de vous faire peur pour rentrer dans vos rôles?
- Depuis mes débuts, j'ai commencé à cultiver le truc de me mettre dans la peau de mes personnages avant de commencer à tourner. De manière générale, j'essaie toujours de faire des choses qui me semblent justes, dans le sens où ça me rapproche d'un état qui m'aide à incarner certains personnages. Mais ce n'est pas une méthode scientifique non plus. Personne ne doit faire comme moi. Il se fait juste que, moi, ça me met à l'aise de travailler comme ça. Mais chacun son truc.

- Avez-vous du mal à quitter votre personnage en rentrant chez vous, après une journée de tournage?
- C'est un état d'esprit qui m'habite pendant un certain temps, mais je n'ai jamais l'impression que je deviens quelqu'un d'autre. Je ne suis pas schizophrène non plus. Pour moi, être acteur, ce n'est pas entrer dans la peau de quelqu'un, c'est laisser entrer quelques éléments sous sa propre peau. Ca nous affecte, ça nous change temporairement pour un projet, mais voilà, rien de plus.

- Comment choisissez-vous vos rôles?
- Ce qui m'intéresse le plus, c'est :  qu'est-ce que le scénario et l'histoire racontent sur les rapports humains, sur l'être humain, sur la bête humaine? Qu'est-ce qu'on partage avec le spectateur? Est-ce que ça me semble important? Est-ce que ça vaut le coup? Si les réponses à toutes ces questions me satisfont, alors, j'y vais...

- C'est pour ça qu'il n'y a pas beaucoup de comédies dans votre filmographie?
- Oui. Pourtant, j'adore les comédies, mais c'est un genre très, très difficile. Il n'y en pas beaucoup de bonnes. J'aimerais quand même bien en tourner une un jour. On verra...

- Qu'est-ce que ça fait d'être un sex-symbol?
- Sans transition, ta question, comme on dit...  Je ne sais pas, en fait. Après, une grosse partie de ce qu'on fait est basé sur la séduction. Il faut assumer mais je ne trouve pas ça très important. Donc, je ne sais pas ce que je dois en penser. Je le dis sans aucune fausse modestie.

- Vous êtes devenu mondialement célèbre. Comment vivez-vous toutes ces sollicitations?
- Je n'y fais pas trop attention. Le succès érotise, certes, mais ça ne prend pas non plus des proportions ridicules pour moi. Et puis, je ne sors pas ou peu, donc ça évite les sollicitations. Je préfère rester chez moi, à ma base, à Anvers. J'adore cette ville qui est une métropole mais où on peut tout faire à vélo. Malheureusement, avec le cinéma, je suis souvent parti. Je me sens comme un gitan, sans arrêt sur les routes. Parfois, ça me plaît et parfois, j'en ai marre. Mais bon, je ne peux pas me plaindre : je suis allé au Canada, en Namibie, en Italie, à Porto-Rico. C'est quand même une aventure extraordinaire.

- Est-ce que vous avez pris la grosse tête?
- Ah oui, absolument! Vous voyez d'ailleurs? Non, pas du tout! J'essaie de remettre les choses en perspective. Donc, pour moi, je n'ai pas trop changé dès que la folie a commencé. Après, tout nous change, tout nous affecte, et tout ce qu'on vit dans la vie nous influence d'une façon ou d'une autre. Mais j'espère que pas trop. Dites-moi le jour où ça m'arrive...."

jeudi 23 mars 2017

Le film belge "Sprakeloos"

Au cinéma, Hilde Van Mieghem vient de sortir le film "Sprakeloos"  (La langue de ma mère) qui est tirée du livre de Tom Lanoye dont je vous ai déjà parlé :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2012/10/tom-lanoye-un-ecrivain-belge-engage.html .

Notre amie Tania avait un réalisé un compte-rendu de ce livre :  http://textespretextes.blogs.lalibre.be/archive/2011/05/03/langue-maternelle.html

Que racontent ce livre et ce film?  Homosexuel quinquagénaire, Jan est un écrivain belge flamand qui réussit. Il mène sa vie sans trop se soucier de sa mère, une femme à la forte personnalité qu'il juge trop envahissante. Mais lorsque celle-ci est victime d'une crise d'apoplexie après la première de la nouvelle pièce dans laquelle elle tient la vedette, Jan est secoué. Lui qui la voyait comme inébranlable la découvre vulnérable. Les souvenirs familiaux remontent à la surface. Ce film belge sur la maladie a reçu beaucoup d'échos positifs des critiques.

Voici la bande annonce : http://www.cinecult.be/2016/12/21/la-langue-de-ma-mere-bande-annonce/

jeudi 9 mars 2017

Emilie Dequenne dans le film belge "Chez Nous"

Le réalisateur belge Lucas Belvaux vient de sortir son nouveau film, "Chez Nous", qui ne passe pas inaperçu, vu le contexte électoral en France. C'est la comédienne belge Emilie Dequenne qui tient le rôle principal : celui d'une infirmière qui accepte de se présenter aux municipales sur une liste d'extrême-droite dans sa ville du nord de la France. Voici la bande-annonce du film :   https://www.youtube.com/watch?v=t7geYq0_jhI .

Emilie Dequenne a répondu aux questions des quotidiens du groupe Sud Presse :

"Dans le film, vous vous engagez en politique sans bien savoir où cela va vous mener. Est-ce pareil au cinéma?
- On va dire que je suis assez aventurière dans l'âme. J'ai tendance à fonctionner à la confiance, au feeling. Une fois que je me suis engagée, je me donne à fond. Et généralement, çà marche...

