dimanche 25 septembre 2011

Suggestions culturelles belges

1° Littérature. L'écrivain belge René Henoumont est décédé en 2009, mais "Le Soir Magazine" a la bonne idée de continuer à publier ses plus belles chroniques. Voici celle de cette semaine :

"Ce soir, l'été est mort au soleil couchant. Voici déjà l'automne. Les colchiques sont là, la belle fleur sans feuilles d'un mauve rare. Je me demande si dans les prairies fangeuses de la haute Ourthe, les colchiques pavoisent dans l'herbe encore verte. On me disait qu'elle contenait un poison et je me demandais pourquoi les vaches les broutaient. Les colchiques, Apollinaire les faisait rimer avec mélancoliques. C'est la fleur qui annonce l'automne. Colchiques dans le pré, le bonheur va filer... Fin septembre, c'est l'heure de l'ultime toilette au jardin, et pas la moindre. Nous avons prétexté l'été pour paresser. Maintenant, il faut y aller! D'un sécateur impérieux, il faut ramener les grands rosiers grimpants à plus de modestie. On débite les longues branches griffues qui accrochent la veste, autant pour le compost. Plus sages, les rosiers anglais demandent une taille d'entretien. Les miens commencent à dater. Je vais les rafraîchir par une taille courte. Le vent, chaque automne, les dessouche un peu plus. J'aurai moins de roses au printemps mais toujours mes rosiers. Echappant à la tondeuse, les herbes dites mauvaises ont subtilement envahi les bordures de buis. Il faut y aller avec des doigts crochus et jusqu'aux racines. Il n'y a pas d'outils plus efficaces que la main. Les vivaces galopent, surtout dans la rocaille, on les taille à la cisaille de manière à obtenir de courtes touffes rondes. Ne jetez rien, repiquez et arrosez. Il est encore temps de bouturer les rosiers après la taille. N'oubliez pas la petite étiquette. Ce n'est pas toujours exaltant mais une taille des haies s'impose, vous aurez moins de travail au printemps. Toute haie doit être taillée deux fois. L'automne, quand il est doux, est très agréable au jardin. C'est le temps de la rêverie, des projets, des repiquages. Le jardin de l'été prochain est dans vos mains".
Retrouvez d'autres chroniques de René Henoumont : http://ecrivainsbelges.blogspot.com/search/label/Henoumont%20Ren%C3%A9

2° Cinéma. A l'affiche actuellement : "Devil's double", un film d'action belge de Lee Tamahori avec Dominic Cooper, Ludivine Sagnier et Raad Rawi. Scénario : au moment d'être convoqué chez Oudaï Hussein, l'un des fils de Saddam Hussein, Latif Yahia ne s'attendait pas à se voir contraint d'incarner son sosie. Les transformations esthétiques faites, Latif apparaîtra désormais en public à la plage d'Oudaï tout en adoptant le caractère de ce personnage violent, égocentrique, amateur de fêtes démesurées et de parties fines. Inspiré du livre du même nom écrit par l'intéressé, ce long-métrage produit par une société belge évoque l'histoire extraordinaire mais vraie de cet ancien soldat irakien reconverti en sosie du fils de Saddam Hussein. Le film montre un homme tiraillé par les craintes et les doutes dans un monde de terreur.

3° DVD. "Le gamin au vélo", le dernier film de nos compatriotes Jean-Pierre et Luc Dardenne, est désormais sorti en DVD. Il raconte l'histoire de Cyril, un gamin de 12 ans placé dans un foyer, qui s'échappe pour retrouver son père incapable. Il va faire un bout de chemin avec une femme incarnée par Cécile de France, décidée à désamorcer par la patience et l'affection cette grenade chargée de colère. Le jeune Thomas Doret y est à la fois rebelle, blessé, infernal et meurtri, avec des traces d'innocence qui le rendent si touchant. "Le gamin au vélo" tranche avec les autres films des frères Dardenne, il est plus lumineux, plus ensoleillé, plus grand public.

7 commentaires:

.•°•. Nancy .•°•. a dit…

*** Je viens de rentrer, je te fais un coucou Petit Belge ! Merci pour toutes ces infos culturelles belges !!!! GROS BISOUS et bonne soirée !!!!! :o) ***

Serge l'Optimiste a dit…

Tu vois Petit Belge j'ai vu presque tous les films des frères et je reste mitigé.

J'aime le cinéma lorsqu'il
me dépayse, me fait rêver, m'emmène au loin, me fait rire ou sourire, me fait oublier mes soucis, lorsqu'il joue avec mon imagination, lorsque je ressors dela salle comme ayant aspiré une bonne bouffée d'oxygène.
Tout cela je ne le retrouve pas dans "Rosetta", "Le gamin au vélo", "l'enfant"... J'y vois les paysages tristes de nos cités ouvrières, les soucis quotidiens des gens écrasés par la vie sans pitié qui est celle d'aujourd'hui.
J'y vois la lutte non pas pour vivre mais pour survivre.

J'essaie modestement de m'occuper de personens démunies, d'enfants handicapés, de familles en détresse et voir les films des frères Dardenne ne me permet pas de m'évader du quotidien, de me distraire au sens profond du mot, de me sentit joyeux prêt à affronter la réalité qui n'est pas souvent gaie.

Mais ils sont Belges, palmés à Cannes, excellents réalisateurs, merveilleux scénaristes, je ne vais donc pas cracher dans la soupe et je resterai chauvin... mais je pose quand même la question : quand aura-t-on un réalisateur Belge "optimiste", bon vivant qui nous apportera un bon film vivifiant sans tomber, bien entendu, dans la gaudriole ?

Josiane a dit…

j'aime beaucoup la chronique de cet écrivain que je ne connais pas. Il est toujours agréable de lire de jolies phrases, du moins quand on est une admiratrice de la poésie comme moi. A bientôt petit belge et bisous.
Josiane de Namur

thierry a dit…

Bonjour,
voilà un bel article pour débuter la semaine,pour moi ce sera cinéma à la Belge, j'apprécie l'oeil de nos artistes plus que tout, je te souhaite une bonne soirée

Tamara a dit…

Sympa tes suggestions :) Je te souhaite une excellente soirée !

Tania a dit…

J'ai souvent lu les belles chroniques de René Hénoumont dans le Soir Magazine chez ma mère : il nous a souvent émues, notamment quand il évoquait ses chats familiers.

pharmacy reviews a dit…

Les transformations esthétiques faites, Latif apparaîtra désormais en public à la plage d'Oudaï tout en adoptant le caractère de ce personnage violent, égocentrique, amateur de fêtes démesurées et de parties fines.