jeudi 10 mai 2018

Le jeune humoriste belge Félix Radu

Agé de 22 ans, Félix Radu a commencé par suivre des cours de théâtre à Namur, puis au cours Florent à Bruxelles, et aujourd'hui au cours Florent à Paris. Repéré par les frères Taloche, ce jeune Namurois très attaché à la langue française devient, un peu contre son gré, un humoriste avec des jeux de mots qui font penser à ceux de Raymond Devos. A vous de juger :   https://www.youtube.com/watch?v=CnD_tbOXfCA

Félix Radu a confié à la presse :   "Je n'ai jamais eu l'intention de faire de l'humour. Je suis allé en cours de théâtre, puis je me suis mis à écrire. On a commencé à m'appeler humoriste parce que mon écriture fait rire, mais mon travail est différent. J'espère que mon spectacle est plus mélancolique que drôle. Victor Hugo disait que la mélancolie, c'est le bonheur d'être triste, donc j'essaie de rendre le public très heureux d'être malheureux. Les gens ont tendance aujourd'hui à oublier que la richesse de notre langue est très amusante. Les jeunes de mon âge, surtout, ont l'impression que le français, c'est un truc chiant, un truc d'adulte, de prise de tête. Alors que la poésie, c'est transpirant de jeunesse. Jouer avec les mots, faire des traits d'esprit, le beau langage : ce sont des choses très agréables, pleines de vie et de sourire. On peut penser que mon public est composé de personnes âgées. Alors qu'en fait pas du tout, c'est un a priori de directeur de salle qui pense que les jeux de mots et la littérature ne font rire que les gens cultivés, les Parisiens. Je crois qu'on a appris aux gens à se dévaloriser. Les intellectuels, les politiques font comme si le peuple n'était plus capable de diriger le pays en disant "Ne vous inquiétez pas, on va gérer pour vous". Les gens se disent que la culture n'est pas pour eux, que le théâtre après une journée à travailler en tablier d'électricien ne leur est pas destiné, qu'ils n'ont pas le profil. Le théâtre est devenu un truc un peu incestueux où on ne fait plus des pièces que pour des gens de théâtre, des personnes qui rêvent déjà. C'est important de rapprocher le théâtre des gens parce qu'il n'y a rien de plus bouleversant que d'aller voir une pièce qui nous plaît. Je n'ai pas envie d'être le nouveau Devos ou le gars qui fait du Devos. C'est flatteur au début, mais je commence à avoir un peu peur de cette comparaison. J'espère me détacher petit à petit de ça. J'ai la sensation de davantage porter des messages de philosophie dans mon spectacle, même si on écrit de la même manière". 

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