- Ces dernières années, quand on fait le compte, vous avez travaillé davantage avec des réalisateurs français que belges?
- Oui mais les trois films marquants de ma carrière sont réalisés par des Belges!  "Rosetta" des frères Dardenne, "A perdre la raison" de Joachim Lafosse, et "Pas son genre" de Lucas Belvaux, que je retrouve d'ailleurs pour ce nouveau "Chez Nous". Après, si les Belges ne viennent pas me chercher, je ne vais pas leur courir derrière! Je suis plutôt patiente, je fais des choix assez différents. Donc çà ne me dérange pas d'attendre qu'on me propose un rôle fort....qu'il vienne de n'importe où.

- Vous avez été révélée par "Rosetta" des frères Dardenne. Ce n'est pas trop lourd à porter, encore maintenant?
- Non, j'en suis fière. C'est ce qui fait que je suis là aujourd'hui. C'est grâce aux Dardenne que j'ai encore aujourd'hui la liberté de choisir ce que j'ai envie de faire. Je sens que, même plus de quinze ans plus tard, j'ai encore une sorte de "label qualité" au-dessus de ma tête. C'est bête mais c'est comme çà. Je me sens respectée, je n'ai jamais eu l'impression de devoir me battre. On m'a toujours prise au sérieux, sans que moi, je me prenne au sérieux. Mais c'est vrai que çà a été une chance. Je n'oublierai jamais ce rôle-là. Et personne ne peut l'oublier. Il y a eu encore récemment un documentaire sur "Rosetta" à la télé, où l'on m'a interviewée sur le sujet. J'ai pris un plaisir fou à regarder ce documentaire qui est magnifique. Ca fait partie de moi, çà ne me saoulera jamais.

- Quel a été votre premier souvenir de cinéma en tant que spectatrice?
- C'était "Manon des Sources". La première fois que je suis allée au cinéma pour autre chose qu'un dessin animé, j'étais avec ma marraine. Je me souviens très bien : c'était au Plaza Art, le dernier cinéma d'art et essai de la ville de Mons. J'en suis ressortie bouleversée. Mais sans jamais oser me dire qu'un jour, j'apparaîtrais aussi à l'écran".

jeudi 19 mai 2016

Nouveau film de Joachim Lafosse

Voici la bande-annonce du nouveau film du réalisateur belge Joachim Lafosse, "L'économie du couple" (sortie le 8 juin) : http://www.cinenews.be/fr/films/l-economie-du-couple/videos/bandes-annonces/56771/ . Il raconte l'histoire d'un couple qui ne s'aime plus et règle ses comptes (financiers) : qui rembourse le prêt de la maison? qui gagne plus que l'autre? qui va acheter les vêtements des enfants? Personne n'a raison et tout le monde a tort.


Joachim Lafosse a répondu aux questions des journaux du groupe Vers l'Avenir :


"Chronique d'une séparation, votre film a été écrit à quatre mains?
- Oui, on a travaillé en binôme :  Fanny Burdino et Mazarine Pingeot d'un côté, Thomas Van Zuylen et moi de l'autre. Elles ont écrit une première version, elle nous l'ont envoyée, on a réécrit : on se passait le bébé. Parfois, on défendait le mec et elles la fille, parfois c'était l'inverse. Au final, c'est une des qualités du film : tu comprends les deux points de vue, il n'y a pas de bon et de mauvais. Comme les enfants ne devraient pas choisir entre papa et maman, le spectateur doit être dans la même position.


- C'est votre film le moins tragique : personne ne meurt, personne ne manipule. On est loin d' "A perdre la raison" ou "Elève libre". Il y a un certain apaisement par rapport au passé?
- Oui. Probablement aussi parce qu'aujourd'hui, je vis avec quelqu'un qui arrive à me faire voir que le bonheur dans le couple, c'est possible. Avant, j'allais vers le tragique parce que je pensais que çà ne l'était pas, et çà a donné "Folie privée", "A perdre la raison", "Nue Propriété" ou "Elève libre"...parce que je viens de là. J'espère désormais aller de plus en plus vers des films comme celui-ci parce qu'ils sont plus proches de moi.


- Qu'est-ce que le film vous a appris sur vous-même?
- Excellente question. Tu peux l'écrire en grand et en gras : grâce à ce film et grâce à la femme qui m'a aidé à le faire, je peux enfin dire à quel point le couple est fondamental pour moi. Parce que je suis jumeau, parce que je suis un enfant du divorce : j'aime les duos, en fait. A deux, on est mieux que tout seul. Une bonne interview, çà se fait aussi à deux. J'espère que les gens iront voir le film en couple, et qu'il leur donnera envie de parler d'eux, et d'éviter du coup de vivre cette rupture qu'on raconte. On dit que les bons comptes font les bons amis, je pense que les bons comptes font aussi les grandes histoires d'amour".


Cliquez ci-dessous sur "Cinéma" pour retrouver mes autres articles consacrés au cinéma belge.



lundi 15 février 2016

Palmarès des Magrittes 2016 du cinéma belge

Les Magrittes sont l'équivalent des Césars français, mais ils n'existent que depuis six ans. La cérémonie était rehaussée de la présence du prince Laurent et de la princesse Claire. L'édition 2016 a consacré plusieurs personnalités dont je vous ai déjà parlé, en particulier Jaco Van Dormael.


