vendredi 11 novembre 2011

La première guerre mondiale en Belgique

Lors de la première guerre mondiale, l'Allemagne demande à la Belgique de laisser passer ses troupes pour attaquer la France. Le roi Albert Ier et le gouvernement belge refusent, rappelant la neutralité de notre pays depuis le traité des XXIV articles en 1839. Suite à notre refus, l'armée allemande envahit notre pays le 4 août 1914.

Notre vaillante armée repousse les premiers assauts et les forts de la région de Liège ne tombent qu'après une dizaine de jours de siège. Les Belges se replient sur Malines et Anvers, et tentent d'immobiliser une partie de l'armée allemande en espérant l'aide rapide d'autres pays. Malheureusement, battues dans la province du Hainaut, les troupes franco-anglaises sont obligées de reculer vers Paris. Anvers est bombardé le 28 septembre. Le 6 octobre, le gouvernement belge quitte la Belgique et se retire à Sainte-Adresse près du port du Havre (France).

Anvers tombe aux mains des Allemands le 9 octobre, ce qui oblige l'armée belge, le roi Albert Ier et la reine Elisabeth à partir vers la côte belge derrière l'Yser. Les écluses de Nieuport ayant été ouvertes, c'est derrière un immense lac que notre armée construit des tranchées et résiste pendant quatre ans aux Allemands. Le couple royal décide de rester avec eux sur ce dernier lambeau de territoire libre.

Pendant quatre ans, tout le reste de la Belgique est occupé par l'Allemagne qui réquisitionne charbon, céréales, cuir, bois, bétail, cuivre, laines, machines,etc. Le prix des denrées alimentaires devenues insuffisantes augmente énormément. La presse est contrôlée. Plusieurs villes sont incendiées et de nombreux civils tués. En 1916, 150.000 travailleurs belges sont envoyés en Allemagne pour travail forcé. Des patriotes résistent à l'occupant, dont le bourgmestre de Bruxelles Adolphe Max, le recteur de l'Université de Gand Henri Pirenne et l'archevêque de Malines le cardinal Mercier parmi les autorités. On retiendra aussi notamment les noms d'Edith Cavell et Gabrielle Petit, fusillées respectivement en 1915 et 1916. L'armistice du 11 novembre 1918 met fin à la première guerre mondiale, au cours de laquelle 41.000 soldats ou officiers belges sont morts...

Lorsqu'on évoque la première guerre mondiale en Belgique, il faut aussi aborder un sujet qui a encore des conséquences en 2011. Au cours des quatre années d'occupation, les Allemands établissent une séparation administrative entre la Flandre et la Wallonie car ils songent à partager la Belgique en deux après la guerre, et encouragent les groupes séparatistes. L'Université de Gand est néerlandisée et rebaptisée Université von Bissing en 1916. Après 1918, le mouvement flamand s'émancipe du "cadre belge" et s'appuie sur le fait que des soldats flamands seraient morts au front car ils ne comprenaient pas les ordres des officiers francophones. C'est probablement arrivé mais aucun historien n'a pu avancer de chiffre avec exactitude. Même Bruno De Wever, professeur d'histoire à l'Université de Gand et frère de Bart (président de la NVA), déclare en 2009 au "Vif/L'Express" : "Cette histoire est un mythe romantique construit pour discréditer l'Etat belge. Un mythe d'une puissance symbolique extraordinaire. Réalité ou pas, cette histoire a exercé une énorme force de mobilisation après la guerre. Elle a contribué à transformer le mouvement flamand jusque-là minoritaire en un mouvement de masse".

11 commentaires:

ginette a dit…

Merci pour cette commémoration de l'histoire Belge. Bon week end. Ginette

bonheurdujour a dit…

Merci pour cet article très intéressant.

Delphine a dit…

j'adore le "mythe romantique" cité par Brother De Wever himself. C'est clair que ce mythe sera rassembleur, mais on parle tout de même de "mythe"!

Anonyme a dit…

Bonjour, je m'appelle Dimitri Mainil, je suis journaliste et j'écris un papier sur la fête du roi.

A la lecture de vos articles, j'aurai aimé vous poser quelques questions.

Si ça vous intéresse, vous pouvez toujours me donner vos coordonnées à l'adresse dmainil@ulb.ac.be

Bien à vous

Tania a dit…

Rappel toujours utile, merci, et l'histoire, tu le montres bien, éclaire le sens de l'actualité.
(Je manque aussi de temps pour flâner sur les blogs ces dernières semaines et y réagir, mais je te lis régulièrement.)

thierry a dit…

un bel article, bravo

Mimi a dit…

Bonsoir Petit Belge,

Un trés beau reportage sur cette
commémoration historique de votre pays,il y a eut tellement de morts.. avec cette guerre..
Je te souhaite une bonne et agréable fin de soirée,aujourd'hui,
nous avons eu une belle journée bien ensoleillée,et cela fait du
bien au moral,aprés la tempête de vent et de pluie sur nos régions
méditerranéennes ...

Bisous de Mimi ...

jacques robert a dit…

Que dire ?

Ne pas oublier surtout ....jamais sous peine de revivre les mêmes choses ...

christina a dit…

Merci pour ce bel article.
Suis passée a Bastogne ce week-end .ville de souvenirs...
Bonne semaine,Petit Belge,bisous.

Roland a dit…

Ma chère bien-aimée pour la vie,

Tout est fini ; la paix est signée - on ne tue plus , le clairon sonne le cessez-le-feu. Je suis à Omont dans les Ardennes. Je pars à l'instant pour la frontière. Tant fait plus. Je suis maintenant hors de danger. Ne peux écrire plus longuement aujourd'hui.

Meilleure douce caresse à vous tous. A toi bon baiser et à bientôt.

Marius.

Paroles de Poilus ( Lettres et carnets du front 1914-1918 )

Pierre-Jean a dit…

Je possède un très beau et un ancien livre qui appartenait à mon arrière-grand-père sur la guerre en Belgique que j'ai découvert récemment, une chose est à retenir: l'incroyable détermination et résistance des Belges qui se sont battus vaillamment.