Meilleur film :   "Le tout nouveau testament" de Jaco Van Dormael (plus d'infos :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2015/09/sortie-du-nouveau-film-de-jaco-van.html)


Meilleur premier film :  "Tous les chats sont gris" de Savina Dellicour


Meilleur réalisateur :  Jaco Van Dormael pour "Le tout nouveau testament" (plus d'infos :   http://journalpetitbelge.blogspot.com/2015/09/sortie-du-nouveau-film-de-jaco-van.html)


Meilleure actrice :  Veerle Baetens dans "Un début prometteur" (plus d'infos :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2013/12/bravo-les-belges-decembre-2013.html)


Meilleur acteur :  Wim Willaert dans "Je suis mort mais j'ai des amis"


Meilleure actrice pour un second rôle :  Anne Coesens dans "Tous les chats sont gris"


Meilleur acteur pour un second rôle :  Laurent Capelluto dans "L'enquête"


Meilleur espoir féminin :  Lucie Debay dans "Melody"


Meilleur espoir masculin :   Benjamin Ramon dans "Etre" (plus d'infos :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2008/10/un-jeune-acteur-belge-benjamin-ramon.html)


Meilleur film flamand :  "D'Ardennen" de Robin Pront


Meilleur scénario :  Jaco Van Dormael et Thomas Gunzig pour "Le tout nouveau testament" (plus d'infos :  http://journalpetitbelge.blogspot.com/2015/09/sortie-du-nouveau-film-de-jaco-van.html)

samedi 30 janvier 2016

Nouveau film de Joachim Lafosse

Né en 1975, le cinéaste belge Joachim Lafosse a étudié à l'Institut des Arts de Diffusion à Louvain-la-Neuve. Son sixième film s'appelle "Les chevaliers blancs" avec l'acteur Vincent Lindon dans le rôle principal. Il traite de l'affaire de l'Arche de Zoé qui avait tenté en 2007 d'enlever une centaine d'enfants tchadiens supposés orphelins pour les remettre à des familles adoptantes françaises. En voici quelques images :    https://www.youtube.com/watch?v=feBsWAM5u-E


Joachim Lafosse a répondu aux questions des journaux du groupe Vers l'Avenir :


"Pourquoi vous inspirer de ce fait divers qui n'a pas durablement marqué l'opinion publique, en Belgique du moins?
- J'ai voulu que le spectateur vive le film comme les Africains qui ont vu débarquer cette ONG. Ils ne savaient rien. C'est un film d'aventure, un thriller psychologique, qui est aussi éminemment politique.


- Quel est votre avis sur cette affaire de l'arche de Zoé?
- Je pense qu'on n'a pas le droit de mentir aux gens, même si on croit que c'est dans leur intérêt. Si parce qu'un pays interdit l'adoption internationale, on décide de manipuler les gens de la région, c'est une erreur et çà mène au fiasco. Le personnage ne fait pas çà par enrichissement personnel. Il le fait pour sa gloire. Il sait que des familles adoptantes sont dans le désespoir et au nom de cette émotion, il ment. Il n'accepte pas les critiques de ses collègues. C'est là que les questions de morale au sein d'un groupe me passionnent le plus.


- Au fur et à mesure, Jacques devient manipulateur et amoral. A la base, il avait pourtant de bonnes intentions?
- L'enfer est pavé de bonnes intentions. Tant de gens veulent faire le bien... C'est pourquoi c'est plus intéressant d'interroger ces bonnes intentions plutôt que les mauvaises, auxquelles on ne donne jamais forme.


- Ca résonne avec l'actualité : l'emballement émotionnel face au manque d'engagement politique?
- Evidemment! La question des migrants existe depuis des années et soudain on s'est ému à la vue d'un garçon mort sur une plage. Fondamentalement, le centre d'accueil improvisé au centre de Bruxelles ne sert à rien, mais au nom de l'émotion, on se met à faire des choses folles. Aujourd'hui, il y a un désinvestissement dans le politique. Les gens n'ont plus de patience. Alors, les propos simplistes et séduisants débarquent. Choisir d'adopter un enfant ramené par Jacques, c'est comme voter Marine Le Pen. Tous deux proposent des solutions simplistes face à un problème complexe.


- D'où vous vient cette fascination pour la manipulation?
- Ce qui m'intéresse, c'est quand un personnage ramène tout à soi en oubliant qu'il y a des autres. C'est la fin de l'altérité. Cette obsession, avec ce film, atteint un point culminant, mais je suis en train de faire un autre film où j'ai trouvé encore plus fort!".


"Les chevaliers blancs", thriller psychologique de Joachim Lafosse (1h47) avec Vincent Lindon, Louise Bourgoin et Reda Kateb. Sortie le 27 janvier.



lundi 4 janvier 2016

"Les Cowboys", le nouveau film de François Damiens

Sujet d'actualité :  "Les Cowboys", le nouveau film de l'acteur belge François Damiens, raconte l'histoire d'un père à la recherche de sa fille partie faire le djihad. François Damiens s'est confié aux quotidiens du groupe Sud Presse :


"Du jour au lendemain, après les attentats du 13 novembre, les discussions avec la presse au sujet du film ont dû prendre une autre tournure?
- Et c'est normal. D'un autre côté, l'histoire de ce film se déroule il y a une vingtaine d'années. Tout était différent de maintenant. A cette époque, la problématique des jeunes qui se radicalisaient et partaient rejoindre le djihad était nettement moins éclairée. Les parents de ces enfants n'étaient absolument pas soutenus. Et puis, n'oublions pas l'essentiel : ce film pose surtout la question, totalement universelle, de voir jusqu'où un père irait pour retrouver son enfant.


- Depuis les attentats, on vous demande souvent votre avis sur le radicalisme?
- Oui, alors que je ne suis absolument pas expert du sujet! On me pose parfois des questions de géopolitique... Que sais-je de tout çà?


- Qu'est-ce  qui vous intéresse en tant qu'acteur?
- Les histoires de famille, les rapports entre une femme et son mari, les relations père-fils, etc. C'est tellement riche. J'aime bien faire le grand écart à mon personnage : prendre un homme rustre, apparemment dépourvu de sentiments, et lui insuffler de l'humanité.


- Pourquoi vous vous cantonnez à un rythme de deux films par an, alors que l'on vous en propose bien plus?
- Faut laisser la terre en jachère... Si on tourne trop, on finit par ne plus être crédible. Je suis trop sensible pour enchaîner plus que çà. Il faut être une machine de guerre pour arriver sur un film pendant deux mois et demi, et juste prendre un chèque. Certains savent le faire mais pas moi.


- Et hors cinéma, vous confirmez le retour des caméras cachées de François l'Embrouille?
- Oui, il va revenir bientôt... Peut-être sous une autre forme que des petits films courts".

jeudi 10 septembre 2015

Sortie du nouveau film de Jaco Van Dormael

                                                 


"Le Tout Nouveau Testament", c'est la collaboration de deux Belges :  Jaco Van Dormael pour les images et Thomas Gunzig pour les mots. Ils ont répondu aux questions des journaux du groupe "Vers l'Avenir" :


"Vous souvenez-vous de votre première rencontre?
- T.G : J'étais à l'aéroport, j'allais en Pologne parler de littérature dans une université. Tu m'as appelé et tu m'as dit :  "Bonjour, c'est Jaco Van Dormael. Est-ce qu'on pourrait se rencontrer? Tu voulais me voir pour relire le scénario de "Mr Nobody" et en faire un résumé de trois pages.
- J.V.D. :  Et bien, je ne m'en souviens pas.
- T.G. : Non, je sais. Alors, tu es venu chez moi, tu m'as donné le scénario en disant : "Bon, c'est pas payé grand chose", et c'était payé genre 700 fois plus que tous les jobs que j'avais faits jusqu'alors! Après çà, on avait sympathisé, et tu m'as demandé de bosser sur l'adaptation de la BD "Silence" de Comès. Qui n'a jamais rien donné. Voilà, moi, je sais que ce que je dis est vrai...
- J.V.D. : Oui, tu as raison, c'est moi qui ai des trous de mémoire.


- Avant de collaborer, que connaissiez-vous l'un de l'autre?
- J.V.D. : J'avais lu ses livres, et je trouvais qu'il avait des titres à mourir de rire, et qu'il écrivait super bien. Il avait un truc à la fois touchant et caustique qui fait mal mais qui fait du bien. Mon envie de travailler avec lui, c'est vraiment venu de là, en me disant :  "Purée, il y a un mec qui écrit çà, je suis à la fois touché et mort de rire, il habite pas loin". Et puis après quand je l'ai vu, je l'ai trouvé sympa en plus. Donc, on fait "Kiss and Cry" ensemble et puis "Le Tout Nouveau Testament".
- T.G. :  Mon premier souvenir de Jaco, c'est la projection de "E pericoloso sporgersi" au festival du film fantastique de Bruxelles en 1982. J'avais environ 12 ans et j'ai trouvé çà génial. Je n'ai pas tout compris, je ne l'ai jamais revu, mais je ne l'ai jamais oublié. Alors forcément après, j'ai vu "Toto le héros" et de nouveau, j'ai adoré. C'était un univers très riche, émotionnellement tentaculaire. Il y avait aussi le côté science-fiction, çà me fascinait. Puis, évidemment, j'ai vu "Le huitième jour" et "Mr Nobody". Donc, quand il m'a appelé, j'étais ravi et hyperflatté, évidemment.


- Comment s'est passée la collaboration sur l'écriture de ce film?
-  J.V.D. :  Thomas, c'est un rapide. Moi, je suis un lent. On pourrait croire que c'est non, mais c'est assez complémentaire finalement. Il a toute la force de l'impatience et moi celle de la patience.
- T.G. : Jaco, il ose. Moi, parfois, je réfléchis trop. J'aime bien quand on me dit 1+1 = 2 alors que lui a un côté intuitif et se dit "...mais çà peut faire trois, çà peut bien donner". Et en fait, çà donne bien. Puis, avec le temps, tu apprends à te diriger à son regard. Quand tu lui parles et qu'il a le regard vers le sol, tu te dis "Ouh là". Mais quand soudain, il lève les yeux au ciel, tu te dis "Ah, ok, c'est bien". Un peu comme quand tu fais de la voile, tu te dis que tu tiens quelque chose, tu gardes ton cap.
- J.V.D. : En fait, le film est devenu une comédie parce qu'on a essayé de se faire rire. Je pense que si j'avais écrit çà tout seul, çà n'aurait pas été drôle. Mais au final, on a créé quelque chose qui n'est ni de moi, ni de lui, mais entre les deux. On retrouve plein de choses de moi et plein de choses de lui. Il a mis un peu de vinaigre dans mon sucre.


- Le film est aussi une belle déclaration d'amour à Bruxelles. Quelles sont vos adresses préférées de la capitale?
- T.G. : Moi, j'aime bien bosser dans des petits cafés, comme le Bar du Matin à Forest, ou Place des Délices près de chez moi à Uccle, où c'est calme. Et j'ai grandi à Watermael-Boitsfort. Un vrai bobo, quoi!
- J.V.D. :  Moi, je suis arrivé à Bruxelles vers 17 ans, et j'ai trouvé çà très moche au début. Et puis, je me suis habitué. Un peu comme quand on regarde longtemps quelque chose, et qu'on finit par trouver le beau. Sinon, je vis à Uccle et je vais souvent dans mon jardin ou chez des amis. Je ne vais pas souvent dans des cafés. En général, je vais chez Thomas ou il vient chez moi, il n'habite pas très loin.
- T.G. :  Plutôt chez lui. Il a une grande maison. Moi, j'ai des enfants...
- J.V.D. : Chez moi, les enfants sont partis. Chez lui, ils sont encore là ; il a de la chance!".

jeudi 3 septembre 2015

"La Belle Saison" : nouveau film de l'actrice belge Cécile de France

                                                       


A l'occasion de la sortie du film "La Belle Saison", Cécile de France a répondu aux questions de la presse belge :


"Votre nouveau film parle du féminisme : c'est un concept qui vous parle?
- Oui, évidemment. Ne serait-ce que grâce à ma mère, je n'ai pas grandi totalement éloignée du féminisme. Mes parents étaient très libres d'esprit. A la maison, les conversations étaient très ouvertes : la pilule, l'amour, la sexualité,... Je suis la digne héritière de ce combat. Quant à moi, je ne me sens pas particulièrement féministe. Mais je suis encore choquée par certains comportements rétrogrades, notamment sur la question des salaires.


- Ce film raconte aussi une histoire d'amour entre Izïa Higelin et vous. C'est compliqué à jouer, les scènes d'amour?
- Les scènes d'amour ne me gênent pas, et être nue non plus. C'était même très agréable d'être à poil dans un champ. Je m'amusais comme une petite folle! Et puis, être déshabillée sur un balcon et hurler "A bas la société bourgeoise", alors que les gens en face, dans les immeubles, ne savaient pas que c'était pour les besoins d'un film, étaient en train de dîner et me regardaient comme une dingue : je trouvais çà excitant...


- Jouer des scènes d'amour avec une femme change-t-il quelque chose?
- C'est finalement presque plus facile à tourner avec une fille parce qu'on est entre copines. Et comme nous sommes hétéros toutes les deux, il n'y avait pas d'ambivalence, aucun sous-entendu. Alors qu'avec un homme, c'est parfois plus délicat...


- A cause de certains rôles, on vous a longtemps collé une étiquette gay?
- C'est vrai. Il faut dire que j'ai accepté de jouer ce genre de rôles à plusieurs reprises (dans la trilogie "L'auberge espagnole" déjà, dans "Haute tension" ou "Sœur Sourire" ensuite). J'étais devenue la lesbienne du cinéma français!  Mais cela ne me dérange pas du tout. Je suis même fière de porter cet étendard, heureuse que l'on puisse s'identifier à mes personnages. Cependant, "La belle saison" sera sans doute le dernier film de ma carrière dans lequel j'interprète une lesbienne.


- Comment êtes-vous en dehors des plateaux de tournage?
- Comme je passe beaucoup de temps à être quelqu'un d'autre, dès que j'en ai l'occasion, je suis moi-même. En vieillissant, on fait la paix, on accepte ses traits de caractère, même si ce ne sont pas ceux que l'on aurait aimé avoir. Il vous appartiennent, il faut bien faire avec.


- Avez-vous des regrets?
- Aucun. Parce que je suis plutôt instinctive. Une fois que j'ai fait un choix, je m'investis à fond pour ne pas passer à côté de quoi que ce soit. Quand c'est terminé, je passe à autre chose. Je ne suis pas nostalgique, j'ai une certaine faculté à vivre le présent. C'est comme au restaurant : on m'apporte un bon plat, je le savoure et c'est fini. Même la mort ne me fait pas peur.


- C'est une belle vision des choses?
- Cette méthode spontanée me procure beaucoup de joie. Je ne suis pas torturée, je déteste les conflits, j'essaie d'être agréable pour mon entourage. C'est justement dans mon métier que j'évacue mes parts d'ombre, mes tensions. Du coup, dans la vie, je suis peinarde.


- Vous êtes aussi cool avec vos enfants?
- Je leur fais assez confiance, à condition de dialoguer. Je préfère expliquer plutôt qu'imposer. Pour qu'ils expérimentent d'eux-mêmes, qu'ils se responsabilisent.


- Vous semblez tellement sereine. De quoi avez-vous peur?
- De la mort de mes proches. J'ai découvert le deuil il y a quelques années et cette émotion m'a submergée. C'était une très grande souffrance qui m'a beaucoup appris, mais à laquelle je ne m'attendais pas. Le décès de quelqu'un que j'aime fort me terrorise. Rien que d'y penser, j'ai envie de pleurer.


- Comment vivez-vous le passage du cap des 40 ans?
- Je vis très bien le fait d'être passée parmi les quadras. J'espère que cela ne sera pas pris comme de la vanité, mais je me sens libre, je me trouve jolie, j'accepte que mon corps change. Cela me permet même d'accéder à un nouveau cycle dans ma carrière : les tourments de la quadra sont passionnants à jouer. Et puis, je me sens plus sereine, plus détendue qu'il y a dix ans. C'est passionnant de vieillir. Mais bon, je ne dirai peut-être plus cela si on se revoit quand j'aurai 50 ans, cela dit!".

dimanche 25 janvier 2015

Annie Cordy dans le film "Les Souvenirs"

Annie Cordy est actuellement à l'affiche de "Les Souvenirs", le dernier film de Jean-Paul Rouve. Elle a confié à la presse :    "Je connais Jean-Paul Rouve depuis longtemps ; il a toujours gardé son grand cœur. J'ai beaucoup aimé le scénario, même si l'on m'a dit "Mais pourquoi joues-tu les grands-mères?". Je trouve cela très bien! Il n'y a pas de vilains rôles quand on les aime et quand on a envie de les faire. Le film est comme la vie, avec des moments de franche rigolade et d'autres où les souvenirs qui remontent laissent mélancolique, même si je ne le suis pas du tout. Je ne suis pas une femme qui regarde derrière elle ; je suis d'aujourd'hui et de demain. J'y retrouve Michel Blanc qui joue mon fils pour la seconde fois après "Madame Edouard" de Nadine Monfils. Mathieu Spinosi, mon petit-fils dans le film, est aussi fantastique. On se téléphone toujours. Je garde un souvenir très tendre des plans que nous avons tournés ensemble. J'étais aussi ravie des scènes à Etretat, un endroit fabuleux. L'idée de m'y enfuir et d'y retrouver mon petit-fils me plaisait beaucoup".


Voici la bande-annonce du film :   www.youtube.com/watch?v=82uoOdMHTac

lundi 12 janvier 2015

"La rançon de la gloire", nouveau film de Benoît Poelvoorde

"La rançon de la gloire", c'est une comédie de Xavier Beauvois basée sur l'histoire vraie de l'enlèvement du cercueil de Charlie Chaplin en 1978. Voici la bande-annonce du film :  www.youtube.com/watch?v=KD-qwRr45CM  . C'est notre compatriote Benoît Poelvoorde qui joue le rôle principal, et qui a répondu aux questions de la presse :


"Pas question d'arrêter de faire le clown?
- Ah non, jamais! Nul autre je ne veux être, et je ne vois pas pourquoi je changerais çà. Mais en général, je ne fais pas vraiment le clown ou l'imbécile. Quoique... Le plus important, c'est qu'on voit bien qu'il est gentil mais que quand on lui dit "Faut que t'arrêtes de faire le clown", on sent qu'il va le refaire. C'est comme à l'école : si on te demande d'arrêter de faire le clown, c'est certain que tu vas le refaire.


- Vous êtes d'accord avec cette phrase du film : "Etre rigolo, çà ne sert à rien" ?
- Non. Moi, je joue un déçu de la vie. Je ne me reconnais pas du tout dans le personnage. Je ne trouve pas qu'être rigolo ne sert à rien, que du contraire. Prendre les choses avec humour, c'est une manière de désamorcer la peine. On peut dégoupiller des tas de choses avec le rire. Et il faut rire pour ne pas pleurer. Alors que Xavier Beauvois est beaucoup plus dépressif que moi.


- A la fin, l'avocat dit : "Nous sommes tous des Charlots". D'accord?
- C'est tiré de la vraie plaidoirie, c'est assez joli. Même moi, cela m'a ému. Parce que je ne peux pas les condamner. Leur idée n'était pas si mauvaise que cela : ils se sont dits qu'ils ne faisaient pas de mal à personne puisque Chaplin était déjà mort. Je n'arrive pas à jeter la pierre. Je ne cautionne pas du tout l'acte, mais tous les matins, il y a un con qui se lève avec une idée comme çà et çà m'amuse de jouer ce con. Sans juger. Il y a quelque chose d'émouvant chez les abrutis.


- Que représentait Charlot pour vous?
- Pas grand chose. Je l'ai découvert grâce au film. Je n'ai jamais été attiré par Charlot. C'était un vrai génie, mais je mentirais en disant que je suis un inconditionnel.


- Vous lui rendez un hommage magnifique dans une scène de mime au ralenti?
- Je ne voulais pas la tourner. Jusqu'au bout, j'ai refusé. J'avais prévenu tout le monde : c'était non. Mais arrivé au cirque, comment dire aux deux clowns que je ne veux pas le faire? Donc, j'ai regardé une fois et comme toutes les caméras étaient installées, j'ai bien été obligé de le faire. Je suis trop gentil.  Les clowns me terrorisent. Vraiment. Cela ne m'étonne pas qu'on fasse des blagues avec des clowns qui vous poursuivent avec des battes. Depuis tout petit, le clown me fait peur. C'est mortifère pour moi. D'ailleurs, on n'a fait que trois prises, puis je n'en pouvais plus. J'ai une anecdote : un des deux clowns, un Suisse allemand, était dépressif. Il est extraordinaire, d'une gentillesse inouïe, et il m'a annoncé avec son accent qu'il était en dépression. J'ai cru que c'était une caméra cachée! C'était triste et cela n'a pas sauvé le cirque à mes yeux.


- Tourner avec sa compagne Chiara Mastroianni, c'est facile?
- A l'époque, ce n'était pas ma compagne. Chiara ne joue pas beaucoup dans le film. Elle est un peu sacrifiée, si je peux me permettre. Tourner en couple, cela doit être chiant. On doit parler des enfants, si on a bien coupé la machine à café...je ne sais pas.


- Dans "Lui", cette relation a été officialisée...
- Si tout ce qui est écrit dans "Lui" est vrai, alors toutes les femmes du monde ressemblent à la couverture de ce magazine...


- On vous propose des rôles nettement plus riches qu'avant?
- Oui. Plus je vieillis, plus j'ai de la chance. Je viens d'accepter quatres rôles, super! Plus je fais de films, plus la palette s'élargit et plus j'ai de propositions originales. On arrête de me proposer des comédies pouet pouet. De toute façon, çà, je refuse maintenant : je ne peux plus. Je travaille en revanche avec des réalisateurs qui ont des projets fous. Le film "Le Tout Nouveau Testament" du Belge Jaco Van Dormael, çà aurait été idiot de le refuser. Même si j'ai un petit rôle, parce que c'est couillu. En lisant le scénario, tu te dis que Jaco est fou!


- Jouer Dieu le jour de ses 50 ans, c'est inoubliable, non?
- Ah oui! D'autant que la vision que Jaco a de Dieu... Il me tarde d'entendre ses réponses lorsqu'il va faire la promo. Je lui ai moi-même demandé pourquoi Dieu est si méchant et il me dit qu'il ne sait pas. Avec les journalistes, çà ne marchera pas. Mais j'adore ce type de projet casse-gueule. Plus intéressant qu'un autre très bien payé qu'on a déjà vu dix fois, sur lequel on s'emmerde et où rien ne surprend".


- Dans "Une famille à louer", vous retrouvez une autre Belge : Virginie Efira?
- Oui, je savais qu'on allait bien s'amuser. J'avais envie de retrouver Jean-Pierre Améris, et pourtant, le tournage a été difficile. Jean-Pierre est compliqué, j'avais oublié à quel point il peut être casse-couilles, il est exigeant, il m'épuise. Mais bon, je pense que ce sera bien. Et avec Virginie, le courant est bien passé, mais comment veux-tu que des Belges ne s'entendent pas? Ce n'est pas possible.


- Et après?
- Je vais devoir jouer un enfant, à 50 ans, dans le prochain film de Blier. Cette histoire est impossible à raconter, c'est juste fou. Ensuite, je dois tourner avec Depardieu et Houellebecq. Là, je peux dire que cela va être quelque chose. Mais çà va, je suis devenu plus docile avec l'âge...oui, enfin peut-être pas?".

jeudi 11 décembre 2014

Sortie de la comédie musicale belge "Brabançonne"

                                                      Brabançonne (2014) - Vincent Bal    


Cette nouvelle comédie musicale belge (50% flamande, 50% wallonne) évoque, bien entendu, quelques clichés entre communautés linguistiques, mais c'est surtout une histoire d'amour sur fond musical autour des plus grands classiques de la chanson belge. Deux fanfares (l'une flamande, l'autre wallonne) sont sélectionnées pour représenter la Belgique à la grande finale européenne. Mais quand le soliste de Sainte-Cécile décède subitement sur scène, Elke, la fille du chef d'orchestre, décide de débaucher Hugues, le trompettiste de leur concurrent wallon. Pour les deux rôles principaux, c'est l'actrice flamande Amaryllis Uitterlinden qui joue Elke, et l'acteur français Arthur Dupont qui joue Hugues. Voici la bande-annonce :  www.youtube.com/watch?v=nq8Mk0cdOcw           

samedi 18 octobre 2014

Sortie du thriller belge "The Loft" d'Erik Van Looy

Les plus anciens lecteurs du Journal d'un Petit Belge se souviendront du film "Loft" dont je vous avais parlé à plusieurs reprises :   http://journalpetitbelge.blogspot.be/2009/06/le-cinema-belge-lhonneur.html . Sorti en 2008, ce thriller d'Erik Van Looy avait fait 1,2 million d'entrées dans notre pays (du jamais vu pour un film belge! Et ce record n'a pas été battu depuis lors). Parmi les acteurs de ce film, il y avait notamment le beau Matthias Schoenaerts qui continue d'accumuler les succès, et est la vedette de la dernière campagne de Louis Vuitton :  http://journalpetitbelge.blogspot.be/2014/04/nouvelle-collaboration-entre-matthias.html .


Cette semaine sort "The Loft" qui est la version hollywoodienne du "Loft" de 2008, par le même réalisateur que l'original (Erik Van Looy) et dans lequel Matthias Schoenaerts reprend son rôle. Le budget de 14 millions de dollars vient essentiellement de Belgique. Les critiques de cinéma trouvent qu'il est plus abouti que l'original, et Erik Van Looy n'a subi aucune censure et a pu travailler à sa guise, gommant les erreurs de 2008.


Le scénario :  "The Loft" suit cinq amis mariés qui, dans le plus grand secret, partagent un loft où ils reçoivent leurs maîtresses. Cette garçonnière parfaite vire au cauchemar avec la macabre découverte un matin du corps d'une jeune femme...  Voici la bande-annonce :   www.cinenews.be/fr/films/the-loft/videos/bandes-annonces/55483

lundi 12 mai 2014

Nouveau film de Lucas Belvaux et Emilie Dequenne

"Pas son genre" est le nouveau film du réalisateur belge Lucas Belvaux qui a choisi l'actrice belge Emilie Dequenne pour le rôle principal. Cette comédie raconte l'histoire d'amour entre un professeur de philo parisien et une coiffeuse d'Arras que tout oppose. Ils ont répondu aux questions du journal "La Dernière Heure" :


Lucas Belvaux
"Les différences apparemment inconciliables, c'est un grand classique de la comédie?
- C'est le point de départ du livre que j'ai adapté. Le problème entre eux n'est pas tant social que culturel. Qu'est-ce qu'on lit, qu'est-ce qu'on écoute, de quoi on parle? Cela rend leur amour sans avenir. Et cela amène à se poser la question :  est-ce que j'aurais pu passer à côté de l'amour de ma vie pour des raisons culturelles? Est-ce qu'on peut être à ce point méprisant? Lui s'ennuie un peu partout, mais elle a quelque chose de tellement vivant, joyeux, qu'il se sent bien avec elle.


- Vous donnez les clefs dès le départ :  il est admiré pour ses textes sur l'amour mais ne sait pas aimer?
- Il le fallait pour le suspense :  va-t-il pouvoir enfin aimer? Jennifer le sent d'ailleurs dès le départ que leur amour est en danger : elle se donne énormément de mal pour lui. Elle lit Kant, les grands romans, elle fait des efforts pour attraper le bonheur dès qu'il passe. Mère célibataire de 35 ans, coiffeuse à Arras, elle sait qu'il lui reste peu de temps pour trouver l'homme de sa vie. Alors qu'un intellectuel parisien de 40 ans est encore en pleine ascension. Elle espère que c'est son prince charmant, même si elle craint que ce ne soit pas le cas.


- Vous n'avez jamais filmé un personnage aussi optimiste que Jennifer. Pourquoi maintenant?
- Elle veut être heureuse. Le bonheur ne va pas de soi, il faut le construire, le prendre quand il passe, ne pas s'accrocher à ce qui n'est plus. Elle est dans la vie. Sur le même thème, on aurait pu construire un film noir. Ce n'est pas une franche comédie mais c'est assez léger. Sur le fond, c'est très dur et c'est pour çà qu'on est ému. "La garçonnière" de Billy Wilder, un de mes films de référence, est très dur et noir sur les rapports hommes-femmes, mais c'est une comédie. Même chose pour "Breakfast at Tiffany's". C'est d'un désespoir absolu et pourtant très drôle. La comédie, j'aime çà. J'avais envie d'y revenir. Et je ne vois pas quelle actrice pourrait être aussi lumineuse qu'Emilie dans ce film. Elle est un peu comme Jennifer : elle prend plaisir à chanter, danser, jouer la comédie. Elle est magnifique. C'est une grande actrice mais elle n'est jamais dans un délire de star. Cela se voit dans ses choix de film et sa manière de travailler. On a l'impression qu'elle a 50 ans de métier".


Emilie Dequenne
"Le thème de la différence a déjà été traité souvent au cinéma mais pas sous cet angle-là?
- Elle est riche comme tout, cette fille, mais sa richesse se trouve ailleurs. Elle n'a pas la même culture que lui (la philosophie n'est quand même pas à la portée de tout le monde) mais elle a la sienne. Elle lit malgré tout. Le plus important dans la vie n'est pas la culture mais la curiosité. Et elle est extrêmement curieuse, et peut-être plus que lui. Lui est curieux dans son monde mais elle a un monde plus vaste que le sien. Elle est née dans un autre milieu mais jamais elle ne se plaint, elle est heureuse tout le temps. Son optimiste est sans faille, elle est pimpante, j'ai adoré ce personnage.


- Vous êtes aussi optimiste que Jennifer?
- Cela peut mettre la petite larme à l'œil mais c'est un film très positif : Jennifer est totalement libre, elle s'en fiche de la classe, du niveau social. Pour elle, il n'y a pas de différence. Elle est vraiment dans la vie. Cette femme est une leçon d'optimisme. Cela fait du bien. D'ailleurs, quand j'ai lu le scénario, je me suis dit : il ne faut pas te louper, cette fille, tout le monde doit l'aimer. C'est the girl next door comme joue Jennifer Aniston. Pour moi, c'est çà faire du cinéma intelligent : tout le monde va s'y retrouver dans ce film axé sur le sentiment amoureux.


- Qu'est-ce qui différencie la beauté du charme?
- Pour çà, je suis très kantienne, moi aussi. Il existe des beautés absolues que tout le monde reconnaît, et d'autres qui plairont juste à certains. Après, il y en aura toujours qui la ramèneront en disant que Naomi Campbell n'est pas à leur goût, mais pour moi, elle est universellement belle et c'est comme çà. Certaines actrices font l'unanimité aussi. Alors que moi, Emilie, je sais que je peux parfois être très belle et à d'autres moments pas, que je plairai à certains et pas à d'autres. Même si je n'accorde pas tellement d'importance à mon image. L'important, c'est de me sentir bien. L'aspect physique, çà va mieux : l'adolescence est loin maintenant. Je suis comme je suis et puis voilà... Qu'on soit Naomi Campbell ou Kate Moss, on aura tous à un moment donné le visage déformé par la douleur, on a tous des instants de vie durant lesquels on peut être sublimes et d'autres où on ne l'est pas".

mardi 22 avril 2014

Nouvelle collaboration entre Matthias Schoenaerts et Louis Vuitton

             

Mesdames, vous allez être ravies :  après avoir participé à la campagne printemps-été de Louis Vuitton, le charmant acteur belge Matthias Schoenaerts vient d'accepter d'être à nouveau leur vedette pour une nouvelle campagne, en collaboration avec le célèbre photographe de mode Peter Lindbergh.

Qui est Matthias Schoenaerts? Né en 1977 à Anvers, il est le fils de l'acteur Johan Schoenaerts et est parfait bilingue grâce à sa grand-mère liégeoise. Elève au Conservatoire Royal d'Anvers, il fait ses débuts au cinéma dans le film "Daens" de Stijn Coninx où il tient un petit rôle. Il enchaîne ensuite des films et séries néerlandophones.

C'est en 2010 que sa carrière s'envole et dépasse nos frontières grâce au film "La Meute" du réalisateur français Franck Richard aux côtés de Benjamin Biolay, Yolande Moreau et Emilie Dequenne. En 2011, il prend 30kg de muscles pour incarner le rôle principal de "Rundskop" ("Tête de bœuf"), ce qui lui vaut le Magritte du meilleur acteur et de nombreuses critiques positives. Matthias Schoenaerts a également reçu le César 2013 du meilleur espoir masculin pour son rôle dans "De rouille et d'os", et participé à une campagne de promotion de Louis Vuitton.

En 2014, Matthias Schoenaerts sera à l'affiche de "The Loft", le remake américain du film "Loft" (2008) du réalisateur belge Erik Van Looy.